DIX-HUITIÈME OBSERVATION
Monomanie ambitieuse. —Abcès scrophuleux. — Diar^ rbée. — Mort, — ^itérations dicerses.
Anne Perler, veuve Bompar, âgée de ^8 ans, entra dans la maison le g mai 1823. Elle était petite et éminemment lymphatique ; é dentée ,
ibrt laide et dans la plus grande indigence , «lie se croyait belle , riche et puissante. 11 lui survint des abcès scrophuleux sur tout le corps ; elle eut des douleurs rhumatismales , et fut me-r »acée plusieurs fois d'hydro thorax: rien ne put altérer le contentement qu'entretenaient ses idées favorites ; elle resta toujours gaie et babiUarde ; sa langue était parfaitement libre. Pendant l'été de i8:$8, une diarrhée assez forte survint, et la mort s'ensuivit, le 36 juillet,
Xfécropsie faite vingUquatre heures après la mort.
Tête, Crâne comme divisé en deux parties presque égales, l'une antéiieure et l'autre postérieure, mince et cédant facilement sous la scie. Arachnoïde un peu épaissie et grisâtre , offrant plusieurs points de suppuration dans la partie supérieure des hémisphères cérébraux, ge détachant sans peine avec la pie-mère , de toutes les parties , excepté de la circonvolutioa gupérieure et moyenne, correspondant à la fosse pariétale gauche , assez exactement dans le lieu où Gall avait placé la protubérance de la valiité ; là elle e§t unie au cerveau , qui est ra- ?nolU , diîïluant , sur une étendue d'un pouce 4â diamètre et d'une ligne de profondeur. Alî^ération semblable dans l'hémisphère opposé, 'M^k P^^ l'^gèrç et pl^cge tfiei^ plus ¥çr$ la^
partie externe. Ventricules latéraux a peine di-» l^tés , contenant peu de se'rosité.
Thcrax. Adhérences des poumons avec la plèvre ; que^ues tubercules dans leur partie inférieure.
Abdomen. Traces d'inflammation dans tout le tube intestinal.
J'ai réuni ces quatre observations à dessein , pour montrer combien il est inexact de dire que la paralysie des aliénés et la monomanie ambitieuse marchent toujours ensemble. Chez Bî. S. , elles étaient en effet simultanées ; chez Vidal, au contraire , la paralysie était seule, et s'il émit quelques idées nettes , on peut assurer qu'elles ne roulèrent ni sur la fortune ni sur la puissance ; enfin , Jacques T. et Anne Périer présentèrent seulement la mpnomanie ambi-! tieuse sans aucune trace de paralysie. Je le répète donc , et c'est pour n'y plus revenir, ces deux maladies se montrent souvent ensemble , mais souvent anssi elles existent isolément.
Si l'on voulait remonter jusqu'à leur cause première, on pourrait penser, aupremier abord, qu'elles sont dues à une seule et même affection , qui porte son action sur la membrane séreuse du cerveau: il est certain du moins, que toutes les observations publiées sur ce sujet, et toutes celles que j'ai recueillies , signalent V^^ais^isf épient , |>'opacité de l'arachnoïdç §t
l'épanchement de sérosité, soit entre les Circonvolutions , soit dans les ventricules latéraux ; mais un plus mùr examen fait abandonner cette opinion. D'abord , l'étude des causes et celle du traitement ne nous apprennent rien à cet égard, les causes et le traitement de la monomanie ambitieuse et de la paralysie générale n'ayant rien de spécial ; ensuite , les altérations cadavériques désignées ne donnent pas de ré-, sultats plus satisfaisans , car elles varient beaucoup dans leurs degrés et existent sur presque tous les sujets morts dans un état d'aliénation mentale, quelle qu'en fût la natui'e; enfin, elles se présentent assez souvent sur des sujets' morts sans avoir jamais été aliénés. Je puis en citer un exemple frappant : on m'envoya , en 1826, le cadavre d'un homme mort au dépôt de police , dans le service de M. le professeur Delmas ; nous en fîmes l'autopsie en même temps que celle d'un aliéné , mort atteint de monomanie ambitieuse et de paralysie générale,et no«s trouvailles sur les deux les altération» désignées plus haut: elles étaient portées même, à un plus haut degré sur le sujet venu du dépôt de police , quoiqu'il fut bien prouvé qu'il avait conservé toute sa raison jusqu'à ses derniers momens. Cette proposition n'est donc pas plus^ admissible que la précédente; et la paralysie générale tt la monomanie aiiibitieuse restenS deux maladies bien distinGteSg