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CHAPITRE III

CONDITIONS D'HUMIDTTÉ ATMOSPHÉRIQUE Quantité d'hiimidité con^emie dans l'atmosphère. - — Ltl Va-

peiir d'eau est un des éléments constants de l'atmosphère, la quantité que l'air en peut contenir est dans un rapport déterminé avec la température, et varie avec elle. ïl existe des tables qui indiquent ces variations.

ISumidlté altsolue et liumidité relative. — • La quantité d'iiumi-

dité contenue dans un espace d'air donné s'appelle humidité absolue, et la quantité d'humidité contenue dans un espace, comparée à la capacité de cet espace, s'appelle humidité relative. Par air sec on comprend un faible degré d'humidité relative, par air humide on désigne un air chargé d'humidité à un haut degré. Le plus faible degré d'humidité que Humboldt ait trouvé est de 23 p. 100, en admettant que l'air complètement saturé en contienne 100 pour 100; il y a cependant encore des degrés plus faibles. Quand l'air contient au-dessous de 55 p. 100 d'humidité, nous pouvons dire qu'il est très sec, quand il en contient entre 55 et 75 p. 100, qu'il est d'une sécheresse moyenne, quand la contenance est de 75 à 90 p. 100, que l'air est d'une humidité moyenne, et quand il contient entre 91 et 100 p. 100, qu'il est très humide. L'humidité relative devrait toujours être considérée en même temps que la température, car elle n'a d'importance que lorsque cette dernière est connue.

Variations «le l'Iiumidilé absolne. — L'humidité atmosphérique absolue s'appelle aussi pression de la vapeur d'eau ; elle

peut être mesurée par la hauteur d'une colonne de mercure et se trouve indiquée par la hauteur du baromètre dont il faut la déduire si l'on veut obtenir la pression de l'air sec. L'air saturé à 0" a une pression de 4 mill. 51 ; à 12°, 50, une pression de 10 mill. 68; à 25° une pression de 23 mill. 40. Mais l'air est rarement saturé; comme l'air chauffé absorbe plus d'humidité que l'air froid, la marche périodique de la pression de la vapeur d'eau pour le courant de l'année est presque analogue à celle de la température, c'est-à-dire qu'elle est plus faible en hiver et plus élevée en été; ainsi à Vienne, par exemple, elle est, en janvier, de 3 mill. 53, en avril de 5,44, en juin de 10,14, en août de 11,04, en octobre de 7,62, en décembre de 3,62 : moyenne annuelle 6,84; variations 7,51. A Rome, elle est, en janvier, de 6,14, en avril de 7,42, en juillet de 13,99, en octobre de 10,37, en décembre de 8,66 : moyenne annuelle, 9,54; variations 7,85, La marche de la pression peut néanmoins subir des variations, de môme que les autres phénomènes météorologiques. La pression de la vapeur d'eau est bien plus forte, comparativement à la température, dans les régions des tropiques que dans les latitudes moyennes et septentrionales; ainsi à Madras, la moyenne annuelle est de 21,57; en janvier, avec la pression la plus faible, de 8,33 ; en septembre, avec la pression la plus forte, de 23,89 : variations 5,55; à Saint-Pétersbourg, la moyenne annuelle est 5,73. Dans les régions élevées, la pression de la vapeur d'eau diminue insensiblement. Mais cette diminution subit des variations occasionnées par des conditions locales sur lesquelles nous reviendrons plus tard. Les climats maritimes ou océaniques présentent des variations annuelles moins fortes que les points du continent. Ainsi, Sainte-Hélène ne présente que 3,75 de variation, pour une moyenne annuelle de 11,88 (Lorenz et Rothe).

Variations diurnes de la pression de la Tapeur d'eau. — La

inarche journalière de la pression de la vapeur d'eau est sou-

Werep, . — Cliaiatothcrapie. 3

mise à de plus grandes variations en été qu'en hiver, sur le continent que dans les climats océaniques. En somme, elle est en rapport avec la température ; ce n'est qu'à midi et dans les premières heures de l'après-midi qu'elle diffère, parce qu'alors l'air échauffé s'élève en enlevant la vapeur d'eau qu'il contient, et l'humidité qui s'échappe du sol ne peut pas marcher de pair avec l'élévation de la température. Ce phénomène a lieu plutôt en été qu'en hiver. 11 y a alors un maximum et un minimum double ; un premier maximum se produit plusieurs heures après le lever du soleil, par l'évaporation abondante; un premier minimum entre deux et quatre heures ; le deuxième maximum, de 7 à 10 heures du soir ; il est causé parla diminution du courant atmosphérique ascendant, et l'augmentation de la quantité de vapeur d'eau; l'humidité absolue diminue ensuite, parce que la température baisse et que la vapeur d'eau se condense, et le deuxième minimum se constate vers le lever du soleil (N. Graeger).

jUarche «le l'humiiiité relative. — La marche de l'humidité relative est presque inverse. Comme l'air absorbe plus d'humidité en raison de l'élévation de la température, les proportions de l'humidité, par rapport au degré de saturation, sont plus faibles parla grande chaleur, parce que l'humidité n'augmente pas aussi rapidement que la température. Ainsi, par rapport aux saisons, l'humidité relative est moindre pendant les mois d'été que pendant les mois d'hiver; c'est pendant les mois de mai et de juin qu'il y en a le moins, et pendant les mois de décembre et de janvier qu'il y en a le plus. Pendant la journée, elle atteint son maximum au moment du lever du soleil, et son minimum dans les premières heures de l'aprèsmidi. Les différences entre les diverses heures de la journée sont plus grandes en été qu'en hiver. Dans l'ouest de l'Europe, en hiver, les variations entre le maximum et le minimum sont presque toujours comprises entre 6 et 10 p. 100; en été, elles oscillent entre 20 et 28 p. 100. D'après Dove, l'humi-

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dite relative diminue aussi en raison de rélévation ; cependant nous trouvons sur ce point, et suivant les contrées et les couches atmosphériques, des difîérences bien plus considérables que pour l'humidité absolue. Les variations sont moins grandes dans les régions élevées que dans les parties basses.

La sécheresse ou l'humidité du vent dominant ont une grande influence sur l'humidité de l'air. . .

Formation de la rosoe. — La rosée se forme lorsqu'à un certain degré de température l'air ne peut plus contenir la même quantité de vapeur d'eau, qui devient alors liquide. Ce sont les recherches d'un médecin anglais, Wells, qui nous ont fourni les premières explications sur les conditions de la formation de la rosée,

BrouiiiartiH et nuages. — Quand la vapcur d'cau se refroidit dans l'air, sans qu'elle puisse s'attacher à des corps solides, elle forme de petites bulles, des gouttelettes humides et de petites aiguilles de glace qui, en s'amassant, forment le brouillard et les nuages entre lesquels il n'y a pour ainsi dire pas de différence; car si nous considérons d'en bas les brouillards très élevés, ils nous apparaissent comme des nuages. Nous ne pouvons insister ici sur la formation du brouillard et des nuages, ni sur les différentes sortes de nuages; mais il est très important, au point de vue climatérique, de connaître le nombre de jours de brouillard d'une localité, leur répartition sur les différentes saisons et le moment de la journée 011 les brouillards apparaissent.

Ciel couvert. — 11 est évident que l'état du ciel est d'une grande importance, car s'il est couvert de nuages, les rayons directs du soleil sont interceptés, et leur action, leur chaleur, leur lumière, se trouvent modifiées. D'après les recherches faites à Prague, par Fritsch, les variations de la température sont trois fois plus fortes en été et au printemps, et deux fois plus fortes en hiver et en automne, par un ciel sans nuages

que par un ciel comerl. Pour nous, il est important de connaître à quel degré le ciel d'une station climatérique est couvert pendant les différentes saisons, les différents mois et les différentes heures de la journée. L'état nuageux du ciel dépend de diverses conditions, mais principalement de la situation des localités. Dans les îles et sur les côtes, le ciel est plus couvert qu'à l'intérieur des continents. L'élévation au-dessus du niveau de la mer est d'une grande importance ; ainsi, dans les ascensions de montagnes on traverse des brouillards et des nuages; puis, à une hauteur qui varie selon les pays elles saisons, on arrive à des régions relativement sans nuages, oi^i le ciel est pur et serein pendant des jours et des semaines. Il est donc nécessaire de savoir si une localité se trouve dans la région ordinaire des nuages, ou au-dessus, ou au-dessous, et quels sont les changements qu'y apportent les saisons. L'état du ciel dépend de la direction principale du vent. Dans l'ouest de l'Europe, les vents d'ouest et du nord-ouest occasionnent un ciel couvert, les vents d'est et du nord-est un ciel pur.

i^a pluie. — Dans les pays montagneux on peut journellement remarquer que le refroidissement et la pression atmosphérique changent les nuages en pluie ou en neige, tandis que la chaleur les vaporise. La pluie dépend de la chaleur, de l'humidité, des conditions électriques et de la vitesse du vent.

La pluie tombe dans des proportions qui varient suivant les contrées : dans le désert du Sahara en Afrique, et dans le désert de Gobi en Asie, il ne pleut jamais; sur une grande étendue de la côte occidentale du Chili et du Pérou, sur la côte orientale de la Patagonie et dans d'autres contrées encore, il ne pleut presque jamais; tandis que de l'autre côté, sur le versant sud-est de l'Himalaya, l'influence de la mousson, vent chaud et saturé d'humidité, occasionne des pluies qui donnent une quantité d'eau de 15 mètres. La quantité de pluie qui tombe sur une contrée est déterminée : f/)par des conditions générales, qui sont : le degré de latitude et l'élévation

au-dessus du niveau de la mer ; b) par des conditions locales, à savoir : la proximité de grandes étendues d'eau, l'exposition au vent humide et le voisinage de montagnes qui retiennent l'humidité, ce qui augmente la quantité de pluie sur un versant et la diminue sur l'autre. Pour ce qui est de la répartition de la pluie d'après la latitude, on peut dire, en général, que la quantité de pluie diminue des tropiques vers les pôles ; il y a cependant beaucoup d'exceptions; ainsi il ne pleut presque jamais sur le Sahara, sur la côte du Pérou ; d'autre part, sur les montagnes situées sous le 60'' degré de latitude nord, il tombe une quantité annuelle de pluie de près de 2,250 millimètres. Le manque de pluie n'indique nullement un faible degré d'humidité atmosphérique : une contrée peut avoir une atmosphère très humide sans être pluvieuse, quand les courants atmosphériques froids, qui condensent l'humidité, lui font défaut. Ainsi à Lima, sur les côtes du Pérou, l'air est presque toujours très humide et il n'y pleut pour ainsi dire jamais; dans d'autres régions telles que le golfe de Gênes, l'humidité de l'air et du sol est insignifiante, et cependant il pleut beaucoup.

On admet généralement (Gasparin et d'autres) que la quantité de pluie et de rosée augmente en proportion de l'élévation au-dessus du niveau de la mer. Les observations des stations hydrométriques suisses, recueillies par Chaix [Globe, 1873), confirment ce fait; elles indiquent une quantité annuelle de pluie de 900 à J ,000 millimètres pour les basses contrées de la Suisse, et une quantité de 1,200 à 1,800 pour les contrées plus élevées, à l'exception de certaines vallées que leur position protège contre le vent de la pluie ; ainsi l'Engadine n'a que 791 millimètres, parce qu'elle est située vers le nord-est et abritée contre les vents du nord et de l'ouest. Cette règle ne peut cependant pas s'appliquer à l'Amérique où, sauf quelques exceptions, résultant en partie de causes locales, les conditions sont à peu près inverses.

Nous pouvons donner comme règle presque générale, au

moins pour l'Europe occidentale, qu'au bord de la mer il pleut davantage qu'ailleurs et que les pluies diminuent en raison de l'éloignement de la mer; il pleut davantage sur la côte occidentale de l'Irlande et de l'Angleterre que dans l'intérieur du pays; plus sur les côtes occidentales de France que dans le centre et dans les régions de l'Est, plus à Saint- Pétersbourg que dans l'intérieur de la Russie.

La quantité de pluie n'est pas toujours en rapport avec le nombre de jours pluvieux; dans certaines contrées la pluie est relativement rare, et cependant la quantité d'eau qui tombe dans l'espace de quelques heures est aussi grande que celle qui tombe pendant plusieurs jours de pluie dans une autre contrée. Ces données sont importantes; elles permettent de déterminer l'état du ciel et du sol, la durée du temps à passer en plein air, et les conditions hygrométriques d'une station. Le nombre des jours pluvieux augmente généralement, sauf quelques exceptions, des tropiques vers les pôles; mais la quantité de pluie diminue. Dans l'hémisphère Nord on compte, entre le ,12" et le 43'' degré de latitude nord, à peu près 78 jours de pluie par an; entre le 44^^ et le 46% 103 jours; entre le 47^ et le 50% 134 jours; entre le 51° et le 60% 160 jusqu'cà 178 jours. Le nombre des jours pluvieux semble aussi augmenter, jusqu'à une certaine limite, en proportion de l'élévation du sol audessus du niveau de la mer ; à partir de cette limite on remarque une diminution du nombre des jours de pluie. Dans les zones de calme il pleut presque journellement; à l'aube le ciel est clair, vers midi les nuages s'amassent, dans l'après-midi il y a de formidables averses, vers le soir le ciel s'éclaircit et reste serein pendant toute la nuit.

La pluie est difTéremment répartie, en Europe, suivant les saisons : en Irlande, en Angleterre, dans le sud et l'ouest de la France, en Italie, en Grèce et en Norwège, il pleut plus souvent en automne que dans les autres saisons; en Allemagne, en Danemark et en Suède, les pluies sont plus fréquentes en

été. Le printemps est l'époque la plus sèche pour l'Angleterre, la côte occidentale de l'Europe, y compris la presqu'île Scandinave, et la Russie ; l'été est l'époque la moins pluvieuse pour le sud de la France et de l'Italie et surtout pour l'Espagne et le Portugal; l'hiver est le principal moment des pluies pour ces deux derniers pays. D'après les frères Schlagintweit, la différence est très grande entre les diverses régions des Alpes; dans les parties méridionales et occidentales les pluies d'automne dominent; dans les parties septentrionales, les pluies d'été sont fréquentes. Dans l'ouest, il ne pleut pas pendant l'été, et dans le nord il ne pleut pas en hiver. La quantité annuelle de pluie, pour les versants méridionaux des Alpes, est de 1,460 millimètres; celle des versants de l'ouest de 1,190 millimètres et celle des versants septentrionaux de 920 millimètres.

Importance climatériqiie de la pluie. — On a SOUVCUt Considéré la pluie, et surtout la fréquence de la pluie, comme un élément nuisible dans une station sanitaire; cette question peut cependant être envisagée de diverses façons. Si la pluie n'est pas fréquente ou continue, au point d'empêcher le malade de séjourner en plein air, elle a l'avantage de purifier Tair des mélanges organiques et inorganiques et de le vivifier par la formation de l'ozone et l'amoindrissement de l'humidité relative; bien des gens se sentent frais et plus dispos pendant et après la pluie. La marche même est rarement nuisible pcndantla pluie, lorsqu'on a soin de prendre quelques mesures de précaution; dans certains cas il est préférable de marcher en s'exposant à la pluie qu'aux rayons directs du soleil et à la grande chaleur.

L.a neijçe. — La neige, ou pluie cristallisée, provient du refroidissement de la température. Le plus ou moins de rapidité avec laquelle elle fond indique le plus ou moins long refroidissement du sol.

Il y a de grandes régions où il ne neige jamais; ainsi au

niveau de la mer et de petites élévations, à peu près entre le 36'' degré de latitude nord et le 30° de latitude sud; par contre, dans les pays où les hivers sont froids, et dans les régions montagneuses élevées, les jours de pluie sont, à vrai dire, plutôt des jours de neige. La limite des neiges éternelles est déterminée par la température atmosphérique, mais elle yarie sons l'influence de causes diverses ; généralement elle s'abaisse en s'éloignant de l'équateur vers les pôles, mais elle est plus haute au-dessus des versants méridionaux des chaînes de montagnes qu'au-dessus des versants septentrionaux, et elle s'abaisse là où l'air dégage beaucoup d'humidité; elle varie encore suivant la forme et le groupement des montagnes.

Importance cliinatériqiie de la ut-ige. ■ — On admet généralement que la neige est nuisible aux constitutions chétives; cela est aussi faux que de croire les climats pluvieux malsains; cela dépend des autres conditions climatériques et de la nature du sol. 11 est vrai que la fonte fréquente des neiges entraîne des refroidissements de différente nature ; mais aussi, lorsque la neige séjourne pendant plusieurs mois, elle procure de très grands avantages; elle empêche réchauffement du sol par le soleil et arrête le développement des courants atmosphériques et des vents qui en résultent; l'air étant plus pur, les rayons du soleil le traversent plus facilement, et leur force lumineuse, chimique et calorique est doublée. En couvrant la terre, la neige arrête la poussière et les émanations du sol, toujours mélangées de substances organiques qui développent les spores. Un autre point important, c'est que la chaleur du soleil, reçue par l'organisme, est accrue par la neige ; la neige réfracte, en effet, très fortement les rayons caloriques. Ces données expliquent l'influence de certains climats dans le traitement des affections chroniques des organes respiratoires. La couche de neige qui couvre le sol exerce encore une influence indirecte sur le climat : la neige est un

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mauvais conducteur de la chaleur; elle restreint doublement le refroidissement de la terre : 1° en empêchant le rayonnement du soi, et '■2" en empêchant le froid d'y pénétrer, de sorte que beaucoup de plantes sont conservées par la neige; la végétation est activée : citons comme preuve la rose des Alpes, qui réussit parfaitement à une altitude de i,100 à 2,200 mètres et qui périt dans la plaine et les vallées basses.

Force irévapoî-atioii. — La forcc d'évaporatiou atmosphérique d'une contrée est le plus souvent en rapport avec Thumidité de l'air; elle varie selon la température, l'humidité relative, la densité et le degré de mouvement de l'air. L'évaporation est forte quand l'air est sec et chaud ; le vent la renforce encore ; elle est faible quand l'air est calme et à peu près saturé; un grand vent l'active, même lorsque l'air est fortement saturé.

Aussi l'évaporation est-elle très forte en été, au soleil et quand l'air est agité; très faible en hiver, à l'ombre, par un temps calme. Vers le milieu de la journée, et dans les premières heures de l'après-midi, elle est plus forte que le matin, le soir et la nuit; elle est nulle, ou à peu près, par une pluie continue et par le brouillard.

Importance cliniatérîqiie <le l'humidité atmosphérique. —

C'est grâce à la force d'évaporation que l'atmosphère s'approvisionne constamment d'humidité ; l'humidité est aussi nécessaire à la vie organique que l'oxygène, la chaleur et les parties solides qui constituent les corps. La répartition de la chaleur est réglée par l'humidité atmosphérique, qui arrête la chaleur directe du soleil et plus encore celle que la terre renvoie; la chaleur ainsi retenue est entraînée dans l'air par les courants atmosphériques qui la transportent au loin. L'humidité ne tempère pas seulement la réverbération du sol, mais encore la force des rayons directs du soleil, aussi bien celle des rayons lumineux que celle des rayons caloriques; mais, tout en retenant la chaleur, elle empêche une trop grande accumulation de lumière et de calorique ; elle provoque ainsi une plus

grande égalité dans les climats. L'humidité atmosphérique joue un grand rôle dans la formation de la rosée, de la pluie, de la neige et se trouve aussi en rapport avec la formation de l'ozone et les phénomènes électriques.

Dans les climats secs et pendant les saisons sèches, la différence de température est très sensihle entre les parties exposées au soleil ou à l'ombre, entre le jour et la nuit, tandis que cette différence est plus faible pendant les saisons humides. D'autre part, les ravons du soleil peuvent être interceptés par une forte humidité, pendant des journées entières, et même pendant des semaines ; le climatperd alors de sa gaieté et a une action déprimante. Il ressort clairement de ce rapide aperçu que, pour apprécier les effets physiologiques et thérapeutiques d'un climat, il est de la plus haute importance d'en observer les conditions d'humidité.

Effets physiologiques et patholog^iqoes dus à l'humidité atmosphérique. — On ne peut rien dire de précis sur les effets physiologiques et pathologiques dus à l'humidité atmosphérique, car son influence est inséparable de celle de la chaleur, du mouvement et de la pression atmosphériques. Le degré d'humidité absolue est important pour la respiration, parce que l'air qui pénètre dans les poumons n'y est pas seulement réchauffé, mais encore saturé d'humidité; la quantité d'humidité que les poumons lui transmettent est plus ou moins grande selon la quantité qu'il contient déjà. L'air froid est plus sec; il absorbe donc plus d'humidité en passant par les poumons que l'air chaud. Nous devons aussi prendre en considération rhumidité relative; car l'air sec est en état d'absorber plus d'humidité que l'air humide à la même température. La diminution des sécrétions muqueuses des organes respiratoires est fréquemment le résultat du séjour dans une atmosphère trop sèche. Cette circonstance est à utiliser pour le traitement des catarrhes chroniques et des états ulcéreux.

Par réchauffement de l'atmosphère et par l'évapo ration il se

fait une perle de calorique dont la proportion est plus grande quand l'air est sec et froid que quand Tair est humide et chaud. L'humidité relative demande à être étudiée au point de vue des fonctions de la peau, qui lui cède plus ou moins d'humidité suivant le mouvement elle degré de saturation de l'atmosphère, et plus ou moins de calorique suivant l'évaporation. L'air humide est un meilleur conducteur de la chaleur; mais à degré égal de vent, il restreint l'évaporation. Il en résulte pour l'épiderme des effets différents -.quand l'air est sec, l'évaporation augmente en raison du degré de mouvement de l'air, et la perte de calorique est en proportion de l'évaporation; c'est pourquoi l'on supporte mieux la grande chaleur quand l'air est sec que lorsqu'il est humide, surtout s'il fait en même temps du vent. Quand le temps est froid et sec, il y a encore perte de . calorique par évaporation, mais elle est faible et elle peut encore être restreinte par les vêtements. Si par contre l'air est humide, la perte de calorique par communication est bien plus grande que lorsque l'air est sec, et le vent l'augmente encore. C'est pourquoi nous trouvons souvent, au commencement du dégel, alors que la température a monté de 10° à 15° C, l'air humide bien plus froid qu'il ne l'était pendant la gelée et la sécheresse. Ceci explique la fréquence des refroidissements au moment du dégel et de la fonte des neiges; il est vrai qu'il faut tenir compte de ce fait que la formation des spores est favorisée par l'air humide et moins froid. L'air sec est en général plus stimulant que l'air humide ; ainsi que nous l'avons vu, on supporte mieux la chaleur quand l'air est sec que lorsqu'il est humide; mais lorsque l'air sec est joint à une température très basse, il irrite les muqueuses des voies respiratoires et provoque une disposition aux maladies inflammatoires, surtout à la pneumonie. L'air humide, joint au froid, prédispose aux catarrhes, aux bronchites, aux affections goutteuses et rhumatismales.

Par contre, l'air humide et chaud calme l'irritation des

membranes muqueuses, exige une moins grande dépense de forces ; mais il n'est pas rare qu'il affaiblisse à la longue l'appétit, les organes digestifs et le système nerveux ; il survient un certain accablement, un manque des forces nécessaires pour résister aux influences extérieures nuisibles. Nous avons souvent constaté, en pareil cas, que non seulement les malades, mais surtout les personnes bien portantes qui les accompagnaient, étaient atteintes de diarrbée. Quand l'air est très humide, la déperdition par les poumons et la peau est diminuée, d'où excès de travail des reins. Ce fait n'a pas lieu quand l'air est sec et chaud; c'est un détail à considérer dans le traitement des affections des reins.

Une autre circonstance qui nous paraîtimportante, c'est que l'humidité, jointe à la chaleur, active le développement des organismes inférieurs, ce qui explique bien des dangers propres à de semblables climats. Le développement de ces organismes est plutôt arrêté qu'activé par l'air sec et froid.

L'humidité du sol, qui entraîne naturellement l'humidité des couches atmosphériques inférieures, semble avoir un certain rapport avec les affections rhumatismales et le développement de la phtisie; dans bien des cas le dessèchement du sol a fait diminuer d'une manière sensible la mortalité due à la phtisie (Bowditch, Buchanan, Simon). Les organismes, qui se développent facilement dans l'humidité, servent sans doute d'intermédiaires, et l'humidité n'est pas la seule cause de la fréquence de la phtisie.

L'augmentation subite de l'humidité atmosphérique semble produire des modifications aussi importantes dans les fonctions du corps, que l'augmentation subite de la chaleur. Comme le dégagement d'humidité par la peau et les poumons est diminué, le dégagement par les reins et le tube digestif augmente ; de là souvent de la polyurie et de la diarrhée (Stewart, Ilirsch, Thomas, Rohden); si les liquides ne sont

pas suffisamment évacués, ou s'explique facilement la réplétion momentanée des vaisseaux, circonstance à laquelle Rohden attribue les liémorrhagies pulmonaires si fréquentes quacd il se produit une augmentation subite de Thumidité atmosphérique.

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