‹ Cléopâtre: tragédie en cinq actes et en versChapitre 27 sur 55 · ACTE III ^ SCÈNE III. 4i · texte numérisé non relu

ACTE III ^ SCÈNE III. 4i

Par un afirônt sanglant j'ai causé ses douleurs ; Le bandeau nuptial doit essuyer ses pleurs.

ÉROS

Mais ce fatal traité ?

ANTOINE

Lui rendait la puissance.

Elle a dû me punir de ma trop longue absence. Elle est accoutumée à l'encens des mortels.

Exigeons-nous des Dieux qu'ils se passent d'autels? A Cléopâtre enfin tout mon sort s'abandonne ; Je ne la juge point, Éros , je lui pardonne.

Notre hymen fut toujours son vœu le plus ardent, Et le seul que mon cœur...

ÉROS

O délire imprudent !

Sur quel fragile appui votre bonheur se fonde!

ANTOINE

Eh ! que ferais-je , ami , de Tempire du monde,

De ce char triomphal reconquis devant toi , : v

Si Cléopâtre encor n'y montait avec moi ?

Pour bien connaître , Eros , le prix d'un diadème ,

Il Êiut en décorer le front de ce qu'on aime ;

Quel transport de la voir assise à mes côtés ,

Telle qu'elle apparut à mes yeux enchantés ,

Quand aux bords "du Cydnus, les peuples dans l'ivresse

Venaient la saluer du beau nom de déesse !

Âh! lorsque ma fureur entraînait mes guerriers,

4i CLÉOPATRE.

A ses pieds en espoir j'apporiais mes lauriers ; De mes exploits nouveaux ma tendresse s'augmente ^ Je retrouve à la fois ma gloire et mon amante ; La victoire aujourd'hui scelle notre union ;^ Aux drapeaux de César j'attacherai son nom; J'agrandirai son temple ainsi que son empire. Fier de porter son joug , ma vaillance n'aspire Qu'à jeter à ses pieds ces Romains orgueilleux. Ils changent d'empereur , ils changeront de dieux.

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