‹ CléopâtreChapitre 49 sur 58 · ACTE V I · texte numérisé non relu

ACTE V I

SCAURUS

Heure cruelle I

Les jours où le printemps riait sont-il finis ? Un dieux jaloux, sans doute, a tué la lumière. Le printemps, autrefois, nous avait réunis.

Le printemps est loin. Les roses meurent. Le lierre Jaunit. L'automne est là. L'automne m'appelait. Qui donc a dit que j'étais une reine altière ?

L'humble femme qui vend des herbes et du lait Est moins pauvre que moi, moins faible, moins ridée Emportez les miroirs, j'ai peur de mon reflet.

Suis-je vivante ? Non. Je n'ai plus une idée. il est mort. Il est mort. Je suis morte avec lui. C'était lui dont le bras m'avait toujours aidée.

Depuis longtemps, long-temps, le soleil n'a pas lui. Il est mort. Le soleil est mort. Je suis très vieille. Je sais. Rome a tué le soleil aujourd'hui.

Il suivait dans le ciel une route vermeille. Et tous les autres dieux enviaient sa beauté. Il est mort, ou peut-être encore qu'il sommeille.

Soleil, réveille-toi ! Brille au ciel enchanté ! Ramène le printemps ! Que la rose fleurisse ! Réveille-toi, soleil I Ne sois plus irrité !

Il se tait. Il est mort. 0 nuit dévoratrice !

(Elle reste, immobile, devant le cadatre )

îo6

IRAS

Entends...

CHARMION

Oh,

ces soupirs, si pénible IRAS

s, si long-s !

Ecoute Iras et Charmion.

CHARMION

Nous t'appelons.

Elle pleure.

IRAS CHARMION Sa main tremble.

IRAS

Elle se

maîtrise.

CHARMION

Ah, tu revis

Chères filles !

(Un soldat entre brusquement.)

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