V] ‘INTRODUCTION
Je pense avoir fait vérifier le premier, parmi les chirurgiens en France, les principaux points de la doctrine du docteur Gall, d’après les lésions physiques des diverses parties de l’encéphale, d’après les signes qui caractérisent chacune de ces lésions et les effets qui en résultent par rapport aux fonctions du blessé. Je crois être aussi le premier qui aie assigné le véritable siége de la nostalgie, sa marche insidieuse et les résultats inattendus que cette maladie a offerts chez plusieurs de nos jeunes soldats. mères
Les lésions du cervelet m'ont paru dignes de fixer l'attention des médecins anatomistes par l'influence que cette portion de l’encéphale exerce sur les organes génitaux. Les observations qui accompagnent mes réflexions sur ce point de la science porteront sans doute les physiologistes à faire des expériences sur les animaux à l'effet de constater ces observations. Après ces réflexions physiologiques, j'ai cru devoir joindre une notice que j'avais communiquée dans un temps assez reculé à la So- : ciété médicale d’émulation, sur lorigine et la structure des nerfs encéphaliques. J'ai dû faire connaitre en même temps la composition et les usages d'un télégraphe électrique (principal objet de la notice )}, imaginé par le professeur Sœmmering: L'on trouvera à la fin du premier volume la gravure de cet instrument.
On lira quelques réflexions neuves sur les lésions de l'oreille et sur les altérations de l'organe de
INTRODUCTION. vi
l'ouie; elles sont suivies.de quelques observations intéressantes. \
Les plaies des yeux et Er maladies forment encore l'un des principaux articles de ce premier volume. Les injections des grands anatomistes du siècle et mes propres recherches m'ont démontré que plusieurs des parties del’organe visuel jouissent de propriétés différentes de ceiles que presque tous les auteurs leur attribuaient : ces parties sont la conjonctive, l'iris et Le cristallin. Plusieurs observations sur la résolution des cataractes traumatiques font suite à ces remarques et paraissent prouver que cette lentille animale se nourrit, comme toutes les autres parties du corps, par une circulation vasculaire , sans doute très-subtile et peu accessible à nos sens.
J'ai signalé des aberrations singulières qui se sont manifestées dans l'organe de la vue par suite de lésions partielles à certaines parties du cerveau ou aux nerfs optiques.
L’ophthalmie endémique de l'Égypte me paraît devoir fixer aussi l'attention du lecteur, et surtout du voyageur , qui pourra apprécier les véritables causes de cette maladie et constater sa non-contagion à distance.
Je suis parvenu à guérir les fistules lacrymales commençantes par les moyens propres à combattre toute autre affection catarrhale chronique, et j'ai suppléé aux opérations douloureuses et souvent inutiles, usitées jusqu’à ce jour, par un pro-
vii] INTRODUCTION.
cédé aussi simple que facile : il n’a d'autre inconvénient que d'assujettir à porter au coin de l'œil malade une mouche de taffetas agelutinatif, couleur de chair, garni d’une petite portion de corde à boyau, et à absorber avec un mouchoir, quatre ou cinq fois par jour, les larmes qui s'accumulent lentement sous la mouche; l'œil et la vue se conservent intacts. :
Dans les plaies de la face qui forment le premier article du deuxième volume, on trouvera quelques préceptes nouveaux sur le traitement de ces solutions de continuité faites par les armes à feu, quelques réflexions que nous croyons utiles sur la rhynoplastie, suivies de plusieurs observationsremarquables et d’unexemple derhynoraphie.
Je crois avoir bien démontré le premier l’innocuité des plaies de la langue, quelle que soit la cause qui les produise, la facilité avec laquelle elles se réunissent et leur promptitude à se guérir.
Les fractures des mâchoires et des dents, accompagnées d'observations rares, me paraissent dignes de remarque sous le double rapport de la soudure des fragmens osseux et de la prompte réunion des plaies des parties molles, surtout lorsqu'on a conservé le premier appareil le Japs de temps nécessaire pour Jaisser former la cicatrice des parties lésées. Un petit article est consacré au cancer de la mâchoire, que j'aitraité avec de grands avantages par le cautère actuel, lorsque la re n'était pas trop avancée. |
INTRODUCTION: iX
Après avoir fait connaitre la nature de la grenouillette et d’autres tumeurs salivaires, j'indique un procédé opératoire inusité aussi prompt qu'efficace, et qui prévient toute récidive.
J'ai fait subir quelques modifications aux modes d'opérations mis en usage pour la guérison des fistules salivaires, dentaires, et pour l'extirpation des amygdales squirreuses.
Je me suis arrêté plus spécialement à la description des tumeurs gutturales désignées sous le nom générique de goitre, que j'ai distinguées en quatre espèces. Après avoir tracé le caractère de chacune d'elles et indiqué le traitement qui leur convient, je rapporte plusieurs séries d'observations qui confirment mes principes et l'efficacité des moyens employés. L’une des dernières observations a pour objet une opération extraordinaire qui a été couronnée d'un plein succés.
A l'occasion du goitre squirreux ou cancéreux, je me suis permis une digression un peu étendue sur le même genre de maladie qui attaque l'utérus et les seins des femmes : j'indique le mode de traitement et l'espèce d'opération qui m'ont paru le plus avantageux pour l’une et l’autre de ces affections maladives. Plusieurs observations authentiques étayent mes assertions et démontrent l’efficacité des divers moyens peu connus que jai employés.
L'article relatif aux plaies du col et de la gorge offre des particularités rares et est l'objet de quel-
s | INTRODUCTION,
ues observations curieuses: telles sont surtout ‘4
celles des généraux prince Muratet ducdePadoue.'
L'histoire des plaies pénétrantes de la poitrine forme dans ce même volume un très-long article dans lequel Jindique le vrai mode de pansement
qui leur convient, et que J avais Imagine péndant
notre expédition en Égypte. J'ose dire avoir fait connaître le premier les phénomènes singuliers qui s’observent après l'opération de l'empyème chez les sujets qui, par suite de ces blessures,
avaient été atteints d’un épanchement de liquides
plus ou moins considérable dans les cavités du thorax. Le succès que j'ai obtenu de cette opération prouve qu’elle est praticable et qu’on devrait y avoir recours toutes les fois qu’elle est indiquée.
L'observation du Suisse Conrad ‘suffira sans doute |
pour encourager les jeunes praticiens.
Les plaies at péricarde et du cœur doivent par-
ticulièrement fixer l'attention des chirurgiens :
ils se convainctont que ce dernier organe , le plus
essentiel à la vie, peut être lésé dans tous ses points, même à une cértaine profondeur, sans perdre ses propriétés vitales. Les observations qui accompagnent la théorie de ces pe sont aussi rares que curieuses. ET FT
Le lecteur trouvera encore quelques faits extra-
ordinaires sur les lésions de l’œsophage et sur “celles |
du diaphragme. NE 4 Ÿ
ARR UE 1 Ce sujet, parfaitement guéri , a été présenté à à l’Institut et
àl’Acidémie de Médécine. J1 a êté placé à l'Hôtel des-Iuvalides.
|: INTRODUCTION. x]
.…Ghacun des articles des plaies /pénétrantes du bas-ventre présente des données nouvelles relatives à la lésion, à l'issue et à la réduction spontanée des-parties contenues dans cette cavité , au mode particulier de traitement local qui convient à chacun des organes lésés. J'ai cru devoir placer à la suite des lésions du foie et de la rate les remarques que j'avais faites en Egypte sur l’inflammation de l'organe hépatique et sur les abcès qui en sont souvent le résultat, J'ai aussi établi quelques préceptes nouveaux pour l'ouverture de ces abcès, et je rapporte le précis de plusieurs observations qui prouvent le succès de l'opération indiquée.
Les contusions du bas-ventre, produites par le choc du boulet, étant à la fin de sa course, et suivies de la déchirure des tissus ou de la rupture des vaisseaux intérieurs avec épanchement de sang dans cette cavité, forment un article que je crois important. Quelques observations intéressantes font connaitre aussi les effets qui résultent de ces contusions sur le système nerveux des parties ébranlées.
A l'occasion de ces épanchemens sanguins, Jentre dans quelques détails sur lhydropisie ascite, et je signale les avantages inappréciables que j'ai retirés, dans un grand nombre de cas, des topiques révulsifs posés aux hypocondres et au pourtour de l'enceinte du bas-ventre. Je fais remarquer en même temps l'inutilité et les inconvéniens qui résultent ordinairement de l'usage des médicamens
xi) INTRODUCTION.
pris intérieurement, tels que les diurétiques tant préconisés par les auteurs, et dont la digitale fait partie.
Les plaies de la vessie que je crois dignes de quelque intérêt, forment un article assez étendu : il contient un certain nombre d'observations intéressantes sous le rapport de la terminaison favorable de ces lésions. Je finis ce dernier article par quelques réflexions sur la taille indiquée pour l'extraction des corps étrangers que ces lésions ont laissé introduire dans la vessie, opération qui a été constamment heureuse dans mes mains, et que tous les chirurgiens pratiqueraient sans doute avec un égal succes, si l’on suivait dans son exécution les préceptes que j'ai recommandés. Le précis du Mémoire relatif à cette opération a été approuvé par l’Académie royale de Médecine et inséré dans le premier volume de ses actes.
L'histoire de certaines hernies étranglées forme le premier article du troisième volume. Ces hernies m'ont offert des phénomènes curieux, et l’on ylira des remarques neuves sur celles désignées sous le nom de congéniales. J'ai faitsubir aussiquelques modifications à l'opération du bubonocele.
De ce premier article, je passe à la description des lésions des organes générateurs chez l’homme, et à celle très-rapide des maladies quiles attaquent, telles que le squirre ou cancer, l’oschéochalasie ou sarcocèle, l'hydrocèle vaginal, lhypertrophie et J’atrophie des testicules. Autant de procédés opé-
INTRODUCTION: xii} ratoires ou de moyens thérapeutiques nouveaux sont indiqués pour chacune de ces maladies : mais j'invite les jeunes praticiens à porter spécialement leur attention sur celui que j'ai imaginé pour lhydrocèle ; l'expérience m'a prouvé qu’il est, de tous ceux usités jusqu'à ce jour, le plus doux, le plus simple et le plus sûr : je puis dire qu'il m'a constamment réussi. J'ai également simplifié la castration , et le succès de cette opération a toujours répondu à mon attente.
Je crois avoir simplifié et perfectionné l'opéra tion de la fistule à l'anus, de telle sorte que dans le très-grand nombre de sujets que j'ai opérés à l'hôpital de la garde et en ville, il n’y a pas eu de récidive.
Les plaies des artères, des veines et les anévrismes, soit spontanés, soittraumatiques, forment un assez long chapitre dans ce troisième volume. Un grand nombre de faits remarquables sur chacune de ces lésions et de ces maladies y sont rapportés : quelques-uns de ces faits m'ont mis dans le cas d'observer, pour la première fois, le mode d'agir de la nature pour rétablir la circulation dans un membre dont les principales artères ont été liées ou oblitérées, et les ressources que l’art possède pour guérir l’anévrisme des troncs artériels quon ne peut attaquer par l'opération sans un grand danger pour la vie du malade. Des observations authentiques font vérifier l'opinion que J'ai émise à ce sujet.
xiv INTRODUCTION.
J'ai cru devoir placer l’anévrisme du cœur immédiatement après celui des artéres, comme ayant avec ce, dernier une analogie parfaite. Après en avoir assigné les véritables causes, je crois avoir non-seulement éclairéle diagnostic de cette maladie grave, mais Jose dire aussi avoir trouvé pour la combattre des moyens qui, en apparence contreindiqués, n’en sont pas moins efficaces, et à laide desquels j'ai obtenu, chez plusieurs sujets, la guérison de cette maladie portée au plus haut degré. Enfin les observations déjà nombreuses que je rapporte à la suite de ce Mémoire convaincront sans doute les médecins les plus incrédules. Les sujets des observations les plus importantes ont été présentés à l’Académie royale de Médecine. Je possède aussi des pièces pathologiques qui ne laissent aucun doute sur le résultat avantageux de l'application de mes moyens.
Pourrendre compte, d’une maniére utile, de quelques luxations particulières qui ont offert des phénomènes peu communs, j'ai cru qu'ilserait agréable. äu lecteur , et surtout aux jeunes chirurgiens, de trouver is cét article un aperçu général sur toutes les luxations du trone et des membres. Je crois y avoir démontré, contre l'opinion des auteurs , que toute luxation des os est l'effet médiat ou immédiat d’une causemécanique,etqu'iln’existe point de vraie luxation spontanée. On a pris, par exemple, l'usure ou la carie des pièces de l’articulation malade pour le déplacement spontané de la