OBSERVATIONS GÉNÉRALES
Les médecins auxquels on demande leur avis pour un traitement climatérique savent certainement, par expérience, combien la consultation devient difficile en raison des appréciations erronées du public. On considère souvent la maladie, par exemple la phtisie, comme exactement déterminée par son nom et on regarde aussi le climat d'une localité comme étant également une chose bien définie, immuable, que l'on prescrit comme la dose exacte d'un médicament. Le malade et sa famille s'impatientent quelquefois devant les recherches approfondies du médecin concernant l'origine et le mode de développement de la maladie, les dispositions héréditaires, l'état physique et moral du malade. Cependant cette enquête est absolument nécessaire dans la plupart des cas; la maladie n'est presque jamais indiquée par son nom seul; il faut tenir compte de sa période actuelle, des complications, de son origine, de sa durée, de sa marche, de sa tendance à progresser ou à rester sta-
lionnaire, de la nalure, delà constitution, du degré de force de chaque individu et de son degré de réaction; de son état inoral et de l'influence probable de certaines conditions sociales et climatériques.
Il s'agit toujours d'états chroniques ou de tendances à des affections chroniques. Les malades ont souvent essayé pendant de longues années, avec patience, mais sans résultats, un traitement médical, et ils attendent du climat la guérison en quelques mois ou peut-être en quelques semaines. Ils ne se rendent pas compte que le climat d'un pays est la résultante de facteurs qui changent continuellement, et que ces modifications échappent souvent par leur nature à nos prévisions, tout comme leur influence sur un état morbide donné.
Dans beaucoup de cas, conseiller un traitement climatérique n'est pas une chose aussi simple que le public le croit; et, quand on a trouvé la station la plus convenable, il reste encore beaucoup à faire, car cette médication exige la surveillance continuelle d'un médecin éclairé , sans laquelle les qualités agréables d'un climat peuvent être la cause des plus grands dangers. Par contre, les conseils d'un médecin permettent d'atténuer les influences climatériques mauvaises et de retirer tout le profit possible des bonnes conditions de la station.
Que faut-il entendre par une bonne station? — Il n existe
pas de climat parfait : les uns ont des inconvénients d'une nature, les autres d'une autre; dans quelques climats on constate l'absence de quelques inconvénients et la présence de certains autres; la plupart des climats sont très différents suivant les saisons ; ce n'est qu'à des époques déterminées qu'ils conviennent à des états de faiblesse et de maladie bien caractérisés, en raison de l'absence plus ou moins complète des éléments nuisibles du climat. Les meilleurs climats pour un état ne sont pas les meilleurs pour un autre. Un hon climat pour un état donné est celui dans lequel les conditions nui-