‹ CléopâtreChapitre 52 sur 58 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

AGRIPPA

Ainsi ta parole est de celles dont on doute ! Ni fantassins ni cavaliers sur notre route...

Ah, mon seig'neur, quel rêve enchanteur j'ai rêvé ! Dans mon chemin, un empereur s'était trouvé.. . Un empereur... un dieu ! Quand me rendormirai-je ? Que le rêve d'amour me tende son doux piège !

AGRIPPA Permets...

Reverra-t- on jamais héros pareil ?

Brave et juste, il était plus beau que le soleil. Les rayons de ses yeux illuminaient la terre...

AGRIPPA Souveraine...

CLÉOPATRE Il forçait les méchants à se taire.

IIO CLEOPATRE

Le pauvre, en le voyant, oubliait ses sang-lots. Comme le bleu Neptune, il commandait aux flots, Et, s'il voulait payer des serviteurs dociles, De son manteau tombaient des cités et des îles.

AGRIPPA Cléopâtre...

Crois-tu, dis, qu'en réalité.

Le héros de mon rêve ait jamais existé ?

AGRIPPA Non.

Par les dieux ! Tu viens de mentir, je le jure. Il a vécu, ce grand héros, et la nature L'avait formé plus beau, plus fier, plus g"énéreux Que tous les dieux qu'on voit dans les rêves heureux.

AGRIPPA

O reine, je comprends la grandeur de ta perte. Un jour se fermera la plaie encore ouverte. Octave ordonne . . .

Que puis-je faire pour lui ?

AGRIPPA Octave consent à devenir ton appui.

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