IRAS, CHARMION, L’ESCLAVE
l’bsclave.
Oh ! Charmion, voici déjà l’aurore !...
Je la verrai briller si tu tardes encore.
Ilàte-toi donc... Hier, j’ai juré que mes yeux Ne ru verraient jamais Hélios, roi des cioux ;
J’ai juré par le Styx... Me rendrais-tu parjure? Douterait-on de moi?... Me fait-on celle injure?...
CHARMION
Non, j’avais ta parole, elle poison est prêt.
. l ' esclave , prenant la coupe.
Donne. Tu lui diras que je meurs sans regret ! charmion.
Quoi ! tant d'insouciance à ton heure dernière!
On te laisse le temps d'exhaler ta prière.
A la vie, au bonheur lais au moins tes adieux;
Tu ne veux pas mourir sans invoquer tes dieux. l’esclave.
O fille delà nuit! A déesse implacable,
Toi qui n’as point do temple, et qu’on craint d’adorer ; Toi que le malheureux, quand le destin l’accable.
Seul en tremblant ose implorer...
O Mort!... h tes fureurs un fol amour me livre!
Prends ta faulx redoutable et parais!» ma voix :
A la voix d’un heureux que son bonheur enivre,
Viens donc pour la première fois !
Une femme régnait sur des peuples sans nombre;
De sa beauté les rois, les dieux étaient épris;
Moi, j’étais son esclave et je l’aimais dans l’ombre, Heureux même de ses mépris.
Jo no pouvais jamais l’approcher ni l’entendre;
Mais, pour apercevoir ou son voile ou sa main,
Je la suivais partout, je vivais pour l’aUendro El me jeter dans son chemin.