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même principe morbide, si le sujet s’expose à de nouvelles absorptions, de manière à faire développer et aggraver les effets de la première inoculation. Après avoir indiqué très succinctement les principaux caractères des autres virus, nous nous arréterons à la maladie produite par ce premier, sans prétendre néanmoins en faire une description classique ou complete, :
Le deuxième, ou variolique, accompagné de
fièvre et. de pustules lenticulaires à vésicules
purulentes, paraît avoir pris origine, comme la syphilis; dans lancien continent, d'où les Sarrasins le transportérent sans doute dans le midi de l'Europe, particulièrement en Espagne,
et de là cette maladie s’est ensuite répandue sur
toute Ja terre. Ce virus peut rester également chez l'individu ou dans des substances absorbantes, jusqu’à ce que des causes nouvelles d’épidémies le fassent développer. IL à une affinité par-
ticulière avec Les tissus dermoide et muqueux : aussi, par des, causes faciles. à expliquer, sice
principe morbifique ne peut être, porté au dehors pour produire sur la peau la variole discrète ou confluente, l’éruption pustuleuse se fixe sur les' membranes muqueuses des bronches ou des intestins et s'y développe complétement :
nous. en avons vu plusieurs exemples. Les, meilleurs moyens de favoriser à l'extérieur Péruption
Le
 AU NÈruRE
pustuleuse sont d'appliquer sur la région de Pestomac et sur les flancs des ventouses mouchetées, au lieu de sangsues; de frictionner toute l’habitude du corps, au moment de la pyrexie ou de l’incubation, avec l'huile d'amandes
douces , et d’entreteuir l’action de la circula-
tion centrifuge à l’aide des boissons mucilagineuses et diaphorétiques. Il faut ensuite donner aux malades du bon bouillon et un peu de bon vin; quelques grains de calomel terminent le traitement. ‘
Le troisième, ou virus vaccin, qui paraît être une modification de la variole, en est Le préservatif, bien qu'il paraisse borner ses effets au point où l’inoculation en à été faite. Ce serait un présent du ciel, si réellement une plus longue expérience confirmait l'efficacité de sa pro- priété préservative pour la vie de l'individu (x).
Le virus rabiéique, d’une nature plus subtile que les précédens, mais ineonnue, paraît avoir une affinité particulière avec les nérfs, ou se porter de préférence sur ces organes, dans
(x) Au reste, nous avons remarqué que les plaies en
pleine suppuration , ou tout autre exutoire, ancien ou
récent, préservaient de.la peste et probablement de toutes les fièvres exanthématiques. Peut-être la vaccine n’agit-elle
que temporairement de la même manière.
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lesquels il peut rester latent plus ou moins longtemps, le plus ordinairement trente ou quarante jours. Ses effets , lorsqu'il se développe, sont purement nerveux, ce qui semble justifier cette assertion. Cependant, pour en démontrer la vérité autant que possible, nous allons rapporter en aperçu les expériences du célébre Rossi, professeur à l’Université de Turin. Ces expériences consistent à faire une incision sur le trajet d'un cordon nerveux, dans une partie charnue d’un animal sain et bien portant, à enfermer ensuite dans cette incision une portion de nerf extrait à l'instant même d’un autre animal attaqué de la rage (le nerf sciatique), et pendant l’un des plus forts accès. Aux époques fixées par la nature, le premier devient également enragé et meurt des mêmes accidens. .
On n’a pas encore découvert de rémèdes vraiment efficaces contre cette horrible maladie une fois déclarée; mais on peut prévenir les accès on faire avorter cette névrose par le traitement suivant : 1°. le débridement de la plaie, l'absorption immédiate des fluides qui l’abreuvent, au moyen de la ventouse à pompe (1);la
(1) Nous «avons fait faire de très petites ventouses pour
être appliquées sur les plus petites surfaces , telles que les extrémités des doigts.
6 NATURES cautérisation avec le fer rouge incandescent et le pansement fait avec des compresses imbibées d’une forte dissolution de sel marin et de sel ammoniac; 2°. l'usage des boissons diaphorétiques légèrement alcalisées , un régime adoucissant et des frictions fréquéntes sur toute Yhabitude du corps avec l'huile de Cämomille camphrée; 3°. des frictions faites à la plante des piéds, avec un gros jusqu'à deux gros d’onsuent napolitain double , tous les cin ou six Jours, auxquelles on fait suééeiste douze heures après Chaque friction, une lotion savonneuse etun baïn gélatineux Es eut alcalin; 4°. enfin des saignéés révulsives fréquemment répétées sur les côtés de la colonne vertébrale avec les ventouses scarifiéés , et un exercice modéré au grand air. L Nous croyons avoir prévenu l'invasion des accès éhez un grand nombre d'individus par cette médication ét guéri trois personnes chez lesquellés les prodromes de ces accès F’étaient. % déjà manifestés. On trouvera les observations j de ces sujets dans un opuscule Mer nous avons publié sur'l4 fièvre jaune, en 1852 Are Les virus des animaux venimeux paraissent | 5 agir de là même,.manière queilé virus rà que AE et affecter les mêmes ‘organes. Les mor e$ de ces animaux offrent donc les mêmes diet
, Li « L
LOUE à
DES (PRINCIPES MORBIFIQUES. jy
mais pour les remplir avec tout le succès qu'on peut en espérer, il faut arrêter, autant que possible, la marche rapide ou l'absorption du virus par une forte ligature faite autour du membre blessé, si elle est praticable, et qui, dans tous les cas, ne doit être conservée que le moins de temps possible. On en conçoit facilement les raisons. Après avoir satisfait À cette première indication , on se hâte de remplir celles-que nous avons tracées pour Îes plaies des animaux enragés, en suivant l'ordre établi dans l'emploi de ces moyens, c'est à dire en commençant par le débridement, l'absorption et la cautérisation de la solution de continuité, et en mettant ensuite en usage la médication calmante et révulsive dont nous avons parlé.
La deuxième classe de virus nous parait gaziforme ou: miasmatique. La peste et toutes les fièvres typhoïdes et exanthématiques possèdent ces principes morbifiques particuliers, mais ils sont sisubtils et si fugaces, que les uns passent rapidement, avec la maladie qui les produit, dans le système vivant, sans y séjourner, tandis quelesautres s'arrêtent instantanément dans cer- tains produits deces maladies, etse dissipentavec leurs épiphénomènes. Tous peuvent être recélés et conservés plus ou moins long-temps dans des . substances inertes et absorbantes, mauvais con-
— es
Linie circonstances favorables; le Mn CR
certaines substances avec les miasmes délétères ce à
en détruit les effets pernicieux et les propriétés | : Fe,
contagieuses : tels sont les gaz sulfureux, m ra ne
tique et camphorique; aussi ces substances sont ù
elles les meilleurs préservatifs contre la propa- CAES
gation de ces principes morbifiques. + f F . Nous avons remarqué que le principe PRE" ss 4
lentiel porte principalement ses effets sur l’en- y 4
céphale et le système nerveux, qu'il pareourt F
avec une rapidité relative à la constitution du
sujet, à la saison et à la température; il s'arrête
souvent dans les points d’adhérence nerveuse
ou plexiforme des aisselles, des aines, .du cou
ou des flancs , où il se développe ,. soit des
bubons, soit des charbons, qui n'ont'aucun rap-
port avec les glandes lymphatiques (1). C'est lors
de l’éruption de ces exanthèmes produisant au-
tant d’effluves morbifiqués particuliers, que la
peste est communicable. Dans toute autre pé-
riode, cette contagion n’a pas lieu ; encore faut-
Ù cilun concours de. circonstances PEGpress à le
rs TT 1e (1) Voyez notre Mémoire sur la peste, dans notre Re/a-tion chirurgicale de l’armée d'Orient.
a Cu à DES FRERES MORBIFIQUES. 9
RME Noir dans l’état que nous avons supposé.
- Le principe morbide de la fièvre des prisons,
jé d uu caractère différent, semble porter ses prin- | cipaux effets sur le système dermoïde et mu- + je queux, et lorsqu'il y a solution de continuité à + ni: extérieur du corps , la pourriture d'hôpital s’en Eu" F - empare et marche rapidement. Ce principe mor- bide se transmet facilement par l'intermédiaire de l'air à un certain degré de sphéricité. Son existence dans l’économie vivante est également passagère. Tout le monde connait les événemens ‘tragiques survenus aux assises d'Oxford en 1577; et à celles de Londres , en 1750; ils démontrent l'existence de cette contagion, même à une certaine distance.
Les principes morbifiques de la fièvre jaune et du choléra-morbus sont plus subtils, plus fugaces, et ne pourraient être suivis de contagion que s’il se développait des exanthèmes, ce qui est fort rare. Dans ces maladies, ces principes nous semblent porter principalement leurs effets sur les organes de la circulation et le système nerveux ganglionaire; d'où il résulte une sorte de névrose qui s'empare de tous les organes de la vie intérieure. Les excrétions et les sécrétions intestinales sont d’abord excitées et jettent promptement les sujets dans un état de prostration extrême et de spasme plus ou moins
violent. La circulation capillaire de la peau est
suspendue; la circulation générale s’affaiblit et s'arrête quelquefois en très peu de temps, Surtout dans le choléra. La chaleur latente paraît se dissipér entièrement de toute la surface du * corps, les extrémités deviennent glaciales et
prennent une teinte jaunâtre dans la fièvre
jaune (1), et bleuätre dans le choléra: Dans cette dernière maladie, les muscles profonds qui reçoivent le stimulus des nerfs encéphaliques ou rachidiens, irrités sympathiquement, éprouvent des contractions convulsives ou crampes qui se reproduisent même, , Chez quelques sujets athlétiques, après la mort.
Nous avons observé, à l’armée comme aux hôpitaux , lesmèmes phénomènes chez un grand nombre de sujets qui avaient fait abus de liqueurs alcooliques saturées des principes de différentes plantes narcotiques, et nous les avons reproduits nous-mêmes chez les animaux avec
le poison qui recouvre les flèches des sauvages .
des archipels de la mer Pacifique. Les symptômes qui accompagnent la morsure des animaux venimeux ont aussi la plus grande analogie avec ceux du choléra asiatique.
Des causes atmosphériques et miasmatiques
(1) Voyez l’'Opuscule précité sur cette maladie. ”
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produisent sans doute ces épidémies et les transportent dans des régions plus ou moins étendues dela terré, où elles se développent avec une intensité proportionnée à la masse des
causes nouvelles déterminantes ou concomitantes d’insalubrité, et à la prédisposition maladive des sujets. Le choléra sévit principalement
sur ceux qui font usagé de liqueurs alcooliques narcotisées par la sophistication, sur ceux qui sont entassés dans des lieux malsains, qui sont mal nourris ou frappés de terreur. Il est probable que le choléra actuel, qui a déjà parcouru uné grande partie de la terre, à été déterminé par les brouillards épais, äcres et infects qui ont régné depuis près de deux ans sur les zones orientales et septentrionales des deux contigenss | lesquels ont été sans doute produits eux-mêmes par les tremblémens dé terre répétés etles fortes éruptions volcaniques qui ont eu lieu dans les contrées méridionales du globe. Le choléra qu’on a observé en Egypte semble faire vérifier ces assertions : nous retracerons ici sa relation que nous én avons reçue" de l’un de nos com pa- | triotes. |
« Dans le courant du mois de juin 1831, on fut informé qu’une grande mortalité, causée par des chaleurs excessives et la privation de l'eau,
avait eu lieu parmi la foule des pélerins réunis
12 6 NATURE | au mont Axafat pour la célébration de la fête des Sacrifices. Le gouverneur de l’Hedjaz et le nakyb (1) avaient été les premières victimes. Aussitôt l'épidémie se propagea dans la Mecque, distante de six lieues de la montagne sainte ;elle enleva vingt mille ames à cette ville en moins de quarante jours. Médine, où les pelerins vont, après la solennité, prier sur le tombeau du prophète, fut ravagée. Djedda et Jambo en ressentirent les déplorables effets. Dans cette circonstance, l'Hedjaz perdit soixante mille personnes. | » Ces nouvelles firent une grande sensation au Caire; malgré cela, le Gouvernement ne prit aucune mesure pour préserver le pays d'un tel fléau; on négligea les moindres “précautions Bsanitaires ; on se croyait sans doute dans une sécurité parfaite, lorsque des pèlerins, dont les vêtemens étaient imprégnés de miasmes morbifiques , débarquèrent sans opposition à Suez et à Kossair. Bientôt le choléra, alimenté par le mélange et le contact des individus, éclata avec violence : en dix jours Suez perdit le tiers de sa chétive population. Dès les premiers accidens, les Grecs, qui font le commerce dans cette
(1) Gelui qui fait la prière à la multitude sur le sommet de la montagne.
$! y DES PRINCIPES MORBIFIQUES. … 13
échelle, s'étaient soustraits en prenant la fuite vers les fontaines de Moïse. 1, | |
» Le prélude de plus grands malheurs réveilla l'apathie des Turcs : on voulut agir, mais il
n'était plus temps d'arrêter les progrès de l’épi-
démie. On établit en toute hâte un cordon au lac des Pèlerins, pour obliger la grande caravane de s'arrêter en cet endroit et y faire quarantaine. On placa des gardes autour de la ville , afin d’empêcher l'entrée à ceux qui arrivaient isolément; mais on ne prit aucune précaution à Kossair ni à Keneh. Les gardes que l’on employa au Caire furent illusoires, car un grand nombre de pêèlerins turcs et mogrebins étaient déjà répandus dans la ville et à Boulak. Les soldats, postés au lac des Pèlerins, communiquaient d’ailleurs avec les gens de la caravane, et laissaient les habitans du Caire leur apporter des subsistances.
»Dès lors des symptômes non équivoques de l'épidémie se manifestèrent parmi la classe indi-
gente, mais sans qu'on y portât la moindre at-
tention. On se refusait à croire que, dans une saison où les vents du nord assainissent l’atmos-
phère, une maladie épidémique pouvait se dé-
velopper; on se livrait aux plaisirs, à la joie que faisait naître la crue du Nil, présage de l’abondance.
» Enfin, le ro août, on coupa la digue du canal