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CHAPITRE II

§ Ier. — Diagnostic de l'ankylose.

On reconnaît l'ankylose à l'impossibilité de faire exécuter des mouvements à l'articulation; mais il faut se garder de confondre avec l'ankylose l'immobilité qui est due à la contraction tétanique de tous les muscles qui environnent la jointure, et qui se remarque souvent dans les diverses périodes de l'affection.

11 ne faut pas non plus confondre cette maladie avec l'immobilité due à la réplétion considérable de la capsule articulaire par un liquide.

Dans ces deux circonstances, il est toujours possible, en variant les explorations, d'arriver à reconnaître quelques mouvements dans l'article.

Il n'est pas toujours facile de distinguer l'ankylose complète de celle qui ne l'est pas, distinction essentielle cependant, puisqu'elle sert de guide dans le traitement de la maladie. La plus légère mobilité suffit, il est vrai, pour établir que la maladie est incomplète, et, d'autre part, dans l'ankylose complète, le membre reste dans une immobilité parfaite au niveau de l'articulation soudée.

Néanmoins, il ne faut pas croire que l'ankylose soit complète, et par conséquent incurable, dans tous les cas où l'arli] culation a perdu tout mouvement. La rigidité des ligaments e! des muscles suffisent, en effet, dans quelques cas, pour empâl

cher tout mouvemenl dans l'articulation. Ainsi, pour établir le diagnostic de ces diverses espèces d'ankylose', il faut s'aider de la connaissance exacte des maladies qui les ont produites, de l'ancienneté de l'affection, etc.

Obs. XC. — Contraction musculaire simulant une ankylose1. — La Cuisse était maintenue fléchie sur le bassin avec une telle force, chez un enfant affecté de coxalgie, que des praticiens habiles crurent à l'existence d'une ankylosè. On aurait soulevé tout le corps en appuyant sur le fessier plutôt que de changer les rapports de ces os avec la cavité cotyloïde. Des questions adressées au malade, et qui fixèrent son attention sur un objet él ranger à sou affection, permirent d'étendre la cuisse avec facilité, jusqu'au moment où, s' apercevant de ce mouvement, l'enfant reprit brusquement sa première position.

§ IL — Diagnostic des déformations articulaires.

Lorsque dans l'articulation coxo-fémorale les surfaces osseuses ne sont ni soudées, ni séparées, il peut se faire, avons-nous dit, qu'elles soient déformées, éburnées, etc. 11 est difficile, sur le virant, de reconnaître les diverses nuances qu'elles peuvent offrir, mais on peut les soupçonner à la difficulté et au peu d'étendue des mouvements, lorsque déjà la maladie première est fort éloignée, à la crépitation rude que produisent les mouvements dans la profondeur de la cuisse.

$ UL • — ■ Diagnostic de la Inxalion.

Avant que les chirurgiens connussent les moyens de distinguer les déformations réelles des déformations apparentes, la simple flexion du membre avec adduction et rotation en dedans, (|ni caractérise la seconde période de la maladie, était considérée comme un signe positif de la luxation. Aussi rien n'était-il plus commun que la luxation de la cuisse dans la coxalgie, à tel point même qu'on donnait à celle maladie le nom de luxation spontanée. Ces) ainsi que nous voyons Boyer établir deux périodes dans la coxalgie : la première, étendue depuis l'origine de la maladie jusqu'à la luxation; la seconde, depuis le moment où la tête

1 Bérard, Thèse sur le diagnostic dans les maladies chirurgicales, p. 107. m. i. 25

de l'os abandonne la cavité colyloïclc jusqu'à la terminaison.

Larrey s'est élevé fortement contre cette manière de voir, et son opinion est actuellement partagée par un grand nombre de chirurgiens. Quoi qu'il en soit, la mensuration exacte, d'après les préceptes que nous avons posés, nous permettant d'arriver à un diagnostic assez précis de l'allongement ou du raccourcissement réel, il nous sera presque toujours possible de spécifier l'existence ou la non-existence de la luxation. Il peut arriver que les luxations traumatiques, les fractures du col du fémur, longtemps après l'époque où elles ont eu lieu, en imposent aux chirurgiens pour une luxation spontanée; mais les renseignements fournis par le malade sur l'histoire de son affection, et l'examen du membre, sur lequel on ne remarque aucune trace de suppuration, permettront d'arriver le plus souvent à un diagnostic exact.

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