PRÉFACE
Mon bul, en publiant ce livre, est de résumer en un faisceau tous les travaux épars que j'ai disséminés dans les divers recueils périodiques.
Les personnes qui veulent bien s'intéresser à mes œuvres auront ainsi moins de peine à se donner pour en connaître l'ensemble, et ces œuvres elles-mêmes, réunies et condensées, acquerront peut-être plus de valeur.
A part quelques thèses ou mémoires, spécialement consacrés à l'histoire de la science1, chacun des travaux contenus dans ce Recueil a pour objet ta recherche d'une vérité, la réalisation d'un progrès.
Tantôt c'est quelque lésion inconnue dont je trace te tableau*; d'autres l'ois, quelque affection mal com-
' Thèse sur la coxalgie; — sur le périoste cL ses maladies; — sur les l.ystes de l'ovaire.
1 Mémoire sur la luxation du sternum; — sur la luxation medio-carpierme; — sur la luxation de l'humérus en haut.
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prise donl, j'essaye de donner une explication plus exacte1; le plus souvent, ce sont des méthodes, des procédés opératoires destinés à rendre l'action chirurgicale plus efficace, plus simple ou moins dangereuse4; quelquefois, ce sont des ressources nouvelles destinées à reculer les limites de l'art3; d'autres fois, enfin, ce sont des aperçus nouveaux, des théories générales qui touchent aux questions les plus fondamentales de la science4.
Pour mettre de l'ordre dans des sujets si nombreux et si variés, une classification était nécessaire. Celle qui m'a paru la plus simple et la plus commode est la classification anatomique, oui, entre autres avantages, a celui d'être connue de toutes les personnes qui s'occupent des sciences médicales.
Dans le premier volume, nous avons groupé tout ce qui a trait à l'appareil de la locomotion : fractures, luxations, tumeurs blanches, résections, amputations.
Dans le deuxième volume se trouve réuni tout ce qui regarde d'abord les appareils circulatoires et nerveux,
* Mémoire sur les fractures du péroné; — sur la luxation de la mâchoire inférieure; — sur la gangrène foudroyante.
3 Mémoire sur un nouveau procédé de calhétérisme; — sur la taille rectale; — sur la résection du coude; — sur l'extirpation des tumeurs interstitielles de Vutérus; — sur les fistules vésico-vaginales, etc.
3 Mémoire sur l'extirpation totale de la mâchoire inférieure; — sur les irrigations nasales; — sur Vuréthrotomie à lame découverte; — sur la diaclasie; — sur la cautérisation en flèches; — sur Vcnlérotomie de l'intestin grêle; — sur V anastomose intestinale ; — sur la bléphororaphie, etc.
4 Prolégomènes où se trouve indiquée la théorie générale des intoxications chirurgicales et subsidiairemenl la théorie des principaux accidents opératoires ainsi que la manière de les prévenir.
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puis le grand appareil splanchnique, lequel se divise lui-même en appareil digestif, respiratoire, génito-urinaire et sensorial.
Quant aux questions générales, nous avons cru devoir les partager entre les deux volumes. Au deuxième ont été réservés les travaux relatifs aux affections cancéreuses ainsi que celles qui se rapportent à la cautérisation en flèches, à la ligature extemporanée, tandis qu'en tête du premier volume nous avons trouvé plus convenable de placer, sous forme de prolégomènes, nos leçons cliniques sur les progrès de la chirurgie contemporaine, dans lesquelles se trouve résumée, pour ainsi dire, notre profession de foi chirurgicale. C'est dans ces prolégomènes, en effet, que se trouve exposée cette idée fondamentale de l'intoxication que nous nous proposons de développer bientôt dans un travail plus complet, mais qui, dès à présent, jette une si vive lumière sur les accidents opératoires et dont les applications pratiques ont déjà produit de si merveilleux résultats.
Celle idée qui consiste à considérer tous les accidents fébriles consécutifs aux blessures ou aux opérations comme le résultat exclusif de la pénétration de substances toxiques dans le torrent circulatoire, n'a pas seulement un intérêt théorique de premier ordre, elle conduit surtoul à cette conséquence pratique, qu'il suffit, pour empêcher les accidents opératoires de se produire, de s'opposer à la pénétration des substances délétères, ce que I on obtient soit en neutralisant le poison lui-même, soit
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on produisant l'occlusion exacU' des milices vasculaires par lesquels il pourrait pénétrer.
Or comme dès à présent la chirurgie est en mesure, dans le plus grand nombre des cas, de remplir l'une et l'autre de ces conditions par l'emploi sagement combiné des méthodes oblitérantes : cautérisation, ligature, arrachement, compression, sections sous-cutanées, injections dans les cavités closes, pansements astringents, etc., on arrive à cette conclusion que le temps n'est pas éloigné où les accidents opératoires auront presque complètement disparu de la chirurgie. Cette conclusion, qui paraîtra peut-être un peu ambitieuse, n'est déjà pins à l'état spéculatif, elle est entrée désormais dans le domaine des laits, ainsi que le constate le résultat de notre pratique chirurgicale à l'Hôtel-Dieu, où le chiffre de la mortalité consécutive aux opérations atteint à peine deux ou trois pour cent.
LEÇONS' cliniques
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