CHAPITRE VI
Électricité. — L'électricité de la surface de la terre semble toujours être négative et celle de l'atmosphère presque toujours positive. Sur 10500 observations faites de 1845 à 184/ à Kew, près de Londres, on a trouvé 10176 fois de l'électricité négative et 364 fois seulement de l'électricité positive ; quand le ciel est pur, elle est toujours positive ; les quelques résultats où l'électricité était négative ont presque tous été obtenus pendant la pluie; d'après Schùbler, elle est fortement positive parle brouillard. L'électricité est plus forte ^u niveau des objets saillants et des montagnes à pic; plus forte à une certaine distance que tout près du sol (Petier, Quetelet, Becquerel et Breschet) ; plus forte aussi sur les hauteurs que dans les régions plus basses. L'air contient plus -d'électricité en hiver qu'en été, surtout en janvier; la quantité d'électricité diminue jusqu'en juin et recommence à augmenter jusqu'en janvier; elle a deux variations périodiques quotidiennes et même deux, maxima et deux minima (Saussure et Schùbler), comme la chaleur et l'humidité avec lesquelles elle est du reste en rapport. Elle augmente depuis le lever du soleil jusqu'au premier maximum qui est de six à huit heures en été, et vers dix heures du matin en hiver; puis elle diminue jusqu'au premier minimum (en été entre quatre et six, en hiver vers trois heures de l'aprèsmidi); elle arrive à son second maximum une heure et demie ou deux heures après le coucher du soleil, pour dimi-
nuer encore et atteindre son second minimum vers le lever du soleil. On indique comme sources de l'électricité : l'évaporation, la végétation, l'oxydation, le frotlement et d'autres procédés chimiques. Cependant, d'après Peltier et Lamont, Félectricité négative de la surface de la terre semble être la principale origine de l'électricité contenue dans l'atmosphère chargée de vapeurs.
On connaît le rapport qui existe entre l'électricité atmosphérique, celle des nuages et les orages; mais il ne s'ensuit pas qu'une proportion plus grande d'électricité contenue dans l'atmosphère occasionne plus d'orages; au contraire, quoiqu'en hiver il y ait plus d'électricité, les orages sont plus rares qu'en été; ils sont plus rares à une grande altitude qu'à une altitude moyenne ou faible; Plantamour le prouve par les comparaisons qu'il a faites entre Genève et l'hospice du Saint-Bernard; à Genève il y a, en moyenne, vingtcinq à vingt-six orages par an, et à l'hospice il n'y en a que sept.
Il est regrettable qu'on ne connaisse pas d'une manière précise les effets physiologiques et pathologiques de l'électricité atmosphérique, car cette connaissance aurait probablement une grande importance.
LE TExMPS ET LE CLIMAT.
Si dans les paragraphes précédents nous avons examiné isolément les différents éléments ou facteurs climatériques, c'était dans le but de définir, jusqu'à un certain point, le rôle de chacun d'eux ; mais il ne faut pas nous figurer que dans la nature, c'est-à-dire dans le climat d'une localité, l'un ou l'autre facteur ait une importance indépendante de celle des autres : ils agissent tous plus ou moins simultanément et se compensent les uns les autres. Quand l'un des éléments ou un groupe d'éléments dominent, il se produit aussitôt un efîet
général qui change, qui varie à l'infini, et que nous appelons le temps. Rien d'étonnant à ce que le temps soit un continuel sujet d'entretien, puisqu'il a une très grande importance pour chacun et pour tout le pays. Gœtlie dit qu'il est naturel que dans une société la conversation tombe sur des questions de santé et de médecine, puisque ces questions intéressent tout le monde; il en est surtout ainsi du temps, dont les effets se font partout sentir, et dont la formation paraît si énigmatique. La nature du temps qui échoit à une contrée ou à une localité pendant un certain nombre d'années, de saisons, de mois, de jours, ou même de parties du jour, forme le trait le plus caractéristique et le plus important du cJimat d'une contrée, ou d'une localité ou d'une certaine partie d'une localité.