‹ CléopâtreChapitre 16 sur 58 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

L'un, sous César, avait combattu dans la Gaule;

L'autre, enfant presque, avait du bruit d'exploits altiers

Rempli la rude Espag-ne et ses âpres sentiers.

Maintenant, ils allaient exercer leur audace

Contre le Parthe un jour, un jour contre le Dace ;

Ils soumettaient au joug" les peuples indomptés,

Et puis, toujours victorieux, toujours fêtés.

Ils couraient conquérir l'obscure Germanie.

Les dieux les protég-eaient, leur tâche était bénie;

Ils s'endormaient le soir sans avoir de remords,

Et le monde acclamait leurs fraternels efforts.

OCTAVE

Avec celui dont tous disent la déchéance On me verrait conclure une étroite alliance !

ANTOINE Moi ? Ton frère ?

OGTAVIE

Voilà ce que j'avais rêvé.

Au lieu du mauvais sort qui vous est réservé, Car, ô malheureux qui jouez à la détruire, Rome se lèvera toujours pour vous maudire, Au lieu d'un avenir de honte, vous auriez Le nom le plus fameux entre tous les g-uerriers. Et, dédaignant l'envie et son rêve illusoire. Vous entreriez vivants dans l'immortelle g-loire!

Pour t'entendre, Octavie, il est trop tard.

OCTAVIE

Trop tard ?

Non pas. J'ai, comme toi, da feu dans le reg"ard, Mais ce n'est pas du feu qui foudroie et qui tue. Soyez frères par moi. Sauvez Rome abattue.

ANTOINE Ainsi, tu me prendrais, ô femme, comme époux ?

OCTAVE Antoine ne sait pas dompter les désirs fous.

ANTOINE

Octave...

OCTAVE

Si jamais Çléopâtre l'en prie, Il voudra sur-le-champ revoir Alexandrie.

ANTOINE

Octave, si tu veux la paix, n'éveille pas Les souvenirs, oh, les souvenirs de là-bas.

OGTAVIE Mon frère, ne dis pas de paroles injustes. Tu sais que les serments d'Antoine sont robustes. A vous deux, abaissez les peuples les plus fiers. Pour frapper les méchants courez tout l'Univers; Soumettez les pajs où Rome est méprisée; Que la force de nos ennemis soit brisée. La flamme de mes yeux éclaire le chemin. Rendez vrai mon beau rêve, et donnez-vous la main.

Ecoute-moi, ma sœur. Tu sais en quelle estime Je tiens depuis longtemps ta vertu magnanime.

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