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LT DE L'OPÉRATION

mettre en usage tous les moyens propres à dissiper le spasme et'à prévenir les accidens inflammatoires étles fistules urinaires qui sont aussi quelquefois l'effet de ce tamponnement. Les plus efficaces de ces moyens sont les bains émolliens et anodins, à une température de vingt à vingt-cinq

degrés au plus, thermomètre de Réaumur. D’a-

près les observations que nous allons bientôt rapporter, il parait que les lésions ou les déchirures de la membrane muqueuse de la vessie ne sont pas aussi dangereuses qu'on avait pu le croire, car il est bien évident que, surtout chez lé deuxième sujet de ces observations, cette membrane 4 été déchirée et arrachée dans une assez grande étendue, puisque nous en avons trouvé des lambeaux collés sur la pierre. D'ailleurs les bains qui agissent directement sur la vessie paraissent dissiper les ef-

fets de ces déchirures.

Je pense donc que le précepte le plus'important à suivre après l'opération de la tailleest de lier les vaisseaux ouverts, et il faut faire la ligature dans leurtrajet, qu'ils soient apparens ou non. Je crois même devoir le succès constant que j'ai obtenu dans mes opérations de la taille, à l'application exacte de ce précepte, qui ne saurait être assez connu; car si le vulgaire savait que la lithotomie est aussi sûre que les autres opérations chirurgicales, toutes choses égales d’ailleurs, il n'irait pas chercher, dans les précédés mécaniques, sans doute plus doux et moins effrayans, mais qui

DE LA TAILLE. Hot trouvent assezrarement leur juste application, une guérison que l'opération très-simple qui vient d’être retracée procure avec plus de promptitude et de sécurité. Pour prouver les avantages de cette opération telle que nous l'avons AT et qui peut être mise en usage dans la plupart d. Cas, nous allons rapporter le précis de plusieurs observations , lesquelles serviront peut-être à fixer l’opinion des praticiens.

l° Observation. — Le sujet de l'une de ces.observations était le patriarche grec nommé Isacharus, âgé de 92 ans, que toutsle monde a connu à cause du meurtre tenté sur sa personne par son propre serviteur. Ce vieillard souffrait depuis long-temps de la présence d’un calcul dans la vessie, dont il désirait ardemment étre débar- R rassé. Sollicité avec instance de lui faire l'opération de la taille, j'obtins de la générosité de l'entrepreneur de lhôpital de la garde, M. de Montessuy, de l’'admettre dans mes salles pour pouvoir lui donner les soins qu'une telle opératog devait exiger. Le cathétérisme, les douleurs vives et la dysurie que ce vieillard, d’ailleurs affecté d’une double hernie inguinale et scrotale, ne cessait d’éprouver, m'ayant porté à croire que la pierre , de médiocre. grosseur, était nécessairement murale ou recouverte d'aspérités, je ne voulus point pratiquer l'opération sans être assisté d'hommes expérimentés et habiles ; dans cette intention nous appelâmes MM. pos et Souberbielle, qui décidèrent avec

552 .* pr L'OPÉRATION nous de sa nécessité et de son urgence. L'appareil +

ll b Va , + , bi . , 4 latéral latéralisé fut pratiqué en présence de ces

médecins et de ceux de notre hôpital, au moyen du bistouri droit et du cathéter. La pierre, que

.ROUS avons extraite assez promptement, était du

volume et de la forme d’une grosse noix, et couverte, comme nous l'avions jugé, d’aspérités tuberculeuses, dont quelques-unes d’elles paraissaient avoir eu des adhérences avec la vessie. Nous liâmes , conformément à nos remarques, deux artérioles, à l'angle inférieur de la plaie, appartenant sans doute à l’artère transverse du périnée . et nous ploñgeimes immédiatement notre malade dans un bain émollient gélatineux, à la: température de vingt-cinq degrés , thermomètre de Réaumur. Aucun accident notable ne survint, et en

très-peu de temps ce patriarche sortit de l'hôpital

parfaitement guéri, avec la seule incommodité de rendre fréquemment l'urine , parce que la vessie avait sansdoute perdu la faculté de se dilater: néanmoins cette indisposition se dissipa par la suite, etIsacharus remplissait, une année après son opération, toutes ses fonctions comme dans l'étatnormal.

IT Observation. — Le nommé Gaspard Kury, âgé de 27 ans, soldat au 1° régiment suisse (7"° de la gardé), entra à l'hôpital le 4 septembre 1825, se plaignant d’une strangurie violente, avec ténesme ; fièvre, insomnie et incontinence d'urine à qu’il rendait constamment goutte à goutte. D’après l'exposé que ce malade nous fit des souffrances

ER

DE LA TAILLES + nu 553 qu'il éprouvait , nous jugeâmes qu'il avait un “calcul dans la vessie, à l’existence duquel il ne Pouvait croire parce qu'il avait été déjà sondé, et qu'on ne lui avait jamais annoncé qu'ileüt la pierre.

Cependant, à peine notre algaliefut-elle introduite, que nous reconnümes la présence de ce corps étranger. Toutefois le malade fut long-temps à se décider à l'opération; il ne consentit à s'y soumettre que lorsque les douleurs devinrent intolérables, et qu’il ne pouvait autrement espérer ni guérison ni soulagement.

Ayant préjugé, d’après le cathétérisme , que la pierre était non-seulement inégale, mais adhérente à la vessie, je m'attendais d'avance à rencontrer de grands obstacles dans cette Opération. En conséquence j'engageai mon ami Ribes et M. Souberbielle à ÿ assister. J’eus quelque peine à faire pénétrer le cathéter, qui, à raison de sa grosseur, passait difficilement entre la pierre et la vessie ; mais l'incision des tégumens, de l’urètre, et du col de ce viscère, fut bientôt terminée au moyen de mon bistouri droit fixé sur son manche. L’introduction du gorgeret fut également difficile j1et celle de la tenette devint impossible. Le doigt ‘indicateur ayant été introduit profondément dans la plaie, je reconnus que la pierre , hérissée d'aspérités tuberculeuses dans le point correspondant à l'incision , était adhérente par tout le reste de sa périphérie, à la face interne ou muqueuse de la vessie, Ce qui fut vérifié par MM. Ribes et Souber-

“ANR: : L'OPÉRATION ‘bielle. T fallut donc décoller ou désunir les parois de cette poche de toute la surface hérissée de la pierre. Je parvins en effet à détruire ces adhérences; mais ensuite pour saisir le calcul avec la tenette, je dus intraduiré cet instrument, ses mors écartés, pour les faire glisser entre la pierre et la vessie, à l'instar du forceps, qu’on fait passer entre lé crâne de l'enfant et le bassin de la mère dans les accouchemens laborieux. Les premières tractions furent suivies de sa fracture et de l'issue de ces as-

pérités *. Enfin, à la troisième tentative, le calcul |

fut amené avec des lambeaux de la membrane muqueuse qui en recouvrait les trois quarts de la circonférence. On trouve dans les auteurs plusieurs exemples de pierres adhérentes à la vessie ; dans le premier volume des Mémoires de l’Académie

royale de Chirurgie, il en existe surtout un très-

remarquable, qui a le plus grand rapport avec ce-

lui de Kury : la forme de la pierre, qu'on n'a vue.

qu'après la mort du sujet, était tout-à-fait semblable à celle de notre militaire. (Foy. la quinzième observation de Boudou, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu de Paris) *.

UM. Gérard fils, présent à l’opération , avait pris plusieurs de ces fragmens pour les faire analyser ; mais au moment où j'es— pérais avoir cette analyse , nous avons appris la mort inopinée de ce jeune professeur, aussi estimable par ses qualités que par ses talens et ses profondes connaissances.

? Les pierres qu’on trouve dans les reins des calculeux après leur mort, offrent quelquefois la même forme ; les enton— noirs de ces organes servent de moule à ces stalactites, tan—

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