SCENE PREMIERE
L'ESCLAVE, se»/.
Le monde est à César, Antoine n'est plus rien : L'Egypte en le perdant perd son dernier soutien. Le combat d'Actium finit sa destinée.
Antoine... faible et lâche î 0 fatale journée ! Dieu des folles amours, ce sont là de tes jeux ! Tu choisis le plus fier et le plus courageux, Pour le faire tomber tout à coup dans la lutte, Et tu vas en riant te vanter de sa chute. Puis, par un autre jeu plus barbare cent fois, Tu te plais à rougir d'un misérable choix ; Tu réveilles l'esclave endormi dans sa fange ; En un maître orgueilleux, ton caprice le change. Ainsi dans le combat tu fais fuir le vainqueur, Tu lui prends son courage et le mets dans mon cœur. Cependant, nous aimons tous deux la même femme. Eh bien, ce même amour, né d'une même flamme, Qui fait d'un être abject un être noble et grand, Eait un lâche fuyard du divin conquérant... La reine, sans espoir, veut changer de patrie, Elle laisse à César la riche Alexandrie.
Et va sur d'autres bords chercher d'autres sujets.
Ventidius, lui seul, peut servir ses projets;
Dans ce morne désert je suis venu l'attendre.
Oh 1 cette fois du moins, nous pourrons nous entendre.