OBSERVATION XV
Lipôme volumineux du flanc (/anche . — Extirpation.
M... Berthe, quarante ans, entrée le 25 novembre 1874, salle Sainte- Marthe, n° 67.
Entre les fausses côtes et la crête iliaque du côté gauche, existe une tumeur du volume de la tête, qui a débuté il y a vingt ans. La peau qui la recouvre est lisse, sans adhérences sillonnée par quelques veines dilatées. La tumeur est manifestement Jobulée et présente la consistance lipomateuse.
La circonférence de la tumeur, mesurée à son point d'implantation, est de 36 centimètres; de ce point au sommet il y a une distance de 25 centimètres.
Opération le 27 novembre, il suffit de placer quelques pinces sur la peau et au fond de la plaie pour obtenir l’hémostase ; les dernières seules sont laissées en place jusqu’à la visite du soir et ramenées au dehors par la partie inférieure de la plaie laissée ouverte, tandis que la partie supérieure était réunie par trois ou quatre points de suture. La cicatrisation fut notablement retardée par un érysipèle qui envahit la plus grande partie du tronc, cependant la malade sortit guérie le 3 janvier.
Les lipomes étant le plus souvent faciles à énucléer et peu vasculaires ne nécessitent généralement pas l’emploi d’un grand nombre de pinces. Nous avons cru cependant devoir rapprocher cette observation des précédentes, à cause du volume et du siège de la tumeur.
DE LA FORCI PRESSURE
II. — Opérations sur les membres : Désarticulations, Amputations. — Plaies des gros vaisseaux.
Dans les amputations qui ont été pratiquées pendant l’année 1874, à l’hôpital Saint-Louis, par M. Péan ou par nous, nous n’avons pas d’ordinaire laissé les pinces sur les vaisseaux après l’opération, nous les avons remplacées par des ligatures, afin de pouvoir appliquer immédiatement le pansement ouaté. On verra, par le fait qui suit, qu’il est cependant facile d’obtenir l’hémostase définitive au moyen de ces instruments, même lorsqu’il s’agit des vaisseaux principaux d'un membre. Dans les cas de dégénérescence athéromateuse et calcaire, comme celui auquel nous avons eu affaire, cette manière d’agir sera même infiniment supérieure aux différents procédés qui ont été imaginés pour remplacer alors la ligature tels que l’introduction dans le vaisseau d’une boulette de cire ou d’un morceau de bougie, comme le conseillaient Roux et Dupuytren, et l’interposition d’un morceau de sparadrap entre le fil et la paroi artérielle, ainsi que le recommandent encore quelques chirurgiens. Du reste, l’efficacité des pinces pour déterminer l’oblitération des gros vaisseaux n’est pas douteuse, ainsi que le démontrera une observation de plaie avec hémorrhagie des vaisseaux fémoraux combattue avec succès par ce procédé.
Carie du calcanéum.