‹ Cléopâtre: tragédie en cinq actes et en versChapitre 5 sur 55 · ACTE l; SCÈNE IIL · texte numérisé non relu

ACTE l; SCÈNE IIL

eLÉOPAT&E.

Marius et César firent la même guerre;

De tous vos dictateurs c'est le crime ordinaire f

Le Destin Fa trahi , ne l'en punissez-pas..»

PROGULÉIUS.

Les oracles de Rome ont dicté son trépas.

Au seul bruit de son nom , tous nos peuples frémissent ;

Les mânes des héros dans leur tombe gémissent;

La flamme de Yesta s'éteint sur nos autels;

Les Dieux mêmes , du haut des parvis immortels ,

Semblent s'associer à nos justes alarmes :

Leurs images d'airain laissent tomber des larmes ;

De Cybèle et de Mars les ministres sacrés,

L'œil en feu, les pieds nus , les membres déchirés ,

Ont déserté leur temple, et la voix du grand-pré tre

Commande hautement qu'on lui livre le traître.

Jamais.

PROCULÉIUS

A son destin vous faut*il immoler?

Ce refus n'a-t-il rien qui vous fasse trembler ? fit lorsque votre amour nous offense et nous brave , Connaissez-vous quel sort...

gléopâtre.

Oui, je connais Octave.

Je vous trouve fidèle à toutes ses leçons,

lo * GLËOPATRE,

Mais moi , f ai contre lui ce fer et ces poisons.

(Elle a'apfpfoche de VuvttA et TeMbriise. )

O mort! mon seul espoir , je t'embrasse avéô joie! Allez dire à celui dont l'ordre vous envoie, Qu'une reine, bravant son pouvoir inhumain, L'attend dans ce sépulcre un poignard à la main.

PROCULEIUS.

Je vous laisse le temps d'écouter la prudence; Songez à votre peuple , à votre indépendance^ A garder ce bandeau , que , jaloux de ses droits Octave affermit seul sur la tête des rois.

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