OBSERVATIONS GÉNÉRALES
sibles à cet état font défaut totalement ou pendant une partie de Tannée, et dans lequel on trouve d'autres propriétés dont l'emploi méthodique produit une amélioration générale et facilite la régénération des organes et des fonctions malades. Les qualités principales d'un bon climat sont : un air pur, la possibilité de rester longtemps au grand air, une hygiène et un régime convenables; la présence, dans le voisinage, d'un médecin chargé de la direction de la cure, est d'une grande importance, et, dans la plupart des cas, une certaine harmonie entre le malade et la vie sociale et morale de la station contribue puissamment au résultat.
Il ne suffit pas de s'occuper des conditions météorologiques et des éléments physiques du climat; c'est au médecin qu'il appartient d'apprécier la situation et l'installation du logement, le vêtement, la nourriture, la quantité et les heures d'exercice, et de les adapter à l'état du malade; les changements qui se produiront en bien ou en mal pourront modifier les premières indications.
Une bonne station, surtout celle oi^i l'on traite des maladies graves, devrait avoir des vérandas ouvertes, faciles à fermer et exposées au soleil, des promenades convenables, avec des sièges commodes, à dossier élevé et mobile pouvant servir d'abri contre le vent, des lieux de repos ensoleillés, d'autres ombragés, des hamacs, des fauteuils roulants pour les invalides, des ânes et des chevaux doux pour l'équitation.
Dans tout traitement oii l'on emploie des agents médicamenteux, des bains, des moyens diététiques, il faut toujours se rendre compte si l'on a affaire à une constitution torpide, à des échanges nutritifs lents, à une faible excitabilité des fonctions, ou à des conditions opposées, ou encore à leurs combinaisons multiples. De même, suivant ces différentes conditions, on doit modifier le traitement, prendre également aussi en considération, dans les cures climatériques, les particularités principales de la constitution du ma-
lade, et par suite recommander soit des climats stimulants, soit des climats sédatifs.
Dans tout traitement il est indispensable d'apprendre à connaître aussi exactement que possible, quelle que soit du reste la maladie, le degré de résistance et le mode de réaction du malade.
Cette recherche est surtout nécessaire pour le traitement climatérique. Les températures basses, à air sec, agissent d'une manière très favorable sur les constitutions torpides mais vigoureuses; elles ont, par contre, le plus souvent une action nuisible sur les constitutions éréthiques et à réaction faible ; avec les premières on voit se relever l'appétit, la nutrition et toutes les fonctions; avec les dernières l'appétit diminue, et presque toutes les fonctions sont paralysées. Mais on a rarement des cas assez tranchés pour que le choix d'une localité s'impose ; le plus souvent l'état est tellement complexe qu'il est difficile d'apprécier quelle station il faut choisir. Souvent certaines propriétés d'une station climatérique peuvent être utiles, tandis que d'autres seraient au contraire nuisibles en raison des complications.
Un essai prudent seul permettra de décider quelle station ou quelle classe de station est convenable, pendant combien de temps le malade devra y rester et quand il faudra changer. D'autres cas sont de telle nature qu'on peut les attaquer de divers côtés et que l'on peut obtenir la guérison de différentes manières.
Les principes du traitement climatérique de chaque état morbide ont été établis dans les chapitres qui traitent des éléments du climat et des climats spéciaux. Nous pourrons donc nous borner à quelques considérations sommaires et nous contenter d'indiquer quelques types de sanatoria au lieu de les nommer tous.
Les maladies des organes respiratoires, et spécialement celles que l'on groupe sous le nom de phtisie, étaient autrefois presque les seules affections dont s'occupait la climatothérapie. Maintenant il n'en est plus ainsi ; néanmoins elles tiennent toujours la première place parmi les maladies traitées climatériquement. Nous les plaçons ici en première ligne parce que l'élément principal du climat, l'air, agit directement sur les organes de la respiration et parce que l'axiome : « de l'air pur avant tout » , trouve ici sa principale application.
Catarrhe des bronches. — a). Catarrhes des bro7iches, y compris la bronchite chronique. — Tout le monde sait que le froid humide, surtout accompagné de vent et de brusques variations de température, est une cause fréquente de catarrhes. Ce sont de véritables maladies climatériques ; un air plus chaud et légèrement humide produit souvent et rapidement la guérison, tandis que des influences climatériques mauvaises, prolongées, peuvent amener des catarrhes chroniques, des toux dites d'hiver, de la bronchite et de l'emphysème, avec amélioration pendant la saison chaude et aggravation pendant la saison froide. Les principales indications sont : des climats chauds et à température égale en hiver, surtout secs, comme celui de l'Egypte et de la Riviera, si les malades ont une expectoration abondante; des climats humides, comme Madère, Pau et Pise, si l'expectoration est peu abondante; des climats maritimes ou des stations montueuses peu élevées, comme Weissembourg, Badenweiler, Reichenhall, ou des stations indifférentes, comme Gleichenberg, Soden, Wiesbaden, Ems et Baden-Baden en été ; on pourra en outre fortifier la peau par des bains et de l'exercice en plein air ; ce sont des moyens auxiliaires importants.
Si ces cas sont compliqués d'affections du cœur, ce sont souvent ces dernières qui sont la cause des catarrhes et qui doivent particulièrement attirer l'attention du médecin.
Les stations élevées conviennent aussi aux catarrhes bronclîiques simples; mais s'il survient un catarrhe chronique, les complications qui en forment la base excluent tout séjour dans les stations élevées. On peut alors tout au plus recommander des cures d'été dans des régions monlueuses peu élevées, entourées de forêts de sapins et baignées d'air pur, et encore exclusivement dans les mois les plus chauds, car au commencement et à la fin de l'été il faudra choisir des localités indifférentes ou des stations alpestres d'une altitude peu élevée.
b). UempJujsème, qui se rapproche du catarrhe chronique des bronches par ses causes, exclut les stations élevées. 11 demande des stations hivernales chaudes, humides ou sèches, suivant la constitution des malades, et des stations d'été analogues à celles qu'exigent les catarrhes chroniques.
c). Le catarrhe laryngien simple présente les mêmes indications que le catarrhe bronchique.
d). Les bronchiectasies réclament le plus souvent pour l'hiver des climats chauds avec une humidité modérée comme la Riviera, de Hyères à Pegli et Nervi, ou Ajaccio, Palerme, Alger; vers la fin du printemps elle commencement de l'été, ou le commencement de l'automne, des stations indifférentesou des stations alpines peu élevées, telles que Baden- Baden, Bex, Montreux, Pallanza ; pendant l'été des stations montueuses modérément élevées, comme Badenweiler, Reichenhall, Ischl, les plages de la côte sud-est et est de l'Angleterre, de la côte nord de l'Allemagne, de la Hollande, de la France et de la Baltique.
e). Uastlmie, associé à un catarrhe bronchique simple, sans affection du cœur (asthme catarrhal), s'améliore d'ordinaire rapidement dans des salions élevées, quoique dans certains cas (lorsqu'il est compliqué d'affaiblissement général) les climats chauds agissent mieux; les climats secs, quand la sécrétion est abondante; les climats modérément humides
comme Arcachon, et les climats plus humides comme Pau et Pise lorsque la sécrétion est rare.
Les affections catarrhales des organes respiratoires exercent une grande influence sur toute la constitution : les changements dans les phénomènes respiratoires et les conséquences qui en résultent quand on les néglige, sont tellement graves qu'ils appellent la sollicitude du médecin et du malade. Le traitement climatérique dans le pays natal, avec une hygiène et un régime appropriés, s'imposent avant tout. Ces catarrhes sont souvent la suite de maladies constitutionnelles ou organiques ou en font partie; on ne peut alors leur opposer qu'un traitement palliatif et surtout les cures climatériqucs. Souvent le médecin, en appréciant toutes les conditions dans lesquelles vit le malade, en les corrigeant, en modifiant par exemple l'habillement, l'habitation, parviendra, en fortifiant le malade et en le rendant plus résistant aux influences extérieures, à l'habituer au climat natal. Le traitement des catarrhes est la véritable pierre de touche de rintelligence professionnelle du médecin, et tout praticien devrait leur consacrer toute son attention et ne pas négliger ces affections comme trop peu importantes.
Phtisie. — /). Phtisie ou phtisie pulmonaire. — jMaintenant il serait logique, et on pourrait le faire dans un ouvrage spécial, de passer en revue les maladies des divers organes de la respiration, celles du larynx, de la trachée, du sommet et de la partie inférieure des poumons et de la plèvre. Toutes ces affections, quand elles sont à l'état chronique, et nous n'avons affaire ici qu'à des affections chroniques, amènent dans des circonstances défavorables certaines formes de phtisie. Souvent même elles sont difficiles à distinguer de la phtisie, quelquefois elles en sont déjà l'expression. En tout cas elles nécessitent un traitement climatérique analogue. Nous pouvons donc ranger tous ces états, en tant qu'ils ont une tendance à se transformer en phtisie pul-
monaire, sous le nom de phtisie ou de phtisie puhnonaire.
Nous savons que la phtisie pulmonaire n'est pas toujours une simple affection des poumons; mais néanmoins nous la rangerons parmi les affections pulmonaires, car ce sont les poumons qui sont le point de départ des phénomènes principaux. La pathologie de la phtisie est très compliquée; les lecteurs trouveront des détails précis dans le Traité de pathologie et de thérapeutique spéciales de Ziemssen, dans les ouvrages de Laennec, Louis, Virchow, Buhl, Rûhle, Rindfleisch, Williams, Walshe, Wilson Fox, Jaccoud, Sée, etc. Le traitement climatolhérapique est exposé dans le traité pratique de Rhoden qui se trouve dans la balnéothérapie de Braun; de nombreux renseignements sont aussi consignés dans les ouvrages de Williams, Mac Cormac, Thorowgood, Biermann et autres. Le sujet est tellement étendu que nous devons nous borner à des remarques aphoristiques. En parlant des climats de montagnes à propos de la phtisie pulmonaire nous avons déjà indiqué que, si Yariés que soient la cause, l'état et les complications d'un cas de phtisie et en général des affections des organes respiratoires, nous devons songer que nous avons affaire à des surfaces irritées, ulcérées, en voie de suppuration, qui sont très sensibles à la moindre impureté de l'air, et qui guérissent plus facilement dans un air pur et aussi aseptique que possible.
Cet air pur n'existe pas dans les endroits où la population est dense, ni dans les espaces étroits et renfermés, mais bien jusqu'à un certain point dans les régions élevées, inhabitées, éloignées de toutes les exhalaisons nocives, libres de poussière, en haute mer, jusqu'à un certain degré au bord de la mer et dans le désert, plutôt à la campagne en plein air ou sous la tente que dans l'intérieur des maisons.
On croyait jadis que les climats chauds, oii les variations atmosphériques sont presque nulles, présentaient les meilleures conditions pour la guérison de la phtisie pulmonaire ;
mais rexpérience n'a pas confirmé cette hypothèse ; on avait attaché une grande importance à ce fait que la toux se calme surtout dans un climat à air chaud et humide, mais on s'est convaincu que ces climats ont, dans la phtisie, aussi peu d'action curative et préservatrice que la morphine.
La chaleur, le froid, la lumière et le soleil, certaines conditions de pression atmosphérique, d'humidité, d'agitation de l'air et l'électricité sont utiles; selon la nature du cas, c'est tantôt l'un, tantôt l'autre de ces facteurs qui agit favorablement; mais la condition essentielle est toujours la pureté de l'air. Si nous avions un moyen simple de constater la pureté de l'air par des expériences de fermentation et par le microscope, il nous serait plus facile de fixer la valeur des climats pour les organes de la respiration.
11 est souvent difficile de se décider entre des stations élevées et des stations maritimes ou basses également chaudes. Beaucoup de cas simples et à la première période, guérissent à la longue avec un traitement convenable, aussi bien sur les hauteurs que sur mer ou sur les côtes; beaucoup de cas déjà avancés, ou bien seulement au début, mais à marche rapide, ne guérissent nulle part. Dans bon nombre de cas c'est l'étude de la constitution du malade qui impose la décision à prendre; les constitutions éréthiques, sans résistance, supportent mal les climats de montagne, surtoutà basse température, et ont de meilleures chances de modifications dans les localités bien ensoleillées et chaudes; par contre, les constitutions molles, torpides, susceptibles de résistance, guérissent à coup sûr plus facilement dans les régions élevées. Quelquesuns de ces malades retirent le plus grand profit d'un séjour d'une partie de l'année ou pendant une période de leur maladie, sur les hauteurs, tandis que d'autres se trouvent mieux au bord de la mer.
On voit souvent des cas pour lesquels on doit employer d'abord un climat peu éloigné du sol natal, calmant ou indif-
férent, avant de se décider pour un climat éloigné, à caractères plus tranchés quant à l'altitude et à la température.
En parlant des climats marilimes et des climats de montagne nous avons fait connaître nos expériences personnelles ; si maintenant nous examinons encore en détail certains états, le médecin sait que, dans la pratique, les cas simples ne sont pas précisément la règle, mais que différentes formes de maladies, à divers degrés de développement, s'observent souvent chez le même individu.
Dans les considérations suivantes, nous ne reviendrons pas sur les contre-indications signalées ci-dessus à propos des climats de montagne.
1° Catarrhes du sommet. — Ce sont des catarrhes chroniques simples ou des affections péribronchiques qui guérissent, en général, dans les stations d'hiver cbaudes, soit modérément sèches ou humides, de la Riviera, à Ajaccio, Palerme, Alger et au Caire, ainsi que dans les stations élevées comme Davos, Saint-Moritz, Colorado, Gôrbersdorf et Falkenstein. Quand les malades ont passé l'hiver dans les localités chaudes, on peut leur recommander, pour le printemps, des stations tibritées dans les régions alpines inférieures, comme Pallanza, Bex, Montreux, pour l'été, des stations montueuses, à des altitudes différentes, ou des climats maritimes frais.
La durée du traitement est très inégale; elle varie, suivant l'ancienneté et le degré de la maladie, de plusieurs mois à plusieurs années. Même après guérison complète, il peut survenir facilement des rechutes sous des influences défavorables. Les convalescents devraient éviter la vie sédentaire, surtout dans un-air impur, rester longtemps en plein air, prendre un exercice corporel suffisant et avoir soin de s'endurcir et de se nourrir convenablement, faire de fréquentes cures d'air dans des climats de montagne, à des hauteurs modérées, et au bord de la mer. En outre, les malades devraient chaque
jour s'astreindre à une gymnastique respiratoire régulière, faire usage de douches et de frictions froides.
2° Pneumo7iie chronique du sommet. — Elle exige un traitement analogue, mais un peu plus prolongé; le pronostic est plus grave. Cette affection amène dans tous les cas des rétractions, des cicatrices, et, par suite, des pertes de substance; même après la guérison, il reste une tendance aux récidives^ qui, pendant longtemps, réclame un traitement hygiénique et climatérique.
3° Résidus de p7ieum,onie aiguë en voie de régression. — Consécutivement à l'inflammation aiguë il subsiste un état catarrhal, avec inspiration insuffisante, avec ou sans fièvre vespérale modérée, et sueurs nocturnes accidentelles; tous ces symptômes autorisent un traitement climatérique analogue. Le climat de montagne mérite cependant la préférence dans la plupart des cas de cette catégorie. Le pronostic est le plus souvent favorable.
4° Résidus des épanchements pleiirétiques . — Quand l'exsudat est incomplètement résorbé et que la ponction n'est pas indiquée, on peut conseiller les stations maritimes appropriées, même les plages fraîches de la côte sud-ouest de l'Angleterre et Ventnor, ainsi que les climats de montagne ; le résultat est généralement très satisfaisant. Toutefois, pendant les dernières périodes, c'est-à-dire après la disparition des phénomènes aigus, on obtient en général et le plus vite un rétablissement des plus complets dans les climats de montagne.
5° Caséification des produits inflammatoires [tyrosis). — On ne peut faire le diagnostic qu'approximativement. Quand cet état s'accompagne d'une fièvre plus ou moins continue, il faut accorder la préférence, pendant la saison froide, à des plages chaudes et modérément humides, comme Alger, Paierme, Ajaccio, Mogador, Tanger; pendant l'été, à des plages plus fraîches ou à des régions de montagne, d'altitude
moyenne; plus tard, api-ès la disparition de la. fièvre et la formation accidentelle de cavernes, quand la perte de substance n'est pas considérable, il faut préférer les régions montueuses aux plages chaudes.
On doit continuer le traitement pendant un certain nombre d'années, et, quand raffection primitive était étendue, il reste toujours une sorte d'état valétudinaire qui nécessite un traitement prophylactique.
6° Phtisie catarrhale-ptieiimonique étendue, sans perte notable de substance. — Cette affection exigé au début, quand la sécrétion est abondante, les plages exposées au soleil et sèches, comme la Riviera; quand la sécrétion est rare, des climats plus humides, comme Madère, des localités abritées, entourées de nombreuses forêts de sapins, comme Arcachon ; en été une altitude moyenne, comme Badenw^eiler, Weissenbourg.
Après la disparition de l'état aigu, les indications changent et les climats de montagne mériteraient la préférence. Le pronostic doit toujours être très réservé tant que la fièvre persiste; quand elle est moindre, le pronostic est meilleur et on peut immédiatement recommander les stations élevées.
7° Phtisie active étendue^ avec cavernes. — Cet état laisse très souvent peu d'espoir. Des plages chaudes, exposées- au soleil et très abritées, comme Menton, offrent encore le plus de chance de succès; il faudrait atténuer autant que possible les fatigues du voyage; la localité la plus rapprochée, toutes choses égales d'ailleurs, mérite toujours la préférence.
Les climats de montagne sont contre-indiqués dans ces cas.
8° Phtisie tuberculeuse aiguë. — Le pronostic est toujours grave. Il ne faudrait pas conseiller des stations éloignées, mais songer à une organisation aussi favorable que possible dans le milieu natal, ou dans des stations avoisinantes, afin d'éviter aux malades les tristesses qu'entraînent l'éloignement, les privations de tout genre.
9° Complications avec tendance à lliémoptysie. — Elles
n'excluenlpas les voyages sur mer ni le séjour sur les plages, mais les climats de montagne combattent la tendance à la phtisie hémoptoïque dans les cas peu avancés, beaucoup mieux que les chaudes vallées des pays d'intérieur et les plages à température élevée, comme le démontrent les observations de Spengler à Davos, de Denison et SoUy au Colorado, de Théodore Williams et les miennes. On ne doit pas croire cependant que l'hémoptysie ne se rencontre pas dans les climats de montagne, mais elle y est bien plus rare que dans la plaine.
Les sueurs abondantes disparaissent rapidement dans les climats de montagne; on doit donc leur donner la préférence s'il n'y a pas de contre-indication.
10° Tendance au catarrhe intestinal. — Les climats chauds et humides exercent une influence défavorable sur l'inappétence et sur les constitutions torpides ; les climats maritimes secs conviennent mieux, mais les régions élevées sont préférables s'il n'existe pas d'ulcères dans l'intestin.
11'^ Ulcération tuberculeuse du larynx^ autrement dit phtisie laryngée. — Cet état exclut les stations élevées; une fois que le mal a fait des progrès, on peut le considérer comme incurable partout; mais le séjour des plages chaudes et humides et les voyages sur mer, dans des contrées tempérées, peuvent rendre les douleurs supportables.
Cependant, audébut, la maladiepeutquelquefois guérir dans ces conditions.
Le catarrhe laryngé simple ne présente pas de contre-indications pour le séjour dans les stations élevées, mais on le traite aussi avec succès dans la Riviera, surtout dans des endroits un peu humides comme Pegli, Nervi, Ajaccio, Alger et Palerme.
12° Phtisie stationnc^ire et apy ré tique. — On peut la traiter dans des conditions cliniatériques très différentes, pourvu que la pureté de l'air soit un des éléments du climat et que les conditions hygiéniques soient favorables. Il faut éviter les
climats chauds et humides parce qu'ils déterminent des troubles digestifs et afTaiblissent ; il faut exclure aussi les stations élevées quand la perte de substance est considérable. Le changement est souvent utile ; on conseillera pour l'été les climats de montagne à diverses altitudes, suivant l'état des poumons et du cœur, ou des plages fraîches ; au printemps et à l'automne, des climats intermédiaires, indifférents, et les climats des régions inférieures des Alpes ; en hiver, les climats maritimes secs, des voyages sur des mers chaudes, et dans des pays chauds et secs, comme l'Egypte et la Nubie. Cela ne veut pas dire que les personnes atteintes de phtisie stationnaire doivent continuellement changer de place; plus elles sont éloignées de la période aiguë, plus elles pourront séjourner d'une façon permanente dans des stations bien choisies, où à la longue on peut obtenir, dans beaucoup de cas, une guérison plus ou moins complète. Avec un genre de vie rationnel, hygiénique et diététique, on peut obtenir des résultats favorables dans les régions les plus diverses.
Sur les hauteurs du Colorado, dans les Andes péruviennes, dans les Alpes suisses, à Arcachon, dans la Riviera, sur les côtes d'Espagne, à Alger, en Egypte, et sur les côtes d'Angleterre, on rencontre un grand nombre de convalescents, dont l'état nous est parfaitement connu, et que l'on peut considérer en partie comme guéris et en partie en voie de guérison.
13° Traitement jwophy lactique de la tendance à la phtisie. — Qu'elle soit due à une hérédité très caractérisée ou à un vice de conformation du thorax, avec respiration défectueuse et catarrhe fréquent, elle peut, suivant la constitution des malades, exiger différents traitements climatériques ; et le changement de résidence, une ou plusieurs fois dans l'année, amène souvent des résultats favorables.
Nous avons obtenu d'excellents résultats d'un séjour de plusieurs années sur des plages fraîches et vivifiantes. Les enfants prédisposés héréditairement à la phtisie, élevés sur
les c-ôtes de l'Angleterre, dans des habitations bien aérées, accoutumés à un exercice prolongé en plein air et soumis à un endurcissement général, ont quelquefois échappé à la maladie.
Quatre enfants issus d'une famille de phtisiques, dont le père et la mère étaient eux-mêmes de souche tuberculeuse et étaient morls de phtisie avant l'âge de h^ente ans, et dont un frère et une sœur aînés avaient succombé à l'âge de neuf à dix ans à une pneumonie catarrhale, ces quatre enfants, disje, se sont bien développés dans ces conditions hygiéniques et jouissent maintenant, à vingt-cinq et trente ans, d'une santé parfaite.
Les stations élevées conviennent aussi au traitement prophylactique ; il faut recommander défaire élever les enfants dans des localités comme Davos, Saint-Moritz, Colorado, Denver, surtout quand la structure du thorax est défectueuse.
iScrofuiose. — Lascrofulose, daussesdifféreutes formes, exige un relèvement de la nutrition, l'excitation et la modification de l'assimilation. L'air maritime, le séjour prolongé au bord de la mer, même la fréquentation des écoles sur les plages maritimes, seraient très favorables au développement de tous les enfants scrofuleux.
Si la force de résistance est minime, on conseillera de passer l'hiver sur des plages chaudes et l'été sur des plages fraîches. Des \oyages sur mer, dans de bonnes conditions, donnent un excellent résultat.
Le séjour dans des stations élevées est aussi recommandé et agit certainement d'une manière favorable; mais la mer a une plus grande action, et les bains de mer froids ainsi que les bains de mer chauds, quand des circonstances particulières ne s'y opposent pas, viennent en aide h. l'influence de l'air maritime.
Rhumatisme et goutte. — Les afîectious rhumatismales et goutteuses sont aggravées par l'action simultanée du froid et
Webef.. — Climatothérapie. 18
•274 DU MODE D'EMPLOI DES SANâTORIA.
de l'humidité, et elles sont même souvent occasionnées par cette double influence.
Des stations sèches, chaudes et exposées au soleil sur la mer ou dans un pays d'intérieur, ont une influence salutaii'e, et la facilité d'un exercice régulier en plein air est un grand avantage. La goutte est quelquefois aggravée par un séjour au bord de la mer, surtout quand elle est accompagnée de constipation; mais, dans la plupart des cas, on peut neutraliser cet inconvénient.
Les maladies du cœiir, qui compliquent si souvent les affections rhumatismales, réclament le plus ordinairement un traitement climatérique correspondant. Les promenades sur un terrain plat et sur un terrain graduellement montant ont une grande importance. Les climats de montagnes élevées ne sont supportés qu'exceptionnellement, niais une hauteur moyenne de 300. à 600 mètres, comme Ischl, Aussee, convient en général mieux dans les dilatations du cœur, avec diminution de la force musculaire, que les climats maritimes ; dans ces derniers, quand il y a une dilatation du cœur, on voit survenir des troubles digestifs et cardiaques.
L'Egypte, la Nubie, Pau, Pise, conviennent surtout l'hiver; les stations indifférentes, comme Baden-Baden, Wiesbaden et le climat des régions alpines inférieures (Pallanza et Lugano, Vevey), sont préférables en automne et au printemps. Les maladies des artèî'es, spécialement l'athérome, interdisent le séjour dans les régions élevées, spécialement pendant la saison froide, durant laquelle l'apoplexie n'est pas rare dans les climats alpins. Quand il se produit des processus de stase dans les poumons et dans le foie, par suite de maladies du cœur, il est nécessaire d'intervenir médicalement.
Les affections des reins, du moins quand elles sont anciennes, sont rarement guéries par le climat, mais les climats secs et chauds comme l'Egypte et la Riviera, pendant l'hiver et le printemps, exercent en général une influence
favorable quand on les utilise avec précaution ; ils augmentent l'activité cutanée, diminuent le travail des reins et viennent en aide aux fonctions en général ; pendant l'été il faut choisir les climats secs et indifférents, d'altitude moyenne.
Il faut avant tout surveiller attentivement les fonctions cutanées, le régime; on peut obtenir d'excellents résultats en combinant cette hygiène avec les inQiiences climalériques.
Les catarrhes chroniques de la vessie et des voies urmaires peuvent souvent devenir tributaires d'un traitement climatérique ; le régime et les soins de la peau viennent en aide à l'action d'un climat sec, modérément chaud et uniforme. Quand la guérison de ces affections paraît entravée par l'absence de repos et les imprudences, les longs voyages sur mer, pendant 3 à 12 mois, donnent des résultats extrêmement favorables. lien a été ainsi dans 8 cas, et nous sommes tentés d'attribuer en grande partie la guérison au repos physique et moral forcé.
Les maladies des organes digestifs sont de nature si différente, qu'on peut à peine poser des règles générales. La nature de la constitution doit être le principal guide.
La réglementation du régime, de l'exercice, le traitement médical et balnéothérapique ou hydrothérapique, doivent souvent précéder le changement de climat et suffisent même quelquefois. Dans les cas anciens, surtout quand le moral est affecté, un traitement climatérique prolongé est nécessaire ; pour les constitutions torpides, les stations élevées conviennent l'hiver et l'été, avec des stations de transition au printemps; pour les personnes affaiblies ou âgées, on choisira de préférence des climats secs et chauds en hiver, des stations de montagnes peu élevées ou basses en été, ou, si les malades peuvent les supporter, des plages froides. Les voyages constituent, comme le savaient déjà les anciens, un élément important dans le traitement des maladies des organes digestifs et peuvent quelquefois faire disparaître des dyspepsies persistantes. Il faut tenir grand compte de la nature de l'eau de table, de la
quantité et de la qualité de la nourriture et de son mode de préparation, dans le choix d'une station pour les individus atteints de troubles des organes digestifs; l'activité corporelle est de la plus grande importance, il faut la régler suivant les forces de chaque malade.
Les affections du système nerveux pourraient subir, plus souvent qu'on ne l'a tenté jusqu'à présent, l'influence favorable des climats.
Chez les malades atteints de dépression morale^ les voyages elle séjour prolongé dans des localités et dans des conditions de vie agréable et intelligente donnent souvent les meilleurs résultats, surtout quand ils peuvent en même temps prendre de l'exercice. Sous ce rapport, un hiver à Rome, pour ceux qui sont sensibles à de telles impressions, est un remède merveilleux. A d'autres, on peut recommander les voyages et les occupations qui en résultent; de plus, ils se trouveront bien de s'éloigner du cercle étroit et habituel dans lequel ils vivent. Pendant la saison froide et fraîche, l'Egypte et le voyage du Nil, l'Italie méridionale, la Sicile, l'Espagne, les voyages dans les montagnes pendant l'été, suivant le degré de force, suivant l'état moral, constituent des modes de traitetrès énergiques et que l'on peut modifier à l'infini.
h'hypochondrie réclame des méthodes semblables, qu'il faut appuyer par un traitement hydrothérapique et balnéothérapiqiie.
A cet ordre d'idées appartiennent des états qui touchent à la folie et qui sont peut-être de son ressort.
On peut souvent obtenir beaucoup par un changement fréquent de résidence et des voyages sous la direction d'un médecin.
Il faut éviter les climats de montagne proprement dits pour tous les malades agités; les climats maritimes indifférents et peu humides, avec du soleil et de l'air, leur sont au contraire favorables.
Vépuisetnent intellectuel par excès de travail ou à la suite de maladies graves aiguës, exige un traitement climatérique prolongé; il est parfois suivi de succès, même dans des cas très graves. Dans l'épuisement intellectuel provenant d'excès de travail, mais chez des individus bien constitués, un long séjour dans les climats de montagne, avec changement pendant les périodes de transitions, agit très favorablement. Si le malade est faible, offre peu de résistance, on aura recours avec avantage au séjour dans des climats indifférents et dans les régions alpines inférieures; dans les mois les plus froids, on choisira, sur le golfe de Naples, Castellamare et Sorrente ; sur le golfe de Salerne, Amalfî; toute la Riviera, Alger, la Sicile ou les côtes d'Espagne.
Les névralgies demandent des traitements très différents suivant les constitutions ; dans certains cas elles ont pour point de départ la goutte ou le rhumatisme, et le séjour dans les climats secs et les pays d'intérieur chauds, comme l'Egypte, leur sont favorables, tandis que la Riviera augmente souvent toutes les affections névralgiques. Quand il s'agit simplement de douleurs nerveuses, les climats un peu humides, modérément chauds, comme Pau et Rome, agissent favorablement; dans d'autres cas, des stations dans les régions alpines inférieures, comme Meran et Pallanza, sont indiquées, tandis qu'en été on peut recommander des stations indifférentes, des climats d'altitudes variées, suivant l'état des organes de la circulation.
Dans certains cas, la malaria est la cause de la maladie : il faut alors des climats de montagnes en été et des stations sèches, sur les côtes, en hiver. Les douleurs nerveuses pures tiennent souvent à des vésanies: il fautlestraitercomme telles.
Il en est de même des états hystériques qui s'aggravent aussi souvent dans la Riviera occidentale, tandis qu'ils s'améliorent le plus ordinairement à Pegli et dans la Riviera orientale, à Pise et à Rome, sur le golfe de Naples et à Ischia. Du
resle, dans ces sortes d'affections, on ne peut pas dire d'avance quel climat sera avantageux.
Vastkme nerveux se modifie sous l'influence du climat ; mais il est rarement possible de préjuger l'action de ce dernier sur celte affection. En général, on peut dire que le climat de montagne agit plus favorablement que celui des côtes; l'asthme s'aggrave surtout dans la Riviera occidentale, comme le D' Frank l'a montré dans plusieurs cas observés à Cannes. Nous avons obtenu des résultats très satisfaisants dans les Alpes suisses, mais on ne peut pas établir ceci comme règle. Préalablement, pour cette variété d'asthme, on pourra essayer différents climats; les résultats sont quelquefois tout à fait inespérés. 11 faut toujours observer le régime et l'hygiène.
Dans les affections chroniques de la moelle épinière^ et spécialement dans le tabès et l'ataxie, les voyages sans fatigue dans des climats secs, chauds, bien exposés au soleil, les courses sur mer, et avant toutl'éloignement des climats froids et humides, agissent favorablement, surtout si on y joint la distraction. Dans deux cas d'ataxie, nous avons non seulement enrayé la maladie, mais obtenu une guérison réelle et durable par un séjour de plusieurs années en Égypie, en Algérie, et à Palerme en hiver, à Rome et dans le golfe de Naples au printemps et en automne; à Ischia et à Capri en été, quelquefois aussi en Angleterre en été, à bord de bons yachts.
Le diabète ou ghjcosurie a une signification très variable chez les différents individus, suivant l'âge, la constitution et les phénomènes qui l'accompagnent ; aussi le traitement climatérique doit-il être modifié en conséquence. Ce traitement est d'une importance secondaire en comparaison du régime, mais un séjour dans un pays bien exposé au soleil, modérément sec et pas trop chaud, que l'on variera suivant les saisons, est un auxiliaire puissant. Ilfaut surtout, dans ces cas, tenir compte des conditions morales.
Les troubles vaso-moteurs qui sont sous l'influence du système nerveux central, comme la maladie de Basedoiv et les nombreux états qui sont en connexion avec elle, ne supportent ni la grande chaleur ni le froid; ils se trouvent mieux dans des endroits modérément secs, exposés au soleil, et d'une température assez égale; on y joindra les distractions, mais en évitant toute cause d'agitation morale. Pendant l'été, on peut conseiller les altitudes moyennes, les stations ombragées, La vie au grand air, mais sans fatigue, doit être très recommandée.
Nous avons observé dans quatre cas de ce genre, mais au début de la maladie, des résultats très favorables à la suite d'un assez long séjour dans les montagnes, à Saint-Morilz, Pontresina, Bel Alp, dans la vallée de Maderan et sur le Rigi ; ces résultats furent suivis d'un temps d'arrêt pendant plusieurs années; mais, à un moment donné, la peur, l'agitation, des émotions morales vives et d'autres influences défavorables, amenèrent une aggravation et le développement de la maladie. Dans deux autres cas, le mal a été enrayé d'une façon durable.
Dans les anomalies du sang il faut intervenir avant tout médicalement, y ajouter un traitement balnéaire, un régime et une hygiène appropriés. Le climat agit comme un auxiliaire important dans beaucoup de cas; il est même l'agent principal de la cure, quand les malades ne supportent pas le traitement médical.
Ainsi, pour la chlorose, il faut recommander les localités oii l'on peut rester à l'air toute la journée, sans fatigue. En été, saison pendant laquelle le plus souvent la grande chaleur est mal supportée, on peut conseiller, suivant le degré d'altération du sang et l'état du cœur, des stations montagneuses d'altitudes diverses, ombragées, l'emploi de hamacs, de fauteuils à roulettes et autres moyens commodes pour un exercice passif; dans la saison froide, les stations bien exposées au soleil dans les régions alpines inférieures, comme Pallanza, Meran, Mon-
trciix, ou, si ]a mer est bien supportée, les deux Riviera ou Palerme. Les plages froides sont souvent très utiles en été comme en hiver; ainsi, pour Tété, en Angleterre, les plages de l'est et du sud-est, comme Folkestone, Eastbourne, Ramsgate et Margate, Lowestoft, Scarborough, etc., jusqu'en automne; pendant l'automne et l'hiver, Yentnor, Bournemouth, Brighton.
Un froid modéré, quand on est vêtu chaudement et qu'on a une nourriture convenable, n'est nullement nuisible : au contraire, il est souvent utile si les malades sont dans un pays où le ciel est pur; l'air froid excite l'appétit. Pour ceux qui supportent bien les voyages sur mer, nous avons trouvé que les voyages sur des yachts, dans des climats tempérés, avec séjours accidentels sur les côtes, étaient très utiles.
Si l'anémie est moins prononcée ou déjà en voie de guérison, on se trouvera bien d'un séjour dans des localités où la vie sociale est animée, ou les excitations intellectuelles sont nombreuses, par exemple à Florence, au printemps; à Rome, en hiver et au printemps; à Naples, en automne, en hiver et au printemps; à Castellamare et à Sorrente, au printemps et en automne; à Capri et à Ischia, pendant ces mêmes saisons.
Les anémies d'une autre nature ne présentent, d'après leurs causes, pas tout à fait les mêmes indications, mais des indications analogues. Quand les règles sont trop abondantes, les climats maritimes sont nuisibles; par contre les climats indifférents et subalpins, et souvent aussi les climats alpins, sont favorables ; si la menstruation est peu abondante ou si elle manque complètement, les climats maritimes sont très utiles.
Dans deux cas de kucémie et de maladie de Hodgkin, que j'ai observés avec soin^ j'ai pu constater, à la suite de longs voyages maritimes en yacht, avec arrêts accidentels et séjours en Egypte et à Alger, des résultats très satisfaisants. Les cas très avancés laissent peu d'espoir.
Quant aux anémies et aux maladies organiques produites par la malaria, il est avant tout important d'éviter le pays oi!i règne la malaria; on peut recommander les climats alpins et subalpins pendant une grande partie de l'année ; on pourra les remplacer, avec succès, pendant quelques mois, par des climats maritimes secs et de température moyenne.
La faiblesse consécutive à des maladies aiguës^ par conséquent une giiérison lente et incomplète , exige un traitement différent suivant la nature de l'affeclion antérieure, de la constitution elle degré de faiblesse. Il faut toujours prendre en considération que la prédisposition pour des maladies de nature très différente augmente beaucoup après des maladies graves aiguës, surtout après des fièvres, tandis que la force de résistance et l'énergie diminuent sensiblement. C'est pour cela qu'il faut conseiller dans ce cas de choisir, au début, des stations rapprochées, facilement accessibles, confortablement installées à la campagne, dans des régions montagneuses peu élevées, dans les bois, au bord de la mer; plus tard seulement on pourra s'éloigner. Après des accès d'asthme et la diphthérie, les climats maritimes et des côtes méritent la préférence ; après la scarlatine et la fièvre typhoïde, il convient de rechercher des stations modérément chaudes, bien ensoleillées, soit dans l'intérieur des terres, soit sur les côtes. Dans certains cas, lorsque le résultat se fait attendre, il ne faut pas désespérer, par exemple, après une fièvre typhoïde grave; il est vrai que Pierre Frank a dit que la fièvre typhoïde enlevait trois mois de la vie, mais il n'indiquait qu'une moyenne ; car quelquefois à un âge avancé il faut presque toujours des années de soins continus pour récupérer jusqu'à un certain point la force de travail et l'énergie antérieure, mais la patience est presque toujours récompensée.
Les étals clim,atériques ^ dans la plus large acception du mot, forment un contingent important pour le traitement climatothérapique; ce domaine nous paraît plus étendu qu'on
ne le suppose généralement. Le public est cependant disposé à attribuer au « changement de vie » toutes les maladies des femmes entre 40 et 55 ans; les Anglais sont particulièrement clairvoyants en ce qui concerne le change of life ; mais la période de la formation présente des écueils presque aussi fréquents que la période de retour, et non seulement pour le sexe féminin mais aussi pour le sexe masculin ; le développement rapide vers une phase plus élevée de la vie, tout comme Tordre inverse dans les deux sexes^ est parfois lié à des troubles variés qui surviennent tantôt dans le système nerveux, tantôt dans la circulation, tantôt dans les fonctions digestives et de nutrition. La cessation des fonctions sexuelles ainsi que leur début n'est qu'une transformation plus apparente que les autres ; il se produit aussi de la même manière des changements dans d'autres fonctions importantes qui se rattachent parfois à une sorte de révolution dans l'harmonie de l'organisme; dans d'autres cas, et c'est heureusement la règle, ils se manifestent d'une façon moins marquée, on pourrait presque dire « constitutionnelle ». Suivant les circonstances on conseillera le changement de résidence, les voyages et les distractions qui s'y rattachent, le séjour dans des climats d'été vivifiants, subalpins ou maritimes, et des climats d'hiver assez secs et avec du soleil; ces différentes conditions contribuent au retour de l'équilibre et au rétablissement de l'harmonie entre l'état nouveau et l'ensemble de l'organisme. Dans ces cas les climats thérapeutiques (officinaux) ne sont pas toujours nécessaires; il est préférable d'avoir recours à des stations comme Rome, le golfe de Naples, la Sicile, l'Espagne, la Palestine, la Grèce, en observant toutefois les règles générales que l'on peut déduire de l'état des forces et de la disposition morale.
11 faut faire rentrer dans ces cas le retard dans le développement des deux sexes pour lequel les climats maritimes, alpins et subalpins, sont efficaces.
La vieillesse prématurée et celle qui arrive à son heure, les troubles dans les organes et les fonctions qui s'y rapportent, sont heureusement modifiés de différentes manières par les changements de climat. La caducité précoce de certains organes est un état fréquent qui est souvent confondu avec un état maladif habituel; on le traite en général médicalement sans aucun succès. La diminution de l'énergie et de la résistance est une particularité caractéristique; les aliments et les boissons de même nature et pris en même quantité qu'autrefois déterminent des troubles, tandis qu'antérieurement ils étaient bien tolérés; le même travail corporel et intellectuel, qui jadis était un excitant normal, amène l'épuisement ; le même abaissement dans la température et les mêmes changements météréologiques qui provoquaient peutêtre auparavant une augmentation de l'appétit et une plus grande tendance pour les exercices corporels, occasionnent des « refroidissements » qui se traduisent par des catarrhes, des bronchites, des rhumatismes. Ce sont surtout les basses températures, une grande humidité, les vents froids et les variations brusques qui exercent une influence nuisible, parce que le corps n'a pas une force de réaction suffisante. En recherchant pour la saison froide des climats chauds, ensoleillés et secs, tels que Cannes, Nice, Menton, San Remo, Pegli, Alger, Palerme, des slations'dans les régions subalpines telles que Pallanza, Lugano, Meran, Montreux, on atténuera les appels à la force de résistance, on évitera beaucoup de maladies qui surviennent dans les climats froids, et de cette manière on pourra non seulenienfrendre la vieillesse plus agréable, mais même prolonger la vie. Les climats froids, mais encore les climats alpins ont une influence fâcheuse sur la vieillesse; il faut donc les éviter; tandis que les climats ordinaires de montagne, d'une altitude moyenne, jusqu'à environ 1000 cà 1200 mètres ont souvent une action favorable pendant l'été. Il faut encore tenir
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compte dans le traitement de la vieillesse d'une certaine torpeur de toutes les fonctions, psychiques ou physiques, quand on n'a pas soin de les exercer continuellement; il est donc nécessaire de les entretenir par une activité corporelle et intellectuelle. Pour cette raison il y a tout avantage à conseiller les voyages et le séjour dans des localités oii la société, les beaux arts et d'autres conditions excitent l'appétit et invitent à prendre de l'exercice ; suivant les saisons et les constitutions, on peut séjournera Naples, Rome, Florence, Venise et dans d'autres villes où se trouvent de nombreuses galeries d'objets d'art comme Dresde, Municli, Paris, Berlin et Londres. Un simple déplacement est parfois très utile; ainsi en Angleterre on obtient d'excellents résultats chez les habitants âgés de Londres en les faisant séjourner pendant quelques semaines sur la côte de Brighton ou de Folkestone; il en est de même pour les habitants de la province qui viennent faire à Londres un séjour momentané.
Dans les chapitres précédents nous n'avons énuméré ni toutes les stations climatériques ni tous les états qui peuvent être améliorés par des influences climatériques bien appropriées ; il existe en effet très peu d'états morbides sur lesquels des conditions atmosphériques convenables n'exercent pas une influence favorable ; au lit, dans une chambre de malade, à l'intérieur de la maison, on observe sciemment ou inconsciemment les règles delà climatolhérapie ; suivant la manière dont on les suit, elles ont, à l'état de santé ou de maladie, une action plus prononcée qu'une intervention purement médicale.
Tous ceux qui observent les transformations favorables survenues chez des malades dans les stations climatériques, et qui recherchent les influences spéciales auxquelles sont
CLIMATOTHÉRÂPIE DAiNS LE PAYS NATAL. 28o
dues ces transformations, arrivent nécessairement aux conclusions suivantes :
i° L'emploi méthodique des ressources du pays nalal permet d'obtenir, dans beaucoup de cas, des résultats analogues à ceux qu'on retirerait d'un séjour dans des stations éloignées.
2° Certaines modifications à l'intérieur de l'habitation et dans la manière de vivre peuvent améliorer sensiblement le résultat obtenu par les ressources climatériques du pays natal.
3° En fondant, dans les régions du pays natal, des maisons convenablement aménagées et soumises à une direction médicale suivie, on pourrait obtenir une grande partie des avantages qu'on trouve dans des stations climatériques éloignées.
Le séjour de sanatoria éloignés étant impossible pour beaucoup de malades, soit à cause des frais, soit par suite d'autres circonstances, l'observation de ces règles a une grande importance. Cette considération s'est imposée à nous ainsi qu'à d'autresmédecins. Nous renvoyonsentre autres auxouvrages de Max Cormac l'aîné. Pour cet auteur l'impureté de l'air paraît être la cause principale de la pthisie. Nous citerons aussi les ouvrages de P. Niemeyer, Rhoden, etc. Pettenkofer donne des règles précieuses pour le vêtement, l'installation des chambres et des habitations.
Toutefois, dans le pays natal et avec les devoirs professionnels, il n'est pas très facile de consacrer un temps convenable à l'exercice en plein air et de prendre ses repas avec la tranquillité nécessaire ; une fois qu'on a reconnu l'utilité de ces précautions, il est plus facile de prendre peu à peu l'habitude de suivre un régime et une hygiène en rapport avec l'état physique ; heureusement cela suffit dans beaucoup de cas pour recouvrer et conserver la santé.
Quel est le médecin qui n'a pas observé fréquemment des cas oi^i un changement de climat était impossible, mais dans lesquels on a obtenu une transformation inespérée par
une modification dans les occupations habituelles ou la manière de vivre? Nous avons vu plus d'un boulanger devenir phtisique à la suite du travail devant le four ou en restant dans son magasin, et retrouver peu à peu la santé en traînant chaque jour dans les rues, pendant trois ou quatre heures, et par tous les temps, sa carriole de distribution; nous avons fait la même observation pour d'autres métiers et d'autres professions. 11 est parfois difficile de s'habituer au grand air, il faut de grandes précautions dans les climats peu favorables; dans beaucoup de cas on peut y parvenir, seulement une certaine audace est nécessaire; quelquefois les résultats sont mauvais — quel mode de traitement n'en a pas? — mais le résultat final sera généralement bon. L'usage de frictions journalières, humides ou sèches, froides ou chaudes, d'ablutions quotidiennes, de douches ou de bains, n'est pas très simple, mais avec de la prudence et de la patience on réussit presque toujours. Dans beaucoup de cas des règles sanitaires plus ou moins accessibles à tous, tel que l'exercice journalier en plein air, l'absorption en grande quantité d'un air pur, de simples pratiques hydrothérapiques permettent d'obtenir dans le pays natal de meilleurs résultats que dans les climats éloignés.
Les établissements convenablement aménagés, avec de grandes galeries bien ventilées, exposées au soleil, ouvertes ou fermées, dans lesquels on trouve une nourriture convenable, distribuée sous la direction d'un médecin à des intervalles réglés suivant les circonstances, avec un exercice régulier et une installation gymnastique et hydrothérapique, permettent d'obtenir de meilleurs résultats que dans les maisons particulières. Nous pouvons exprimer sans crainte notre conviction : un grand nombre des résultats obtenus à Gôbersdorf, Falkenstein et même à Davos ne doivent pas être attribués au climat, mais à l'art fondé sur la nature; on peut en dire autant des établissements installés pour les phtisiques
sur les côtes d'Angleterre, à Yentnor, Bournemouth et Torquay. La multiplication de ces établissements est un besoin populaire, et avec le temps on pourra les perfectionner encore ; les malades y puiseront des enseignements qui se répandront dans les familles. Il faut seulement que l'organisation de ces établissements réponde aux exigences de l'hygiène, de manière à éviter l'encombrement, et par conséquent toute contagion.
Dans toutes les maladies chroniques, le médecin doit examiner attentivement les résultats obtenus par le changement de climat et les ramener aux causes qui les ont produits; il pourra appliquer ce qu'il aura appris, au pays natal, et y mettre en pratique, avec les modifications nécessaires, les enseignements recueillis dans un autre climat.
Préface V
Introduction 1
Définition du mot climat 1
Eléments du climat 1
Influences qui déterminent le caractère du climat 1
But de la climatothérapie 2
Base de la climatothérapie 3
Historique 3
Division des matières 4