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ÏI'MEUR DU MAXILLAIRE SUPÉRIEUR

M. Maisonneuve présente à la Sociélé de chirurgie une tumeur développée dans le maxillaire supérieur gauche, chez un homme Agé de soixante ans, qui sortait du service de M. Lenoir (hôpital Necker). Cette tumeur faisait saillie vers la cavité de l'orbite sans y pénétrer; en avnnt, elle était très-saillante sous la joue : en bas, elle déprimait la voûte palatine. Bien <jue Je cas fût assez mauvais, comme la maladie marchait rapidement, M. Maisonneuve se décida pour l'opération.

La pièce offre cette particularité, que les os attaqués ont disparu; on n'en trouve que quelques vestiges méconnaissables. Le rebord alvéolaire est ramolli comme si on l'avait trempé dans un acide. La tumeur n'envoyait de prolongement ni dans l'orbite, ni dans la fosse nasale, ni dans la fosse zygomaliquc.

M. Maisonneuve termine en disant qu'ayant été obligé de pratiquer une excision très-profonde, il a coupé le tronc même de la maxillaire interne, ce qui a nécessité une ligature qui ne se pratique pas habituellement.

M. Lebcrt, qui a examiné la tumeur, pense que c'est du cancer colloïde gélatiniforme à cellules très-pâles; il a dû, pour voir ces cellules, se servir d'un très-fort grossissement.

Le 20 avril 1852, M. Maisonneuve présente ce malade guéri . Les incisions pratiquées sur la ligne médiane et à la commissure droite des lèvres, n'ont intéressé aucun nerf moteur : par conséquent, tous les mouvements de la face sont parfaitement conservés ; le malade ne présente aucune difformité. Après la guérison, M. Maisonneuve a fait construire, par le docteur Devillemur, un ingénieux obturateur auquel les dents du malade lui-même ont été adaptées. Ainsi l'on peut dire que, malgré l'amputation complète de l'os maxillaire supérieur, le malade a conservé toutes ses dents. A l'aide de cet obturateur, la mastication et la parole surtout s'exécutent comme dans l'état normal. C'est un des plus beaux résultats que l'on puisse désirer.

1 Gazelle des Hôpitaux, 1852, p. 159.

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