‹ Cléopatre tragedie en cinq actes, en versChapitre 21 sur 30 · scène ni · texte numérisé non relu

scène ni

ANTOINE, KROS, FAUSTUS, Soldats.

AtVTOINE.

Actium !... Actium ! depuis co jour je pleure...

Implacable destin !... rends-moi, ronds-moi cette heure... Ce moment ne peut-il jamais être efface?...

Ne pouvons-nous jamais rien reprendre au passé T...

Je donnerais ma vio et mes trente ans de gloire Pour arracher co jour aux pages de l'histoire !

La gloire, c'était là mon rêve le plus bpau,

La gloire qui fait vivre au delà du tombeau.

Être pour l'avenir un immortel exemple,

Avoir dans son pays une colonne, un temple,

C'était là mon orgueil... et j’étais parvenu A gravir dans la gloire un sommet inconnu.

Tout jeune, jo faisais admirer mon courage;

Comme un vaillant aiglon, j’aspirais à l’orage...

Mo mère, il m’on souvient, j’étais encore enfant,

Me contait les exploits d’Herculc triomphant...

Au superbe récit de cette noble vie,

Mes yeux brillaient d’orgueil, d’espérance et d’envie ;

Kt ma mère joyeuse, en me tendant les bras,

Disait; * C’est ton aïeul et tu l'égaleras. »

Et moi, j’entrevoyais une sublime (fiche!...

Qui t’aurait dit alors que tu couvais un lâche.

Ma mère, et que co (Ils, objet de tant d’amour,

Dans un combat fameux devait s’enfuir un jour T...

Il est heureux pour toi de dormir dans la tombe!...

Mais lui, pour qu’il soit grand, il faut bien que je tombe l.. t Ma lâcheté d'un jour fait sa valeur à lui,

El s'il a triomphé, c’est parce que j’ai fui.

Quel guerrier! il ne sait pas tenir son épéo Ni rallier d’un cri sa phalange échappée 1...

A Philippe, il n'avait qu’un courage trompeur,

11 était, disait-il, malade... il avait peur!

Et c’est là le rival que j'avais à combattre !

C’est à lui que les dieux ont permis de m’aballro!

Chose étrange... par lui vaincu, déshonoré,

Au lieu do mo venger sur l’heure, j’ai pleuré !

Je ne peux même plus recommencer la lutte...

Oh! que mes ennemis vont jouir do ma chute !

Et toi, fantôme!... toi, le plus cruel d’entre eux,

Cicéron, Cicéron, que tu dois être heureux,

Si tu m’entends gémir de l'abimo où tu plonges!... f J’ai fait des vérités de tes plus noirs mensonges !

A tes écrits j’ai su donner le sceau divin...

Tu n’étais qu'orateur, moi je t’ai fait devin 1 Mais quo dis-je ?... Jamais la sévère pensée N’alla jusqu'à prévoir cette fuite insensée...

Tu m'accusais d’orgueil, de plans ambitieux.

D'infâmes cruautés, de vols audacieux.

De crimes qui souillaient la majesté romaine ;

Flatteur !... J’ai dépassé les rêves de ta haine!...

Viens donc remercier Antoine... accusateur,

11 a sauvé ton nom du surnom d'imposteur!...

Avoir tant d'ennemis et les combler do joie !

So faire d'un seul coup leur complice et leur proie !...

Eh bien, donc, c’est justice... Et leurs joyeux transports Ne devraient point trouver do place en mes remords.

Que m'imjborte ma honto à l'onvi proclamée?

Mes amis, mes soldats, ma triomphante armée,

Voilà ce qui doit seul occuper ma douleur!...

J'ai méprisé leur foi, j'ai trahi leur valeur!...

C’est pendant qu'ils mouraient pour tnoi, leur chef indigne, Quo jo les ai quittés, sans un mot, sans un signe,

Sans les récompenser par un dernier adieu.

Ils mo nommaient leur père, ils me nummaiont leur dieu ; Je les connaissais bien... Ah! ces nobles victimes No me demandaient pas, dans leurs luttes sublimes.

De combattre à leur front, ni de les secourir.

Mais seulement d’aller les regarder mourir !

Qu'es-tu devenu, toi, mon vieux soldat rebelle,

Toi qui m'as tout prédit?.,., ü Foutus !...

Pendant les deux derniers vers, Eros (ait signe à Faustus de s’approcher.

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