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OBSERVATION XXXII

Kyste très-volumineux. — Adhérences très-larges dans le bassin. Morcellement de la tumeur. — Cautérisation au fer rouge. Pinces hémostatiques laissées en place après l'opération. — Guérison (2).

Madame N..., sage-femme à Auneau, âgée de cinquante ans, entre à l'hôpital Saint-Antoine, dans le service de M. Péan, dans le courant de février 1872, pour une volumineuse tumeur de l’abdomen qui, dans l’espace de deux ans, a nécessité douze ponctions. Chacune d’elles a donné issue a un liquide épais et visqueux dont la quantité a varié chaque fois entre 1 5 et 25 litres. A la suite de l’une d’elles, M. Péan porta le diagnostic de kyste multiloculaire de l’ovaire avec adhérences multiples.

La gastrotomie fut pratiquée dans le courant d’avril de la même année à la maison des Sœurs-Augustines, rue de la Santé. M. le docteur Isambert, médecin des hôpitaux, assistait à l’opération.

L’incision des parois abdominales fut faite couche par couche, de l’ombilic au pubis. La tumeur était adhérente aux parois de l’abdomen et aux viscères; on appliqua, au furet à mesure qu’on détachait ces adhérences, un très-grand nombre de pinces hémostatiques.

Après avoir extrait des plus grandes poches 20 litres d’un liquide épais et purulent, M. Péan ne put continuer l’opération que par le morcellement des autres portions de la tumeur, qui était aréolaire par places et complètement solide en d’autres points.

Pendant cette dernière partie de l’opération, il fallut comprimer avec diverses pinces une soixantaine de vaisseaux dont les diamètres variaient depuis celui d’une plume de corbeau jusqu’à celui du petit doigt, et qui étaient placés principalement sur le côté droit du ventre et du bassin. La tumeur, dont la structure rappelait celle de certains kystes multiloculaires de l’ovaire, était complètement dépourvue de pédicule; la surface qui la nourrissait était sous-péritonéale, présentait la largeur des deux mains, et s’étendait depuis l’utérus, dont la moitié droite faisait partie de la tumeur,

(1) Nous devons ces observations de gastrotomie à l’obligeance de M. le docteur Barrault; nous avons dû en retrancher tout ce qui ne touchait pas à l’objet de ce travail.

(2) Cette observation a déjà été publiée par MM. Danel De l’alcool dans le Irait, des mulad. puerp., Paris, 1872) et Gros-Filhay ( Des indications et contre-indications dans le trait, des kystes de l'ovaire, Paris, 187i).

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jusque dans la lusse iliaque droite, où elle était’ accolée au cæcum et à l’appendice verraiculaire.

Convaincu qu’il y avait impossibilité complète à attirer au dehors, vers l’angle inférieur de la plaie, pour en former un pédicule, les vaisseaux nombreux et volumineux que les pinces comprimaient, M. Péan dut recourir à la cautérisation des surfaces d’implantation par le cautère actuel.

Grâce à ces précautions, tout danger semblait être écarté, lorsque tout à coup, de l’épaisseur de l’utérus, jaillit un jet de sang artériel du volume à peu près de celui qui viendrait de la fémorale. Ce jet fut arrêté aussitôt parla compression pratiquée avec les doigts* et les pinces hémostatiques. Mais cette manœuvre, bien que rapide, fut cependant assez laborieuse pour détacher les caillots qui oblitéraient une douzaine de vaisseaux importants du voisinage, et qu’il fallut comprimer de nouveau avec des pinces. Six de ces instruments furent laissés en place et ramenés à la partie inférieure de la plaie avec les deux bouts du lien métallique jeté sur l’utérus. Ces pinces furent enlevées au bout de douze heures.

La malade se rétablit vite et fut présentée à l’Académie.

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