‹ Clinique chirurgicale (volume 4)Chapitre 57 sur 70 · HIL · texte numérisé non relu

HIL

Vi98 ANPUTATIONS.

1° Le fraoment de lhumérus était afñinci et. ar- ‘rondi à son extrémité coupée, sa cavité médullaire ‘presque totalement oblitérée par le rapprochement de ses PARUS» et la petite ouverture qui s'était conservée à l'extrémité de cette cavité était bouchée par une mémbrane serrée qui AE le périoste: à 2° L’artère et la veine humérale, réunies à leurs “extrémités, étaient oblitérées dans quelques lignes de leur étendue ; | 3° Les deux cordons des nerfs médian et cutané externes étaient réunis bout à bout par leurs extrémités coupées , et formaient ensemble une anse nervéuse en ligne courbe. Une incision Jongitudi- nale pratiquée dans l'épaisseur de cette anse, dans ‘le point dé la cicatrice, ne laissa aperceyoir aucune ‘trace dé tissu cnrs intermédiaire : lasubstance des déux nerfs semblait se confondre ou S'identifier l’une avec l’autre, à l'instar des anastomoses naturelles, formées parallèlement par les côtés de certains cordons nerveux, ayant des destinations séparées et distinctes *. Avant d’avoir produit l'a-

1 La structure véritablement nerveuse de la cicatrice se trouve confirmée par une expérience de Meyer, imaginée PE près les procédés ie par Reil > pour constater là structure des nerfs. Cette expérience consiste à soumettre la cicatrice à l’action de l’acide nitrique étendu d’eau : l'acide détruitautbout d’un certain temps le névrilème ‘et met à nu la substance ner veuse , qui reste intacte. (7’oy., pour la réuniondes, nerfs du Lras, aplanche relative.)

| js ;

AMPUTATIONS. 499 nastomose dont nous parlons, les deux extrémités

deces nerfs s'étaient gonflées pour formér le tubercule arrondi dont'il a été fait mentiofi. Ces extrémités arrondies offrent dans leur aspect ‘une certaine ressemblance avec lés ganglions des nerfs dela: vie intérieure, : 151% NON (8 nt Les deuxautres cordons du plexus brachial qui se rendent à la partie ‘postérieure du Bras et de l'avant-bras, formaient une anse analogue à celle des deux nerfs antérieurs; mais elle a été coupée par mégarde dans la dissection. |:

Je laisse aux physiologistes à rechercher quelle cause sa pu déterminer la convergence des éxtrémités des deux nerfs l'une vers l’autre, de mañière à ce qu'ellesse soient trouvées dans un parallélisme propre à favoriser leur adhésion mutuelle. Il'est à remarquer que la plaie du moignon chez ‘nôtre

amputé m'avait pas été réunie par première inten=.

tion; on me permettra cependant, et-par anticipa-

PAR NE PES al sata ecrit tion, d'émettre quelques ‘idées. particulières à ce see Gp : ses oté rue rot

En réunissant ainsi bout à bout les branches iso-

lées des conducteurs nerveux , lorsqu'ils ont été

coupés dans Pamputation d’un membre, nous pensons que la nature a voulu prévenir la perte du fluide nerveux que-chacun de ces nerfs transportait dans les différentes parties qui le COMposaient, et faire disparaître du souvenir du sujet mutilé les sensations qu’il croit toujours recevoir des extrémités des branches nerveuses coupées, si

wi ro

Un 28 AMPUTATIONS.

bientôt; après. la cicatrisation: du moignon ces. branches ne se réunissaient pas intimement pour confondre: et: ramener vers le centre nerveux l’éxcès d'électricité animale; car il est probable que ce. fluide, peut, à: l'aide de, ces anastomosës:: ‘nouvelles, onduler ou circuler de lune des brariches de ces nerfs dans celle qui lui est continue ,'ét remonter ainsi de chaque côté jusqu’au point: de sa première: ‘source. L électricité métallique! : nous offre ce phénomène lorsqu’ on la dirige: vers deux fils de fer, lesquels, après avoir Gchrré un demicercle, perpendiculaire, remontent: par: Les deux extrémités vers leur premier pa de: Ma où ils ont.pris, l’'é slectricité. + SUB EPA PAM Depuis. cette découverte, nous avons !eul’occasion. de trouver encore cette adhérence nerveuse chez, deux amputés du bras à l’épaule.‘Le plexus brachial du Pepe détaché: de ses. ps nes philomathique le. 7 janvier hab. Die que l'an putation n’eût été faite chez ce sujet que depuis trois mois, les PHACIDARX cordons du nerf: de ce plexus, étaient déjà réunis bout à bout. #5 +1 Le deuxième es de dont la pièce anatomique a été présentée à l'Académie royale de Médecine le 28 décembre. 1826, avait subi Lopération: au Com mencement de Ja même année. Ce sRjéE nous à

1 Foyez le Nouveau bulletin de la Société phéndlhiué, s février 1820, et la figure insérée dans ce numéro.

AMPUTATIONS, à Sor.

présenté cette adhérence nerveuse à un degré bien plus parfait que chez le précédent. Elle «est, telle que les branches qui se détachent du plexus brachial sont complètement réunies une à‘üne et bont à bout, en formant autant de petites ansés distinctesettuberculeuses: Ainsi nous pensons que le nerf médian est réuni avec le cubital, le radial avec le musculo- cutané , et le cutané interne avec le circonflexe ou axillaire. Ars)

Tous ces cordons nerveux se sont d’ abiéal tin fiésàaleurs extrémités coupées; pour formeruneéminencearrondie dontnous avons parlé dansplusieurs articles de nos Mémoires. Il serait difficile de deviner l'intention de la nature dans la composition de cette adhérence nerveuse, quiparait devoir se faire, constamment danse moignon des membres tronqués chez tousles sujets qui ont subi l'amputation. De ces adhérences, ou'plutôt de ces tubercules qui, sont au centre des anses nerveuses , nous avons vu, ainsi que nous l'avons déjà dit, des filamens très-fins se détacher et se perdre dans l'épaisseur des parties molles qui forment la cicatrice du moignon. Il nous: à paru bien difficil s'il n’estmême impossible, de déterminer les | priétés de ces filamens; maisil est certain que toute la cicatrice jouit de la même sensibilité. ‘que: les autres parties du corps;:nous la croyons même plus développée là qué partout ailleurs: IL est alors probable que ces fils particuliers, qu’on peut comparer aux racines filiformes du poireau , séputil

boi . AMPUTATIORS!

sent l'électricité animale dans tous les points € de Et obatrice :: à l'instar dés nouvelles ar térioles qui naissent du tronc où des branchés déce système de vaisseaux coupés dans lamputation. L’existéncé de ces artères nouvelles ne peut être contestée, car les injections fines de Ruisch, de Hallér, de Hun: ter, de Prochaska , de Sceristèts ing et de plusieurs autres grands anatomistés, k démontrent cOmples tement.

Maintenant que nous avons tracé les pi Îles règles à suivre pour le mode d'opération et de pansement, nous indiquerons les prinéipaux Cas qui exigent lamputation ; et l'époque ‘où ‘il con: vient de la faire par rapport à invasion de la ia * ladie qui la commande. | … On peut distinguer les cas qui still partiel tation d’un membre en primitifs et en corisécutifs, ou mieux en maladies aiguës primitives et en. maladies chroniques. Cellés della première classe sont ordinairement le résultat: d'unñé action produite par les armes à feu où d'aûtres corps contondans , ou par des armestblanches.

F" Cas.=Lorsque l’une de ces premières causes à détruit la continuité d’un membre dans toüté son épaisseur, c'est assurément un Cas d'amputation : immédiate. Le pluslégérretard peu talors com promét: tre l'existence de l'individu, parce que les parties molles et'dures du pointde la solution de continuité ontordinairement éprouvé, par latause iécanique doit Jes.effets. s'étendent à des Dé 'plûs où

moins éloignées, une telle attrition etun.tel fracas que lengorgement, le tiraillement,, le spasme nerveux et l'inflammation se dira el promptement, quelquefois le tétanos traumatique, accident presque toujours funeste; ou bien le membre est frappé de stupeur, à laquelle la gangrène suc-

cède ordinairement, et la mort én est souvent le

résultat. Tels sont en général les effets du choc direct d’un gros projectile ou de tout autre corps contondant mis en action par une puissance trèsviolente, les machines à vapeur, par exemple , etc, L’amputation pratiquée immédiatement au-dessus du désordre, c’est-à-dire dans les parties saines du membre, prévient ces accidens graves, et est ordinairement suivie de succès. ; fe IL est possible aussi qu’une arme blanche, telle qu'un damas ou une hache, ait produit la coupe totale d'un membre; dans ce cas, si le sujet ne succombe plus ou moins promptement à l’'hémorragie primitive ou consécutive fournie par les vaisseaux rompus où coupés , quelle que soit d'ail: leurs en apparence l’uniformité de la division des parties, la plaie de ce moignon est toujours assez anguleuse, et il est rare que l'os, divisé par l'instrument vulnérant, nesoitpasaccompagné de fracture ou de fracas à son extrémité. Or ici l'opération chirurgicale est également indispensable , "parce que d’une part la cicatrice des parties se.ferait dif. ficilement et serait nécessairement accompagnée de difformité et d'un tiraillement profondiplus ou

boh AMPUTATIONS.

moins douloureux, et que d’une autre les portions

brisées de l'os etséparées du périoste doivent s'exfo-

lieretétreexpulséesau dehors par l’art ou la nature, ce qui suppose un travail spontané plus où moins long et plus ou moins pénible pour le sujet. Il est donc nécessaire et toujours urgent de pratiquer lamputation. Il est même rare que les sujets chez lesquels cette mutilation a lieu y survivent longtemps. Les accidens que nous avons signalés se déclarent , et la mort suit de près leur marche rapide. Aussi trouvait-on rarement surlechamp de bataille, avant la découverte des ambulances volantes, quelques-uns de ces cas, les sujets qui pouvaient les offrir ayant succombé, dans les premières heures, aux effets des hémorr es ou de la douleur tétanique.

AI Cas. — Lorsqu'un corps poussé par la poudre à à canon, ou tout autre corps contondant, a frappé un rneatsté de maniere que les os sont fracassés et les parties molles fortement contuses,

déchirées et profondément attrites, l’'amputation |

doit être pratiquée à l'instant même; sans cela toutes les parties désorganisées seraient bientôt attéintes par la gangrène : d’ailleurs les accidens que produit la gravité du premier cas surviennent promptement dans celui-ci.

IT®.Cas. — Le même projectile qui dote beauczup de parties molles et les principaux vaisseaux d'un membre, sans cependant fracturer les

08, Todrit “également d'opérer sur-le Champ

le blessé, car outre les accidens qui résulte-

raient d'une grande perte de substance , le membre qui se trouverait privé de vie tomberait nécessairement dans un état de sphacèle. Le plus lé-

ger retard compromettrait alors l'existence de l'individu , parce que si l’hémorrasie a été d’abord > q 5

suspendue par l'attrition’et la restriction des bouts des artères rompues, elle peut se reproduire d’un instant à l’autre, et faire promptement périr le

malade : nous en avons vu beaucoup d’ exemples.

IV" Cas. — Si un boulet, qui est à la fin de sa

course , ou qui a ricoché, vient à frapper oblique-

ment un membre, sans produire de solution de con:

tinuité à la peau, comme cela arrivesouvent, les parties qui résistent à son action, telles que les os, les muscles, les tendons, les aponévroses et les vaisseaux, peuvent se rompre et se déchirer. On examine l'étendue du désordre intérieur, et si l’on sent, à travers les parties molles, les os fracassés j sil’on soupçonne que les vaisseaux sont dilacérés,

ce qui se reconnait par le gonflement et une sorte de fluctuation , lamputation doit être faite immédiatement ”. Mais quelquefois les vaisseaux et les os ont été épargnés, et les muscles presque seuls ont été désorganisés. Alors on pratiquera une inci-

sion à la peau, suivant le conseil ge Lamartinière;

on donnera, par ce moyen, issue à du sang noi-

? C’est l'opinion du célèbre Percy, qui a elenelté réncon— tré ce cas. (/’oyez ses réponses au Conseil de Santé, insérées dans son excellent ouyrage sur la pyrotechnie.) 1

râtre épais, et l'on attendra les événemens. Gette incision est également nécessaire dans le prémiers cas, avant de pratiquer l'amputation, pour s assurer de l’étendue du désordre des parties. É

. C’est à un tél désordre, survenu aux organes ins térieurs, que l’on doit attribuer la mort de beaucoup d ihdévidyts ; qué l’on à crue pendant longtemps être l'effet de la commotion que produit l'air mis en mouvement par le boulet, lorsque celui-ci, effleurant les différentes parties de notre corps, les altère où coupe la colonne d’air qui doit servir à la respiration, à l'instant où elle s'introduit dans la poitrine * .

Quoique cette opinion ait été préconisée par des chirurgiens d’un grand nom. et par la plus grande partie des physiciens, on sé convaincra facilement de sa fausseté, si l’on considère attentivement , 1° la direction et la marche des corps solides et durs, et leurs rapports avec les fluides aériens qu’on leur fait traverser; 2° les désordres intérieurs qui s'observent dans les cadavres des personnes dont la mort est attribuée à l'impression seule de l'air, mis en mouvement par le boulet; 3° enfin les propriétés des substances élastiques, télles queles tégumens, le tissu SEURENEE ne touchées par le boulet. |

Tous les physiciens conviennént qu'un corps solide, mu dans un fluide, n’agit que sur une co-

À Voyez le Traité dés plaies d'armes à feu, par Ravaton: « 3 “À

re:

| AMPUTATIONSE Sos - Jlonne de ce fluide, dont la base éët à peu près égale à la surface que ce corps solide présente *, à. Ainsi, un boulet de canon, parcourant un espace égal à son diamètre, ne peut: déplacer qu'une portion d'air dans le‘rapport de trois À deux , COM: paréau volume du boulet. Ce fluide, à raison dé sa;divisibilité et de son homogénéité avec l'air ambiant, se divise , s’écarte en tous sens; et se Cone fond avec la masse totale de l'atmosphère. Les eflets'de cette substance acriforme sont nuls , eton ne peut établir 1e moindre doute que, s’il arrive 14 plus légère solution de continuité dans nos parties, elle: ne dépende de Paction immédiate du boulet. : Si l'on considère en outre la vitésse de la marché de: ce corps, qu'on sait diminuer en raison inverse des carrés des distances, on verra que l’espace qué le boulet à parcouru, avant de toucher le but vers lequel il est dirigé, aura déjà béaucoup affaibli Ja vitesse du projectile, ét à plüs forte raison détruit en totalité celle de la éolonne d'air qui lé devance. | hé du Les physiciens qui soutiennent l'opinion que jè combats s'étayent d’une expérience particulière, de laquelle je vais donner une idée succincte. ïls lant cent, à l’aide d'un fusil à vent, une balle dang üné » masse deterre argileuse, molle, et poséé sur uné planche de sapin fixée isolément dans ün plan vertical , aux deux tiers de la course du projectile. ALL € oyez le Mémoire de Levacher, inséré dans ceux de l'Académie de Chirurgie, : "à ge di mt : TA #

boë AMPUTATIONS.

‘Au lieu d’un trou d’un calibre égal à la balle ;'ilse creuse dans cette terre molle'un cratère d’un diamètre deux ou trois fois plus grand, et d’une forme ovale, que les physiciens rapportent à leffet de l’air entrainé par la balle, et dont elle se dé-

pouille :à l'instant où elle traverse cette mass,

en sorte que les molécules de cette pâte sont écar-

tées en tous sens et laissent une te 10

tive.

Mais n'est-il pas plus roballét que ce Sais mèêne est plutôt dù à l’obliquité que là balle éprouve, dans les deux lignes qu'elle: parcourt; pour entrer.dans cette substance molle et non élastique , et pour en sortir? car, dans le premier càs, la balle a commencé sa parabole, et à son retour le nouveau mouvement que lui imprime le plateau, par sa résistance et son élasticité, écarte ce corps de sa première ligne, et lui fait suivre un chemin différent. : c'est à ces deux angles, plus ou moins ouverts, d'incidence et de réflexion, qu'est dû, selon moi, l’écartement des molécules de la terre argileuse, augmenté par la saillie instantanée que fait sur elle, en raison de son élasticité, les point de la ane de qui a été frappé par la bälle;ét ces molécules argileuses et molles s’affaissent encore d'autant plus facilement qu us sont privées de la propriété élastique. | …… Les différens mouvemens que le boulet éprouve dans sa course, et l’élasticité de la peau, vontnous

faire expliquer maintenant comment surviérinent “. vd

AMPÜTATIONS. EU NESE les désordres intérieurs ; sans solution de continuité extérieure, et souvent même sans: ‘ecchy- mose. Le boulet se meut dans un espace dotiné par un mouvement rectiligne que lui imprime la puissance qui l'a lancé. Si, dans cet instant, ainsi que nous l’avons déjà dit, ilrencontrait quelqu’ane de nos. parties, il la couperait ou l’emporteraït dans une étendue -proportionnée à la masse avec Jaquelle il aurait frappé ; mais le boulet; après avoir parcouru une certaine distance, ‘éprouve, par la résistance de l'air et l'attraction de la terre, ‘un mouvement décomposé qui le fait tourner'sur son axe, dans le sens de ladiagonale. re Lorsqu'il touche à la fin de sa course, s'ilvient à rencontrer une partie de notre:corps de forme arrondie ; il la parcourt dans une grande étendue de sa circonférence par leffet de son mouvement curviligne ; c’est aussi de cette manière qu'agit la ‘xoue d’une voiture qui passe obliquement sur:la cuisse ou sur la jambe d’un individu étendu sur le sol: dans ce cas, les résultats sont les mêmes que ceux dont nous ayons parlé. Les parties. les plus - élastiques cèdent: à limpulsion'de ce corps con- tondant, et celles qui offrent de la résistance, telles que les os, des tendons, les muscles etiles aponévroses, se fracturent, se rompent etse déchirent. Par la même cause, il arrive quelquefois que les

.viscères sont HR diagérés rot + Au premier aspect, toutes les parties semblent sêwe dans l'état d'intégrité; mais des recherches

bio AMPOUTATIONS.

-attentives ne permettent pas lorig-temps de doùter du désordre intérieur. :L eechymosé , dans cette circonstance, ne peut se manifester à Ÿ te rieur, parce que'les vaisseaux de communication * de la peau avec les parties intérieurés ont été rompus, que l’épanchement sanguin’ se fait niatüirellement dans les excavations profondes, résül- ‘tant de la: ea des muscles ‘et des aütrés par- “es; et qu'il n’a pas le moÿen de pénétrer le tissu -de la peau. On ne peut reconnaître ces épanchemens que par le toucher. SIN | L'expérience vient à l'appui de ce raisonnemént. Combien de fois n’a-t-bn pas vu le boulet emporter impunément lé casque, le chapeau, la giberne, le sac du militaire; ou d'autres portions de ses vêtemens? Ce boulet emporte même son bras, collé ‘souvent sur'le corps de son camarade, sans’que celui-ci en éprouve le moindre mal; il passe entre ‘les cuisses d’un soldat, et ces membres présentent à peine des ecchymoses sur les points légèrement touchés, seul cas dans lequel elles se forment. Dans -d'autrés circonstances , il sépare le bras du tronc, etles fonctions dés organes de la poitrine peuvent eme pas être lésées. Smenker a vu un soldat dont le catogan fut emporté par un boulet de canon “aussi nettement que si on l'eût coupé avec des ci- ‘seaux. Cet homme, qui était tombé dans un ‘état de assoupissement comateux , fut traité par les sai- ‘gnées et les fomentations GORGE.) il recouvra la “parole et là connaissance au bout de quelques

, : AMPUTATIONS. brt jours, et güérit.enfin. (Zoyez la Bibliothèque de Chirurgie du Nord, par Richter, traduite par Rougemont, deuxième cahier.) Nous avons rapporté dans nos Campagnes , et dans plusieurs articles de ce travail, un grand nombre de faits. analogues que nous croyons inutile de reproduüre ici, : ! ?

Le balles produisent en petit, lorsqu'elles frappent obliquement nos parties, les effets qui résultent du choc incomplet du boulet: aussi Jeur contour dans l'épaisseur des rs est étonnant par ses variétés. |

Je reviens à mon objet. Je pense que le cas dont il s’agit exige l’amputation sur-le-chatp ; le plus léger retard compromet la-vie du blessé: On récon: naît, ai-jedit, le délabrement'intérieur du membre par le toucher, par le défaut de mouvement et le peu de sensibilité quis est conservée -dans les parties frappées, enfin pe l'incision 1 nous avons conseillée. | | AR

Pour appuyer lé principe que Javance contre l'opinion de beaucoup d'auteurs , je vais me pér« mettre une digression. Au siége dé Roses, en 1705, il me fut apporté, de la tacite x ambulance

que j'avais établie au village de Pälau, deux canonniers ayant à peu près le même genre de biés- ‘sure : ils avaient’ été frappés par ün boulet de ! gros calibre qui, à la fin dé $a course, leur avait rasé postér ieurement les deux épaules. Chez le premier, je reconnus une légère ecchymose à toute I ré- ‘gion postérienre ai tronc, sans solution’ de! conti-

bis AMPUTAMONSS à nuité apparente. Il respirait à peine et crachaituné grande quantité de sang vermeil et écumeux. Le

pouls était petit, intermittent, et les extrémités …

étaient froides. Enfin il mourut une heure après accident, comme je l'avais pronostiqué. Lei lendemain .je.fis l'ouverture de son cadavre en présence, de M. Dubois ; inspecteur des hôpitaux militaires de, l'armée des. Pyrénées-Orientales, qui m'éclaira. de ses l'imières pendañt une partie de ce siége. La peau écait intacte; les muscles, les aponévroses, les nerfs et les vaisseaux des épaules

étaient rompus.et déchirés; les omoplates fracas-

sées; les arophyses épineuses. des vertèbres correspondantes du dos et l'extrémité postérieure des: côtes voisines.fracturées;. la: moelle épinière était engorgée; le parenchyme des poumons dilacéré: xers les points correspondans, et il s'était fait un épanchement. considérable. dans les deux cavités: de la poitrine. Le second canonnier périt. des anêmes accidens,, trois quarts d'heure après son entrée à. dhÉpitAl À l'ouverture. du cadavre, on obserya intérieurement le. même. désordre que ‘chez le premier. . de Lu | 0 Aux armées: d’ Allemagne, plusieurs cas semblables se sont. offerts à mon.observation.,, -et des recherches exactes m'ont constamment convaineu de l'action. immédiate. du corps orbe, PRRsSS par Ja BRoudTSs à canon. con fé NÉE V® Cas..— Lorsqu'un | échtd cho un b. iscaien ou. une balle ont fraca assé les. textrémités;artieut-

AMPUTATIONS. 613 Jaires surtout celles qui forment articulation du pied ou du genou, et que les ligamens qui affermissent cette articulation ont été arrachés ou rompus , l’amputation immédiate devient indispensable. Ta même indication se présenterait, si le corps étranger s'était perdu dans l'épaisseur d’une des extrémités articulaires, de manière à ne pouvoir en être extrait par les brise simples et ordinaires.

C'est par ce moyen seulement qu’on évitera aux

malades les douleurs vives qui suivent constamment le fracas des grandes articulations, le spasme, les convulsions violentes, la fièvre aiguë, la tension considérable, et l’inflammation “à tout le membre : mais si l’on n’écoute pas la voix de l’expérience, et qu'on éloigne l'instant de l'amputation , les parties ne tardent pas à se désorganiser , et la vie du blessé est compromise.

Ilest donc évident que, dans ces cas, ’amputation doit être pratiquée dans les douze ou premières vingt-quatre heures au plus, si l’on ne veutvoirpérir le malade des accidens consécutifs. Faure lui-même professait cette opinion pour quelques genres de blessures. Nous avons déjà eu l’occasion de retracer la plupart de ces préceptes à l’article des PLAIES DES ARTICULATIONS. |

Sans vouloir reprendre la question, que nous avons traitée dans nos Curnpagnes, sur le temps où T amputation doit être pratiquée, nous pouvons néanmoins affirmer, contre l'opinion de Fauro,

lu, 39

Br4 * AMPUTATIONS:

par, conséquent contre. celle généralement neeue par ses. contemporains ei l’ancienne Académie de

Chirurgie, qu'elle. doit être faite. sur-le-champ,;

c'est-à-dire dans les premières vingt-quatre heures au plus tard, non-seulement pourles cas que nous venons de re ah mais.même pour tous ceux des maladies aiguës dans lesquelles on a bien rex connu l'impossibilité de conserver. le.membre. (7 oyez,dansmes Mésnotres et Campagnes, tome I, les détails circonstanciés de ma réponse à cette question, que nous croyons mi: résolue par l a ue. .) / Enfin l'expérience , Lo avec: ma déni a démontré aux chirurgiens de terre et de mer que les accidens primitifs, tels que la commotion;:la stupeur, le tétanos, les hémorragies , ete. (suites des coups de feu qui doivent entrainer la perte des membres), sont plus à redouter que ceux'de l'amputation faite sur-le-champ. D'ailleurs.il est

facile de remédier aux accidens qui peuvent résul-

ter de l'opération, ainsi que nous avons eu soin de l'indiquer à l’article du PANSEMENT DE LA PLAIE DU MEMBRE -AMPUTÉ. Sur. un très-grand nombre. de blessés auxquels on pratiqua l'amputation dans les premières vingt-quatre heures, lors du terrible et mémorable combat naval du 13-praiialanut (1% juin 1794), il n'en périt que très-peu , «parce que les opérations furent faites immédiatement après le combat, Ces faits m’ont.été attestés par plusiears de mes confrères, .et notamment par

AMPUTATIONS. ab M. Fercoc, chirurgien-major du vaisseau le Jerm- CPL AOEPRDONMR GTI QE PONT ONNESS CR CFO ANR ENENA Mape. Je joins ici l'extrait de sa lettre.

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