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OBSERVATION XVII

Panaris de l’index suivi de nécrose de la phalange. — Désarticulation du doigt. — Pas de ligatures.

L... Jean, âgé de soixante ans, entré le 19 décembre à l’hôpital Saint- Louis, salle Saint-Augustin, n° 56.

Ce malade s’est enfoncé il y a environ deux mois un clou rouillé vers la racine du doigt indicateur droit. À la suite de ce traumatisme, un panaris profond s’est développé rapidement, qui a envahi le périoste et le tissu osseux. A l’entrée du malade à l’hôpital, l’index droit est très-tuméfié, d'un rouge vineux et très-induré. A la face palmaire de la phalange existe une ouverture déchiquetée qui s’est faite spontanément et au fond de laquelle on aperçoit des filaments blanchâtres provenant de la destruction du tendon fléchisseur. Avec un stylet introduit dans cette ouverture on trouve l’os de la phalange dénudé et manifestement nécrosé. Les mouvements sont complètement abolis. Le malade réclamant avec insistance une opération qui lui permette de reprendre son travail, la désarticulation métacarpo-phalangienne est pratiquée le 26 décembre 1 874 suivant le procédé de Lisfranc.

Un grand lambeau est taillé de dehors en dedans sur la face externe (h* la phalange en rasant l’os; puis l’articulation ouverte, le couteau est ramené en dedans entre la phalange et les téguments de la face interne, de façon à tailler de dedans en dehors un second lambeau semblable au premier. Les tissus enflammés et indurés saignent abondamment quand on interrompt la compression et permettent difficilement de faire des ligatures, aussi les vaisseaux sont-ils simplement comprimés avec une

DE LA KOKCU'HESSÜKE.

certaine épaisseur des tissus voisins au moyen de deux pinces hémostatiques, qui ne furent retirées qu’au bout de vingt heures. L’écoulement sanguin ne reparut pas. Le gonflement des tissus diminua rapidement et la cicatrisation suivit sa marche normale.

Ce fait nous a paru présenter un certain intérêt, parce qu'il montre que l’oblitération définitive des vaisseaux peut être sûrement et facilement obtenue par l'emploi des pinces même au milieu des tissus enflammés, où la ligature est souvent impraticable, et donne, d’après la plupart des chirurgiens, d'assez mauvais résultats.

Nous publions encore ici une autre observation qui montre bien tout le parti que l’on peut tirer des pinces hémostatiques dans les cas de plaie avec hémorrhagie, quel que soit le calibre des vaisseaux intéressés. On sait quelles difficultés accompagnent le plus souvent, dans ces cas, la recherche des deux bouts de l’artère sectionnée, et quels délabrements le chirurgien est quelquefois obligé de produire, avant de pouvoir faire la ligature pourtant indispensable, si l’on veut être sûr de ne plus voir reparaître l’hémorrhagie. Ces inconvénients et ces dangers seront évités par l’emploi des pinces qui n’exigent pas que le vaisseau soit mis à nu et isolé. Il suffit simplement de voir le point d’où jaillit le sang, et d’y appliquer une ou deux pinces, même en comprimant avec le vaisseau une certaine portion des tissus voisins pour arrêter définitivement l’hémorrhagie.

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