‹ Clinique chirurgicale (volume 3)Chapitre 24 sur 46 · IV. 1O · texte numérisé non relu

IV. 1O

descriptions qu'en font les auteurs grecs , latins et arabes les-plus célèbres (Hippocrate, Celse, Dioscoride, Pline, Galien, Aétius, Oribase, etc.), et un. grand nombre de médecins voyageurs, qui ont trouvé cette maladie dans toutes les contrées de l'Afrique et de l'Asie, jusqu’au Thibet et à la Cochinchine. Mais nous n'avons pas besoin d'aller chercher chez les anciens observateurs les preuves de cette assertion, puisque nous trouvons dans Astruc la copie d’une -ordonnance de la reine Jeanne I"°., d’après laquelle il est parfaitement démontré que la syphilis, bien caractérisée, existait en France, long-temps avant la découverte de l'Amérique, cette ordonnance datant de l’année 1347. Nous la rapporterons ici, non seulement pour la satisfaction du médecin, mais comme un modèle à suivre dans les mesures que l’on peut prendre pour conserver la santé publique : « La reine veut que, tous les » samedis, la baillive et un chirurgien préposé » par les consuls, visitent chaque courtisane, et », s’ils’en trouve quelqu'une qui ait contracté du »..mal provenant de paillardise, qu'elle soit sé- »..parée des autres, pour demeurer etêtre traitée » à part, afin qu’elle ne puisse s’abandonner et » qu’on évite le mal que la jeunesse pourrait » prendre.» Astruc annonce avoir-extrait celte

ordonnance des réglemens relatifs à la maison de débauche de la ville d'Avignon. .

2°. La syphilis suppose, par les symptômes singuliers qu'elle produit, la présence d’un virus plus ou moins subtil, dont l'existence est contestée par les uns, et l’on peut dire avec certitude, démontrée jusqu'à l'évidence par un grand nombre d'auteurs célèbres. Nous avons nousmême fait des essais sur beaucoup d'individus, dans leurintérêt,qui ont confirmé cette dernière opinion.Nous nous dispenserons de rapporterles expériences qui ontété tentées en Angleterre; en Allemagne et en France pour faire connaitre l'existence de ce virus et son mode de transmission, bien que l’inoculation accidentelle ou volontaire et méthodique offre dans les résultats des modifications ou des variations infinies. Il est difficile, sans doute, d'apprécier le vrai caractère de ce virus; néanmoins il ne serait pas impossible à un habile chimiste de l’analyser, comme l’on pourrait et l’on devrait analyser les virus variolique et vaccin; et celte analyse jetterait de grandes lumières sur le mode d'action de ces principes morbifiques sur l'économie animale..Malgré ce défaut de connaissances utiles, nous pouvons conjecturer que le virus syphilitique, introduit dans le système vivant, a des effets qui lui sont propres, et toujours relatifs à la

quantité déposée sur les parties sensibles ou accessibles à son action ou à sa pénétration, plus ou moins étendue dans l'organisme.

Dans le premier cas , il peut ne produire que de légères excoriations à l'instar des vésicatoires, ou de petites plaies ou chancres superficiels , symptômes primitifs, qu’une substance absorbante et légèrement caustique de nature alcaline ‘surtout, telle qu’une dissolution légere de deuto-chlorure de mercure, de potasse ou de chlorure de chaux ( préférable au pitrate d'argent dont on se sert habituellement) fait disparaître. Si ure telle application était faite immédiatement après, l'invasion du mal, elle suffirait pour neutraliser le virus et en prévenir totalement les effets. Ce moyen nous a suffi un grand nombre de fois, à l’armée, pour faire avorter des maladies qui auraient eu sans doute des résultats plus ou moins fâcheux, et qui auraient empêché nos guerriers de se trouver aux combats. On peut d'ailleurs administrer en même temps les préparations mercurielles dont il sera parlé plus tard; et dans la supposition qu'il y aurait eu déjà absorption, il faudrait nécessairement soumettre le sujet à un traitement approprié. |

5°. Le virus peut étre absorbé et passer dans le système intérieur de Pindividu, sans lisser

de traces extérieures : c'est ce qui arrive .fréquemment dans les climats chauds, ainsi que nous l'avons remarqué en Égypte. Nous avons en effet la certitude qu’un assez grand nombre de soldats de notre expédition, après avoir absorbé ce principe morbifique;, revenus en France et sans avoir eu commerce avec des femmes suspectes, se trouvaient tout à coup affectés d’excroissances syphilitiques ou d’exostoses, caractérisées par tous les signes qui leur sont propres,symptômes que nous avons avantageusement combattus par le traitement antivénérien qui sera décrit à l'article Thérapeutique.

4°. Cependant ; dans la plupart des cas; Jinoculation laisse sur les. parties: qui ont été en contact avec le mal des traces de son impression ; et lorsqu'il y a eu une quantité un peu forte de virus déposé, et qu'on :néglige de l’attaquer par des moyens convenables, son absorption profonde a pour effet de produire, à des distances plus ou moins éloignées, des symptômes qu’on peut appeler consécutifs. Ce’sont des plaies ou chancres, à bords frangés, calleux , avec suintement ichoreux et de couleur verdätre , accompagnés d’une odeur nauséabonde particulière; des poireaux ou autres excroissances analogues; des bubons, des exostoses, la carie, le spina ventosa, etc. Ces symp-

tômes ne peuvent parvenir au troisième degré sans avoir répandu, dans tout le système igénéral, une infection proportionnée à leur intensité et à leur chronicité; ce qui donne à la ma- Jadie un caractère constitutionnel. Chacun de ces symptômes. peut se compliquer lui-même d’autres affections morbides, telles que le phlegmon,. lérysipèle, la pourriture d'hôpital et la gangrène; mais avant de nous en entretenir, qu'il nous soit permis d'essayer encore quelques conjectures sur le mode d’agir du virussyphilitique dans l’intérieur de l'économie. :

L'expérience nous apprend que ce principe morbifique porte principalement ses effets sur les appareils composés de tissus serrés et blancs, tels que les glandes lymphatiques, lesmembranes muqueuses, le derme, le névrilème; iles membranes fibreuses et les os. Il parait que: la circulation capillaire, qui s’opère très lentement dans ces tissus, y fait arrèter les molécules deice virus, Où il reste latent:un ‘laps detemps-plus ou moins long, sans donner de signes bien-sensibles deson existence; mais les plus légères causes déterminantes, soit internes, soit externes ,le font ensuité développer avec plus ou moins de rapidité et d'intensité, selon: la nature et Faction de ces causes. is

Toutes les parties de l'économie , dont le ca-

nevas se compose principalement de vaisseaux sanguins, tels que les muscles , les organes parenchymateux et les membranes séreuses, ne sont point attaquées par:ce virus, à moins que le sujet ne soit parvenu au dernier degré de la cachexie syphilitiqué. ‘Ainsi, nous avons vu des bubons ulcérés avoir dévoré les tégumens,, le tissu cellulaire et fibreux de la région inguinale jusqu’à la surface celluleuse du péritoine, sans que le tissu de cette membrane füt jamais entamé ; les muscles étaient également intacts dans les excavations profondes des ulcères vénériens. D'un autre côté, nous avons observé que ce principe faisait développer les vaisseaux des tissus dans lesquels il:s’était établi, de manière à pro: duire des phénomènes différens. Si les parties sont ulcérées , l’on voit, d’une part, une sorte d’érosion ,; qui dévore les tissus fibreux et peu pourvus de vaisseaux sanguins; d'une autre, des exubérances de ces derniers vaisseaux à surface granuliforme et de couleur cerise, c’est à dire que la couleur naturelle de ces vaisseaux a pris une grande intensité. Cette couleur particulière, qu’on trouve souvént dans les plaies, a toujours été pour nous un signe certain de la présence du virus syphilitique répandu dans lesystème général de l'individu , et le succès constant que nous avons obtenu, dans ces cas, de l'usage du mercure

doit.faire considérer! ce;phénomène. comme un des signes. les 'plus PARA de l'existence de : cette cause. LEE: 4 | | Maintenant comment Me ce : di lc nèrie? Nous pensons. à cet égard que: le: virus vénérien agit à la manière des acidès, en irritant les tissus vivans, et en-augmentant l'intensité dé la couleur du-sang' quicireulé dans leurs: vais seaux, qui se déplissent et se dilatént, en produisant -des: bourgeons irréguliers, plus: ou moins considérables: Si les. parties ne sont:pas :entas mées, le ‘principe pénètre dans les: vaisseaux ambians du lieu de la: fluxion, où du siége:.du mal, et s’étend plus ou moins loin, de; manière à produire à la surface du cutis un érysipèle caractérisé par sa couleur cerise, .ou1ine-affection phlegmoneuse, lorsque l’infection ou:cetteinfiltration purulente s’ést opérée, dans le, tissu cel: lulaire: : | QLIEE LS er 2beuvrso Dans beaucoup de.cas, le Brinélpe se-concentre sur quelques points du tissu.dermoïde, des parties sexuelles, à des distances plus ou moins rapprochées des points sensibles où il a été absorbé,-et y produit des excroissances particulières auxquelles on a donné des noms relatifs à leur forme. Nous pensons que le mode;:de développement de ces excroissances est absolument le même que celui que nous avons sup-

posé pour la formation des bourgeons vasculairess.c'est. à dire que.cette substanceirritante, en faisant développer les vaisseaux organiques et. les fibrilles du derme, produit des excroissances ‘irrégulières, verrüqueuses , de grandeur et de forme différentes, selon leur siége ‘ou la différence d'organisation des tissus. Ainsi, l’on voit, à la surface. interne du prépuce et sur là couronne du gland, dés productions qui ont la forme de poireaux ou de choux-fleurs, selon leur volume, parce queles vaisseaux organiques de ces parties. convergent tous dans une ligne concentrique, et doivent par conséquent donner aux excroissances qui s’y; développent une forme. orbiculaire ou cylindrique; tandis qu’à la marge de l'anus, les vaisseaux des tégumens de cette région étant disposés en lignes elliptiques, les excroissances prennent aussi cette direction, et on,leur donne le nom de crêtes, étc: Dans‘d’autres: cas, le principe morbifique s'arrête dans les vaisseaux très ténus des cicatrices d’anciennes plaies, les fait développer, et il s’y forme une exubérance qui dépasse Je: niveau de la peau et acquiert quelquefois une extension con sidérable, en conservant la forme de la cicatrice. On l’excise, on obtient une nouvelle cicatrisation, et cependant l’exubérance se reproduit de nouvean et s’accroit comme la premiere. Le

mercure seul à là puissance d'arrêter cette ex: pansion et de la faire disparaître, nous en parlerons plus loin. |

Dans d’autres cas,.et sous l'influence d’une forte chaleur, lorsque la transpiration est abondante, il se produit à la surface de la peau des éruptions granuliformes, presque toujours miliaires, par plaques orbiculaires, en bas-elief, de grandeurs variées et de couleur cüuivrée.: Elles causent un prurit douloureux, incommode, qui se manifeste surtout à la chaleur du lit. Il im: porte de ne pas confondre: ces éphélides avec d'autres éruptions herpétiques, pour ne point administrer des remèdes qui puissent en opérer la répercussion, telles sont: les eaux minérales sulfureuses, surtout les artificielles. Le principe morbifique se porterait alors sur les organes intérieurs, et la vie des individus-se trouverait compromise. Nous avons vu périr plusieurs per: sonnes entrès peu de temps parsuite d’une telle répercussion. : :

Au lieu de produire ces éruptions granuliformes ; et quelquefois, en même temps, le vi: rus altère.ou détruit les vaisseaux qui portent la vie dans le bulbe des productions pileuses ou dans celui des dents, et ces productions, après avoir perdu leur couleur naturelle et leur élasticité propre, tombent spontanément. Dans le

DELA SYPHILIS. 155 cuir chevelu et la barbe , cette chute se fat par plaques rondes de grandeurs variées. Les sourcils } les cils ét. les dents tombent et se nécrosent également. Ce symptôme est peu connu, ou il n’a pasiété assez bien:observé, car très peu .d’auteurs admettent la cause que nous lui attribuons.:Le résultat favorable que nous :avoris obtenu de notre traitement mercuriel, chez un grandnombre de sujets frappés de cette alopécie particulière, opérée par plaques’ rondes, confirme néanmoins la vérité de notre assertion.

Les polypes fibreux des membranes muqueuses reconnaissent l« même cause et se produisent de: la même manière. ;

“Tel est, en général,le mode d'agir du virus syphilitique dans les, tissus dermoiïde et muqueux; lorsqu'il se borne à ses effets latens, maïs lorsqu'il. y surabonde par la quantité, ou que, par dés causes déterminantes; ces tissus sont:éntamés, il,s'y formé des plaies, ou, mieux, des ulcères ayant un aspect et un caractere dis: tinctifs., Leur) forme.est, constamment orbiculairesou. elliptique; leurs bords sont frangés, d’unsrouge violacé :et. boursouflés; le fond de ces ulcères présente, :dans les premières périodes, des éscarres blanchätres, à travers lesquelles suinte une matière ichoreuse, verdätre, plus ou moins abondante, selon le siége,ou la

profondeur de la plaie. Eemalade y éprouve des douleurs lancinantes,:qui s'aggravent pendant la nuit et à la chaleur du dit. Lorsque l'ulcere est détergé, :il s'élève de tous les points:dé la surface des bourgeons vasculaires d’un rouge foncé, qui caractérisent ce genre d'affection: Lorsqu’à cette cause morbide spontänéeilise joint une.affection asthénique de l'estomac ow un travail d'irritation sur cet organe ;:etiqu'il y a exces de sensibilité dans la plaie et:diminution dans son exhalation purulente, on doit s'attendre à l'invasion de la pourriture d'hôpital, laquelle se caractérise par tous les signes qui Imi sont propres. Cette complication exige une médication particulière. {(Foyez cequenous avons dit de cette affection à l’article Généralités des plaies, au tomel”. de notre Clinique chirurgicale.) Dans quelques circonstances, la matière icho: reuse des ulcères, par l’effet des topiques astringens ou‘ du contact d’un'air froid. et glacial, se dissémine profondément dans le tissu cellulaire; et produit des fusées ou des métastases, qui peu vent porter atteinte à l'intégrité des organes in térieurs. D'autres complications peuvent encore aggraver ces ulcères, telles que la gangrène) qu'il sera facile de distitguer ét d'attaquer par les moyens indiqués. (Voyez le même ouvrage!) Lorsque, par suite d’une absorption profondé

DE LA SYPHILIS. 157 ou d'un séjour prolongé dans l’économie, ce principe morbifique vient à se développer dans quelques uns des points plus ou moins affaiblis du périoste ou dans le tissu même des os, il produit des effets analogues à ceux que nous avons signalés dans la formation des excroissances dermoïdes. Le tissu de ces membranes fibreuses se tuméfie d’abord, acquiert de l’épaisseur et forme une exubérance plus ou moins considérable, dont le développement est accompagné de douleurs vives, lancinantes, produites par la distension et lirritation des filets nerveux qui pénètrent dans ces membranes ou rampent à leur surface. Les portions correspondantes des os que ces périostes recouvrent participent à cette 1rritation et à cette altération particulières, avec des variations relatives à la quantité du virus ou à la nature des causes concomitantes ou déterminantes.

Ainsi, lorsque le principe morbifique existera en petite quantité, il produira le gonflement du tissu de l'os dans un ou plusieurs poialis à la fois ou dans toute son étendue, d’où il résultera une exostose partielle ou générale, Une fois le fluxus établi, il marche graduellement ou progressivement , en altérant et en augmentant l'épaisseur de ces os, de manière à rendre leur exubérance sensible à travers les parties molles.

Lorsque ce principe morbifique se fixe sur l'appareil fibreux et cartilagineux des articulations ginglymoïdales, il détruit promptement ces substances par une sorte d’érosion et faitnaitre sur le rebord des facettes articulaires, dénudées de leurs cartilages, une végétation tuberculeuse ou épineuse, qui a d'ailleurs beaucoup d’avalogie pour la forme avec celle des poireaux qui surviennent aux parties sexuelles. Cette végétation se fait par petits faisceaux, qui s’'épanouissent en rayons divergens de la base ou du rebord de ces cavités articulaires à l'extérieur, de manière. que les extrémités osseuses acquièrent une surface très étendue.

Pour donner une juste idée de ce genre d’affection et de ces aspérités, nous avons fait dessiner l’Aurnérus et le cubitus d'un soldat suisse de l’ex-Garde royale, âgé de 39 ans, auquel nous avons pratiqué, en 1823, l’extirpation du bras droit à l'épaule, pour une maladie de cette nature, établie dans l'articulation huméro-cubit@le, préparée par la cause morbide spontanée dont nous avons parlé, et déterminée par une chute que ce militaire avait faite sur le coude au commencement de l'hiver de l’année 1824:

Ce sujet était resté à l'hôpital d'Orléans pendant tout cet antervalle ; transporté dans notre hôpital, nous reconnümes. bientôt la gravité.et! l’é-

tendue du mal. Des ulcères fistuleux existaient sur le trajet de l’articulation , les parties molles de l’avant-bras et du bras étaient tuméfiées., le tissu cellulaire de tout le membre paraissait être dans un état d'induration squirrheuse ; enfin, la sonde, introduite dans les plaies fistuleuses, faisait facilement découvrir la dénudation et la carie des pièces articulaires.

Bien que le sujet füt affaibli par le travail fébrile traumatique et les effets de la suppuration, aucun accident notable n’entrava la marche de la plaie du moignon jusqu’à l’époque de sa cicatrisation, laquelle fut tout à coup suspendue par des végétations fongueuses, d’un rouge cerise, que nous crüûmes devoir attribuer à la présence, dans le système général, d’un virus syphilitique, que l'aspect particulier des os de l'articulation du membre amputé nous avait déjà fait préjuger. En effet, le malade nous informa qu'à son entrée au service militaire il avait contracté plusieurs fois la vérole, pour laquelle il avait:subi divers traitemens non méthodiques. Dés ce moment, nous fimes panser la plaie avec le cérat mercuriel, et nous mimes l’opéré à Fusage de quelques frictions mercurielles faites à la plante des pieds, à la distance de cinq jours, et du sirop dépuratif de la formule. décrite plus loin. La plaie changea bientôt. d'as-

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pect, la cicatrice recommencça, puis se continua Sans autre interruption, et le malade fut conduit à une guérison complète en quelques semaines. Ce sujet fut ensuite admis à l'Hôtel des invalides. (Voyez la Planche.)

Dans quelques cas, après avoir produit l’hypertrophie de l’un des os longs, portée au plus haut degré, il se fait un travail d’érosion intérieure vêrs les cavités spongieuses ou médullaïres, en creusant insensiblement les parois de ces cavités, qui se dilatent dans les mêmes proportions, excentriquement : d'où résulte cette maladie qu’on nomme spina ventosa.

Au lieu d’une simple érosion ou de ce travail d'excavation et d’écartement, il arrive quelquefois qu'il se forme, par cette même cause irritante, des productions osseuses telles que celles que nous avons décrites, le plus souvent épineuses, qui se développent par rayons divergens dans les cavités des os ou à leur surface, Nous avons vu de ces végétations spiniformes sur plusieurs pièces pathologiques fort curieuses dans les cabinets nombreux et très riches d'anatomie qui sont en Angleterre. Le dévelop: pement de ces épines est accompagné de douleurs intolérables, que les: individus qui sont atteints de ce mal supportent difficilement , malgré l'emploi des narcotiques, |

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