‹ Clinique chirurgicale (volume 4)Chapitre 41 sur 70 · DES O · texte numérisé non relu

DES O

elle devient toujours plus ou moins nuisible. Elle est inutile, parce qu'on maitrise très-bien et à volonté la puissance des muscles par la compression uniforme et circulaire que nous leur opposons au moyen des compresses et du bandage à dix-huit chefs que nous plaçons sur le membre, sans au’ cune espèce d'atelles, en les fixant dans leurs rap-

ports respectifs à l’aide des autres pièces de l'ap-

pareil. Ce dernier effet ést principalement obtenu par les fanons , pièces formées de deux rouleaux de paille contenus dans une toile fortement tendue sous le membre fracturé, et qui lui sert de plancher élastique. Ces fanons, après avoir été courbés

excentriquement par le gonflement primitif du

membre, tendent toujours, par leur élasticité multiple, à reprendre la ligne droite, et rapprochent ainsi continuellément les fragmens osseux qui tendent au contraire à S'écarter les uns dés'autres, ce qui rend l'extension ‘permanente tout-à-fait inütile. Nous en parlerons éncore à l’article Frac- TURE DU COL DU FÉMUR. ya NE

Nous avons dit que, quelle que soit la nature de la fracture, l'appareil doit rester en place, et sans être renouvelé, jusqu’à l’époque de la soudure complète de l'os, et de l'entière cicatrisation des

plaies, s’il en existe. L'on ne doit pas $e mettre en

peine de ceque peuvent devenir lesfluides ou la matière purulente qui s’exhalent de ces plaies : en pri vant ces solutions de continuité du contact de air, par les couches plus ou moins épaisses du linge qui

426 | DES FRACTURES forme l'appareil, on les isole, d’une part, del’hu4 midité et des miasmes insalubres de l'atmosphère, etlon épargne, de l’autre, au blessé des pansemens douloureux répétés fréquemment d’apréstoutes les méthodes usitées, Onprévientainsile frottementdes fragmens osseux, causé parles mouyemens impri: més au membre dans chaque pansement, l'irritation locale, lérysipèle des tégumens, l'inflammation plus ou moins profonde des parties molles ;-celle des membranes osseuses, la dénudation des os, leur carie et leur nécrose, enfin tous les accidens qui peuventporterletroubledanslesorganesintérieurs, L'action tonique et répercussive des substances spiritueuses camphrées et albumineuses dont les compresses de l’appareïl sont imbibées, fluidifie les liquides épaissis et extrayasés, les, fait rentrer dans les voies de la circulation, et de concert avec la compression mécanique, ranime l’action des vaisseaux affaiblis, et opère de proche en proche une résolution totale; aussi la suppuration est presque nulle, car Pr pen Po des organes lésés est en quelque sorte avortée. Les fluides, qui se sont d abord épanchés de ces plaies dansi l'appare, et que «la pression circulaire et uniforme de celui-ci a fait exprimer au dehors, se: répandent entre les premières compresses et la périphérie du membre; une partie pénètre dans l'appareil, s’é: vapore, et leurs molécules les plus épaisses, se concrétent et forment une écorce croüteuse qui se dessèche toujours de plus en plus. Par ce travail

DES 08. 27 combiné d’exsudation et de résolution, le membre blessé se dégorge; les vaisseaux rompus des os et des parties molles se rapprochent et s’anastomo®

sent en tous sens, pour produire la soudure etla

cicatrice qu'ontrouveen effetformées au cinquante

cinquième, soixantième , soixante - dixième et

soixante-quinzième jour, selon l'è âge des sujets et pi gravité des fractures.

Une expérience de plus de vingt années m'a confirmé les avantages de cette sééhode) connue de l'Institut et de l’Académie royale de Médecine *.

1 J'ai lieu de croire que cette méthode était usitée chez les anciens peuples de l'Orient, car les Egyptiens d'aujourd'hui! A après avoir pansé une ie récente avec des bandelettes, en duités de baume de la Mecque , ne lèvent leur appareil qu'à l’époque où 11s croient cette plaie entièrement cicatrisée. Les

anciens Egyptiens suivaient sans doute le même pr océdé pour

les: fractures des membres; j'ai vu en effet sur Ta jambe ‘del’une des momies que nous avons dépouillées, Les tracés d’une fracture complète, réduite avec une telle perfection, qu'il y a à peine difformité. Ce fait prouve encore que la. chirurgie était portée chez ce peuple antique au même degré de perfection que les autres arts utiles. AMEL E à : Les Grees aiciens et modernes $e servaient et se servent encore , pour la réduction des fractures des membres, d’uné espèce de mastie composé de chaux de coquillage , de blanc d’Espagne, de blanc d’œuf, d'huile et-de beurre fondu ; dans Le pe on fait entrer du chanyre ou du poil de Jièvre. Après avoir mis les pièces fracturées en rapport ' ils recouvrent tout le membre aveé ce mastic FACUL lequel en se desséchant fixe les os rapprochés jusqu’à parfaite consolidation. Onle détache alors sous l’action d’un bain de ‘vapeur. On retrouve dans

ui)

428 DES FRACTURES , Néanmoins ce procédé nouveau exige quelques modifications, selon le membre fracturé pour le: quel il faut le mettre en usage, et c’est pour cette raison que nous allons retracer rapidement les principaux caractères des fractures qui Surviennent aux quatre membres , ainsi que les modifica” tions que nous avons fait éprouver à notre appareil, selon la conformation de chacun d’eux.

Les ‘fractures du bras sont assez communes et peuvent être l'effet d'une cause mécanique extérieure , ou le résultat de l’action brusque et violente de la contraction musculaire. L'on connaïîtun assez grand nombre: d'exemples de ces dernières fractures survenues à l’humérus. Nous nous rappelons avoir donné nos soins à madame de L...., âgée d'environ 45 ans, qui, en descendant d’une voiture ».S était fracturé l’'humérus à son extrémité supérieure , immédiatement au-dessous des attaches destendons des muscles grand dorsal et grand pectoral. L'accident avait eu lieu dans un moment où, le marche-pied s'étant rompu sous ses pieds , cette dame, d’un embonpoint considérable » était restée suspendue par la main à la poignée de la portière. | | 45 fait

Nous connaissons encore un autre exemple de fracture causée! par l’action musculaire. Cette s0lütion de continuité arriva, dans la partie moyenne de l'humérus, chez un jeune militaire qui, en: cetteméthode l’inamovibilité de notre appareil, (Voyez Pouqueville ; Voyage en Grèce.) Lou |

DES O8. " 429 s’exerçant avec l'un de ses camarades à se reñverser le poignet, les coudes étant appuyés sur. une table , se rompit le bras dans un des efforts violens qu'il si pour triompher de son adversaire.

Quelle que soit d’ailleurs la cause de ces fractures, le procédé le plus propre à leur réunion est celui

où l'on peut conserver le bras dans une immobilité parfaite. Pour parvenir à ce but nous nous servons avec avantage d'un bandage de corps muni d'un coussin garni d'étoupes, de forme triangulaire, et assez épais pour recevoir le bras lorsqu'il est couvert de son appareil : celui-ci; se compose de compresses carrées , d’un bandage à plusieurs chefs, d’une gouttière de carton qu'on place à la surface postérieure, et de deux trèspetits fanons, pour former un plan uniforme au membre et conserver sa rectitude. Son application doit être précédée de celle d'un, bandage aux doigts, à la main et à tout l'avant-bras, afin de prévenir le gonflement de ces parties. La fracture réduite et l'appareil appliqué, on pose le bras sur le coussin, de manière que le coude soit au niveau de la base du petit matelas , et que le membre soit dans une ligne parfaitement droite. [’avant-bras et la main dre: seuls être fléchis et élevés sur la

poitrine, et maintenus dans cette situation au

moyen d'une large écharpe qui embrasse tout le buste du sujet.

Pour les fractures de lavant-bras ,. A, compresses et le bandage sont disposés de la même

43 DES FRAOTURES

| manière; mais On ajoute de plus à cet appareil ,

lorsqu'il est appliqué, deux pétits rouleaux de paille soutenus dans une toile, sur laquelle porte l’avant-bras. Ces fanons agissent sur les deux lignes latérales qui correspondent à l'intervalle dés deux 65, qu'on a soin de protéger de leur contact

au moÿen de compresses longuettes et de deux

petits paillassons de balle d'avoine. La main doit être mise dans un état de demi-flexion , et l'avant: bras sur un oreiller lorsque le sujet est couché, où posé dans une écharpe lorsqu'il est debout; tar rien n'empêche ceux qui sont atteints de fractures aux membres supérieurs de se livrer à la marche. Nos soldats suivaient ainsi tous les mouvemens de l'armée.

Dans le nombre de fractures complètes et compliquées de l’avant-bras, que nous avons traitées d'après cette nouvelle méthode, je rapporterai lé précis de l'observation remarquable que nous a fournie un sergent-major du 3" régiment de Ja garde, Broban (Jean-Marie), âgé de 36 à 3 ans. Ce sous-officier entra à l'hôpital en novembre 1827, pour y être traité d’une plaie profonde à Pavantbras droitavec division complète et fracas des deux os de ce membre, résultat d'un coup de sabre

(briquet, dont le poids 'est d'environ trois livres*

et demie ), qu'il venait de recevoir de la main d’un adversaire fort et robuste.

En effet, à notre visite, qui eut lieu peu d’héures après l'entrée de cemilitaire à l'hôpital, nous trou

: TE hu 4 lé et, à À TRE + (A A Le Li char (ee * "À.

bed 68 4i vâmés, à la partie moyenne ct extéthé bu dorsale dé l’avant-bras, une plaie qui divisait transversalement, dü bord radial au bord cubital, avec les | téguimens, lés rameaux du nerf cubital, toute l'épaisseur des trousseaux charnus des fauséles ex- 7. de tenseurs dé la main et des doigts, j jusqu aux deux "ASE L. os qui étaient coupés dans toute leur épaisseur, Li Eyes =. avec éclats aux quatre fragmens. Le tranchant de à l'instrument, bien qu'il ne fut pas très-acéré , avait encore éntamé assez profondément la face interne du muscle fléchisseur commun et profond des xl doigts. Les artères radiale et cubitale avaient ce- ue pendant échappé à l'action de l'instrument; mais à üne hémorragie , fournie par les artèrés interosseuses, et qui s'était manifestée à l'instant du coup, avait considérablement affaibli le blessé. L'extrémité de l’avant-bras et la main étaient rénversées et comme séparées du reste du membre. Assurément cette solution de continuité indiquait la séparation où la section totale de cetté extrémité : ainsi le pensaient un assez grand nombre de st qui assistaient à notre Yisite (c'était un jour de clinique ). Malgré leur jugement et la gravi ité de la blessure, je voulus essaÿer l'emploi de môn appareil inamovible, et après lavoir fait préparér, je procédai au pansement. Nous exerçcämes d’abord uné compréssion

méthodique sur les doigts, la main ét le poignet ; puis nous débridâmes cette plaie transversale, haut et bas, et dans une assez grande étendue;

LR 432 DES FRACTURES

pour x ne point laisser des brides dans la portion coupée et déchirée de l'aponévrose antibrachiale. Nous réséquames ensuite deux pointes osseuses que présentaient les deux fragmens du cubitus, et nous fimes l'extraction de plusieurs esquilles des deux fragmens du radius. Enfin nous fegsines avec la kyur incisive , les quatre fragmens anguleux des deux os, pour pouvoir les mettre en contact. Au moment de la réduction, la portion supérieure de la masse charnue de l’extenseur commun des doigts étant écartée de l’inférieure, je les rapprochai et les maintins réunies à l’aide de deux anses de fil, que je passai perpendiculairement, avec mes aisuilles rondes, fines et courbes, . dans l'épaisseur de ces deux trousseaux charnus; les fragmens des deux os furent mis dans un rapport mutuel, les bords de la plaie rapprochés et fixés en contact par des bandelettes agolutinatives croisées dans tous les sens. Un aide habile soutenait la main et l’avant-bras immobiles et dans une demi-flexion; un linge fenêtré, enduit d’une couche d'onguent balsamique, couvrait toute la coupure; des g sateaux de charpie furent appliqués par-dessus ; des compresses, imbibées de la liqueur tonique sédative dont nous avons parlé, et un bandage à plusieurs chefs terminèrent le pansement. Ce premier appareil et le membre lui-même furent protégés et soutenus par deux petits fanons de paille sous-tendus dans une toile appropriée (drap fanon), et fixés en rapport par des liens. Tout

1 L L 44 … el |

| Li DES OS. 433 l'avant-bras fut suspendu dans une ie écharpe. Enfin nous prescrivimes le régime. indiqué en pareil cas. ls. bextsé ,

De légers orages din survenus di deuxième au troisième jour, nous fimes faire uné saignée du bras, et l’on continua les boissons rafratc hit santes, ainsi que les potions anodines. Dès le cinquième jour, le blessé se trouva soulagé. et dans le meilleur état possible. Aucun accident notable ne s'est. offert pendant le traitement, et bien que la suppuration se. manifestät par-dessous. l’appareil, il ne fut levé que le quarante-cinquièmé jour. Nous trouvâmes les angles dela plaie cicas trisés, le centre garni de Lonastals charnus , et nééaué points Fi os fracturés dans un commencement de soudure. Cependant, après Avoir COUPÉ les deux anses de fil qui avaient réuni. les trousseaux charnus , nous, apphquames un nouvel appareil contentif, et nous remimes Tavant:bras dans le même état de flexion. Nous: laissämes encore ce deuxième Appareil en place une vingtaine de jours. A cette époque, la cicatrice, à l'exception de deux petits trous fistuleux se trouva-ter-

-minée,-et la soudure des. os nous parut être trèsavancée. Il se fit néanmoins, par ces-petites. ouvertures fistuleuses, une exfoliation. de plusieurs petites esquilles. Enfin après le quatrième mois , la cicatrice des parties molles et la soudure des. 0S furent epaplétes. L'avant- bras, avec une légère déviation vers Le bord radial, né e environ quatre EH, 28

LU lignes de moboutéislhone ete dépréssion ‘un peu profonde au lieu de la cicatrice. Ce militaire a conservé les mouvemens de flexion à tous sés doigts; il n'éprouve de la gêne que dans l’exten-

sion de la main. Ce sujet à été PINS Xl Sous

de Chirurgie en maï 1828.

L'une des fractures les plus graves ‘et Lis plus difficiles aréduire, dont les extrémités inférieures puissent être atteintes , est la fracture du col du

fémur. Comme elle exige une attention spéciale $.

elle sera traitée à la fin de cet article. Pour les fractures. obliques où transversales du corps du même os, l'appareil sera composé dés mêmes pièces et doit être appliqué avec le même soin. Les machines ‘à: extension permanente sont parfaite. ment inutiles pour ce ee de fractures, et hi vent étre nuisibles. |

: Dans les fractures dé la rotüle, quelle qué soit la direction qu’elles affectent, ‘il y a toujours un écartement plus ou moins considérable des’ frag-

mens, causé par l'action musculaire qui-eñtraäthe

le frapihént supérieur sur la partie antérieuré de

la éuisse: C'est cet écartemént qui rend si difficile

- le maintien én rapport des pièces fräctitrées ; “et c'est à ce même obstacle qu'est due sans douté Tél pinion:que la soudure de cetos n'avait lieu qué pe l'interposition d'une substance Cartilagineuse ; ce qui est tné'érfeur : il ne peut ée formér éntrétés deux pièces fracturées aucune ‘substanéé + term dire, puisqué leur réunion ne se fdt qu'a

RÉ Ana But ME à MA | RS tb cn 488 moyén de la communication des vaisseaux propres à chaque fragment, et qui sont ici d'autant plus faciles à se développer que cet os est très-spongieux. Aussi quand on a maintenu les pièces fraci turées dans un contact immédiat, à l'aide d'um appareil convenable, à, peine trouve-t-on::aû dehors une trace visible de la fracture. L'appareil que nous décrirons pour les fractures du col du fémur convient également pour celles de la rotule y cn y joignant de plus des <ompresses gradüées qu'on place au-dessus et au-dessous des frigmens; et qu'on fixe rapprochées au moyen .des:bandes lettes croisées du. bandage. unissant. des plaies transversales des membres. Il importeréi Surtout de maintenir la jambe dans une-extension ét ine rectitude parfaites, et, de placer toute l'extrémité sur un plau incliné dont la base doit répondre au: talon. Nous avons plusieurs exemples de, fractures transversales ou en rayons.de cetos; stivies:d’une: soudure exacte telle qu’elle est indiquée ci-dessus: Nous possédons aussi plusieurs: rotules d'individus! morts d'autres maladies. où la réunion::des pièces! présente delle -praptiluelé. ess nus nero dal

Pour les fractures dela jambe, ilsuffit seulementt que les fanons, s'étendent; de, la ‘plante-du pied! au-dessus du genou, et qu'on ait l'attention ide! remplir le vide qui se trouve-entre, le mollef efle

talon ; j par un coussin composé d’étoupe-oude balle d'avoine, d'une forme pyramidalé,, et:assez | épais pour que le talon ne touche point le plan

élastique du drap fanon ; on évite par là l'entarure et lulcération de cette partie, et l'on conserve PRES mieux la rectitude du membre.

Parmi les observations que nous avons recueil. La surles‘fractures compliquées des jambes, nous. nous contenterons de rapporter le précis de celle d’un:maréchal-des-logis: des lanciers de la gardé, na Lefébvre (Honoré-Vabie), lequel fut apporté à à l'hôpital dans les premiers jours de janvier 1820; pour une ‘fracture comminutive à la jambe ‘gauche, survenué dans une chute qu'il avait :faite de son cheval ; en traversant rapidement la:place du Carrousel. Dans cette chute, les pieds du cheval’ ayant manqué tous à la fois, l'animal fut renversé sûr son côté gauche, et le: pied du ‘cavalier fut saisi et luxé entre sés côtes et le pavé. La jambe, sur le sommet de laquelle tout le poids: du lancier s "était porté, se rompit au même instant, d’où sont résultés le renversement dir fragment supérieur du tibia, une déchirure considérable de la peau qui recouvre la malléole, et Ja sail. lie de-cet os dans l'étendue d'environ deux ! pouces. Fort heureusement que pendant la chute 1e CeE lier avait perdu ses étriers ; car le cheval, qui s'était relevé. brusquement pour prendre la fuite ; TOR entrainé, et il eût : immanquablement . péri AU |

2e Hndsiés recut les premiers secours au de:garde: du château , et il fut ensuite envoyé à l'hôpital, où rie le vis pour la première fois à ma

DES OS. . 1.437 visite du lendemain à sept heures. La luxation du pied et la fracture avaient été imparfaitement réduites, et l’on avait mis le membre dans.un appareïl à fracture garni d’attelles et de bandages à bandeélettes. AA CE

À la levée de cet appareil, nous trouvames, le tibia frâcturé en rave dans l'épaisseur de la malléole et de maniere que le fragment supérieur faisait saillie à travers une plaie festonnée delapeau, que cet os avait produite, sans doute à l’instant.où le cavalier avait été renversésur sa jambe fracturée, encore retenue sous le corps du cheval ; le péroné était brisé en trois ou quatre fragmens, et le pied était complètement renversé en dedans; l’astragale surtout faisait une saillie NÉ de la AAIe externe.

Tel était l'état de cette blessure extrétienient , dobsis Jai balancé quelques instans sur le parti que j'avais à prendre. Tout me para indiquer l'amputation du membre, et j'étais d'autant plus disposé à la pratiquer immédiatement, que nous avions eu un insuccès dans un cas à peu près pareil, traité par lé pansement inamovible. À la vérité il s'était présenté, chez le sujet, des complications singulières et inattendues. Cependant, après nous être assuré que l'articulation du pied était intacte chez notre lancier, bien que les deux os fussent! fracturés. à la base des malléoles et qu'il y eut encore luxation du tarse, je conçus l'espérance de pouvoir conserver le membre à cé brave

438 DES FRÂCTURES

sous-officier. En conséquence, je pris le parti de | mettre cétte Jambé dans mon appareil à. fracture,

Je débridaï d’abord la plaie déchirée des tégumens, et mis ainsi à découvert toute la portion fracturée du übia ; il me fut facile ensuite de réduire: ÿ avec la luxation du pied, les fragmens déplacés des deux'os de la jambe. Un linge fenêtré, enduit d'ongüient styrax, fut posé sur la plaie, Ar Javais rapproché les bords; de la charpie molette, dés compresses et l'application de l'appareil terinèrent cette opération aussi. délicate que pénible , car il faut avoir une grnds habitude de ces, sortes dé pansemens pour prévenir les accidens qui résultent ordinairement de la pi légère impérféction et c'est à cette cause qu’on doit rap- POrter lés insucces. Ce blessé est resté soixante- -Un, jours dans le même ppt et sans qu'on Vait renouvelé une seule fois “. Nous avons été agréa= blément surpris, lorsque nous en avons débarrassé le cavalier, de trouver la plaie des parties molles

ayant primitivement environ trois pouces de longuéur, entièrement cicatrisée et la soudure des. ostrès-bién consolidée , avec unerectitude parfaite.

du membre. Nous Tavons vu depuis marchant sans:

# Pour énléver l’appareïl avec facilité, il faut retourner la jambe blessée et couper, sur sa ligne médiane postérieure, les

pièces de cet appareil, où elles ne sont que juxtaposées; ; ON déta=" che ensuite tout d’une pièce et d’arrière en avant'cetté espèce de carton, dans l’intérieur duquel on, trouve, les couches : crodieuses plus ou moins épaisses de la suppuration,

£ Lo +

DES 06. 439 béquilles. Ce sujet a été également présenté, à la même époque que Broban, à la Section de Chirurgle. | ‘ tout

Il est difficile d'établir des préceptes généraux pour les fractures des petits os de la main et du pied : c’est au génie du chirurgien à employer les appareils qu'il jugera les plus convenables et les plus propres à maintenir les pièces fracturées dans une coaptation et une immobilité parfaites.

Enfin, dans tous les cas possibles de fracture, il ne faut pas perdre de vue les effets sympathiques qu’elles peuvent produire sur les organes intérieurs du blessé. Pour les prévenir et les dissiper, il faut désemplir les vaisseaux s’il y a des signes de pléthore sanguine, et faire observer au malade un régime convenable.

DE LA. RUPTURE DU COL DU FÉMUR, SUIVIE DE QUELQUES RÉFLEXIONS SUR LA FORMATION PU CAL DANS LES FRACTURES EN GÉNÉRAL.

La fracture du col du fémur a lieu fréquemment chez les personnes qui ont franchi les premières périodes de la vie, et rarement avant l’époque où Possification est achevée; c’est à l’âge du retour, premier degré de la vieillesse, La densité que les os ont acquise à cette époque, et à plus forte raison dans les périodes plus avancées de la vie, l'état d'isolement ou de défaut de rapport, où se trouve le col du fémur, et sa direction oblique, donnent

4ho DÉ LA RUPTURE l'explicati on dela facilitéavec laquelle cette portion grêle de l'os de la cuisse doit se rompre.

En effet, si l’on considère, r° que le col du fémur diminue graduellement dans ses dimensions en augmentant de densité, à mesure que le sujet s'avance dans la vieillesse; |

2° Que ce fragment de cylindre osseux coupe obliquement, de sa base à la tête qui le termine, Taxe de la cuisse , à l'extrémité d’un long levier ;

3° Que cette portion du fémur est libre’et isolée dans l'intérieur du ligament capsulaire, tandis que Ja tête de l'os est fixée dans la cavité cotyloïde par un ligament peu élastique et très-fort ;

4” Enfin que cette éminence n’est protégée par aucun des muscles épais qui l'entourent, on concevra facilement que cette portion de l'os fémur se trouve dans toutes les conditions favorables (surtout dans l’âge avancé) pour être souvent fracturée par les causes mécaniques les plus légères.

En effet, supposons que ces causes agissent sur l'extrémité opposée du levier formé par cet os dans le sens de lobliquité de son col, et vers l'angle saillant de réunion que la base de cette éminence forme avec le grand trochanter; qu'arrivera-t-il? D'une part. une résistance invincible est opposée alors à la tête de l'os par la paroi externe et supérieure de la cavité cotyloïde, dont le rebord-trèsépais surpasse le niveau de cette éminence sphéroïde , et empêche la luxation de ce côté; d'une autre part, des efforts violens qui agissent!vers

Page 1