Polaire entre — 5° et — 1 5° C
D'autres auteurs français, tels que Fonssagrives et Lacassagae, acceptent également cette division.
Si claire qu'elle soit, elle n'a cependant qu'une valeur très limitée pour le médecin, car des climats très différents ont la même moyenne de température annuelle; celle-ci n'indique que la quantité de chaleur qu'une localité ou une contrée reçoit pendant l'année. Rien n'indique la répartition entre les différentes périodes du jour et de l'année. La température annuelle moyenne de 9" à 10° G. peut comprendre des contrées où l'hiver est doux et l'été frais, et d'autres avec des hivers froids et des étés très chauds, avec une différence d'à peine 12°C. entre l'été et l'hiver, et d'autres encore avec une différence de 24° et plus.
Si, comme exemple, nous citons Londres et Odessa, c'est parce que ces deux villes sont très connues ; mais il y a des villes, avec la même moyenne de température annuelle, qui présentent une bien plus grande différence. Londres et Odessa ont une température annuelle moyenne d'un peu plus de 9° G. ; mais leurs saisons, surtout l'été et l'hiver, présentent des différences considérables.
Printemps. Été. Automne. Hiver.
Londres 8.0 15.5 9.6 3.1
Odessa 7.6 21,7.1 10.4 —2.5
La différence entre l'été et l'hiver à Londres, est de 12°, 4 C. ;
à Odessa, elle est de 23° C. Dans plusieurs localités de la côte S.-O. de l'Angleterre et de la côte d'Irlande, la différence est encore moindre ; à Dublin, par exemple, elle n'est que de 9", 15 (en hiver 5", 23, en été 14°, 38).
La moyenne de température des différentes saisons est déjcà plus importante pour le médecin, parce qu'il ne peut envoyer des malades dans certaines stations climatériques que dans une certaine saison; mais des climats oi^i l'on rencontre la même moyenne de température en hiver ou en automne peuvent présenter de grandes différences par rapport au changement de température d'une semaine à l'autre, d'un jour à l'autre ou d'un moment de la journée à l'autre. C'est pourquoi la division des climats d'après la température moyenne des différentes saisons est également insuffisante.
Cette division indiquât-elle exactement les conditions de température des différentes localités, elle n'en serait pas moins insuffisante pour le médecin, car elle laisse de côté d'autres facteurs importants, tels que l'humidité, la pureté, la densité, le degré de mouvement, et les conditions de lumière et d'électricité de l'air. '
L'humidité atmosphérique est un élément important, et c'est avec raison que Vivenot, Walshe, Rohden, C.-T. Williams, P. Niemeyer, Thomas, Biermann et d'autres, attachent une grande importance à Vhiimidité relative pour l'appréciation climatérique de diverses localités, car elle est en rapport avec les variations de la température, avec la diathermanité de l'air, avec les proportions d'ozone, de lumière et d'électricité; elle influence l'évaporation et agit ainsi puissamment sur l'organisme. La proposition de Thomas [Vierteljahrschrift cler Klimatologie , 1876), de prendre l'humidité relative comme principe fondamental pour la division des climats, rencontrerait cependant une autre difficluté : c'est que les autres éléments climatériques seraient trop négligés.
Pour la même raison, la division d'après la pression atmo-
spbériqne, ou d'après un autre facteur climatérique isolé, serait également imparfaite. En effet chaque climat est l'expression, non seulement d'un élément, mais de beaucoup d'éléments qui, par leurs changements continuels et leur action réciproque, forment un tout soumis à des variations continuelles.
En somme, chacun de ces systèmes est tellement imparfait que nous serions tenté de suivre une classification purement alphabétique ; mais ce procédé ne conviendrait pas à un traité et donnerait lieu à bien des redites. Nous essayerons donc d'établir des groupes déterminés par leurs caractères géographiques et physiques. 11 est évident que cette classification présentera des lacunes et entraînera à des divisions arbitraires.
Il convient avant tout d'établir deux grandes divisions :
1° Climats des îles, des côtes et climats maritimes ;
2° Climats intérieurs ou continentaux.