ACTE III
Les Jardins de Cléopâtre.
A l'ouverture du rideau, Cléopâtre est éteodue sur des tapis. Charmion et Iras regardent la mer.
IRAS
Les grands vaisseaux, sous le ciel clair, S'avaucent au gré de la brise Qui chante par les mâts et frise D'un sourire la vaste mer.
^e navire vient-il du héros qui m'a prise ?
CHARmON
Voici sur le miroir tremblant Qu'un vaisseau vog-ue à toutes voiles : Un souffle heureux gonfle les toiles.
On dirait un grand oiseau blanc.
st-ce lui qu'ont guidé les yeux purs de.s étoiles ?
5î CLÉOPATRE
IRAS
0 vol harmonieux et fort !
Sans doute, la belle trirème Approche d'un pays qu'elle aime, Elle entre gaiement dans le port.
C'est lui ! C'est lui qui vient pour le bonheur suprême î
CHARxMION
Elle g-lisse lég^èrement Sur les flots où le dauphin joue ; Un héros se tient à la proue, Superbe dans le jour clément.
CLÉOPATRE Des larmes de bonheur me brillent à la joue.
(Elle se lève rapidement.)
Ah, c'est lui ! Je le reconnais !
Héros que l'Univers adore, Je te savais fidèle encore A l'heure où tu m'abandonnais.
Tu reviens, les douleurs sont mortes,
Tu reviens dans le jour sacré,
Et de tes mains je recevrai
Les beaux présents que tu m'apportes.
Mais, de tes présents, le plus cher, Le seul dont le désir m'enfièvre.