AVANT-PROPOS
même pas signalé dans les traités de chirurgie les plus complets. Dans ces dernières années cependant, plusieurs chirurgiens ont préconisé l’emploi des pinces dans les opérations, mais seulement pour faire de l’hémostasie temporaire, et suppléer à l’absence d’aides suffisamment exercés. — Dans ce but, MM. Sédillot et Legouest ont conseillé de petites pinces à ressort croisé qui s’ouvrent par pression latérale, et se referment spontanénent(l). Follin recommande les mêmes pinces lorsque, dans une opération longue et grave, on veut s’opposer momentanément à l’hémorrhagie sans s’arrêter à faire des ligatures (2).
Ces pinces ne sont autre chose que les serres-fines modifiées de Vidal de Cassis, dont ce chirurgien avait déjà recommandé l’emploi, « dans les cas où la ligature et les autres hémostatiques étaient d’une application trop longue, trop difficile et d’une efficacité douteuse (3) ». Malgré ces avantages, cette méthode était peu employée (4) et réservée exclusivement pour l’extirpation des tumeurs volumineuses. Une fois l’opération terminée, on retirait les pinces après avoir jeté au préalable des ligatures sur tous les vaisseaux pouvant encore saigner (b).
Aucun des auteurs que nous venons de citer ne donne le conseil de laisser les pinces dans la plaie jusqu’à ce que l’hémostase définitive soit obtenue.
(1) Sédillot et Legouest, TV. de méd. opér., àc édit.
(2) Follin et Duplay, Tr. de pafh. ext., t. II.
(3) Vidal de Cassis, Tr. depath. ext., 5e édit.
(4) Dans l’article Hémostasie du Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, M. le docteur Després n’y fait aucune allusion et ne conseille l’emploi des serres-fines que pour arrêter le sang d’une petite plaie des muqueuses, ou d une piqûre de sangsue.
M. Jamain, dans la deuxième édition de la Palh. ext. de Nélaton, dit que les doigts d'un aide sont suffisants comme moyen hémostatique provisoire dans les opérations.
(5) Sédillot et Legouest, loco citato.