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vais vous faire passer. Plusieurs coupes ont été faites, et chacune d'elles mérite d'attirer votre attention. Vous remarquerez à la surface de section du lobe médian une quantité considérable de graisse qui est comme iiililtrée dans une trame de libres lamineuses enclievélrées et s'entre-croisant dans tous les sens. La structure du lobe interne est analogue, mais il y a plus de tissu libreux. Le lobe qui correspondait à l'éminence thénar se distingue nettement des deux autres à certains égards : c'est le plus petit, c'est aussi le plus dur, et c'est celui-là même qui donnait à la palpation la sensation du cartilage. De plus, la coupe faite sur sa partie médiane ne présente pas de tissu adipeux, le microscope seul y découvre quelques granulations graisseuses, et ce n'est qu'aux points de contact avec le lobe médian, par suite vers la périphérie, qu'on retrouve quelques cellules adipeuses au milieu d'un tissu libreux dense et très serré.
Les renseignements micrographiques que nous devons àM.Dubreuil, s'accordent parfaitement avec l'examen que nous avions préalablement fait sans instrument grossissant. Il est donc bien certain, comme je vous l'avais dit, Messieurs, que nous avons eu affaire à une tumeur fibreuse. Elle a suivi la marche habituelle des affections de cette nature : essentiellement fibreuse au début, ce qu'atteste encore la texture du lobe externe, elle a subi la régression graisseuse au fur et à mesure de son développement, et ce sont les parties les plus anciennes qui ont été les premières le siège de la dégénérescence.
Qu'est devenue l'aponévrose palmaire? Elle n'était point sous les téguments, elle ne tapissait point le fond de la cavité. La situation de la tumeur et sa nature indiquent suffisamment qu'elle s'est formée aux dépens de l'aponévrose elle-même et qu'elle est tout entière constituée par
TUMEUR DE LA MAIN. 6ol
une prolifération de ses éléments; je dirai même que les tractus fibreux interlobaires sont évidemment des vestiges du feuillet aponévrotique.
En ce moment, le malade va bien, malgré le petit accident qui a suivi Fextirpation de la tumeur. Un caillot assez volumineux, produit par une hémorrhagie capillaire, a soulevé les lambeaux et empêché la réunion immédiate, que nous n'osions d'ailleurs pas espérer; mais une suppuration peu abondante et de bonne nature l'entraîne peu à peu. Dès le lendemain de l'opération nous avons enlevé quelques points de suture pour décoller les lèvres de la plaie, et nous faisons tous les matins par ces points des injections d'eau tiède qui déterminent une élimination plus rapide du sang épanché. L'irrigation sera continuée pendant quelques jours encore, et tout nous porte à croire que la guérison se fera sans autre accident. Les doigts ne sont le siège d'aucune inflammation; il n'existe de phlegmon nulle part, à la main ni à Tavant-bras, et les mouvements des doigts sont conservés.
Pages.
Préface v
Introduction xiii