SCÈNE V
GLÉOPATRE, seule.
Une terreur qu'en vain je cherche à surmonter... Je croyais un forfait moiàs pesant à porter.
Pourquoi faut-il que, prête à sortir de la vie. Aux lieux où tout s'éteint ma fureur m'ait suivie ? Ce sang... Ma voix se glace et mon cœur a frémi; De mes aïeux plaintifs les mânes ont gémi.
Que pour le crime, hélas ! la tombe est eflfrayante ! Je me cache dans l'ombre , et l'ombre m'épouvante.
La main des Dieux sur moi... Fuis ^ stérile, remord ! Et toi de qui j'attends le bienfait de la mort ^ Dernier dieu que j'implore et que l'Egypte encense , De tes poisons sacrés prête-moi la puissance; Le moment est venu , je m'abandonne à toi.
(Elle ëtend son Lrâs sur Vurne. )
Ah! c'en est fait!... Le sort ne peut plus rien sur moi! Et pour tromper Octave et ses cruautés vaines, J'ai senti tes poisons circuler dans mes veines. Viens, tyran , à mes yeux tu peux ici t'offrir; Viens voir si j'ai besoin qu'on m'apprenne à mourir.