‹ Cléopâtre: tragédie en cinq actes et en versChapitre 53 sur 55 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

ANTOINE , soutenu par des soldats ; CLÉOPATRE.

Dieux ! «

ANTOINE

Je viens à vos yeux achever de mourir.

Déjà pour couronner votre flamme nouvelle Le triomphe s'apprête et Rome vous appelle, Af^dàme, et, quand je touche à mon dernier instant, Sur le trône du monde Octave vous attend.

Ce sépulcre est voisin de l'empire des ombres ; On m'attend, il est vrai, mais sur les rives sombres.

Ciel!

Déjà le poison parvenu dans mon cœur....

ANTOINE

Tu ne me trompes pas ?

CLEO PATRE.

Regarde ma pâleur , Regarde.

ANTOINE

C'est la mort.... oui, c'en est fait.... c'est elle. Cléopâtre jamais ne me parut si belle.

Ah! que je goûte encor Tafireuse volupté De contempler ces yeux où s'éteint la clarté ! Laisse-moi te voir; dans là mienne pressée, Qu'une dernière fois ta main.... Elle est glacée. Le tombeau nous unit et me répond de toi.

Que je m'assure bien que tu meurs avec moi.

Tu m'as donc pardonnée !... Et connais-tu mon crime?

ANTOINE

Que me dis-tu ?

Sais'tu le nom de ma victime ?

Sais-tu qu'un fer vengeur?.. . Que mes transports afîreux...

Octavie....

Au tombeau nous devance tous deux.

M'oses-tu pardonner?

ANTOINE

Te pardonner , barbare !

La mort nous unissait , le crime nous sépare.

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