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CAUSES EFFICIENTES

1° Causes trcvwnaPiques. — Les contusions résultant d"une chute sur les pieds, les genoux, sur le grand trochanter, la distension «les ligaments produite par un écart, un faux mouve-

ment, ohl été signalés par un si grand nombre oV auteurs comme causes sinon uniques, au moins déterminantes de la coxalgie1 qu'il est impossible d'en nier l'influence. Nous avons déjà dit que J. L. Petit n'en admettait pas d'autres. Nous n'adoptons pas celle opinion exagérée, seulement nous faisons aux causes^ lraumatiques une large part dans la produclion de la maladie; elles sollicitent un travail morbide qui trouve, il est vrai, dans l'état général de l'organisme des éléments de durée et de développement, mais qui souvent ne se serait pas manifesté sans leur concours.

Je rapprocherai de ces causes lraumatiques une cause d'une nature un peu différente, mais dont le. mode d'action se rapproche cependant de celle des causes mécaniques ; je veux parler de l'irruption dans l'article sain, d'un liquide irritant, le pus, par exemple : les faits de ce genre sont assez fréquents.

On sait qu'au niveau du point où le tendon réuni des psoas et iliaque, glisse sur l'articulation coxo-fémorale, il existe une] bourse muqueuse; or, quelquefois il arrive que celle bourse communique a travers le ligament orbiculaire avec 1'inlérieur de l'articulation. Le plus souvent cette communication n'a pas lieu ; mais le ligament capsulaire est aminci et très-disposé à se laisser perforer. Quand un abcès par congestion ou migrateur venant du rachis, ou quand un abcès consécutif à un psoïtis, remplit la gaîne du muscle, se propage le long de son tendon, il arrive que ce pus fuse dans l' articulation, et donne lieu par sa présence au développement de phénomènes inflammatoires très-aigus. C'est là une des causes les plus graves dl coxalgie.

2° Cause rhumatismale. — Ce n'est point ici le lieu de discuter la question de savoir si l'affection rhumatismale est une inflammation franche, qui ne diffère de celle produite par une cause traumatique que parce qu'elle provient de l'action du froid, inflammatio a frigore, ni si la cause rhumatismale agi sur les tissus fibreux et musculaires, ou bien sur les tissus sjg noviaux seulement; qu'il me suffise de dire que dans l'étal rhuj matismal il y a certainement autre chose, qu'un état inflammal

luire nuremenl local; que là, comme dans la plupart des affections internes, il existe un quid ignotwin, une altération constitutionnelle qui imprime à la marche des affections développées sous son iniuence un cachet spécial. Quoi qu'il on soit, nous voyous presque tous les observa leurs s'accorder à admettre l'action de celle cause ou de cet état de l'organisme sur le développement des affections articulaires, et spécialement celles que l'on observe chez l'adulte, ainsi qu'il résulte des observalions de Larrey1.

5° Cause scrofulcuse. — Tout aussi obscure dans son essence que la cause rhumatismale, la cause scrofuleuse n'a pas une influence moins réelle sur la production des maladies articulaires de l'enfance surtout : elle agit moins fréquemment chez l'adulte.

4° Cause syphilitique. — Le vice syphilitique agit bien plus rarement que les deux précédents pour déterminer la coxalgie. Dupuylren, cependant, en cite un cas bien remarquable, où les deux fémurs étaient luxés en dedans sur les trous obturateurs.

Obs. LIV. — Cause syphilitique. Luxation fémorale double, en bas et en avant, suite de gonflement par le vice vénérien. Cas rare 2. — Femme, cuisinière, quarante-deux ans, Mon conformée. Luxation double, accidentelle, depuis trois ans. Jeunesse orageuse, maladies syphilitiques antécédentes, embarras gastrique. Médecine Leroy administrée; gastrite violente à la suite; exaspération du virus vénérien. Douleurs nocturnes très-intenses dans les hanches; marche très-longue, suivie d'un premier déplacement à droite.

Entrée à Beaujon, mise pendant deux mois dans un appareil pour une fracture du col; sortie non guérie avec claudication. Dix mois après, luxation à gauche.

Entrée à l'Ilôtel-Dieu. De chaque coté de l'arcade crurale, tumeur arrondie, dure, formée par la tète du fémur. Flexion légère de la jambe; rotation en dehors des pieds et des genoux. Marche indécise comme dans l'ivresse.

Lorsque la cause de ces affections est syphilitique, ajoute Dupuylren, le déplacement est précédé par des douleurs sourdes

1 Clin, chirurg., p. 530.

* Dupuylren, Gazelle des hôpit., p, 491; lSo'2.

avec empâtement do la région cl souvent tuméfaction des gang-lions de l'aine. Ensuite le tissu cellulaire du fond des cavités cotyloïdes s'enflamme, se gonfle, et expulse la tête de la cavité. Elle descend alors, et les muscles lui forment uni,' nouvelle cap-î suie, tandis qu'elle se creuse une nouvelle cavité, à laquelle concourt le périoste de l'os coxal, qui s'épaissit autour, et forme bourrelet. Uni; membrane synoviale se l'orme, ou bien encore l'os coxal et le fémur s'ankylosenl par des inégalités réciproques.

La tète peut encore se loger dans le trou sous-pubien. On ne doit point espérer de réduction.

Hygiène et traitement anlisypbilitique.

Le malade peut guérir avec une vraie ou une fausse ankylose. On doit rechercher la position étendue, sans quoi la jambe est inutile.

5° L'intoxication mercurielle a été signalée par Brodie1. Je n'en connais pas d'observations positives.

6° Les métastases dans les fièvres éruptives ou autres, la fièvre puerpérale surtout, ont été notées par un grand nombre d'auteurs. Il en est de même de la suppression des règles ou d'une hémorrhagie habituelle de l'habitude de la masturbation, de la répercussion des dartres, du vice scorbutique, etc.; de toutes les cachexies en un mot.

7° Je dois signaler encore la blennorrhagïe et les affections de l'urèthre, le cathétérisme.

8° Enfin il est des cas où aucune cause appréciable ne peut être reconnue.

On voit par ce qui précède que l'on peut reconnaître à la coxalgie à peu près toutes les causes susceptibles de produire les affections des autres jointures, mais que dans les maladies de l'articulation coxo -fémorale, c'est la scrofule ou le rhumatisme qui jouent le principal rôle.

Obs. LV. — Coxalgie au premier degré après une variole; gnérison; récidive; nouvelle guérison ». — Enfant, douze ans. Divers accidenta

1 Page 15.

•J Cassius, G. de clinique externe de Desaull, t. Il, p. 544.

DE LA COXALGIE. 25b

après une petite vérole mal guérie. Un an après, faiblesse, pesanteur du membre droit, tuméfaction des glandes inguinales, puis claudication légère1.

Cataplasmes résolutifs, emlirocatious, etc. Allongement de cinquantequatre millimètres; luxation en dedans et en bas1. Eaux de Bourbonne; pendant le voyage, l'allongement et la claudication disparaissent.

Nouvelle luxation dans un bain, avec douleurs très-intenses; allongement de onze centimètres ; l'os rentre à sa place. Bains continués.

Troisième luxation. L'os rentre au bout de quinze jours; guérison parfaite, sans récidive au bout de douze ans.

Obs. LVI. — Coxalgie au premier degré ; guérison; l'écidive; guérison nouvelle. Maladie antécédente1. — François L... fut attaqué, à l'âge de seize ans et demi, d'une fluxion de poitrine qui le mit aux portes du tombeau. Cette maladie le retint au lit pendant deux mois; le troisième, il était en convalescence, lorsqu'il ressentit les premières atteintes d'une luxation commençante du fémur, caractérisée par l'allongement du membre et par des douleurs très-vives dans la hanebe et dans le genou : c'est dans cet état qu'il entra à l'hôpital de la Charité. On lui appliqua successivement onze vésicatoires volants autour de l'articulation malade, et un douzième au bras gauche, qu'on laissa suppurer pendant deux mois. Les deux premiers mois de ce traitement, il fut retenu au lit, et, au bout de ce temps, on lui permit de se lever en faisant usage de béquilles. Les symptômes de la luxation se dissipèrenl entièrement, et le malade recouvra l'usage du membre. Un au et demi après, il eut une rechute de la maladie ; elle fut combattue par les mêmes moyens qui avaient été employés la première fois. On renouvela l'application des vésicatoires volants, et l'usage des toniques amers et des antiscorbutiques. Au bout de quatre mois, après avoir appliqué neuf vésicatoires volants, les symptômes de cette maladie disparurent une seconde fois. Pour assurer la guérison, on ouvrit au bras un cautère que le malade garda longtemps.

Obs. LV1I. — Fémoro-coxalgie; guérison au deuxième degré; épuise^ ment par le coït1. — Tivau, vingt-cinq ans, lymphatico-nerveux, maçon, épuisé par le coït. Traité longtemps à la Charité par sangsues, vésicatoires, cautères, mais sans succès.

Douleurs intolérables à la hanche et au genou; rotation en dedans; raccourcissement de vingt-sept millimètres; abcès dans l'aine gauche, côté de la maladie. Trois moxas derrière le trochanter ; soulagement, redressement du membre, rectitude exacte.

1 Boycr, Œuvr. chirurg., t. IV, p. 335, * Larrcy, Clin, chirurg., I. III, p. 358.

250 DE LA COULGlli.

Nouveaux moxas, doux à deux, sur les régions inguinale et Irochanlérienne; régime dépuratif et amer.

Résolution complète et progressive de tous les symptômes; sédiment abondant de l'urine, au bout de sept mois. Quarante et un moxas furent appli^ qués; marche avec béquilles, anl<ylosc. Guérison, avec trente-deux miUii mètres de raccourcissement.

Six mois après, le malade reprend ses travaux.

Ocs. LVI1I. — Coxalgie au deuxième degré, en voie de guérison; onanisme. Autopsie [. — Un militaire atteint de fémoro-coxalgie, dont il eût peut-être guéri s'il eût rigoureusement observé le régime qui lui était prescrit, se livra, au moment où il donnait de véritables espérances de guérison, à toutes sortes d'intempérances, et même à l'onanisme, dont il n'avait pu se déshabituer. Ses excès furent portés si loin, qu'il succomba.

A l'ouverture du cadavre, on trouva le cartilage de; la cavité colyloïde détruit, le pourtour et le tond de cette cavité usés par la carie : mais sa sur] l'ace extérieure était le siège d'un travail de cicatrisation semblable à celui qu'on observe dans la cicatrisation des parLics molles. La tète du fémur avait également perdu son cartilage et sou ligament rond ; cl celle éminence étais réduite d'un tiers de son volume, par l'effet de la carie, à laquelle avaii succédé une véritable cicatrisation. Les traces d'un abcès considérable s' obi s rvaient aussi dans l'intérieur du bassin, avec épaisissement des portions du péritoine correspondant au foyer de la maladie.

Obs. LIX. — Coxalgie aupremier degré; guérison. Cause scrofuleuse2. — Mathieu, dix-sept ans, vice scrofuleux; fardeau assez lourd. Douleurs dans la hanche droite et le genou, bientôt dissipées; mais qui reparurent tantôt vives et aiguës, tantôt sourdes et profondes; claudication.

Huit jours après, entrée à la Charité. Allongement; repos absolu ; Luge vésicaloire qui augmenta les douleurs ; deux autres vésicaloires ; les douleurs devinrent erratiques dans tout le membre; le membre reprit sa longueur normale, et la guérison arriva.

On applicpia quelques autres vésicaloires ; le malade marcha, el sortit au boni de deux mois.

Traitement tonique et amer pendant toute la durée du séjour.

Obs. LX. — Coxalgie aupremier degré; vésicatoires ; guérison. Cause scrofuleuse*. — Joseph M..., garçon marchand de vin. âgé de dix-sept ans, d'un tempérament sanguin, eut, dans sa jeunesse, les glandes du cou engorj

1 Lan'ey, Clin, chirurg., t. III, p. 551.

- Uémond, Journal de médecine, chirurgie, pharmacie, t. XV, \\. 425; 1S08. 5 Boycr, OEuvr. chirurg., l. IV, p. 335.

gées. Au mois d'août 1804, il éprouva, sans cause connue, des douleurs trèsviu's dans l'articulation ilio-fémorale droite, qui se faisaient sentir plus vivement encore dans le genou du même côté; un accès de fièvre le força à garder le lit, et, pendant ce temps, la fièvre cl les douleurs cessèrent. Le lendemain, se croyant guéri, il voulut reprendre ses travaux accoutumés; mais le soir, les douleurs reparurent plus fortes qu'à l'ordinaire, et leur continuité l'engagea à venir à l'hôpital de la Charité : alors il marchait difficilement; la station augmentait les douleurs, et la cuisse droite, sensiblement plus longue que l'autre d'environ vingt-sept millimètres, le forçait à la claudication. Pour arrêter les progrès de cette luxation spontanée, produite évidemment par une cause interne, cl probablement par le vicescrofulcux, je fis garder le lit au malade; je lui fis appliquer un large vésicatoire à la partie supérieure et interne de la cuisse, et je lui prescrivis les amers avec le sirop antiscorbutique : le vésicatoire renouvela d'abord les douleurs quele repos du jour précédent avait calmées ; après avoir élé vives et lancinantes pendant quelques jours, elles commencèrent à s'apaiser, mais pendant ce temps, le membre s'était allongé de dix à douze millimètres. Je fis sécher ce premier vésicatoire, et en appliquer un second; les douleurs furent encore excitées, mais moins fortement, et seulement pendant vingt-quatre heures; peu à peu elles devinrent plus faibles, et, au bout de quinze jours, elles étaient presque nulles; alors le membre n'excédait que de quelques millimètres celui qui était sain; il diminua encore pendant l'action du troisième vésicatoire. Huit jours après, il était revenu à sa longueur naturelle, Bl les mouvements s'exécutaient sans gène ni douleur; mais pour mieux apurer la cure, je continuai de faire observer au malade le repos le plus absolu pendant deux mois, temps pendant lequel on a appliqué successivement six vésicatoircs volants, et continué l'usage des médicaments internes; après quoi on lui a permis de s'exercer peu à peu à marcher, et il est sorti de l'hôpital au bout de ce temps, parfaitement guéri.

■ Obs. LXI. — Fémoro-coxarthrocace avec carie et abcès par congestion; application de dix-huit moxas et du fer incandescent ; guèrison. Cause rhumatismale l. — Il y a déjà près de deux ans qu'un invalide, âgé de cinquante-cinq ans, avait été traité et guéri par M. Larrey d'une fémoro-coxalgie à l'aide du repos au lit et de l'application successive d'un grand nombre de moxas sur la hanche. Il avait joui pendant longtemps de sa guérison, lorsque te mal a récidivé: on l'a guéri de la même manière. Il se servait parfailer mcnl .le m, m membre, lorsque l'affection a éclaté pour la troisième fois. Depuis quelques mois, les signes d'un abcès profond dans la hanche existaient déjà. M. Ln-rej est revenu aux moxas, a ajouté la cautérisation avec I.' 1er incandescent : la résorption s'est faite, et la guérison a été obtenue pour la

1 Lincy, Gazelle des hôp. \>. 266; 1836 M. i.

troisième fois. Actuellement les douleurs sont dissipées, et le membre malade, qui commence déjà à reprendre sa motilité, se trouve de cinquante* quatre millimètres plus court que l'autre.

Obs. LXII. — Coxalgie; cause traumatique ; allongement apparent. Guérison parfaite1. — Nourry, seize ans, enfant de troupe, fait une chute, et, malgré la douleur vive qu'il éprouve, il continue à marcher pendant deux ou trois jours; entrée à L'hôpital, 6 mars 1833.

Etat suivant le lendemain : Douleur très-vive s'irradiant au genou, mais, dominant à la partie supérieure de la cuisse gauche. Le mouvement imprimé à l'articulation coxo-fémorale la rendait plus intense. Saillie du grand trochanter; pli de la fesse légèrement déprimé. L obligation était évidemment de douze à seize millimètres. La maladie était nettement dessinée.

(Saignée; vingt sangsues; cataplasmes;' diète; orge sucrée; saignée lo lendemain. Jour suivant : vingt sangsues; régime toujours sévère, mais les symptômes s'étaient beaucoup amendés.)

Sixième jour : vingt sangsues; cataplasmes laudanisés; les mouvements deviennent faciles, mais il y a toujours de la sensibilité.

Le 23 et le 28, deux vésicatoircs volants; quelques jours après, le malade marche avec des béquilles d'une manière plus facile, et enfin guérit parfaitement.

Obs. LXIII. — Coxalgie an premier degré, exaspérée par les douches de baréges; cause traumatique. Guérison complète"1. — M. de N..., âgé de trente-sept ans, d'une bonne constitution, ayant toujours joui d'une parfaite santé, éprouva, au mois de juillet 1811, un écartement violent de la cuisse droite. Cet accident fut suivi de douleurs vives pour lesquelles on conseilla le repos et des applications spiritueuses. Aussitôt que les douleurs furent moins vives, M. de commença à se lever et à marcher; mais il ne pouvait le faire sans souffrir davantage, et sans boiter. Les choses étaient en cet état au mois de novembre suivant, époque à laquelle je fus consulté. La comparaison des deux membres inférieurs entre eux me fit apercevoir I que le droit était plus long que le gauche de huit à dix millimètres. Je conseillai le repos, et l'application autour de l'articulation de topiques d'abord I anodins, et ensuite résolutifs, et je recommandai surtout de ne marcher que quand la douleur sérail entièrement dissipée, et que le membre serait revenu à sa longueur naturelle. Mais, au lieu de suivie ce conseil, le malade des douches d'eau de Baréges factice. La première douche augmenta la douleur; les douches suivantes la rendirent encore plus forte, et à la sixième elle devint si vive, que le malade ne pouvait souffrir le moindre atloucliu-

1 l.esttuvugu, Arch. gén. de mdd., deuxième série, i. IX, p. '26U. i Boycr, OEuvr. ohirurg., t. IV, p. r,r,i;.

DE LA COXALGIE. m

nient, et, lorsqu'il s'assoupissait, il était réveillé aussitôt par des contractions convulsives des muscles, qui étaient suivies de souffrances inouïes, en sorte qu'il était privé entièrement de sommeil ; la longueur du membre augmenta considérablement. Pour remédier à cet accident, et pour prévenir la luxation du fémur qui paraissait imminente, je lis appliquer des sangsues à trois reprises différentes; j'employai des embrocations avec un Uniment camphré et opiacé, les cataplasmes émollienls et anodins, les boissons rafraîcbissanles, l'extrait gommeux d'opium et une diète sévère. Malgré l'emploi de ces moyens, la douleur continua à être très-vive pendant un mois, et le malade pouvait â peine se remuer dans son lit : ensuite elle diminua par degrés, ainsi que la longueur excédante du membre; et au bout de trois mois et demi, la douleur étanl entièrement dissipée et le, membre revenu à sa longueur naturelle, M. de N... commença à se lever et à marcher, en se soutenant sur des béquilles. Peu à peu la progression devint plus facile; le membre prit de la force, et M. deN... se trouva complètement guéri, dix mois après l'accident qui avait causé la maladie.

Obs. LXIV. — Coxalgie au début; cause traumatique; traitement antiphlogistique L. — Un homme, de soixante et quelques années, tomba de son haut sur la jambe droite. Les douleurs étaient fortes. Le gonflement et la fièvre devinrent considérables dans les vingt-quatre heures; niais le malade remuait la cuisse avec assez de liberté dans les premiers instants de sa chute, l'extrémité blessée n'était ni raccourcie ni déviée, ce qui excluait tout soupçon de luxation et de fracture au col du fémur, même de celles qui sont sans déplacement. Le malade fut saigné huit fois en moins de quarante- huit heures, malgré ses soixante et quelques années; la suite a justifié le jugement porté dans ce cas, caries douleurs ont continué pendant près de six mois, et lorsque les premiers accidents ont été dissipés, le malade a conservé une si grande faiblesse du côté blessé, qu'il a été obligé de marcher longtemps avec des béquilles. La violence des premiers symptômes et la continuation des douleurs paraissent être des raisons suffisantes pour présumer que, sans ce traitement actif, il fût survenu peut-être uiic luxation consécutive du fémur.

Obs. LXY. — Coxalgie; cause traumatique; suppuration et carie dans Vênarthrose du fémur'*. — Un homme de trente-six ans, ayant considérablement écarté sa cuisse droite en montant à cheval, sentit à l'instant une douleur si violente dans la cavité colyloïde, qu'elle l'empêcha de marcher; un repos de huit jours lui ayant procuré le soulagement ordinaire, et qui l'ait illusion à ceux qui se conduisent eux-mêmes, il reprit ses occupations;

1 Sabnticr, Mémoires de l' Académie de chirurgie, Ur"Vlïj p. 5îH. * Aurran, Journal de méd., p. '257 ; 1772.

la douleur se fit bientôt sentir de nouveau. Trois mois après, il lui survint uri dépôt symptoraatique, qui s'ouvrit et dégénéra en fistule le cinquième mois. Vers la fin de l'année, il vint me consulter; je lui trouvai l'extrémité raccourcie d'un demi-pouce, cl tous les signes d'une carie dans la cavité colyloïde, sans déplacement du fémur, .le lui conseillai l'usage des moyens propres îi favoriser l'ankylose, et je ne l'ai plus revu.

. Obs. LXVI. — Coxalgie, suite de fatigue, allongement. Guérison complète1. — Geoffroy, vingt-neuf ans, venait de faire une route longue et pénible; depuis deux jours il ne s'était point arrêté, quoiqu'il sentît, vers la hanche gauche, une douleur qui enfin le mit hors d'état de continuer sa route. Entrée à l'hôpital, 20 avril 1855. Saillie du grand trochanter, élona galion bien imprimée, vive douleur à l'articulation; tels sont les signes <pii font reconnaître une inflammation de l'articulation coxo-fémorale.

Deux saignées dans le jour. Forte application de sangsues; cataplasmes; diète sévère. Lendemain et surlendemain, saignées ; le jour suivant, sangsues.

La résolution fut complète ; au sixième jour, plus d'allongement. Le malade sortit.

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