AVANT- P R 0 PO S
Pendant notre année d'internat à l'hôpital Saint-Louis, dans le service de M. le docteur Péan, nous avons assisté à un très-grand nombre d’opérations à la suite desquelles nous n’avons jamais vu ce chirurgien faire la ligature ou la torsion des vaisseaux divisés, ainsi que cela se pratique dans la plupart des services hospitaliers.
Pour obtenir l’hémostase, M. Péan saisit les vaisseaux avec des pinces spéciales, dites pinces hémostatiques , qu’il se borne à laisser dans la plaie pendant quelques minutes ou quelques heures au milieu des pièces du pansement. La simple compression exercée par ce moyen sur les orifices vasculaires, suffit à en déterminer l’oblitération définitive. Sans doute, ce n’est pas d’aujourd’hui que les pinces sont appliquées à l’hémostase, et cet usage a probablement une origine aussi reculée que celle des pinces elles-mêmes. Mais, jusqu’à nos jours, les chirurgiens n’avaient eu recours à cette pratique qu’accidentellement pour arrêter des hémorrhagies que tous les autres moyens avaient été impuissants à combattre. — C’était en quelque sorte un expédient ultime auquel ou attachait si peu d’importance qu’il n’est