‹ CléopâtreChapitre 44 sur 58 · LE VIEUX SOLDAT · texte numérisé non relu

LE VIEUX SOLDAT

Il s'est tué.

ANTOINE

Ami, cruel ami ! Tu te serais rué

Joyeusement parmi les nouvelles batailles,

Et, le soir, tout couvert de saig-nanles entailles,

Tu m'aurais dit : Quand allons-nous recommencer ?

Douce amitié ! La mort ne peut pas te chasser.

CLEO PAT RE

CLÉOPATRE Ne songe pas aux morts.

ANTOINE

Pardonne, noble reine.

A la guerre I

SGAURUS

Gourons vers la sanglante arène !

Ils verront que pour nous la lutte n'est qu'un jeu,

Soldats, soldats, songez que vous conduit un dieu !

L'amour sera vainqueur ! 0 toi, la noble amie Dont la voix réveilla ma vaillance endormie, O toi, la belle amante, ô toi, le clair bonheur. Je vais, la joie aux yeux, vers un nouvel honneur ! Vois, je ris de braver le trépas et ses affres : L'ardeur de tes baisers guérira mes balafres. Et toi, dans la bataille effroyable et ses bruits, Tu verras, vieux Romain, quel ouvrier je suis !

(Antoine, Scaurus et les soldats sortent. Clf'opàtre les suit du regard. Elle envoie des baisers à Antoine. Gharmion entre.)

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