FF
obs servation, je n ’eusse pas eu la har diesse de plonger profondément 1 le bistouri dans l'épaisseur. des parties, pour en éxtraire le corps étranger,; les ACcide ens que. sa prép nee sur les paires cervicales aurait acasionés seraient allés en augmentant jus- HAN totale de la vie.
ve OPserpators 7 A la bataille #6) Dr ui L
- Jai
JE
(Wa Ca
légérement échancré. Le trajet Reed se > continuer enguite sous Ja trachée- artère ,;r Vers la Poiing à où le “proicetile s s était, HTSDUE Ce blessé était
152 MALADIES DE LA TÔT ET DU COv.
tourmenté par une Houlens Compressive continuelle, avec difficulté de respirer; il y. avait : rougeur constante à la face, ct engorgement dans toutes les parties du cou : LE déglutition des alimens solides était impossible ; celle des liquides ‘ laborieuse et pénible.
‘Nous n ‘avons pu, à l'aide de la sonde, ni par aucun moyen , réconnaître le véritable siége de la balle. Le malade lindiquait toujours vers le cartilige cricoide, ét il croyait même Ja sentir, en prenant Certaines attitudes; cependant mes recherches de ce côté furent FE Alors, pour bien éxplorér! tous les points du larynx correspondant à à la plaie, je pris le parti, malgré le voisinage des bran- ‘ches dè l'artère thyroïdienne, de la débrider haut et bas; ce débridément ne me procura non plus ‘aucun avantage, il ne me fut: pas possible de dé- ( ‘couvrir le cor ps étranger. Je ne pouvais néänmoins imaginer qu'il fût: établi dans la cavité propre du RG le malade aurait éprouvé des accidens plus graves , et qui seraient devenus funestes ; 5. il n ‘avait pe pérdu la parole, et n'avait ressenti aucun symptôme dé Suffocation. Tout me por tar lutôt à croire que’ LE balle s'était arrêtée derrière 0e trachéé-ar- ‘ère, et dans lé point postérieur de sa bifurcation. “ER éffér , Déu de; Jours apres, elle sé présenta au fond de là plaie, où nous fümes assez heureux de là saisir avec la pince et de l'extraire. Dès ce momént lé malède alla’ de mieux en mieux, et il : ne
tarda'pas à Sortir de l'hôpital parfaitement guéri.
VIIT* Observation. — Le nommé Jacques Brisnot, jeune tirailleur de la garde, blessé à la même époque, et à peu près de la même manière qué le sujet de l'observation précédente, faisait partie d'un petit département de blessés confiés aux soins de M. Émangard, l'un de nos chirurgiens-majors. Son état de suffocation indiquait le danger qui le menaçait ; la parole était totalement éteinte, et il était en proie aux angoisses de la mort. La respiration était presque nulle, et à peine sortait-il quelques bulles d’air, avec lenediy desang écumeux, par une plaie d'arme à feu qui se présentait au côté gauche du cou, entre le cartilage thyroïde et l'os hyoïde, qui avait été fracturé. Abe avait traversé là gorge, etelle était sortie derrière l'angle de la màchoire. Le malade avait perdu béaucoup de sang , æt il était dans un état de suffocation, à cause de celui qui remplissait la cavité du larynx, dont Ja soupape épiglottique avait été coupée, et le cartilage thyroïde échancré. Le chirurgien-maijor était trés-embarrassé, autant pour rétablir les fonctions ‘de la respiration , que pour faire sortir le sang ‘épanché dans le lar ynx; cependant, conduit par üñe idée fort heureuse, il imagina de couper ce cartilage thyroïde. Au même moment, l'air refoulé dans les Dches sortit avec force, et poussa au- ‘dévant de lui les caillats de sang qui remplissaient ce canal, et qui allaient faire LMsa het le malade. Les parties environnantes se dégorgèrent, la respi- ‘ration $e rétablit ét la vie du blessé ne fut plus
en: danger. Sa plaie se détergea, par. degrés des bords s'en rapprochèrent, et è malade, qui conserva seulement une légère aphonie, fut Fond à la guérison en très-peu de temps. 1 af, qui,
. Cette, observation prouve la nécessité de,d. nner une: libre issue aux matières retenues dans la cavité du larynx. Pourbienremplir l'indication! quis’offre dans les plaies contuses, de cet organe ; avec péné; tration et épanchement de fluides, ou présence de corps étrangers, il vaut mieux, selon laméthode. du célèbre chirurgien espagnol Virgili agrandirla plaie du côté de cette cavité, vers la trachée- “artère, autant que -les principaux vaisseaux. OL, nerfs ambians,, de permettent, que de faire une ouverture dans, l'un des points d'élection. de la laryngotomie OU. de la bronchntomie; il y aurait alors au larynx deux, Quyertures pour une, lesquelles pourraleuia AHITS aux fonctions de la respuation. tite
DES PLAIES DE L'OESOPHAGE: - er: ét aol
Fe drre-asr ; Nous. Cnam t quelques aies relatifs : aux lésions. de l'œsophage; mais ayant de giter ces faits, nous indiquerons en peu de mots les:signes.qui font reconnaitre ces lésions. Ce sont, 1°la direction et.la profondeur de la. plaie; 2° le sentiment de da chute te où du passage des liquides, qui sé fait par la plaie. de. Pœsophage, dans:la cavité droite ou gauche de la poitrine, ou dans le tissu cellulaire du
médiastin. Ce passage ;est accompagné de sensa-
MALADIES DE LA TÊTE Æf DD COUs 1)D tions relatives àila nature des liquides, de dyspnée avec oppression et d’une douleur vive dans: la, di-
reétion de: layplaie, qui se propage jusqu’à l'épigastre. Le: blessé estitourmenté par une soif ardente qu’ilne peut apaiser, parce que les liquides ne parvienient point dans l’estomac et qu'ils s'épanchent dans lelmédiastini et la poitrine ( ce qui prouve quele-siége de Ja: soif comme de la faim réside exclusiÿément dans.cet organe ). Des spasmes nerveux se déclarent, et le: malade. éprouve vers le point lésé intérieur une sorte de restriction: ou.de À ag is qui se fait sentir surtout au momént d’une déglutition: h | :J'airemarqué que dans toutes * lésiohs de l’'œsophage, ou plutôt dans celles des nerfs pneumo- | gastriques, i il se manifeste aussitôt une soif qui devient ardente. et, inextinguible. Il parait. que lirrirationimprimée à ces nerfs se propage rapidement jusqu'à leurs dernières’ branches. dans nd ARE où élle $e concentre. | 3° Ilest rare que le canal œsophagien soit blessé, sans que l'instrument vulnérant n'ait lésé le poumon, qu il doit nécessairement traverser pour arriwer À ce canal; en sorte .que.ces. plaies présentent des-variations, selon ces: ÉCRAN ét eur Situati oi respeétive. TS 14 SU Pl ? Lorsque. lon présume où que rÉh reconnaît l'existence de « ces plaies, il faut d’abord empêcher le: (blessé. de rien avaler, c'est-à- dire ne permettre la déglutition d'aucune substance liquide. OÙ. :60-
lide, afin de prévenir tout TT dans les cavités de la poitrine *. a 8 7.
On trompe la soif du blessé, comme ns les plaies des intestins, en lui fais fréquemment laver la bouche avec de l’eau acidule à la glace, en conservant en permanence sur la région de l’estomac des cataplasmes faits avec la farine de riz ow de pommes de terre ( substances qui conservent long-temps l'humidité), dans une forte décoction de pavots. On plonge fréquemment aussi le malade dans des bains émolliens presque froids, et l'on substitue aux liquides nutritifs, pris par la bouche, des lavemens de la même nature. Il ne faut point négliger les déplétions sanguines faites sur le tho-
* L’estomac peut supporter, sans de grands inconvéniens , l’abstinence , surtout des liquides, parce que la nature a de grandes ressources pour fournir à cet organe les fluides dont il a besoin pour empêcher l’irritation intérieure et le recollement de ses parois. Les sues gastriques sont. très-abondans chez tous les animaux , et surtout chez l’homme , et leur sé— crétion augmente dans quelques circonstances de la vie. J’ai vu des malades qui sont restés des sept, huit et neuf jours sans pouvoir avalér une seule goutte de liquide. (Voyez mon Mémoire sur la fémoro-coxalgie et celui sur les plaies de la vessie, l’observation de mademoiselle de Saint-M***, et -une deuxième d’un officier blessé à l'intestin et,à la vessie.)
Le chameau fournit une si grande quantité, d’eau. par le bonnet, qui est une portion de l'estomac, qu’elle lui sert de réservoir pour ses marches prolongées dans les déserts , et que les voyageurs éventrent quelquefois ces animaux précieux pour ramasser le liquide et étaricher leur soif: 2, oyez 1 ma à Re-
‘lation chirurgicale de l'armée d'Orient.) ° - LES) 528 |
rax et le plus près possible de la plaie. Les ventouses scarifiées remplissent parfaitement ce-but. On les répétera au besoin , et l’on y joindra, s’il le faut, la saignée générale.
Il suffit de trois ou quatre jours de ce régime sévère, pour que les plaies de l'œsophage se cicatrisent, surtout si elles sont faites par des instrumens piquans et tranchans. |
En effet, la cicatrisation des plaies del œsophage se fait d'autant plus promptement que la tunique musculeuse qui forme ce canal, composée de deux plans de fibres motrices, les unes longitudinales et les autres circulaires, coupant à angle droit les premières, se rétracte ou se contracte avec force, et tend à réduire son calibre dans tous les sens, en sorte qu'on peut espérer , à l’aide d’une diète rigoureuse et absolue, d'obtenir la cicatrice d’une plaie à l'œsophage, en moins de cinq à six jours.
Celles produites par des projectiles sont plus compliquées , et la cicatrisation en est plus longue et plus difficile; aussi la diète doit-elle être prolon- gée plus long-temps que dans le premier cas.
Au total, ces blessures sont d'autant plus fàcheuses qu’on ne peut se servir de la sonde œsophagienne pour conduire les liquides jusqu’à l’estomac, afin de préserver la plaie deleur passage dans la poitrine, attendu que, par son introduction, l'extrémité de cette sonde peut s'engager dans cette plaie et pénétrer dans le médiastin. Fort heureuse-
ment ces sortes de plaies sont extr émement rares.
Celle dont nous allons rapporter Fhistoire. est la
seule que nous ayons eu l’occasion d' observer dans une pratique de plus de trente ans. : 4 | ‘Un soldat suisse de la garde royale, Nicôlas D, fut apporté à l'hôpital, blessé d’un coup d'épée à la partie supérieure et droite de la poitrine. Cette
arme était entrée immédiatement dans cette cavité,
au-dessous de l’extrémité sternale de la clavicule , entre les cartilages dela première et de la deuxième côte. Ensuite elle traversa le sommet du poumon, en s'inclinant toujours vers le médiastin, oùvla pointe de l'instrument a rencontré l’'œsophage j qu'elle a traversé dans tout son diamètre latéral.
Cette plaie fut suivie dune hab «y sang ver-
- meil et écumeux et d’un emphyseme peu étendu
autour de la plaie extérieure, qui n'avait qu'un demi-travers de doigt de longueur. Le: malade éprouvait une douleur vive, profonde, une soif ardente, que la plus petite quantité d'eau versée dans la bouche faisait augmenter sensiblement. Cependant il ne cessait de demander à boire ; mais lorsqu'il avait l'eau dans la bouche, il n'osaitavaler, dans la crainte d'augmenter son nal, ainsi que
expérience l'en avait convaincu. En effet, la plus
légère déglutition était accompagnée d'un sentiment de strangulation que ce militaire disait éprouvér à l'entrée de la poitrine , vers le milieu dutsternum. Il ressentait aussi des douleurs déchirantes
MALADIES DE LA TÊTE Er DÉCO. 1b9 dans la région de l'estomac *, qui augmentaient sensiblement lorsqu'on exérçait la moïndre pres- Sion sur l’épigastre. Le pouls était petit, HIVEUX ét le froid s'était emparé des quatre membres.
La plaie paraissait se diriger obliquement de droîité à gäuche, en bas eten an! vers le médiastin. (Le blessé était fendu sur son ‘adverpr plus grand que lui , quand il reçut soi COUP
d'épée)
Après avoir débridé cette plaie, et aprés avoir appliqué à son pourtour plusieurs ventouses mouchetées, pour dissiper l'emphysème et ’ecchymosé, je réunis cette division au moyen de bandelettés agglutinatives; je terminai le pansement par l'application d’un appareil éontentif. J’avais déjà pronostiqué la lésion de lœsophage, et, dans l'intime persuasion que ce canal était ouvert, J'avais résolu de ne rien laisser avaler au blessé ; en sorte que nous prescrivimes la diète la plus absolue, de l’eau fraiche édulcorée avec le sirop de violettes pour laver fréquemment la bouche; une ou plusieurs saignées selon le besoin; lapplication de nouvelles ventouses mouchetées, si ellés étaient reconnues nécessaires ; des lavemens émolliens presque froids et un bain gélatineux à la température de vingt-cinq degrés, répété toutes les
1 Ces douleurs sont l’effet de la lésion des nerfs pneumogastriqués, qui ne peuvént être épargnés dans les plaies de l’œsophage , à moins qu’elles ne soient très-petités.
quatre heures; surtout défense expresse de ne rien laisser avaler au malade. LAET ?
IL éprouvait d’ailleurs de la répugnance, comme dans lhydrophobie, à avaler les liquides, parce qu'il séntait très-bien qu'ils ne passaient pas et qu'ils ne parvenaient point dans l'estomac; aussi il ne fut pas trés-difficile de faire observer cette : défense. D'ailleurs, j'espérais que l’eau pure que le malade avait déjà avalée depuis l'accident, bien qu'elle fût tombée sans doute dans la poitrine, aurait été promptement absorbée, comme les fluides qui forment certains empyèmes. (Nous rapporterons plus bas quelques observations d’hydrothorax absorbés. ) De tous les liquides injectés dans la poitrine des animaux vivans, l’eau a été celui dont l'absorption s'est faite le plus promptement.
Quoi qu'il en soit, le lendemain, à ma visite, le blessé était très-soulagé, et tous les symptômes | de l'irritation et du spasme nerveux s'étaient apaisés, sans doute sous l'influence d’une saignée du
bras et de plusieurs ventouses mouchetées qu’on avait appliquées pendant la nuit. Le pouls était un peu fébrile , mais plus développé, et la soif était beaucoup moins pénible.
Nous insistämes sur la diète sévere et sur l'usage des bains presque froids et des lavemens émolliens. Nous fimes poser encore sur les régions pectorales des ventouses scarifiées, avec la recommandation de plonger le blessé dans le bain immédiatemeni aprés. +
MALADIES DE LA TÊTE ET DU COU. | 161 0 Tous les accidens s'étaient sensiblement calmés il n’y avait presque plus d’oppression; la r'espira tion se faisait librement, et tout annonçait que l'eau pure qui avait pu s'épancher dans la poitrine avaït été absorbée. Les bords de la DO plaie extérieure étaient agglutinés.
Pendant les quatre premiers jours le mieux augmenta graduellement, et nous croyions être parvenus au moment où l’on pouvait permettre au malade d’avaler la même boisson qui lui avait servi jusqu'alors de gargarisme, mais avec la recommandation expresse de n’en faire usage que par cuillerées, tous les quarts d'heure seulement. Je fus témoin des premiers essais que fit le blessé. La déglutition s’opéra sans effort et sans nul accident. J’a- . vais également pérmis du bouillon de poulet à prendre par petites fractions. Mais nous ne fûmes pas assez heureux pour maintenir ce Suisse dans cet état de diète rigoureuse. Arrivé au septième jour, époque où il nous parut être en voie de guérison, étant tourmente par la faim qu'il cherchait à à satisfaire malgré nos défenses, il profita du moment où les infirmiers étaient occupés à la distribution des alimens du soir, pour saisir avec avidité, des mains d'un de ses camarades séduit par l'appât de largent, une assez grande quantité de pain et de viande qu’il avala par gros morceaux; il but aussi une ration de vin. Peu de momens après , il fut frappé de tous les symptômes d’une strangulation
et d'une suffocation imminentes, que le CAP ESR IX. AI
de garde crut pouvoir dissiper par de l’eau émétisée, qu il chercha à lui faire avaler; mais ces accidens s’ag ggravèrent rapidement, et le malade mourut suffoqué et dans les convulsions, quelques heures après avoir commis cette imprudence,
Le lendemain, on procéda ! à l’autopsie du cadavre. On ouvrit la poitrine avec les précau- : tions requises pour nè point détruire, le trajet de la plaie. La cavité gaucheétait pleined'un liquide rougeâtre qui déprimait en bas le péricarde et le cœur. Les plèvres costale et pulmonaire étaient en: flammées; le poumon du même côté était gorgé de sang noir et privé d'air; aussi n'était-il pas crépitant. Le liquide épanché, que nous évaluämesà un litre environ, nous parut être un mélange d'eau et de vin que le blessé avait avalé. Nous y apercümes aussi quelques parcelles des alimens solides dont nous avons parlé. Dans la cavité droite de la poitrine, nous avons trouvé un épanchement d'environ un demi. -litre de sérosité sanguino: lente. :
Le lobe-supérieur du poumon avai utanté des adhérences avec la plèvre costale , dans tout le pourtour d’une solution de.continuité presque cicatrisée , qui s’observait au sommet de ce lobe, que l'épée avait traversé obliquement pour pénétrer. dans le médiastin.
| En suivant la direction de cette blessure, et | après avoir. disséqué cette cloison membraneuse, nous avons rencontré dans l’'œsophage, à environ
quatre travers de doigt du pharynx, d’abord une cicatrice linéaire ÉROR quatre lignes d'étendue, située au côté droit de ce canal, et un | Ipeu en arrière ; dans le point diamétralement opposé, une ARRET transversale un peu plus longue et parallèle à l’autre plaie cicatrisée : une autre division s'observait au feuillet sauche du médiastin; ; les bords de la plaie de l'xsophage étaient ne ét tuméfiés. Il est évident que c’est par cette ouverture que les liquides étaient passés dans la cavité gauche de Ja poitrine. Immédiatement au-dessous de cette ouverture et dans l'épaisseur de l’œsophage, se trouvait une tumeur oblon gue de la forme et de la grosseur d’un œuf de poule. La paroi antérieure de ce canal incisée, nous avons acquis la conviction qu’ un bol de ud et de mie de pain ramollie formait cétte tumeur. Il est probable que la portion du canal œsophagien. correspondante aux plaies s'était rétrécie par l'effet de la cicatrisation ; que ces alimens grossiers ayant . éprouvé un nt à leur passage dans estomac, s'étaient arrêtés dans ce point. Dès ce moment les bords de la plaie, les moins avancés dans la cicatrisation, ont été écartés, et l’épanchement s’est fait aussitôt dans le sac des plèvres. Les membranes du reste de ce canal étaient enflammées, ainsi c que la muqueuse de l'estomac, et ce dernier organe contenait une petite quantité des mêmes alimens mal digérés, mêlés à un liquide brunâtre de la même nature que celui que nous avons trouvé dans la ‘ pr
cavité thorachique. Les autres viscères du basventre n’offraient rien de particulier. ji
Il nous est bien démontré que, sans cette intempérance, notre blessé aurait été conduit à la guérison. Mais du moment où l'ouverture de l'œsophage a été forcée sous la dilatation exercée dans ce canal par le bol alimentaire qui s'était formé. dans le point rétréci dont il a été parlé, le vin et l'eau émétisée que le malade a successivement avalés se sont épanchés dans la cavité thorachique. Les qualités irritantes de ces liquides ont fait développer rapidement linflammation générale dont nous avons vu les traces, et ont fait cesser, de concert avec la compression mécanique , les fonctions respiratoires et toutes celles qui dépendent de celles-ci. Ma
Nous ajouterons à ces observations l’histoire . d’une lésion intérieure à l'œsophage produite par la présence, dans ce canal, d’une grosse pièce des monnaie, laquelle a déterminé la mort du sujet quelques mois après son ingestion; et à cette occasion, nous ferons Re Re physiolo- ‘giques sur les propriétés vitales du système muqueux des organes digestifs, propriétés que nous avions déjà appréciées, et que le sujet de cette dernière observation nous a mis dans le cas de vérifier. |
Ce sujet était l'un des caporaux du 5% régiment d'infanterie de la garde royale; il se nommait Kock (Jean), âgé d'environ 28 ans, d'un tempérament
robuste et sanguin. Ce DATA étant au cabaret à discourir sur la possibilité qu'on lui disputait d'avaler une pièce de monnaie un peu forte, recut de l'un de ses camarades un écu de Een , le mit dans le verre, et l'avala incontinent avec le vin qu'on lui avait versé. Il parait que cette pièce s’était aussitôt portée assez profondément dans l’intérieur de la gorge, car tous les efforts que ce militaire fit pour la rejeter, et toutes les tentatives qu'on entreprit pour s'assurer de la place qu’elle occupait et chercher à l’extraire, furent inutiles. Les douleurs aiguës et les mouvemens convulsifs auxquels sa présence donna bientôt lieu forcèrent ce soldat à entrer le jour même à l'hôpital. (C'était le ro mars 1821.) Après l'avoir fait mettre dans un bain émollient, on lui prescrivit des potions huileuses et des Rte mucilagineuses fraîches.
Le lendemain les convulsions s'étant renouvelées et ayant provoqué quelques crises de suffocation, on fut obligé de le saigner deux fois dans la même journée. On continua aussi l'usage des bains et des boissons adoucissantes. kr | Le 13, à notre visite du matin, nous trouvâmes cet mine dans un état de souffrance extrême ; et menacé à chaque instant de suffocation 6u de strangulation. Il ne pouvait proférer une seule parole; son visage était rouge-violet, ses lèvres boursouHléds et ses yeux hagards. Le pouls était petit, trés-accéléré, et le malade nous indiquait, par Signes, que la pièce d'argent qu'il avait avalée
166 MALADIES DE LA TÊTE ET DU CU. F était arrétée dans le fond du gosier vers le milieu ki stérnum. En effet, nous ne pûmes découvrir, malgré toutes nos pare ce Corps. étranger ni dans l'arrière-bouche ni sur les côtés du pha- | ryx. Avant d'explorer le canal , nous voulûmes | éssayer un vomitif. ‘Nous RS en conséquence L avaler quelques cuillerées d’eau émétisée à notre malade, dans l'espérance que les efforts qui il ferait pour vomir ramèêneraient le Corps étranger : audehors. Au lieu de ce résultat, les douleurs augmentérent, etil éprouvait une sorte de compression : excéhtrique qui génait beaucoup les fonctions de la respiration. Nous nous décidâmes alors à à déplacer le corps étranger et à le faire descendre dans léstomac au moyen d’un bâton flexible de baleine ; armé à son extrémité d’un petit tampon de peau. Cette opération fut prompte et facile, et si l on eût dû s’en rapporter aux effets qu elle avait produits | sur-le- -champ, on eût pu annoncer que le but avait été atteint, que là piece avait franchi le cardia et était entrée dans l'éstomac, car j'avais reçu trèsdistinctement la sensation d’un obstacle vaincu , et. le malade celle d'un déplacement et de l'effet d une ingestion subite. Tous les ‘accidens se calmérent immédiatement après, et semblèrent disparaitre presque en entier. il Mais ce soulagémentne dura que douze à à «quinze heures ; le malaise, l'anxiété et les douleurs revinrent HR ént et nous firent croire à la SUspénsion de la marche du corps étranger vers l’ori-
MALADIES DE LA TÊTE ET r DU COÛ. 167 fice pylorique. Néanmoins nous restimes dans l'incertitude du point du canal digestif où là pièce s'était arrêtée, parce que iEg BhPEUE des douleurs variait continuellement. FILS aügmentaient lors que le malade avait pris quélques aliens liquides ou dés Boissons, et le sentiment dé $trangulation qu'il éprouvait souvent augmentait al instant de la déglutition de ces tiabihes) sussl cette fonction était souvent interrompue par les vomissemens ‘de ces matières. Il ne pouvait rester couché sur Ie côté droit sans ressentir une très-grande gêne dans les fonctions respiratoires, et lé douleurs devenaient ‘insupportables ; : il souffrait moins étant couché sur lé côté gauche.
"Dü lait, des crèmes de riz, des boissons huiléusés et Met éusee des bains émolliens , ‘des lavemens fréquens , l'application, pendant les accés, de ventouses scarifiées sur les parties ‘doulouréuses, tels furent les moyens que Fon mit én usage ét desquels le malade retirait quelque s soulagement temporaire et relatif.
a 95 avril suivant, il parut des aphtes a | bouche avec une abondante salive âcré et brûlante; il y avait éructations et vomissemens fréquens. C’est pendant que les boissons et les aliniens liquides passaient dans le Canal œsophagien que notre malade éprouvait1 les douleurs et le sentiment de étrangulation dont nous avons parlé. Ce militaire étant affecté en même temps de légères plaies syphilitiques au pénis, nous crûmes d’abord que
les aphtes et J'altération de la salive dépendaient de cette maladie. En conséquence nous fimes panser cés plaies avec le cérat mercuriel , et nous lui fimes prendre dans du lait une eue dissolution de deuto- chlorure de mercure. Tous ces moyens furent continués avec des modifications relatives aux circonstances, jusqu’au commencement de juillet. A cette époque, les aphtes et les autres symptômes syphilitiques étant dissipés et l’état ‘général du malade étant amélioré, il désira quitter l'hôpital pour se livrer à un exercice continu dans lequel il Tui semblait trouver du soulagement.
. Nous lui accordämes sa sortie et nousle perdimes de vue pendant deux mois: Cependant nous apprimes qu’il souffrait toujours, mais que, pour faire diversion àses douleurs, il s'était adonné à l'usage des boissons spiritueuses, telles quel’eau-de-vie, liqueur favorite des soldats. Il rentra à l'hôpital dans le mois de septembre, atteint d’une fièvre ataxique ou cérébrale nerveuse extrêmement intense, à laquelle il succomba quarante-huit heures après.
Nous avions grand intérêt à faire avec soin l’ouverture du cadavre, à laquelle nous procédâmes le lendemain de la mort du sujet.
Le crâne ouvert, nous trouvâmes les méninges inméés ten points de suppuration sur les bords de hémisphères du cerveau, et une assez grande quantité de sérosité rougeâtre dune les ventricules.
Dans le thorax, rien de particulier; les paroisdes
ventricules du cœur nous parurent seulement plus épaissies et les poumons étaient légèrement hépatisés.
Abdomen. — Le foie très-engorgé dépassait les fausses côtes ; l'estomac et le tube intestinal étaient légèrement phlogosés.
L'œsophage était d'une couleur rouge foncée, et une dilatation très-remarquable s'observait à son tiers inférieur, à environ un pouce du cardia. On sentait parfaitement, à travers, la pièce de cinq francs, dont les deux faces étaient perpendi-
culaires, et les bords faisaient saillie sur les deux côtés droit et gauche de ce: canal, dont la dissection nous. a fait découvrir : | 1° Epaississement considérable de ses tuniques, dans. tous les points dilatés ; | |
3°. Une tuméfaction fusiforme, avec rougeur des deux cordons nerveux de la huitième paire, et notamment de celui du côté droit, que nous ayons trouvé appliqué et courbé sur le bord de la pièce;
3° La membrane muqueuse du point dilaté était à peine phlogosée, ainsi que celle du reste du canal intestinal, qu'on‘ pouvait considérer commé saine. Les surfaces de l'écu (que nous avons conservé) étaient oxidées. et de couleur noire : nous pensons que cette oxidation a été le résultat de l’action du sublimé corrosif sur ce métal: La: portion de l’œsophage qui était au-dessus de cette dilatation était considérablement rétrécie , et l'ouverture du cardia réduite à plus de la moitié de son calibre. L’es-
170 MALADIES DE LA TÊTE ET DU cou.
tomac était également rétréci, et ses tuniques étaient un peu épaisses. |
Un des soldats suisses de la garde royale, plus heureux que Koch, ayant fait la mème expérience, rendit sa pièce de cinq francs (que nous conservons également) le vingt-unième jour ‘de son ingéstion, sans qu’elle lui ait causé le moindre accident. A peine avait-il éprouvé quelques légères coliques du troisième aû neuvième je Il avait mangé comme à lordinaire, etiln avait cessé de faire son service. es
‘Peu de temps après ce dérnier Lake je fus
appellé par un Anglais, rue Baässe- “du-Rérpart,
pour donner des secours à une petite demoiselle dé g'ans, qui avait avalé, par mébarde, une épingle ordinaire d'environ un pouce de lohgueut et recourbée. Elle était restée quelques instans au fond de'son gosiér; mais RÈQUE nous fümes | prés ‘de la ARE la Re à ‘en était opérée : Tenfant | ne > soûffrait Gel et nous parut fort tranquillér Je
LE
He 4 Nous pouyons citer ici ce jongleur sLCONNU (Jacques de Falaise) , que l’on a pu: voir au théâtre du physicien Comte. Il avalait autant de pièces de cinq fre. qu’ on lui en présen— fait, ét les rendait le lendemain par lesselles, sans la moindre diffé. Ur autre sauvage , ie fond de RE mridio= But ordinairement de les voies Wine , ses V’une d’elles s'étant arrêtée à son passage de l’iléon dans,le, cœcum , produisit un abcès dans laine droite, d’où elle fut extraite par M. Paul Dubois , jeune chirurgien qui marche sur les traces de son illustre pére , lé baron Antoine Dubois. T4
MALADIES DE LA TÊTE ET DU COU. 171 prescrivis des potions huiléuses, les mucilagineux et les bouillons de poulet pour toute nourriture.
L'on s'attendait à voir naître quelques accidéns | graves lors du passage de ‘cette épingle dans les circonvolutions plus où moins étroites desintestins; | Penfant la rendit le troisième jour par les voies alvinés et sans nul accident. Il ne s'était plaint que dé cé qu'on ne lui donnait pas à manger. Les auteurs ”gont remplis d’un grand nombre de faits analogues. | | | pe SOS
Réflexions. — Depuis fort long-temps j'avais eu l'oétasion! d'observer que les membranes muquéuses qui tapissentles cavités des viscères splanéHniques, jouissent de propriétés spécifiques commünés , différeniment modifiées, selon les régions qu'elles occupént ou les organes avec lesquels elles sont'entapport. Celles qui tapissent lesouvertures dé Cénfhunication des cavités intérièures ‘avec l'éxtéfiéur du corps, réunissent à la sensibilité orpanique, dont elles sont toutes pourvués à un tréshant degré, la sensibilité animale: Célle-ci con: Court à produire des facultés sensitivés dans qüelqüesuns de'ces appareils muqueux: Ainsi dans la miembrané pituitaire, par exemplé, cette sensibilité concourt à l'odorat et au goût; dans celle des conduits auditifs, à l'ouie; dans celle dé la bouché, au goût; dans celle de l'urètre , du vagin ét de l'orifice'de l'utérus, elle préside aux sensations plûs ou moins vives que’ ces partiés récoivent du conitact de cértains corps solides ‘ou du passage ‘de
certaines liqueurs sapides ou pourvues: de certains principes exCitans. À
Ces appareils muqueux, que nous appellerons composés ou mucoso-cutanés, peuvent être stimulés ouirrités par toutes sortes d agens extérieurs, surtout par le galvanisme. Le reste de l'appareil muqueux, celui qui tapisse l’intérieur des organes tels que l'œsophage, l'estomac, les intestins, la trachée-artère , les bronches, la vessie et la matrice, est insensible au contact des substances compactes ou dures, quels qu’en soient la formeetle volume, pourvu quele calibre des cavités soitenrapportavec ces. corps solides. Ainsi le passage d’une sonde de gomme élastique dans l’œsophage ou le larynx ne cause aucune sensation pénible à l'individu lors: que l'on a franchi la gorge et les fosses buccales : nous avons maintes, fois vérifié cette expérience. Le même corps étranger se comporte de même dans la trachée-artère ou les bronches. Des fragmens d'os, des noyaux de fruits de toute grosseur, des pièces de monnaie, etc., parcourent le tube intestinal sans produire aucun accident. grave, et souvent les malades ne s’aperçcoivent pas de la pré. sence de ces corps étrangers dans les organes. Des fraomens de verre ou da verre pilé , des épingles ou ne aiguilles, parcourent également le canal digestif sans causer la moindre douleur; quelque- $ fois ces aiguilles le percent de manière à traverser tout le tissu cellulaire et les chairs jusqu’à la périphérie du corps. M. Dupuytren coupe une portion
MALADIES DE LA TÊTE ET DU COU. 173 plus ou moins étendue des tuniques de l'intestin grêle avec son entérotome, dans l'anus contre nature, sans qu'il y ait des vomissemens et sans que le malade éprouve de vives douleurs. |
Ainsi, généralement parlant, les membranes muqueuses s’irritent très-peu ou ne sirritent point du tout sous l'influence des corps solides, quelles que soient leur formeet leur substance, à moins qu'il n’y ait une action galvanique, tandis qu'elles sont très-accessibles à l’action des substances gazeuses ou liquides. Les gaz surtout exercent sur elles un travail d'irritation qui fait développer souvent l'inflammation de leur tissu. On pourrait expliquer ainsi la formation des dyssenteries qui surviennent aux individus qui ont avalé l’air insalubre des lieux infects et marécageux, ou chez qui des gaz analogues se sont formés dans l’intérieur des organes, par l'effet d’une fermentation que produit constamment l'usage du poisson ou des viandes pouries , vulgairement appelées passées. Les douleurs de colique qui accompagnent les flux dyssentériques amenés par cés causes sont intolérables.
De tous ces faits présentés en aperçu, on peut déduire la conséquence suivante : À
Que dans les phlogoses chroniques des intestins, les alimens solides de bonne qualité et pris avec modération sont plus convenables aux malades que les alimens liquides : mais ensuite il y aurait de nombreuses remarques à faire sur la nature de ces diverses substances par rapport à la digestion. Ce
174 MALADIES DE LA TÉTE ET DU CO, travail ne peut être entrepris que par un médecin chimiste qui s'en occuperait exclusivement:
Maintenant nous pourrons beaucoup-mieux, cé nous semble, trouver l'explication .de cértains phénomènes qui se sont offerts chez notre caporal. Il est bien évident que les douleurs vives et tous les accidens nerveux qu il a éprouyés, pendant tout le temps que la pièce de cinq francs est restée dans l’œsophage, dépendaient surtout du tiraillement ou de la distension des deux cordons de la paire-vague, que nous avons trouvés tuméfiés et enflammés dans les points qui étaient en contact médiat avec cette pièce métallique, tandis que la membrane muqueuse du canal œsophagien et du reste de l'appareil digestif, n'offrait presque aucune trace d’inflammation. Aussi lorsque le malade se couchait s sur son côté droit, la pièce déprimant par son propre poids le ca) nerveux de ce côté, qui se trouvait sur le bord presque tranchant de ce corps étranger, les douleurs devenaient insupportables , et le sujet était obligé de se retourner promptement du côté opposé pour les aire cesser.