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HISTORIQUE

L'histoire médico-chirurgicale de la coxalgie remonte aux temps les plus recules.

Hippocrate en parle dans son traité de Articulis1; dans seJ Aphorismes2, il indique positivement la luxation spontanée; il signale l'emploi du feu comme d'une grande efficacité dans cette affection.

Asclépiade le Bilhynien3, qui cite, deux cas de luxation spontanée, attribue le déplacement à une production charnue de l'intérieur de l'articulation.

Celse* n'en dit que quelques mots ; encore prêtent-ils à des interprétations fort diverses.

Galien 5 signale le relâchement, du ligament rond, résultant lui-même d'une accumulation d'humidité dans la jointure.

Dans une seconde période, en 225, Cœlius Aurelianus6 signale les percussions sur la hanche, et les mouvements exagé-

1 Hippocrate, éd. de V Enqjclop., 270.

* Hippocrate. « Quibuscumque a coxendicum morbo vexatis coxa excidit et rursumi incidit, hi muci necidunt quibuscumque a coxendicum morbo diuturno vexatis coxa exci-dit lus crus tabescit, claudicant si non usti fuerinl. » (Aphor., secl. vi, 59, GO.)

3 Asclépiade. « Uni parii, qui neque percussus neque allisus, sed crus inilio dolcns, cum decubuisset ultra très menses, distractus est cl caput femoris in cxleriorcm parles! ejecit, ob nimiam dolorum violentiam id passus, ut ego censeo. Altcri vero adolescent cuidam tràgœdo nain et huic sine manifesta itidem causa ab ischiade fémur exlrorsumi prolapsum est, carne ob inflanimationem divellenle, arliculum, alque e sua sede expellente. » (Collect Nicet., p. 155.)

* Celse. « Harum (coxarum) ingens dolor esse consùevit, isque hominc sœpe débilitât et quosdem non dimiltit, eoque id genus diflicillime curalur quod fere post longos mor-j bos vis pestifera hue se inclinât. » (Lib. IV, cap. i, sect. vm.)

3 Galien. « Siepc in articùlos bumor pituilosus acervaltir, queni mucorem appellanl: a quo madefacta urticulatLonis ligamenla. laxiora reddantur: alque ideb facile, a cavilatc articulis excidit. et rursus non cum difficultate incidit, qu:c nunc ait accidere iis, qu\i ila morbo laborant coxindica. » (Comment. IV in Hippocrat., de Articulis.)

0 Cœlius Aurelianus, de Isehiadicis et psoadicis, lib. V, t. II, p 551 (édit. in-8? Haller). « Tum cum passio lardaverit, cessanlc nutrimento, cruris lotius Icnuilas Qti quam graici alrophiam appellanl, incipiens a clunibus, sive ab inferioribus loris, aillestante débilitante et siepe conduclis partibus brevitate cruris, aut ultra naturani lougitudine passionis disténsione suffecta, ul in paralysin venial, aut ipsius vertebri dura parles cxlensiores liant, i,

'rés d'abduction du membre comme cause de la maladie; il indique encore la douleur du genou et même du pied, l'atrophie, le raccourcissement du membre et même l'inclinaison du bassin.

Paul dEgine1, en 656, consacre un chapitre spécial à la maladie des hanches, qui, dit-il, diffère peu de la maladie articulaire; ^1 signale l'accumulation de liquide dans l'article, et la douleur qui se propage dans toute la longueur du membre. Vers le dixième siècle, Avicenne2 ne fait guère que reproduire les idées de Galien et d'Hippocrate; au onzième siècle, Albucasis5 établit, d'une manière explicite, que des mucosités, s'aceumulanl dans l'articulation de la hanche, en occasionnent la luxation; que l'on reconnaît cette luxation au défaut de niveau des deux membres et au vide qui s'observe à l'endroit du déplacement.

Guy de Chauliac4, Ambroise Paré 5, ne nous apprennent rien de particulier sur cette affection, et ne semblent même pas, quant à la description des faits connus, au niveau de leurs prédécesseurs.

En 1628, Fabrice d'Aquapendente 6 consacre plusieurs pages de son livre à la coxalgie; il établit que le fémur se déplace, tantôt parce qu'une humeur épaisse et concrète remplit la cavité cotyloïde et repousse la tête de l'os, tantôt parce que les

1 Paul d 'E^ine, liv. III, chap. i.xxvii. « Coxendicis ab articulari morbo ni ht] differt, nisi quod i[isius causa. Nenipe ernssus pituilosusque humor in sola coxarum compagnie articuloque concrelus insideat. Dolor ipsis a nasibus inguinibusque ad genua usque in pluiimis aulem ad summum usque ad pedem pertinet. »

s Avicenne, lib. III, fen. XXII, tract. II, cap. v, p. 411.

5 Albucasis. « Quando effunduntur humidilates mucosic ad pixidem ancluc et finnt causa exitus ejus a loco suo et signum illius est quod prolungatur crus super alterum, quando comparant ad invieem et invenitur locus dislocationis in eo vacuus. » [Chirurg., pars I, cap. xlii.)

1 Guy de Chauliac, Grande chirurgie, p. 412; Bordeaux, 1672.

* Ambroise Paré, édit. de M. Malgaigne, t. II, liv. XIV, chap. xl.

0 Fabrice d'Aquapendente. « Quod vero nd coxendicis articulum arendum allinel, si " femoris a pituila crassa, el in acelabulo super exsiccala, obdurataque a cavitate deturbatiirn est, ferramenlum candens adigere, qua excidit, oportet, in cavitate ea, qua; a feniore excidente efformata est; sic enim materia inibi subjecla evocabitur : sed si fémur clapsuni est a copia humidilalis lignmenta relaxantis, ita ut fémur, et excidal, cl recidat, oportel perpetuo comburerc cani pnrtem, adquam prolapsum fémur est, ubi prius repo- »ilum fémur est in suam cavitatcin. » Opéra chirurg., pars I, cap. cvi.)

ligaments, abreuvés d'une humidité abondante, n'opposen] plus assez de résistance. Dans l'un et l'autre cas il conseille l'application du cautère actuel. ■

Malgré tous ces travaux, 1 histoire de la coxalgie était encore bien imparfaite, quand, en 1722, parut le mémoire de J. L. Petit ; dans ce travail important1, l'illustre chirurgien présente la question sous un nouveau jour; et, bien que la plupart de ses idées n'aient point été généralement admises, il n'en reste pas moins établi que c'est à lui qu'appartient l'honneur d'avoir le premier tracé l'histoire de l'affection qui nous occupe. Cette luxation, dit-il, est causée par la contusion qui résulte d'une chute sur le grand trochanter. La synovie, en s'amassant dans l'article, chasse la tête du fémur. La cuisse commence à ce raccourcir avant que la tête du fémur soit entièrement sortie; cela tient à la forme sphérique de la tète: celle-ci ne sort que peu à peu. La douleur augmente quand la tête est soutenue seulement par le ligament capsulaire; elle diminue quand ce ligament est allongé ou rompu. Cette maladie est incurable, si on n'a soin de la prévenir : à la suite, surviennent la paralysie du membre, des dépôts qui sont difficiles? à- guérir et ont souvent une issue funeste, des caries incurables ; les luxations consolidées sont suivies de douleurs dans les: changements de temps, de position vicieuse du membre ou du tronc.

En 1780, Sabalier2, dans un excellent mémoire inséré parmi ceux de l'Académie de chirurgie, combat quelques-unes des erreurs de J. Petit, son opinion trop exclusive sur l'étiologio de cette affection; il établit surtout que la luxation consécutive peut résulter de la carie, de la destruction des bords de 1; cavité cotyloïde, et donne à l'appui de son opinion plusieun observations d'un grand intérêt.

En 1791, Desault5, dans ses œuvres chirurgicales publiéef par Bichat, combat l'opinion de Petit, relative à l'accumulatioi

* J. L. Petit, Mémoires de V Académie royale des sciences pour 1 722, p. 117.

* Siibatier, Me'm. del'Acad. de chirurg., t. VII, p. 585, edit. Fossone. r> Desault, Œuvres de Desault, par Biclmt, t. I, p. 418.

de liquide comme cause de la luxation, y substitue celle du gonflemenl des cartilages; puis, dans sa clinique, publiée par Cassius1, il signale avec soin les symptômes qui se manifestent au débul de la maladie, chez les enlànts surtout, et insiste sur l'importance d'agir énergiquemenl el de bonne heure.

Boyer*, sans rien ajouter à la science, s'approprie, parle talent avec lequel il les expose, les idées de Desault el, de Sabatier, et son excellente description a servi de type à la plupart de celles qui ont paru, jusque dans ces dernières années.

En 1817, le professeur Rust, de Berlin3, fit paraître une monographie complète sur la matière; dans cet ouvrage, il cherche h prouver que la maladie débute par le périoste interne, au centre de la tête, qui, plus tard, est corrodée et détruite ; que la carie de la cavité cotyloïde est toujours secondaire; que l'allongement du membre dans la première période est dû au gonflement de la tête.

C'est à la même époque que Larrey * publia le résultat de ses recherches sur la fémoro-coxalgie ; on y trouve, entre autres choses importantes : 1° que cette affection est le plus souvent de nature rhumatismale chez l'adulte, scrofuleuse chez l'enfant; 2° que le gonflement inflammatoire des cartilages n'est pas la cause de la luxation ; 5° que celle-ci n'est véritablement pas spontanée, mais qu'elle résulte d'un effort mécanique, favorisé par l'état morbide de l'articulation.

En 1818, M. Brodie8, dont les importants travaux ont tant élucidé la question dos maladies articulaires, a, dans son Traité général, publié plusieurs observations intéressantes de coxalgie, il a surtout émis, relativement à cette affection, des opinions tout à fait différentes de celles connues jusqu'alors. Pour Im, c'est à l'ulcération primitive des cartilages que l'on doit rapporter l'origine des désordres dans le plus grand nombre

* Desault, Cours de clinique externe, par Cassius, t. II. pi 3">:>.

* Boynr, Œuvr. chirurg., t. IV..

f Kiist. Anal., par Jourdnn. [Joum. comptent, des Sciences niéd., (. I, p. 63 ) 4 I.army, Méin, el campagnes. [Clin, chirurg., t. III, p. 531.

* Brortic, Malad. des articul . , Irail. tic l'anglais par L. Marchant; 1810.

des cas. « Nous pouvons*,. je crois, dit-il, conclure que, dans les cas ordinaires de la carie de la hanche, le cartilage est la partie primitivement affectée. » Dans un autre passage, cité par S. Cooper2, il insiste fortement sur l'inclinaison du bassin comme cause de l'allongement et du raccourcissement qui, selon lui, ne sont jamais qu'apparents. L'un des premiers, il a mis en usage la mensuration avec un ruban tendu entre l'épine iliaque antéro-supérieure et la rotule.

En 1829, Paletta3 distingue sous le nom d'ischias l'inflammation de l'articulation de la hanche, et réserve le nom de coxitis à l'affection scrofuleuse des os. Quant au déplacement des os, il avoue que le mécanisme en est fort obscur4. Cependant il l'attribue à la destruction des surfaces articulaires, surtout de la tête du fémur.

Dzondi5, en 1855, dans un mémoire tout théorique, admet que jamais la maladie ne commence par l'intérieur de l'articulation, mais bien par la surface exlerne de la capsule, les parties fibreuses, ainsi que le périoste, qui entourent la cavité cotyloïde et la partie supérieure du fémur. 11 reconnaît ces diverses origines aux caractères de l'enflure0. La cause principale est la cause rhumatismale; c'est presque la seule.

M. F ricke, de Hambourg, en d 854 7, établit une distinction entre : 1° la coxalgie qui n'a son siège que dans les muscles et I les nerfs, et donne lieu à l'allongement du membre par rehàchcment; 2° la coxarthrocace, qui est une véritable inflammation de l'article, n'offre jamais d'allongement réel et peut être suivie de luxation, lorsque le fémur et le rebord cotyloïdien

1 Brodie, loc. cit., p. 89.

2 Sam. Cooper, Dictionn. de chirurgie, t. I, p. 219.

3 Paletta, Exercilaliones pathologicx, in-4°; 1820.

* Paletta. « Per obscura hue usque fuit ratio ob quam fémur prolabilui in isuhiade. » (Loc. cit., p. 58.) 3 Dzondi. Arch. géii. de méd., p. 302; 1854.

0 Dzondi. « Une enflure molle, flasque, prouve que l'irritation a débuté par la capsule articulaire. Si elle est ferme et résistante, on peut a«surer que l'irritation a commencé par le périoste, soit de la tête du fémur, soit de la cavité cotyloïde. Une tension élastique annonce que les interstices musculaires sont le siège primitif de l'irrilalion. » (lutc. cil.. p. 30(i. )

7 Fricke, Aruli. gên. de méd., p. .r>9'.>; '851.

onl été détruits par la suppuration, II rapporte encore des expériences tendant à prouver que le gonflement des parties molles de la cavité cotyloïde, que l'augmentation de volume de la tête du fémur j ne peuvent être considérés comme causes d'allongement.

En 1&3&, dans un mémoire appuyé de nombreuses et intéressantes observations, M. Lesauvage1, de Caen, établit:

1° Que les luxations spontanées du fémur sont produites par Phydropisie arliculaire ;

2° Que les cartilages ne sont et ne peuvent être pour rien dans le déplacement ;

5° Que leurs altérations sont toujours consécutives à la destruction de la séreuse qui les recouvre;

4° Que le traitement antiphlogistique peut toujours être avantageusement opposé à l'hydarthrose;

5° Que l'hydarthrose peut se terminer par résolution et qu'alors l'articulation récupère ses mouvements;

6° Que l'inflammation synoviale devenue chronique peut amener la destruction des parties articulaires ;

7° Que même à un degré très-avancé la maladie peut guérir par ankylose, ou par éburnation des parties osseuses qui permettent encore les mouvements;

(S0 Que la réduction peut avoir lieu dans certaines circonstances.

A peu près à la même époque, M. Nélalon reprend4 l'opinion erronée de,!. L. Petit sur le raccourcissement dans la première période de la maladie, disant seulement qu'on l'observe quatre fois sur cinq. Il signale ensuite l'atrophie du fémur comme cause fréquente de raccourcissement.

("est encore dans cette année que parut l'ouvrage de MM. Humbert et Jacquier. Cet ouvrage, riche de faits intéressants, a surtout vivement fixé l'attention par son historique complet de la science, ainsi que par les observations de luxa-

1 Arch. gên. de méd„ deuxième série, l>. IX, p. 257. * Bulletin de la Société anaiomique, p. 15; sept. 1855.

lions spontanées et congénitales du fémur, réduites par les moyens orthopédiques.

En 1838, M. Malgaigne1 signale plusieurs causes d'erreurs dans l'appréciation de l'allongement et du raccourcissement des membres inférieurs ; il fait remarquer que, par le fait de l'inclinaison du bassin, le membre, qui à l'œil présente un allongement notable, donne à la mensuration un raccourcissement évident, et que ces apparences diparaissent si l'on place les deux membres dans une position identique, relativement aux os coxaux.

Dans d'excellents articles, M. A. Bérard, en 1857*, puis M. Denonvilliers3, en 1858, ont essayé de réhabiliter la doctrine de J. L. Petit, et résumé savamment la plupart des travaux contemporains.

Plus tard, en 1840, M. Vicherat4 soutient que la plupart des coxalgies sont de nature rhumatismale, et débutent par l'hydropisie de l'articulation ; il développe les idées de M. Fricke et de M. Malgaigne sur l'allongement et le raccourcissement du membre; enfin il rapporte vingt-deux observations recueillies à l'Hôpital des enfants.

A la même époque parut l'ouvrage si remarquable de M. Bouillaud 5, où ce professeur proclame que le rhumatisme n'est qu'une inflammation franche, que l'arthrite rhumatismale ne diffère de l'arthrite trauniatique qu'en ce qu'elle provient d'un refroidfssement, tandis que cette dernière reconnaît pour cause une violence mécanique ; de sorte, dit-il 6, que cette arthrite a frigore est, comme toutes les autres maladies de la même origine, le type des maladies inflammatoires.

Tout récemment M. Bichet, prosecteur cà la Faculté de médecine7, a publié un travail remarquable où il établit : 1° que

1 Gazelle des Hôpitaux [passitn); 1838.

4 Dictionn. en 50 vol., art. Hanche;

3 Dictionn. des Études méd., art. Coxaigik.

4 Essai sur la coxalgie, tlièse ; Paris, 4840.

4 Traité' clinique du rhumatisme articulaire. u l.oc. cil , p. 532.

; Thèse do Paris, 1844.

DE LA COXALGIE. 1«o

' les arthropathies n'ont pour point de départ que les synoviales ou 1rs os, sauf des cas exceptionnels, où la maladie a débuté par les parties molles voisines de la jointure ; 2° que, dans l'immense majorité des cas, les arthropathies sont de nature inflammatoire : synovite ou ostéite; réserve faite, toutefois, poulies cas rares de tubercules des os, de cancer; 5° que dans les arthrites en général, et la coxalgie en particulier, on peut se rendre compte de la douleur vive, si fréquemment observée dans la longueur du membre, et dans l'articulation immédiatement inférieure par l'inflammation du tissu médullaire.

En 1842, M. Parise 1 a, dans un premier mémoire, exposé l'historique complet de la question, puis établi : 1° que le fémur est maintenu dans la cavité cotyloïde par deux forces, la pression atmosphérique et la résistance des tissus ligamenteux, musculaires, etc.; 2° que la présence seule d'un liquide dans l'article rend nulle la première de ces forces, en l'équilibrant; 5° que la réplétion sans ampliation, de la capsule, repousse le fémur en dehors, loin de l'appliquer avec plus de force contre l'os iliaque; 4° que cette réplétion détermine la flexion, l'abduction, et la rotation en dehors; 5° qu'elle produit aussi une propulsion de la tète en dehors et en bas, d'où résulte un allongement de douze à quatorze millimètres ; 6° que l'accumulation exagérée du liquide surmonte la résistance des ligaments et des muscles ; 7° que la luxation spontanée du fémur peut être consécutive à une hydarthrose. Toutes ces propositions sont appuyées d'expériences fort intéressantes.

Dans un deuxième mémoire2, l'auteur cherche à prouver que la même théorie peut s'appliquer aux luxations congénitales. 11 pense : 1° que la luxation congénitale dépend d'une hydropisie articulaire; 2° que son mécanisme est le même que celui qu'il a développé pour les luxations spontanées produites par une hydarthrose; 5° que la luxation congénitale doit être rapportée aux luxations consécutives ou spontanées. De même qu'il existe des luxations spontanées produites par le gonfle-

1 Arcli. gén.detnM., troisième série, t. XIV, p. 1. * Loe, cit., p. 428.

ment du tissu adipeux cbtylôïdieiï, de feêïïië aussi queîguës luxations congénitales peuvent .••voir la mêrriè origine. Jl rapporte à l'appui de son opinion plusieurs faits des plus intéres^ sants1, et dit en avoir observé d'autres semblables.

Plus loin, il se demande s'il ne scrail pas possible de rattacher aux coxalgies fœtales les malformations de la hanche sans déplacement articulaire. Enfin , il termine en concluant : 1° que les luxations congénitales, de même que les luxations spontanées, reconnaissent pour cause une affection articulaire, une hydarthrose, ou un gonflement morbide du tissu adipeux cotyloïdien ; 2° qu'il serait important de pouvoir distinguer, pour le pronostic, les luxations complètes de celles qui sont incomplètes : ces dernières lui paraissent pour la plupart incurables, parce que les deux cavités se confondent entre elles par un côté commun, d'où résulte une presque impossibilité de contention; 5° que les chances de réduction diminuent à mesure que l'on s'éloigne de la naissance, parce que les déformations articulaires consécutives sont d'autant plus prononcées que la luxation est plus ancienne : de là l'indication d'opérer le plus tôt possible ; 4° que la thérapeutique de ces affections n'offrira qu'une déplorable incertitude, tandis qu'il ne sera pas possible de différencier, sur le vivant, les cas de déformation articulaire sans luxation des cas de luxation complète, et. ceuxci des luxations incomplètes.

En 1843, le même auteur4, clans un troisième mémoire, établit sur des expériences précises les modifications de longueur qu'impriment au membre, mesuré de l'épine iliaque antérieure ou postérieure aux malléoles, les positions diverses d'extension, de flexion, d'adduction, d'abduction, de rotation en dedans ou en dehors.

Enfin, dans un quatrième mémoire5, il expose : 1° comment la distention de la capsule par un liquide, produisant d'une manière fixe la flexion, l'abduction et la rotation en dehors

1 Arch. gén. de méd., p. 439, 440.

- hoc- ci1., quatrième série. I. H. p. 2S V :' Lac cil., |>- 450.

DE LA COXALGIE. 187 membre inférieur, le besoin d'équilibration porte le tronc en m us inverse, de manière à donner lieu à ce qu'on appelle Yindinaison, Y extension et la rotation pelvienne; 2° comment cette même position du membre malade le fait paraître allongé à la vue, raccourci à la mesure ; 5° comment l'adduction fixe du membre peut être le résultat du défaut de résistance ou de la rupture de la capsule, combinée avec la prépondérance ou la contraction des muscles adducteurs ; 4° comment cette adduction, en sollicitant le tronc à se porter en sens inverse, donne lieu à ce qu'on appelle élévation du bassin, et fail paraître le membre malade raccourci à l'œil, allongé à la mesure; 5° comment l'allongement réel résulte, contrairement à l'opinion de J. L. Petit, de l'expulsion graduelle de la tête du fémur; et, contrairement à l'opinion de Rust, de l'interposition d'une couche légère de liquide, ainsi que de l'augmentation de volume de la tête, et peut résulter d'une hypertrophie de l'os, ainsi que du redressement du col; 6° comment la paralysie des muscles n'y est pour rien; 7° comment le raccourcissement réel ne peut être attribué ni à la sortie graduelle de la tête du fémur, comme le voulait J. L. Petit, ni à la contraction musculaire, comme le veut Fricke, mais peut résulter de la destruction des cartilages et des surfaces osseuses, de la luxation complète, des courbures rachi tiques de l'os, de l'inclinaison de son col, de son atrophie générale et de son arrêt de développement.

11 cherche ensuite à établir la valeur séméiologique des variations de longueur; enfin il expose les moyens d'arriver à constater ces variations, à distinguer celles qui sont vraies de celles qui sont seulement apparentes, en avouant toutefois l'imperfection de nos moyens de mensuration.

A la même époque, et presque parallèlement aux travaux de M. Parise, M. Bonnet, de Lyon1, publiait un mémoire d'un grand intérêt. Dans la première partie, il établit que l'allonger ment, dans les coxalgies, est toujours apparent, qu'il ne dépend

1 Bonnet, Journal de chirurgie <lc M. Mnlgaigne; t. I. \>. 72, il'».

que de la position où se placent les malades, qu'il n'est jamais dû à l'écartement de la tête du fémur de la cavité cutyloïdc.

Jl altribue cet allongement apparent à ce que la cuisse malade est portée dans la flexion et l'abduction, ce qui fait que l'épine iliaque de ce côté semble avoir exécuté un triple mouvement d'abaissement antérieur (correspondant à la flexion), d'abaissement latéral et de projection en avant (correspondant à l'abduction).

Il trouve que ce double mouvement de flexion et d'abduction coïncide toujours avec l'habitude qu'a contractée le malade de se coucher sur le côté souffrant. 11 ajoute que, dans le décubitus latéral, la cuisse de ce côté se porte naturellement dans la flexion et l'abduction.

a La différence, dit-il, qui sépare la position du malade affecté de coxalgie de celle que l'on peut simuler dans l'état de santé tient uniquement à ce que, dans le premier cas, la cuisse est maintenue avec plus ou moins de fixité dans la posilion qu'elle a prise, tandis que, dans le second, l'on peut à son gré faire cesser cette position. »

Quant aux causes qui maintiennent le membre dans sa position vicieuse, elles sont nombreuses ; il cite la formation des tissus fibreux et lardacés autour de la capsule, les inégalités qûe l'ulcération donne aux surfaces, les adhérences que celles-ci peuvent contracter.

Il nie que l'accumulation du liquide dans l'articulation puisse repousser la tête du fémur du fond de la cavité, cl qu'elle soit une cause d'allongement; il nie de même l'influence du gonflement du paquet cellulo-graisseux et de la tuméfaction de la tête du fémur sur ce phénomène; il doute de la réalité du gonflement des cartilages, ne croit pas que le relâchement des muscles puisse influer sur l'allongement.

Dans la deuxième partie, l'auteur traite du raccourcissement ; il admet un raccourcissement apparent et un raccourcissement réel. -Le premier dépend de l'adduction combinée avec la flexion et la rotation en dedans, qui fait que l'épine iliaque du côté malade est placée plus haut et plus en arrière que celle du côté sain.

Les malados qui présentent ce phénomène sont tous couchés sur le eôlé sain; cette position vicieuse devient fixe par les mêmes causes que l'allongement.

Il est beaucoup plus difficile de distinguer le raccourcissement réel du raccourcissement apparent, que l'allongement réel de l'allongement apparent, à cause de l'impossibilité de placer les deux membres clans une position identique.

Le raccourcissement réel peut dépendre de l'ulcération de la cavité cotyloïde ou de la tête du fémur, d'une luxation spontanée.

Quant à la succession de l'allongement et du raccourcissement du même membre dans la coxalgie, il ne l'a jamais vue; mais il l'explique en disant que le malade, couché d'abord sur le côté malade, se couche ensuite sur le côté sain.

Dans cet historique rapide, je n'ai point eu la prétention de faire l'inventaire complet de la science; j'ai voulu seulement esquisser à grands traits la succession des découvertes principales dont elle s'est enrichie, tracer un cadre clans lequel chacun pourra îacilement intercaler ce que le temps ou l'espace ne m'a pas permis de mettre en ordre, et surtout faciliter le contrôle des opinions et des faits que j'ai consignés dans ce travail.

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