‹ Clinique chirurgicale (volume 4)Chapitre 39 sur 70 · CHATS · texte numérisé non relu

CHATS

DES ARTICULATIONS DES MEMBRES. {oi sympathique paraissait vouloir se fixén à l'estomac, nous fimes poser, à plusieurs reprises, sur cette région , des ventouses mouchetées, auxquelles on faisait succéder des embrocations d'huile de camomiile camphrée. De légères exacerbations, avec des douleurs vives, se manifestaient journellement vers le soir;mais elles disparurent graduellement, et le blessé, se croyant en voie de guérison, nous tourmentait pour qu’on levât le premier appareil, parce ‘ que la suppuration paraissait à travers les compresses : néanmoins nous arrivämes jusqu’au vingtcinquième jour avant de le satisfaire. Nous trouvâmes, à notre agréable surprise, une grande partie de nos incisions réunie et cicatrisée, .et tout le vide qui existait d’abord dans l’articulation, comblé par des bourgeons charnus de couleur vermeille. Mais l'absence de la compression, le contact de Pair extérieur et de légers mouvemens imprimés involontairement par le malade sur l'articulation pendant le pansement, déterminèrent la rupture des nouveaux vaisseaux capillaires et une hémorragie passive qui nous aurait inquiété si nous n’eussions connu le vrai moyen de la faire cesser. Nous obtinmes ce résultat satisfaisant par l'application immédiate du fer rouge. Des bandelettes de cérat furent ensuite posées sur les bords de la plaie; des gâteaux de charpie fine et un appareil contentif terminérent ce pansement > qui fut continué, mais rarement, jusqu'à l’époque de Ja cicatrisation, que nous obtinmes, non sans

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peine, avant le quatrième mois. On eut le soin dé conserver le membre dans la situation où il avait été mis au moment de l'opération, et de le main: tenir dans l’immobilité la plus parfaite pour favoriser l’ankylose de l’avant-bras avec le bras , qui était nécessaire et indispensable pour la : guérison du blessé. Il fut présenté, plusieurs jours après l'avoir obtenue, à l'Académie royale de 1 Médecine, Section deChirurgie. La mesure de la circonférence dé l'articulation malade donne une réduction de quatre à cinq lignes sur celle du coude gauche, et la cicatrice, dé forme cruciale, offre dans son centre une dépression proportionnée à la grosseur de la petite tête de l'humérus extirpée. La main et

lés doigts de ce tambour ont repris l'usage de tous leurs mouvemens.

Plaies de l'articulation du poignet.

Nous avons également obtenu la guérison chez plusieurs sujets atteints de blessures faites par armes blanches, aveclésion profonde dans l’articulation radio-carpienne, lorsqu’ elles étaient récentes ,

et en suivant le même -procédé. Lorsqu'au con-

traire l'inflammation s’est emparée des appareils

fibreux des nombreuses articulations du poignet, : il n’y a plus de ressources que dans l’amputation du membre. Les plaies d'armes à feu peuvent. offrir les mêmés différences et les mêmes indications; aussi Comme cés articulations sont entourées d’un

ps ARTICULATIONS DES MEMBRES. 407 grand nombre de cordons nerveux; et que lirritation s’en empare promptement, il ne faut pas perdre un seul instant; si l'on veut réussir, pour mettre notre pansement et notre appareil en pratique. Il en est de même des plaies aux articulations des doigts, que nous avons traitées, à l’aide de cette méthode, chez un assez grand nombre de sujets , avec tout le succès désirable,

Plaies des articulations des membres inférieurs.

La nature a disposé l'articulation coxo-fémorale de manière qu’elle est peu accessible à Taction des causes mécaniques qui pourraient léser SES ROIS et pénétrer dans la cavité cotyloïde. En effet cette cavité se trouve établie dans üne direction verticale , à peu près au centre de la base inclinée du bassin , et renferme en entier la tête du fémur, au point que le rebord articulaire dépasse en dehors de plusieurs lignes la base de cette éminence sphé;

rique. D'un autre côté, l'articulation est protégée. dans tous ses points par une si grande masse de

parties molles, quil est presque impossible à la cause vulnérante d'atteindre la capsule articulaire, sans produire une lésion extrémement grave qui laisse peu de ressources pour la conservation du

membre : aussi n’ai-jé eu l’occasion de réncontrer,

dans ma longue pratique, aucune de ces plaies particulières. | |

à NY NET “a Il n’en est pas de même de l'articulation du

408 PLAIES PÉNÉTHANTES | genou (fémoro-tibiale). Elle présente à l’action des | causes vulnérantes une si grande surface, qu’il est rare que ces causes entament les parties molles trés-minces qui la recouvrent, sans pénétrer dans sa cavité. Lorsqu’on est appelé immédiatement où presque immédiatement aprés l'invasion d’une plaie d'arme blanche ou d'arme à feu qui aurait ouvert larticulation dans l'un de ses côtés, l’on peutavec confiance opérer la réunion de ses bords, aprés avoir fait toutefois les! débridemens convenables , s’il y avait nécessité, et avoir fait évacuer préalablement, par la position, la pression ou l'action d'une ventouse sèche » tous les fluides épanchés dans Cette articulation. Un appareil approprié doit seconder cette réunion ; qui doit être très-modérée et faite sans violence. On conserve ensuite le membre dans une position horizontale, et immobile jusqu’à l’époque où la cicatrice peut être terminée ; Mais l’on ne doit point, autant que possible , lever l'appareil avant le quinzième jour. Nous avons eu l’occasion de traiter avec succès à d’après ce procédé, et même en conservant les mouvemens de larticulation , un assez grand nombre de blessures de ce genre souvent compliquées de coupure profonde au cartilage diarthrodial et aux condyles du fémur. Dans le cas où un instrument tranchant aurait divisé dans toute son épaisseur le tendon rotulien > On ne peut espérer de conserver le membre que par l’ankylose; aussi faut-il un laps de temps plus long pour l’obte-

nir. Je dis que l’ankylose est indispensable, “parce que les deux portions coupées de ce tendon ne peuvent jamais être maintenues dans un contact assez immédiat pour en obtenir la soudure ou la réunion. J'ai un exemple de ce fait dans la personne du cocher de madame la marquise de Grouchy, lequel s'était coupé le ligament rotulien à son insertion à la rotule, ainsi que les tégumens qui la recouvrent, en tombant d’un point très-élevé sur le tranchant d’un pavé, sa jambe étant fléchie. Nous mimes le membre de ce blessé dans un; appareil inamovible, en l'y fixant dans la position horizontale, et il y est resté l’espace de quatrevingt-dix jours , période pendant laquelle on n’avait renouvelé l'appareil qu’une dizaine de fois. Malgré cette infirmité, ce sujet a repris son métier de cocher. Nous avons également traité avec succès, chez plusieurs de nos soldats, des plaies au genou avec coupure transversale ou oblique de la rotule. Ces blessés ayant été pansés par rous immédiatement après l'accident, nous avons été assez heureux pour obtenir une soudure exacte des deux fragmens de cet os, et de rétablir par la suite dans larticulation les mouvemens de flexion et d'extension. Lorsque les portions de la rotule sont emportées par des projectiles, et bien que l'articulation soit ouverte, on peut encore espérer de conserver le membre: dans ce cas l’ankylose,est nécessaire et inévitable ; mais lorsque cet os a été détruit en entier par un coup de feu, ou qu'il a

Bye 0

416 PLAIES PÉNÉTRANTES été totalement séparé du genou par une arme blanche, l’amputation du membre devient indispensable.

En résumé, le plus léger retard apporté dans le pansement des Des de l'articulation du genou détruit les succès qu’on en attend et cause le déve=

loppement des accidens inflammatoires, qui sont d'autant plus graves que les appareils synoviaux et

fibreux de cette articulation très-évasée sont pourvus d’un très-grand nombre de filets nerveux. Une fois Pinfliination déclarée, les indications ne sont plus les mêmes; elles sont relatives à l'inten=

sité et aux effets de cette inflammation. Il faut d'abord la combattre par les saignées révulsives faites avec les ventouses senstEées préférables aux sangsues, et par une compression graduée exercée au moyen d’un appareil contentif imbibé d’une liqueur légèrement tonique, telle que le vin ou le vinaigre camphré mêlé et battu avec du blanc d'œuf. Lorsque la résolution commence, on en favorise ensuite la marche par l'application de petits moxas répétés autant que le besoin le commande. La rareté des pansemens est

toujours nécessaire, surtout dans la première.

période de la maladie.

Nous avons obtenu les plus grands succès de cetté médication, même dans le cas où la carie avait auaRe les pièces articulaires. Nous en avons parlé à-larticle Féworo - Trerazcie, Enfin l'amputation du membre doit être une dérnière

DES ARTICULATIONS DES MEMBRES. 411 ressource à laquelle il ne faut recourir que lorsque tous les moyens ont été épuisés.

Les précèptes à suivre pour le traitement des plaies des articulations des pieds et des orteils sont lès mêmes que ceux que nous avons indiqués pour celles de la main et des doigts.

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