ACTE l; SCÈNE IIL
eLÉOPAT&E.
Marius et César firent la même guerre;
De tous vos dictateurs c'est le crime ordinaire f
Le Destin Fa trahi , ne l'en punissez-pas..»
PROGULÉIUS.
Les oracles de Rome ont dicté son trépas.
Au seul bruit de son nom , tous nos peuples frémissent ;
Les mânes des héros dans leur tombe gémissent;
La flamme de Yesta s'éteint sur nos autels;
Les Dieux mêmes , du haut des parvis immortels ,
Semblent s'associer à nos justes alarmes :
Leurs images d'airain laissent tomber des larmes ;
De Cybèle et de Mars les ministres sacrés,
L'œil en feu, les pieds nus , les membres déchirés ,
Ont déserté leur temple, et la voix du grand-pré tre
Commande hautement qu'on lui livre le traître.
Jamais.
PROCULÉIUS
A son destin vous faut*il immoler?
Ce refus n'a-t-il rien qui vous fasse trembler ? fit lorsque votre amour nous offense et nous brave , Connaissez-vous quel sort...
gléopâtre.
Oui, je connais Octave.
Je vous trouve fidèle à toutes ses leçons,
lo * GLËOPATRE,
Mais moi , f ai contre lui ce fer et ces poisons.
(Elle a'apfpfoche de VuvttA et TeMbriise. )
O mort! mon seul espoir , je t'embrasse avéô joie! Allez dire à celui dont l'ordre vous envoie, Qu'une reine, bravant son pouvoir inhumain, L'attend dans ce sépulcre un poignard à la main.
PROCULEIUS.
Je vous laisse le temps d'écouter la prudence; Songez à votre peuple , à votre indépendance^ A garder ce bandeau , que , jaloux de ses droits Octave affermit seul sur la tête des rois.