‹ Clinique chirurgicale (volume 3)Chapitre 31 sur 46 · FR · texte numérisé non relu

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militaires de Toulouse, reçut, pendant la der nière et courte campagne d'Espagne en 1833, à lavpartie moyenne et externe de la jambe gauche, une forte contusion par une balle de calibre d’un fusil espagnol, laquelle fut suivie d’ecchymose, de douleurs profondes et de l’engourdissement du membre. Néanmoins il ne

porta aucune attention ‘à cet accident, et après avoir fait, sur la partie blessée, une lotion d’eaude-vie camphrée, il reprit ses fonctions, et les a continuées sans interruption Jusqu'à l'automne de l’année 1829, époque où il se rendit dans. notre hôpital, au Gros-Caillou, RUN y être traité de sa maladie.

Une tumeur dure, rénitente , de forme ovoide, et de la grosseur d’un œuf d’autruche, s’observait à la partie moyenne et externe de la jambe, entre le tibia et le péroné. Sa surface était ’inégale, bossuée, et l’on sentait dans son épaisseur, à travers les tégumens amincis, des lames osseuses ou d’une densité analogue. Bien que cette tumeur fût mobile, nous avions lieu de croire qu’elle pénétrait dans l'épaisseur de l'os péroné, dernière circonstance qui rendait le pronostic de la maladie assez fâcheux pour la conservation du membre; cependant l’état sain de la jambe et la mobilité de la tumeur me firent

espérer du succès dans son extirpation. Dans

218 | FUBER CULES ce cas, d’ailleurs, c'était la première indication: à remplir, car il valait mieux exposer le malade. à une double opération que d’avoir à regretter, dans l’incertitude de l'intégrité des os et des autres parties de Ja jambe, de l'avoir coupée inutilement. Ayant, du reste, tout préparépour lamputation, si elle devenait nécessaire, nous profitâmes d’un jour de clinique pour faire l’extirpation de la tumeur. Deux incisions semielliptiques la cernérent et ouvrirent la route au bistouri pour la détacher-de ses adhérences profondes et l’isoler entièrement. Nous commençâmes par,celle qui répondait au point le plus déclive du tubercule, et nous parvinmes à sa dissection totale par l’incision supérieure. L’artère interosseuse, qui pénétrait dans le tubercule, fut coupée au dernier coup de bistouri. Le nerf tibial, collé par un tissu cellulaire serré au tiers antérieur de cette masse fibreuse, était rouge et tuméfié. Le péroné était réduit. de plus de la moitié de son épaisseur, et légèrement courbé en dehors ; le ligament interosseux détruit ou perforé dans l'étendue d’un pouce ou environ. |

J'avais conservé assez de tégumens pour pouvoir mettre les bords de la plaie en contact, bien que je n’eusse point l'intention de les réunir; néanmoins je me laissai entrainer par le

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conseil de plusieurs médecins assistans, et j’opérai sans peine cette réunion à l’aide de bandelettes agglutinatives. Des plumasseaux de charpie, des compresses et un appareil contentif terminèrent le pansement. Une saignée conditionnelle, la diète et des boissons fraîches et délayantes furent prescrites. Peu d'heures après, on vint m'appeler pour apaiser des douleurs intolérables que lopéré n'avait cessé d'éprouver depuis l'opération. Enfin, après avoir levé l’appareil, nous découvrimes, avec une légère hémorrhagie,un travail commencé d’inflammation qui avait fait boursoufler les bords de la plaie et déterminé un érysipèle traumatique, accompagné d'insorunie, de délire, d’un mouvement fébrile et de resserrement des mâchoires; Je liai une petite artériole, levai les bandelettes et promenai une lentille de fer incandescente sur les bords et dans toute l'étendue de l’érysipèle. . À ces applications, je fis succéder celle de compresses trempées dans du vinaigre camphré à la glace, qu'on soutint avec un bandage simplement contentif. Au même instant, tous les accidens se câlmérent, la fièvre s’apaisa, et le malade reposa pendant la nuit. Il est donc bien évident que c’est à la réunion immédiate de la plaie qu’on peut rapporter cet orage, qui aurait été indubitablement suivi du tétanos, si je ne

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220 TUBERCULES m'étais empressé de lever l'appareil et d'employer le cautère actuel, afin de dissiper linflammation locale, au lieu des sangsues et des émolliens, qui nous auraient amené la gangrène.

Un travail de suppuration assez abondante s'établit dans la plaie, et le nouvel appareil fut levé le neuvième jour. Des bandelettes de cérat safrané furent posées sur les bords de cette solution de continuité, et un plumasseau couvert d’une couche de térébenthine de Venise mêlée à un peu d'huile de camomille fortement camphrée fut mis sur la plaie elliptique, qui offrait alors, dans le centre, près de trois pouces de. largeur. |

L'état du malade, dont les fonctions avaient été troublées par l’irritation locale et la fièvre traumatique, s’améliora; la plaie se détergea assez promptement, et des bourgeons charnus.

se développèrent sur le jambier antérieur qui avait été dénudé, l’aponévrose tibiale, qui formait une enveloppe à la tumeur, ayant été enlevée avec la gaine de ce muscle: La cicatrice, en faisant rapprocher les bords de la plaie, marcha ensuite progressivement, et fut terminée du quarante - cinquième au quarante- sixième jour de l'opération. ù

L'examen de la tumeur nous a fait découvrir une quantité de concrétions ossiformes dispo-

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sées en lames exceniriques et entrecroisées en tous sens : les espaces que laissaient ces lamines osseuses étaient remplis d’une substance jaunâtre, épaisse.et lardacée. Des couches de feuillets aponévrotiques et de couleur nacrée enveloppaient Ja tumeur et Jersiens des cloisons dans son épaisseur.

. Pour consolider la guérison de ce sujet et pré: venir le retour d'uné pareille maladie, nous lui avons fait subir pendant quelques mois un traitement dépuratif, composé du sirop diaphorétiqueet defrictionsmercurielles faites à la plante des pieds tous les cinq ou six jours.

Quatrième observation.

Le: sujet dela quatrième observation est'uné habitante du Gros-Caillou, madame D***#, d’une constitution lymphatique, âgée d'environ quarante ans ; laquelle portait depuis plusieurs années une tümeur ovoïde dela grosseur des deux poings, située entré l’omoplate gauche et les apophyses-épineuses des vertébres dorsales mitoÿennes, implantée profondément dans l'aponévrose dutrapeze et des muscles dorsaux. Gette dame, après avoir éprouvé plusieurs suppressions d’un flux leucorrhoïque de mauvais carac: tère, auquel elle avait été sujette depuis l’âge de vingt-sept à vingt-huit ans, avait ressenti d’a-

bord quelques douleurs vagues dans la région dorsale; mais bientôt, par suite d’une percussion reçue sur l’épaule; ‘elles augmentèrent d’une inanière remarquable, et furent suivies d’un dé: veloppement progressif dans la tùmeur. Enfin, tourmentée par des douleurs lancinantes habituelles, des envies de vomir et des spasmés ner veux qui se renouvelaient périodiqüément; madame D**#f nous demanda à être débarrassée:dé cette maladie: La densité ,la forme inégale de la tumeur et des douleurs lancinantes'que la ma-

läde y éprouvaitnous la firentconsidérer comme | une maladie cancéreuse : en conséquence; avant d'en entreprendre l'extirpation, nous appelâmes en consultation M: le docteur ’Ribes et un deuxième médecin qui reconnurent, avec nous, lamécessité et l'urgence de-cette opération qué nous pratiquâmes immédiatement! en:leur :présence. Deux! sections perpendiculairés etelliptiques ayantcerné la tumeur, il nous, fut ensuite facile, de pénétrer àctravers leatissu:lamelleux qui. l'enveloppait jnsqu'à ses racines, -que nous trouvâmes, profondément implantées dans l’épaisseur des muscles :sacro-lombaire etclong dorsal, Une portion du muscle trapèzefutenlevée

avec la tumeur, et l’apophyse, épineuse de la

huitième vertebre dorsale se trouva dénudée des trousseaux charnus et tendineux ‘qui la recou-

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ñ PR vraient. Après avoir lié quelques artérioles profondes qui avaient:été coupées, nous mîmes en contact les bords des tégumens que nous avions conservés, et nous les fixämes en:‘rapport à l'aide de bandelettes agglutinativeset d’un linge fenêtré. enduit d’une couche d’onguent:dé'styrax. De la charpie ; des compresses et un appareil convenable terminèrent‘le:pansement: qui ne fut renouvelé que le dixièmeyour. On prévint le développement du travail inflammatoire-par deux saignées du-bras;, la:diète et: l'usage des räfraîchissans légèrement 'anodins : La plaie se détergéa assez 'promptement; ses bords; après avoir'présenté quelques lignes’ d’écartement ; se rapprochèrent:graduellement, ‘et la cicatrisation semanifestai dès le dix-neuvième jour pour sérterminer dûquarante-deuxièmé:au quarante-

troisième. Enfinyqyour assurér le succès de cette

opération, nousravons. Soumis ;la:malade à un traitement dépuratif analogue à celui que nous avons fait subir aux sujets des observations précédentes. Cette personne jouit maintenant d’une parfaite santé.

La tumeur disséquée était enveloppée, dans les trois quaris de sa circonférence extérieure, par un kyste fibreux, épais, très dense et de couleur nacrée,; plusieurs lames osseuses se manifestaient dans son épaisseur et étaient dispo-

ÿ24 TUBERCULES OSSIFORMES LARDACÉS.

sées en rayons divergens de sa base vers le cen: tre ::ces lames étaient interposées par un tissu fibreux; lardacé et: de couleur jaunâtre.

Ilkest bien probable que, chez les sujets dont nous venons de rapporter les observations, nous n’aurions pu fixer le succès des opérations que nous leur avons faites sans les moyens.qué nous avons mis en usage pour combattre le principe morbide spontané, que nous avons, chez tous, considéré comme la cause principale du développement dé leurs maladies. C’est de mêmeen remplissant cette indication que vingt-cinq ou vingtsix, dames, auxquelles nous:avons pratiqué l’opération du, cancer aux. mamelles,.et-un très grand nombre-d’individus,auxquels nouscavons fait subir, lextirpation! du testicule pour: une semblable cause, ont dû la réussite parfaiteide ces. opérations {Voyez lectomélIT de. cette méme-Clrique, page 98 ,-et tome: IT, Reis gas

AU? tes Li C2"

L'une des maladies les plus communes des os, et que le célèbre Portal a eu raison d'attribuer à la présence, dans le système vivant, d’un virus syphilitique héréditaire ou scrophuleux , ce qui nous parait analogue, est le rachitisme, dont la connaissance he remonte qu'au XVI°. siecle , époque où la maladie vénérienne était déjà répandue sur tout le globe. Nous avons lieu de croire, en effet, qu'un principe morbifique particulier, qui a la propriété de détourner du systeme osseux, lors du travail de Possification chez les jeunes sujets, le phosphate calcaire et d’autres matériaux propres à donner de la solidité à ce système, y détermine une sorte de ramollissement, suivi de gonflement dans les parties spongieuses et d’une courbure: ou incurvation plus ou moins sensible dans toute l'étendue des os longs et dans ceux qui forment la colonne vertébrale: Ces premiers se courbent vers la ligne médiane du sujet, c’est à dire dans le sens de la flexion des membres; la, colonne vertébrale

éprouve des inflexions vers les parties dû corps où la circulation du sang rouge est la plus active, ou plutôt elle cède vers les points les plus faibles. Ainsi la première courbure et la plus forte s’établit de gauche à droite, et cette incurvation, qui peut être portée à divers degrés d’écartement, est ordinairement formée par les cinquième, sixième et septième vertébres dorsales. Le centre dé'sa concavité est éloigné de la ligne médiane ou de l’axe de la colonne d’un, deux et trois centimètres, selon le degré d'ouverture de lin curvation. Toutes les côtes correspondantes éprouvent, daïs là même direction, un écartementrelatif; lomoplate, également détachée de la région dorsale, acquiert un volume proportionné; la hanche du même côté est aussi beaucoup plus développée que la gauche.

Ce déplacement et cette hypertrophie du système osseux de tout le côté droit du tronc dépendent, selon nous, de la marche de la colonne du sang rouge qui sort du ventricule gauche, laquelle est dirigée de gauche à droite, avec une grande force et par la contraction des parois de ce ventricule'et par celle des tuniques, de l’artère-aorte dans ses branches et dans les rameaux qui se reudent directement aux parüés que nous avons indiquées : aussi n'observe-t-on cette principale incurvation latérale

DU RACHIITIS. 227

du côté opposé'que chez les sujets où le cœur s’est trouvé dans un état de ‘transposition. Nous en avons quelques exemples: Les muscles et les autres parties molles, qui sont en rapport avec les os que nous avous désignés, éprouvent aussi une augmentation de volume proportionnée , tandis que les os du même genre du côté opposé sont: déprimés dans le même sens et tombent dans un état d’atrophie, à laquelle les musclesetles autres parties molles correspondantes participent. Cette différence de nutrition et d’ac: ‘tion organique se propage même à la surface antérieure du sujet, en sorte que l’on aperçoit l’un:des côtés de la région sternale très élevé et l’autre déprimé dans les mêmes: proportions.

Cette inégalité de répartition des principes nutritifs établit une si grande différence dans le volume des parties similaires des deux côtés, que le scapulum gauche: (lincurvation ‘étant parvenue séulement au deuxième degré) est ordinairemeut:réduit, comparativement à l’autre ; d’un: quart:ou d’un tiers dans toutes ses dimensions. De même l’os-coxal gauche est beaucoup plus petitque celui du-côté droit. Nous en avons -prisiplusieurs fois la mesure avec le coum- #4 d'épaisseur.

i, dans la plus t PARETEN nat on cherche à sf à ces incurvations aid foie par des

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corsets mécaniques, ou que, par une prédomi= nance du principe morbifique, le fibro-cartilage et le corps des vertèbres dorsales soient ramollis dans la ligne centrale, l’incurvation se fait directement en arrière, et les apophyses de ces vertébres forment, vers la partiermoyenne du rachis une gibbosité proportionnée à la profondeur de la courbure. Sila cause-spontanée qui a produit ce ramollissement se développé ou qu'il s’y joigne d'autres causes d’irritation, la carie s'empare du corps de ces vertebres déjà ramollies ou dansun état d’inflammation latente, : el produit ce qu'on nomme la maladie de Pott (nous l'avons décrite dans nos Mémoires sous le nom de RACHIAGLIE ), où bien lé travail de l’inflammation s'arrête, célui de l’ossification'recommence, les os se solidifient-dans cet état d’incurvation, et les sujets restent bossus, infirmité qu'on peut considérer comme incurable lorsqu'ils sont parvenus à l’âge adulte. Si cette cause spontanée porte ses effets sur les articulations ou sur les.os des membres, elle détermine:des altérations particulières sur:les appareils fibrocartilagineux et osseux de ces articulations; et constitue les maladires:dont nous avons parlé dans ces Mémoires. Lorsque cette cause se fixe dans la propre substancedes os des membres, ils se ramollissent, dugmentent de volume ou

éprouvent un gonflement plus ou moins considérable, qui se manifeste d’abord dans les portions spongieuses de ces o$ ét qui s'étend'ensuite à tout leur cylindre, mais inégalement et de manière à les déformer. R |

La même causespontanée qui a produit, dans les os du rachis de l'individu, dans ceux de ses membres, surtout. dans ceux qui sérvent aux deux colonnes de sustentation, le ramollissement, les incurvations ou les déformations dont nous avons parlé, retarde, dans les mêmes proportions, l'ossification des os du crâne, qui cedent par conséquent, et én raison directe de leur état plus ou moins membraneux, au développement:du cerveau, lequel acquiert, chez les rachitiques , un très grand volume. Cet accroissement est d'ailleurs favorisé par l’action augmeritée dela circulation des artères céphaliqués, beaucoup plus volumineuses chez ces sujets que'chez ceux exempts de cette maladie, parce que tous les organes reçoivent les het de'cétte'cause morbide spontanée, qui les prédispose à la dilatation anévrismale et à l'hypertrophie. Cette exubérance des parties supérieures du sujet devient d'autant plus sensible, ‘que: la moelle épinière et tous les vaisseaux qui se rendent aux membres pelviens sont plus où moins comprimés par les incurvations de

LA

250 DU RACHITIS, la colonne vertébrale. et a déformation du bassin. |

Quelques auteurs ont pensé que la sustentation.et la marche auxquelles on soumet prématurément les enfans étaient les principalescauses des incurvations de la.colonne vertébrale; cette assertion est d’autant-:moins fondée, qu’on a vu un grand nombre d’enfans veuir au mondeavec er les difformités du rachitisme le. mieux caractérisées ; nous-même , nous:avons-eu l’occasion d'aider, des femmes en couche qui:ont mis au monde des enfans tellement rachitiques que leur. squelette en. était entièrement déformé. Ces causes mécaniques ,.s1 elles existent:,;y sont pour peu de chose, Celle qui-doit fixerde.plus l'attention du médecin .est le: principe -morbifique dont nous avons parlé et qui a.ététransmis au produit de la conception! par l’un;des parens ou tous deux. à:la. fois. si véritablement ils; avaient été. affectés. eux-:mêmesdu.. même germe de maladie; ou bien ces.enfans puisent ce principe morbifique chez leurs, nourrices. L'idiosyncrasie scrophuleuse des, parens. peut produire .le même .genre,de.maladie auxiètres qu'ils ont procréés ; mais on a généralement lieu de croire : que . l'affection, scrophuleuse,a pris naissance ellemême d’une affection.syphilitique, Ces deux genres de maladies ont du.reste

PU RACHITIS. 231 une: très grande analogie entr’elles et se guérissent par les mêmes remèdes, dont le plus ef. ficace est le mercure (1). On trouve. d’ailleurs chez les rachitiques.tous les symptômes qui.se remarquent chez les individus affectés du scrophule: tels sont les engorgemens.de l’appareil glandulo-lymphatique, des viscères. parenchymateux du. bas-ventre . et-des tubercules stéatomateux qui se. rencontrent souvent dans les poumons et dans. d’autres parties du corps,

Le pronostic peut être plus ou moins fàächeux, selon la gravité.du mal et sa marche lente ou rapide. Il s'aggrave sous l'influence del’onanisme dont. les principaux effets sont d’irriter le cervelet, de déranger l’innervation. nécessaire. à l'action. des puissances locomotrices, et d'amener graduellement non seulement la paralysie des membres, inférieurs, mais aussi l’atrophie: des organes. générateurs et. du cervelet, luimême. Cette. maladie. présente, d'ailleurs, un grand nombre. de variétés plus:ou moins.sen: sibles et développées à des degrés .différenrs.. Elle peut paraître chez l'enfant, à.sa naissance ou à sa première :dentition; elle, se développe,

en

(1) Voyez notre Mémoire sur cette première maladie, faisant suite au Traité du scrofule d'Huffeland, traduit de l'allemand par M, le docteur Bousquet. ,

232 DÜ RACHITIS.

ensuite graduellement ou progressivement, selon l'addition de causes déterminantes où concomitantes; par conséquent, les progrès seront relatifs à toutes ces circonstances.

: Il n’est pas impossible que la colonne dorsale ou les membres éprouvent de légères déformations, soit par de mauvaises attitudes ou des manœuvres forcées qu'on laisse prendre ou qu’on fait prendre aux enfans, soit par des'efforts plus ou moins violens qu’on leur fait éprouver; mais 1l'sera facile de distinguer ces ‘imperfections où déformations ‘de celles qui appartiennent au rachitisme, de même que Von distingue facilement le gonflement scrophüleux des’ os dés pieds, de la difformité-congéniale produite ‘par la situation vicieuse que ces petits membres affectaient dans le sein de la mère; ce qui constitue les pieds-bots: C’est une classe d’infirmités ‘qui exige un traitement particulier dont nous parlerons, après avoir'indiqué les moyens que nous croyons nécessaires au rachitis.® 12 a |

L’indication est relative à chacun des principaux symptômes qui ‘caractérisent cétte maladie, à leur siége-et à leurs effets. ri

Lorsqu'elle se borue à la colonne. vertébrale et qu'il n’y.a.que: de légères incurvations, résultat du simple ramollissément des os qui la:com-!

ré DU RACHITIS. 295

posent, la thérapeutique n'en est pas difficile ; mais si la carie s’est emparée du fibro-cartilage et de la portion spongieuse du corps dés vertèbres, cette thérapeutique doit être modifiée. En général, cette maladie présente deux indications distinctes. La première doit avoir pour objet spécial de détruire la cause spontanée ou prédisposante, c’est à dire d'attaquer le principe morbifique dont nous avons parlé. Ta deuxième consiste à rétablir le ressort et l’élasticité dans les organes ramollis ou déformés et à leur faire reprendre leur premier équilibre.

‘Pour rémplir la première indication, on à proposé, de tout temps, dés moyens mécaniques propres ä'redressér cette colénné et à faire disparaître par degrés ses incurvations. Afin d’obtenir cé résultat, on recommande d'employer cés mécaniques, lorsque le sujet est encore jeune ou avant l’époque où le travail de lossi: fication ‘est terminé, c'est à diré avant la dix’ neuvième ou vingtième année. Ces mécaniques, qui font l’objet de l’orthopédie, variënt par leur forme et leur manière d'agir. En général, elles ont pour effet principal d'exercer une extension permanente sur les deux extrémités de li co:

loônne vertébrale. Pour agir sur Vextrémité céphalique, on ‘passe sous la mâchoïre et la base du crâne un collier en acier garni de coussinéts

dans les points de contact avec les os des parües; à ce collier sont attachées de légères courroles qui se fixent à la tête du.lit et qu’on tend à volonté au moyen de poulies de renvoi et d'un écrou à manivelle. La partie de la mécanique qui produit la contre-extension est opérée par d'autres leviers qui se fixent au pied du’ lit, et. dont l'insertion se fait à une ceinture métallique qui embrasse le bassin, en exerçant sur cette région. du corps une compression Circulaire et permanente. Les sujets sont, dans cet état, couchés horizontalement sur un matelas élastique, et l'extension.et la contre-extension s'exercent graduellement et d’une: manière simultanée. Sans doute ces appareils peuvent être employés avec avantage dans les.cas assez rares où de légères courbures de l’épine.sont. le résultat d’une cause purement physique, tels qu'une position vicieuse, une distension forcée et des manœuvres inconsidérées.et.pluson moins violentes qu'on fait exercer prématurément aux enfans. Il en est de ces incurvations accidentelles comme des pieds-bots. ou des déformations des membres, résultat de: Ja. situation contre nature dans laquelle les membres de.ces individus se sont trouvés, pendant la gestation ou, depuis Ja naissance: Toutes ces difformités, d’ailleurs fort rares, sont susceptibles de guéri-

son par tous ces moyens mécaniques, lorsqu'ils sont employés avec discernement et connaissance de cause. M. Divernois ajoutait aux instrumens plus ou moins ingénieux qu'il employait une manipulation trèshabile, qu'il faisait journellement sur les pieds déformés des enfans, de manière à rétablir par degrés les rap ports respectifs des surfaces articulaires; et c'était, sans nul doute, la partie la plus importante de son traitement dont les :successeurs n’ont point hérité, Aussi les succès de cet artiste distingué ont-ils souvent surpassé l'espérance des. parens et des médecins des enfans confiés à ses soins. On obtiendrait de cette manipulation les mêmes ‘avantages, .si.on en.faisait l'application aux courbures de l’épine dorsale, de, concert avec les machines extensives, en supposant toutefois que ces déviations fussent le résultat d'une cause mécanique. Les mêmes moyens sont par conséquent indiqués pour réduire les Jluxations de quelques unes des vertèbres cervicales et de toutes celles des lombes; nous les avons conseillés dans nos Mémoires. | | Mais il n’en est pas de même des incurvations ou des déformations des mêmes.os, résultat d'un vice rachitique, ce que le médecin, anatomiste distinguera facilement. A cette altération osseuse particulière, se Joiguent ordinairement

l’engorgement de tout l'appareil Iymphatique’e des viscères parenchymateux du bas-ventre, la grosseur disproportionnée de la tête, l'engorgement des glandes du cou, la faiblesse des membres inférieurs et la dilatation anormale du cœur et de tous les vaisseaux artériels. Non seulement, dans le vrai rachitis, l'usage de ces mmécaniques est totalement inutile, mais 1l peut devenir nuisible et même dangereux. Il est inutile en ce que cette méthode n'ayant qu'un seul effet, celui de surmonter les puissances motrices, ét de faire disparaître , par un mécanisme extensif ou compressif, les courbures anormales de l’épine, le résultat n’én peut être que'temporaire ou palliatif. Lorsque les sujets sont sortis des fiens qui les retiennent, les courbures se reproduis sent bientôt après et rejettent les malades dans l'état où ils étaient avant d’avoir fait usage dé ces machines. Des lors il'est facile de concevoir que ces mêmes moyens ; employés contre! le rachitis compliqué de carie , auraient des résultats pernicieux et funestes, si l'on insistait sur leug. usage. Nous en avons, vu plusieurs” ‘éxémples." Dans le cas où les incurvations dépendent du ramollissement des os occasioné par le vice rachitiqué, ces coùrbures, en 'cédäant'd’üun côté à l’action des machines extensives, $e réproduisent nécessairement vers les points où da nature

éprouve le moins de résistance et dé inanière à faire saillie quelquefois dans la cavité thorachique, où elles portent atteinte à l'intégrité des organes correspondans, par l'effet de la compression ou de: leur déplacement. Dans quelques circonstances, l’épine conserve la rectitude dans laquelle les machines extensives l'ont amenée; mais après un laps de temps plus où moins considérable, un, deux et trois ans, le principe morbide est détourné des os de cette colonne et se porte dans les os du bassin et dans ceux des membres inférieurs..Les premiers se dépriment ‘en dedans et réduisent la cavité pelvienne, ce qui nuit par la suite à l'accouchement, lorsque l'individu appartient au sexe féminin ; les fémurs, après avoir éprouvé uneélongation contre nature, se courbent, les extrémités articulaires se tuméfent, et cette altération osseuse se complique de celle des parties fibreuses et cartilagineuses des articulations de ces membres, d'ou résulte ce qu’on nomme tumeur:blanche. Nous avons vu plusieurs jeunes personnes, apres ävoir.obtenu :ce redressement temporaire de la colonne vertébrale, et desquelles on avait proclamé Jaiguérison,;:bien qu'elles fussent encore comprimées. dans’ des corsets garnis de pièces élastiques en acier et suspendues sur de hautes béquilles , être frappées tout à coup d'une élon-

238 DU RACHATIS.

gation douluureuse dans les membres inférieurs et de l’inflammation des appareils articulaires , maladie qui a eu‘pour résultat, chez les unes, la carie des os et la mort; chez les autres, des ankyloses aux genoux avec flexion permanente plus ou moins prononcée des jambes. Malgré toutes mes recherches, je n’ai jamais eu le bonheur de voir, parvenue à une guérison com.

plète, une seule personne chez laquelle il'exis tait des incurvations de l’épine bien caractérisées et à dix ou quinze degrés de profondeur dans le centre de la courbure! Sans doute, ces incurvations étaient visiblement:réduites après une ou deux années de l’usage des its à extension permanente; mais lès jeunes personnesétaient condamnées à. rester toujours dans ‘des corsets mécaniques, dans lesquels. leur tronc était comprimé circulairement et avec plus. ou moins de force; leurs médecins orthopédiques déclarant eux-mêmes que, si on laissait ces personnes sans corset, leur taille se déformerait de nouveau. D'ailleurs , en outre de ce grand inconvénient, on voyait chez elles, à des'distances très éloignées, les parties d’un côté, qui étaient primitivement atrophiées ou réduites de la moitié du volume de celui des parties similaires du côté opposé, se trouver dans le même état et offrir la même différence dans leurs dimensions qu’a-

vaut le traitement. Il est naturel de penser, d’après cette remarque, qu'il n'y avait point de similitude dans les fonctions ni d'équilibre dans les forces motrices.

La derniere personne qu'on nous a montrée comme étant au terme d'un traitement de cette nature, et que l’on considérait comme un modèle de ces guérisons merveilleuses, était une demoiselle âgée de dix-neuf ans, laquelle était entrée, à seize, à l'établissement où nous l’avons vue. Elleavait grandi, pendant le traitement, de trois pouces et demi, et elle était sur le point de retourner chez ses parens dans le Jura. On me montra en même temps le modèle en plâtre qu’on avait fait faire pour tracer les incurvations de l’épine de cette jeune personne à son entrée dans cette maison. Sans doute, si nous .nous fussions bornés à comparer ce plâtre avec la grandeur et les formes extérieures de la demoiselle soumise à notre examen , nous aurions dû applaudir à ce beau résultat; mais :yant obtenu, non sans peine, qu'on la fit déshabiller pour la voir à nu, bien qu'elle ne s’y füt point refusée, séparée de son corset, elle tomba tout à coup , ainsi que nous l’avions prévu, dans une telle inflexion, que les incurvations deson épine réprirent à l'instant le même degré de courbure que celui qu'on remarquait sur le plâtre. Nous

gardâmes le silence devant la jeune persorine ; nous proposant de la faire voir à un docteur de nos amis; mais dés le lendemain nous apprimes qu’elle était partie, munie de son corset qu ’ellé ne devait plus quitter.

Tel est le résultat de nos recherches sur les effets de ce traitement orthopédique. Quelques uns des médecins qui le dirigent, ayant reconnu son insuffisance, sans parler de ses inconvéniens, que nous avons en partie signalés, ont alors mis en usage, avec des succès remarquables, la plupart des moyens que nous employons depuis notre retour d'Égypte, et l’un des plus efficaces est le moxa; aussi ont-ils obtenu des résultats plus satisfaisans. L'expérience nous a donc prouvé que ces mécaniques sont tout à fait inutiles et qu on peut arriver sans elles au même but ; nous tâcherons d’en expliquer les motifs. On épargne d’ailleurs aux patiens la, gène que cause cette situation pénible d’être éteudus, et attachés en ligne droite des années entières sur un’ lit mécanique. Dans cette attitude, la mâchoire inférieure est fortement comprimée sur la supérieure, en sorte que les dents molaires de l’une et l’autre mâchoire étant dans un contact immédiat, serré et permanent, s usent à la Jonpue, et laissent élever les condyles de ï’os maxil-

É laire inférieur vers la paroi antérieure du con-

duit auditif qui se déprime dans les mêmes pro-

. æ À k, "de portions vers le tympan et gêne par conséquent |

le passage des rayons sonores ; Ce qui cause la

surdité. La parole et la mastification finissent

aussdpar s’altérer d’une manière plus ou moins sensible. Nous avons parlé des inconvéniens de la compression exercée sur le bassin.

Maintenant nous allons essayer de démonrer que, dans tous les cas, l'usage de ces machines extensives ou compressives est tout à fait inutile, car les incurvations de lépine disparaissent aussi graduellement et d’une manière plus certaine sous l'influence de nos révulsifs et de la médication que nous employons avec un succès constant depuis pius d'un quart de

siècle. "

Nous supposerons d'abord que les D nie tions du rachis et des. autres parties du corps appartiennent réellement à la maladie rachitique, qui consiste dans une phlegmasie .chro;

nique avec engorgement de tout.l'appareil glan-

del k

duleux, et. lymphatique des organes parenchy- x

mateux, l'augmentation de, la masse cérébrale et le ramollissement de tout le systèmé osseux, surtoutde ses parties spon gieuses. Cette affection maladive se caractérise par des douleurs relatives

au degré d’ inflexion des ‘courbures osseuses, une

gêne plus ou moins considérable dans les fonc-

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