ACTE V I
Je n'ai point fait ma tâche. Elle était trop ardue. Je ne conquerrai plus ni pays ni cités. Accourez, messagers d'enfer, et m'emportez I Là-bas, dans la prairie où les amants fidèles S'étendent mollement parmi les asphodèles. Je t'attendrai. Le soir où tu me rejoindras. Je t'ouvrirai la vaine étreinte de mes bras, Chère ombre, et nous aurons à nos lèvres pâlies Le sourire éternel de nos mélancolies.
GLEOPATRE
Non, que ta mort ne voile pas de nuit mes yeux, Mes yeux chéris dont le rire t'est précieux.
A'STOINE
Ah, je souffre. Je suis à bout. La terre est pâle.
GLEOPATRE
Non, non ! De mes baisers je couvrirai ton râle.
IRAS Pauvre reine I
CHARMiON Elle souffre aussi.
GLEOPATRE
Je veux user Mes lèvres, mes lèvres en san§% à te baiser !
ANTOLNE
Je vais mourir... Je vais... mourir. A boire... à boire. Du vin. . . Je veux. . . parler. . . Comme la. . .nuit. . .est noire.
I o4 CLÉOPATRE
GLÉOPATRE Oh, la fortune ! la fortune !
ANTOINE
Il faut... après...
Ma mort. . . qu'Octave. . .Oh. . . oh. . . songe. . . à tes intérêts. . .
Je ne verrai jamais Octave, j'en atteste Les dieux !
ANTOINE
Ne pleure pas... sur mon destin funeste. . . Comme il... fait noir... Ne song-e pas... aux jours... récents... Song-e aux... joiXrs... d'autrefois... quand nous étions... puissant Heureux. . . Oh!..
(Il meurt.) SCAURUS Il est mort.
Antoine!.. Je rappelle
En vain..,
CHARMION Maîtresse !
IRAS Elle se tait.