‹ Clinique chirurgicaleChapitre 21 sur 136 · RECHERCHES · texte numérisé non relu

RECHERCHES

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L'origine de nos connaissances sur la fracture du péroné se perd dans la nuit des temps. On en trouve des traces non équivoques dans le premier monument élevé à l'art de guérir : les livres hippocratiques2. Mais ces notions, à peine ébauchées, furent, comme presque toutes les autres parties de l'art, frappées d'un véritable arrêt de développement, pendant la longue suite d'années qui se succédèrent jusqu'au dix-huitième siècle. A cette époque, seulement, où les questions principales de la science furent presque toutes remaniées par l'illustre Académie de chirurgie, apparurent quelques travaux incomplets, sans doute, mais qui, pourtant, commencèrent à fixer l'attention des observateurs sur cette lésion importante.

David 5, sous le pseudonyme de Basile, consacre à cette fracture plusieurs pages intéressantes, dans son beau mémoire sur les contre-coups. Il y expose une théorie relative à son mécanisme, et signale, en praticien judicieux, la gravité de ses suites. Un peu plus tard, William Bromfield4 démontre l'insuffisance du traitement employé jusqu'alors, et pose avec assez d'exactitude les indications à remplir, mais il n'y satisfait que d'une manière incomplète. Pouteau, dans ses œuvres posthu-

1 Extrait des Arch. gênér. de médecine, t. I", 1840.

2 Uepl KpdpwJ Siëllov, — ïïzpl roï> TcoSài, — Uspi twv yvfivolftévuv, — Uepi àytuv, — Espl nv>)/tt7s.

5 Prix de l'Académie de chirurgie, t. XII, p. 254. * Surgical observations and cases. London, 1775.

mes, essaye une nouvelle explication du mécanisme de celte fracture, e( se voit forcé de convenir de l'impuissance de l'art pour obvier aux accidents qui raccompagnent. Poil, Charles Bell, Boyer, Richerand ne font que reproduire les idées de leurs prédécesseurs, en les élucidant parfois, mais sans y rien ajouter d'important. Enfin, en 1805, Dupuytren, dans un mémoire célèbre, lu à l'Académie des sciences, résume toules les connaissances de ses devanciers sur cette lésion, el la soumettant à une investigation profonde, émet des idées toutes nouvelles sur son mécanisme, en analyse avec soin les symptômes, et formulant avec netteté les indications thérapeutiques, propose un appareil à la fois ingénieux et simple pour y satisfaire.

Depuis lors, la science a paru close sur ce point, et ne s'est enrichie d'aucune recherche importante. Nul n'osait, en effet, supposer qu'après une étude approfondie d'une lésion si fréquente, l'œil scrutateur de Dupuytren eût laissé passer inaperçu le moindre détail. Aussi ses opinions furent-elles promptement adoptées et professées dans tous les pays.

Quelques esprits cependant ne semblèrent pas entièrement satisfaits de la théorie de ce grand maître, et plus d'une fois j'ai vu fies hommes, doués d'un esprit sévère, ne l'admettre qu'avec hésitation, et ne se décider à la professer que dans l'impossibilité d'en trouver une meilleure. Cette hésitation, je l'ai moimême éprouvée lorsque exposant, dans mes cours de chirurgie, l'état de la science sur ce point, je cherchais à donner aux élèves une conviction que je ne possédais pas complètement, C'est alors que j'entrepris les recherches dont je vais exposer les résultats.

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