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II. — Nous avons représenté le sarcocèle syphilitique

comme une lésion exclusivement limitée au testicule et à l’épididyme. Or, en quelques cas exceptionnels (je puis les dire exceptionnels , tant ils sont rares), on a trouvé le canal défèrent coïncidemment infiltré, doublé, triplé même de volume, s’étendant du testicule jusqu’à l’aine sous forme d’un cordon remarquablement dur, mais régulier de surface, non bosselé, non moniliforme (comme l’est le canal déférent affecté de tubercules), et comparable, comme sensation perçue par le toucher, à une baguette de fusil. M. Hélot a signalé le premier, je crois, cette intéressante particularité (1). Je n’en ai encore observé qu’un seul exemple pour ma part.

III. — Disons encore qu’en certains cas, également rares, on a observé l’ induration syphilitique du testicule sans hypertrophie. On a vu des testicules affectés par la syphilis présenter des noyaux durs d’hyperplasie conjonctive et plus tard scléreuse, sans jamais avoir offert de tuméfaction appréciable.

IV. — Signalons enfin la possibilité de coïncidences pathologiques, venant imprimer à la lésion une allure symptomatologique plus ou moins différente. C’est ainsi qu’on a vu coexister avec le sarcocèle syphilitique des affections d’un tout autre ordre, telles que épididymite ou funiculite blennorrhagique, épididymite tuberculeuse, kystes de l’épididyme, gommes du scrotum, etc. Ce sont là des cas bizarres et rares qu’il suffit de mentionner.

Marche. — Lenteur d’évolution et possibilité d’un état stationnaire très-longtemps prolongé, voilà en quoi se résume au total la marche ultérieure de l’affection.

Sourdement et insidieusement préparé par l’hyperplasie originelle, le sarcocèle parcourt ses phases ultérieures

(t) Mémoire sur le testicule syphilitique, in Journal de Chirurgie, par M. Malgaigne, 1846. — D’après M. Hélot, l’hypertrophie du canal déférent i ne s’observerait pas dès le début de l’affection; on ne la verrait survenir qu'alors que la tumeur a déjà un volume considérable. »

avec la même allure qu’à son début, c’est-à-dire en conservant les caractères d’une dégénérescence froide et indolente. Ces phases ultérieures, de plus, il ne les parcourt que lentement, très-lentement. Une fois confirmé, il persiste; et des mois, des années même peuvent s’écouler (à sup poser que le traitement n’intervienne pas) sans qu’un changement notable se produise dans l’état apparent de la lésion. Il n’est pas rare, par exemple, de rencontrer des sarcocèles qui, datant d’un an, de deux ans et même davantage, se présentent encore avec l’ensemble des attributs qui caractérisent la lésion bien plus jeune, la lésion telle qu’on l’observe après quelques mois seulement de formation. — En un mot, le sarcocèle syphilitique, une fois constitué, reste longtemps stationnaire.

Ajoutons de plus, comme autre caractère (caractère négatif, il est vrai, mais non moins important pour cela à spécifier ici), que la lésion est d’essence /ùcepar excellence. Elle affecte originairement le testicule seul ou le testicule avec l’épididyme ; eh bien, ultérieurement, elle reste confinée au testicule et à l’épidydime. Il est exceptionnel, comme nous l’avons vu, quelle s’irradie vers le cordon. Jamais elle ne se propage à d’autres organes, tels que les vaisseaux sanguins, les lymphatiques, les ganglions; jamais elle n’envahit la prostate et les vésicules séminales, comme le fait si fréquemment au contraire la dégénérescence tuberculeuse des mêmes organes.

Durée. — Comme conséquence naturelle de ce qui précède, le sarcocèle de la vérole n’a pas de durée définie.

Onrencontre des sarcocèles syphilitiques de tous les âges. Au delà d’un certain temps, néanmoins, la lésion ne se présente plus telle que nous venons de la décrire, mais modifiée d’aspect et de caractères, comme nous allons le voir.

Terminaisons. — Les terminaisons auxquelles aboutit le sarcocèle syphilitique sont essentiellement variables, suivant l’intervention ou l’absence du traitement spécifique.

Si le traitement spécifique est mis en œuvre d’une façon opportune, les lésions qui constituent le sarcocèle jeune ou même le sarcocèle confirmé s’amendent et guérissent. L’hypertrophie épididymo-testiculaire diminue, disparaît, et l'organe reprend son volume normal. De plus, les duretés nodulaires ou les infiltrations en plaques se ramollissent , se résorbent littéralement (car il n’en reste pas de traces), et l’organe revient à sa consistance physiologique. Les troubles physiologiques, s’il en existait, s’atténuent parallèlement et s’effacent. La guérison est donc ou peut donc être complète, absolue.

Je dirai plus. Cette guérison est facile, très-facile, si l’art n’intervient pas trop tardivement. Il est peu de manifestations syphilitiques, en effet, qui soient plus aisément justiciables du traitement spécifique que celle dont nous parlons actuellement. Il en est peu qui, sous l’influence de ce traitement, rétrocèdent avec une rapidité égale. Heureux le médecin consulté pour un sarcocèle syphilitique, car c’est là pour lui un succès assuré et un succès brillant. La tumeur semble, sous ses ordres, fondre à vue d’œil. On compterait certes les maladies où l’art exerce sur des lésions anatomiques une modification aussi rapide et aussi complète.

Si, au contraire, l’art n’intervient pas, que devient le sarcocèle syphilitique ? D’abord il persiste ; il persiste longtemps, sans modifications appréciables (1). Puis il se sclérose et s’atrophie.

Comment se fait cette atrophie? Anatomiquement nous le savons déjà, et je vous renvoie sur ce point à ce que nous avons dit précédemment. Au point de vue clinique, la chose est plus simple encore. Cette atrophie ne s’accuse par rien. Elle se produit d’une façon absolu-

(1) Certains auteurs ont parlé de la n résolution spontanée » du sarcocèle syphilitique. Si cette résolution spontanée est possible, elle doit être bien rare, car elle est ep contradiction avec tous les faits d’observation journalière. Je déclare n'en avoir jamais observé d’exemple pour ma part.

ment latente. Aucun symptôme spécial' ne s’ajoute à ceux qui caractérisent l’aifection confirmée; aucun indice ne présage la phase nouvelle où va s’engager la lésion.

Est-elle même accomplie, cette atrophie peut rester encore latente pour le malade, si elle n’est que monotesticulaire, ou si elle n’est que partielle tout en intéressant l’une et l’autre glande. Car, dans ces deux cas, le sens génital se conserve assez bien pour que la lésion passe souvent inaperçue.

L’atrophie, au contraire, porte-t-elle sur les deux testicules, et est-elle assez étendue pour que la substance séminifère soit presque anéantie, l’exercice des fonctions génitales se trouve alors très-sérieusement compromis.

Frigidité, impuissance relative et infécondité, telle est la triple résultante de cette grave lésion ; — frigidité, c’est-à-dire diminution des désirs vénériens ; — impuissance relative, c’est-à-dire érections rares, difficiles, incomplètes; — infécondité, c’est-à-dire incapacité de reproduction due à la disparition des spermatozoïdes.

L’intensité de ces troubles fonctionnels se mesure à la diminution du champ testiculaire. Il s’en faut, cependant, et de beaucoup, que le mal aboutisse fréquemment à la perte absolue du sens génital , alors même que la lésion est bi-testiculaire et a été abandonnée à son évolution propre, sans traitement. Presque toujours cette perte n’est qne partielle, et il est infiniment plus fréquent de rencontrer des malades chez lesquels la fonction génitale s’est seulement amoindrie à des degrés divers, que des malades chez lesquels elle s’est éteinte absolument. Chose même assez remarquable autant que peu remarquée, il n’est pas rare d’observer un contraste réel entre l’atrophie apparente des testicules et une conservation relativement inattendue des fonctions génésiques. J’ai vu maintes fois, de la sorte, des malades qui n’avaient plus pour ainsi dire que des moignons de testicule, conserver néanmoins l’exercice possible des fonctions sexuelles, c’est-à-dire conserver Y appétence génitale et

— al-

la faculté d’y satisfaire. Il faut véritablement, je crois, que le testicule soit anéanti , qu’il ne reste plus vestige de la substance séniinifère, pour que le malade soit complètement privé d’érections et absolument impuissant.

Enfin, en quelques cas de ce genre, cas excessivement rares, et qu’il faut citer seulement à titre de curiosités, on a vu l’atrophie des organes génitaux consécutive à la syphilis retentir sur l’ensemble de l’économie, modifier l’habitus extérieur comme chez les castrats,

eulever à tout l’être les attributs de la virilité, et lui imprimer inversement les caractères du sexe féminin.

Ainsi, M. le docteur Lejeal dit avoir observé un jeune homme de 25 ans chez lequel , consécutivement à une syphilis grave, les testicules s’étaient réduits au volume de ceux d’un tout jeune enfant ; la voix de ce malade avait pris le timbre d’une voix de femme ; son corps s’était chargé d’un embonpoint considérable; tout désir vénérien avait absolument disparu (1). De même, un malade de Vidal, qui, à la suite d’une syphilis des plus rebelles, était affecté d’une atrophie complète des organes génitaux, offrait un ensemble d’attributs rappelant tout à fait les caractères du sexe féminin : « Sa peau était partout d’une blancheur -et d’une finesse remarquables ; ses membres autrefois très-musclés avaient des formes arrondies, sans aucune des saillies musculaires propres au sexe masculin ; les chairs étaient partout flasques ; les extrémités étaient petites et d’une forme féminine ; la poitrine, comme l’abdomen, était couverte de tissu cellulo-adipeux, la voix était faible, aigre plutôt qu’aiguë; la verge offrait les mêmes dimensions que chez un enfant de 10 à 12 ans; elle était constamment flasque; aucune érection n’avait eu lieu depuis longtemps, et les désirs vénériens étaient complètement éteints (2). »

(1) Du sarcocèle syphilitique, Thèse de Paris, 1855.

(2) Annales des maladies de la peau et de la syphilis publiées par Cazenave t. I, p. 180.

Résorption du tissu morbide, c’est-à-dire guérison, ou. bien atrophie du testicule, tels sont les deux seuls aboutissants du sarcocèle syphilitique. La lésion ne connaîtpas d’autres modes de terminaison. On a bien dit qu’elle pouvait se terminer par des dégénérescences d’autre genre, telles que dégénérescence cartilagineuse, calcaire, osseuse, tuberculeuse, cancéreuse, etc. ; mais aucun fait sérieux ne légitime de telles assertions. Ce qui est vrai, seulement, c’est que, consécutivement au sarcocèle syphilitique, on a vu parfois le testicule devenir le siège de lésions d’un autre ordre. Ainsi, par exemple, M. Ricord a relaté le fait d’un malade qui; guéri d’un sarcocèle syphilitique, présenta six mois plus tard un encéphaloïde du même testicule. J’observe actuellement un cas tout à fait identique sur l’un de mes clients qui, à peine délivré d’un sarcocèle syphylitique, fut affecté d’un cancer de la pire espèce dans le testicule que venait de quitter la vérole. Mais de tels faits, remarquez-le bien, Messieurs, ne démontrent rien moins que la dégénérescence du sarcocèle syphilitique en cancer. Ils établissent simplement ce fait d’ailleurs incontesté, à savoir que le cancer peut se produire sur des sujets syphilitiques et sur des organes préalablement touchés par la syphilis. Tout au plus donneraient-ils à croire — et ceci, je l’admettrais bien volontiers, — qu’un viscère éprouvé parla syphilis devient par cela seul plus facilement accessible à d’autres influences morbides, notamment aux prédispositions diathésiques que l’organisme peut contenir en puissance.

Ajoutons enfin, comme trait négatif, que la suppuration n’est jamais un mode de terminaison du sarcocèle syphilitique. Sur ce point, la science est absolument fixée par de très-nombreuses observations. De l’aveu presque

général, jamais le sarcocèle syphilitique, sauf complications

ou coïncidences pathologiques, ne se termine par abcès. A priori, cela pouvait être annoncé théoriquement. Comment en effet une affection aussi aphlegmasique,

aussi indolente, aussi froide que celle dont nous parlons actuellement, pourrait-elle aboutir à déterminer la formation d’un foyer inflammatoire et purulent? Cela n’est, pas dans la nature des choses; cela n’est pas dans Intendance de l’état pathologique. De par l’expérience enfin, cela n’est pas. — Donc, pas de suppuration à la suite de la variété du sarcocèle syphilitique que nous venons de décrire, voilà le fait, voilà le point essentiel à enregistrer. Et c’est là ce que M. Ricord a eu le mérite d’établir le premier en disant : « L’albuginite est une lésion essentiellement plastique, qui n’a rien à voir avec l’inflammation, non plus qu’avec la purulence, attribut le plus essentiel et expression la plus élevée des processus inflammatoires. »

3° Sarcocèle gommeux.

L’histoire de cette troisième forme de sarcocèle syphilitique est encore très-peu avancée. Nous ne connaissons guère aujourd’hui le sarcocèle gommeux que comme lésion anatomique, et ce que nous en savons même sur ce point laisse beaucoup à désirer, comme vous allez le voir.

Les lésions véritablement gommeuses du testicule s’observent presque toujours associées à celles de la forme précédente, c’est-à-dire de la forme plastique. Il est bien plus rare qu’elles se produisent isolément, et de là résulte en partie que nous soyons si peu édifiés sur leur histoire clinique particulière.

Elles se montrent sous deux formes : forme circonscrite et forme diffuse.

I. La forme circonscrite, de beaucoup la plus commune, consiste simplement en ceci : des dépôts gommeux se produisant dans le testicule ou l’épididyme, et généralement au sein de l’hyperplasie conjonctive, au sein des callosités cellulo-fibreuses qui constituent le

sarcocèle plastique. — Ces dépôts résident le plus souvent dans la substance testiculaire; parfois, on en a observé jusque dans l’épaisseur de l’albuginée. — Ils sont plus ou moins nombreux. Quelquefois, on n’en rencontre qu’un seul, isolé; plus souvent, on en trouve plusieurs, trois, six, huit, dix, soit nettement distincts et indépendants, soit réunis en groupes au voisinage les uns des autres, ou même fusionnés, confondus. — Leur volume est variable depuis la dimension d’une tête d’épingle jusqu’à celle d’une cerise; celui qu’ils affectent le plus souvent peut être comparé à un pois. — Comme aspect, ils se présentent sous forme de noyaux arrondis ou anguleux, homogènes, fermes, jaunes, secs à la coupe, et somme toute assez semblables au tubercule vulgaire. — Histologiquement enfin, leur composition est celle de toutes les gommes.

IL Forme diffuse ou infiltrée. — Cette forme n’est, à vrai dire', qu’une variété de la précédente. Elle est simplement constituée par une prolifération gommeuse qui, au lieu d’être nettement circonscrite, infiltre sans limites précises la substance testiculaire.

Eile se présente, du reste, avec tous les caractères, avec tous les attributs objectifs des gommes circonscrites.

Elle affecte des portions variables du testicule. Tantôt elle se circonscrit à un seul segment de l’organe, tantôt elle en occupe plusieurs segments à la fois. On l’a vue s’étendre à une portion considérable du testicule. M. Lancereaux cite même un cas dans lequel tout le testicule, du volume d’un gros œuf de poule, était devenu le siège d’une infiltration de ce genre. Le parenchyme de tout l’organe, dit-il, était « uniquement constitué par un produit nouveau, sans canalicules spermatiques, assez analogue comme aspect à un jaune d’œuf bien cuit. »

Telle est anatomiquement la variété gommeuse du

sarcocèle syphilitique, et là se borne ce que nous en savons de plus précis quant à présent.

Quels symptômes caractérisent spécialement cette forme de lésion? Cela, nous l’ignorons encore. Et nous l’ignorons surtout, je le répète, parce que les produits gommeux ne s’observent le plus souvent qu’en compagnie des callosités plastiques qui caractérisent la forme précédente, et parce que de la sorte les symptômes de la la gomme testiculaire, proprement dite, disparaissent au milieu de ceux du sarcocèle scléreux.

11 en est de même pour l’évolution ultérieure de ces produits gommeux. Que deviennent-ils, quelles transformations successives sont-ils appelés à subir, alors qu'ils sont abandonnés à eux-mêmes? Peuvent-ils, en se ramollissant, s’ouvrir une voie à travers l’albuginée et les enveloppes du testicule? Tout cela nous échappe presque complètement et nous échappera sans doute longtemps encore, par la bonne raison que nous ne laissons pas à ces lésions, facilement curables en général, la liberté de suivre leur évolution complète. Un sarcocèle syphilitique étant reconnu ou suspecté seulement, nous le traitons et nous le guérissons presque à coup sur; partant nous en perdons, au grand bénéfice des malades, l’histoire pathologique ultérieure.

Cependant nous ne sommes pas sans quelques données probables sur les accidents auxquels peuvent donner lieu ces productions gommeuses non traitées. Et même, d’après quelques faits cliniques bien observés, nous sommes autorisés à croire dès aujourd’hui que les gommes testiculaires ou épididymaires affectent l’évolution de toutes les autres gommes, c’est-à-dire aboutissent à se ramollir, à ulcérer les parties ambiantes, et finalement à se frayer une voie au dehors.

11 est très-vraisemblable, par exemple, que les gommes épididymaires sont l’origine de certaines /istules qu’on voit se produire parfois au niveau de l’épididyme, et qui, traitées par l’iodure de potassium, guérissent avec

une rapidité significative. M. le Br Bertholle a relaté, à ce propos, un fait des plus probants, qui se résume sommairement en ceci :

Un malade, syphilitique depuis vingt ans, était affecté de deux fistules épididymaires, en même temps que de deux périostoses humérale et cubitale. Ces fistules, non traitées, remontaient à une année, et elles étaient restées absolument stationnaires depuis ce temps; soumises au traitement spécifique (frictions et iodure), elles se fermèrent en sept semaines, en même temps que guérissaient parallèlement les périostoses (1).

De même aussi certains fongus testiculaires ne dérivent, suivant toute vraisemblance, que de gommes testiculaires ayant abouti à ulcérer l’albuginée et les enveloppes des bourses. Dans un très-intéressant mémoire dont je vous recommande la lecture (2), M. Rollet a nettement établi que ce qu’on appelle le fongus bénin n’est, en certains cas, « qu’une phase éloignée de l'orchite syphilitique. » Et quelques observations ulus récemment publiées confirment absolument cette manière de voir.

Plusieurs fois en effet on a vu se produire, à la surface de tumeurs testiculaires qu’on était autorisé à considérer comme syphilitiques, le curieux processus que voici :

Sur un segment circonscrit de la tumeur, travail inflammatoire manifeste et d’autant plus remarquable qu'il avait été précédé d’une longue période aphlegmasique; rougeur des parties, sensibilité à la pression, adhérence des téguments aux tissus profonds, etc.; — puis, ulcération progressive des tuniques scrotales; perte de substance à progrès excentriques; — à travers l’ouverture cutanée constituée de la sorte, issue d’une sorte de végétation fongueuse, proéminant chaque jour de plus en

(1) Union médicale, 1868, t. I, p. 57.

(2) . Du sarcocèle fongueux syphilitique, in Recherches cliniques et cT})èiâ mentales sur la syphilis, Paris, 1861.

plus à la façon d’un viscère qui fait hernie dans un orifice; — et finalement, après un temps variable, hernie véritable d’une tumeur volumineuse, mesurant jusqu’à 5 et 6 centimètres de long sur 3 à 5 de large; tumeur d’aspect fongueux et qualifiée pour cela du nom de fongus ; tumeur ferme, élastique, rouge de surface, granuleuse, tapissée par une sorte de membrane analogue à une couche de bourgeons charnus, et sécrétant en faible quantité un pus crémeux, jaunâtre, de bonne nature; tumeur arrondie de forme, comparable d’aspect soit à un chapeau de champignon soit à un chou-fleur épanoui, et se continuant par un pédicule rétréci avec ce qui reste de la glandé testiculaire à l’intérieur des bourses. M. Rollet fait remarquer avec raison que ce fongus n’adhère pas à la peau dans les points où il la touche; il ne fait que « reposer sur elle » ; et ce n’est, ajoute le même auteur, qu’en relevant ou en examinant les parties périphériques qu’on pourrait voir le centre de cette masse fongueuse se prolonger jusqu’au testicule à travers les membranes perforées.

Examinée anatomiquement et histologiquement, cette tumeur a présenté des particularités tout à fait significatives. On l’a trouvée composée d’un mélange de tubes séminifères, d’une matière jaune, identique d’aspect à la matière gommeuse, et de bourgeons charnus. Nul doute, en conséquence, que d’une part elle soit constituée par les éléments propres du parenchyme testiculaire ; nul doute, d’autre part, qu’elle soit constituée par ces éléments testiculaires dégénérés, et dégénérés par le fait d’une infiltration gommeuse.

Il est donc à croire, d’après cela, que les gommes testiculaires, en vertu d’un processus dont nous ignorons encore les détails, peuvent aboutir à perforer l’albuginée et les enveloppes scrotales, pour venir éliminer au dehors leur bourbillon gommeux, tout comme le font à la surface de la peau les gommes sous-cutanées. Dans cette manière de voir, le fongus testiculaire ne serait

rien autre qu’une gomme testiculaire chassée au dehors de Valbuginêe, et chassée de la sorte, suivant toute vraisemblance, par le fait d’une prolifération surabondante au sein d’un organe bridé par une tunique fibreuse rigide et inextensible.

Ce qui confirme encore cette interprétation , c’est qu’en certains cas on a vu le fongus testiculaire d’origine syphilitique diminuer de volume , se ratatiner et même se résorber sous l’influence du traitement spécifique. De cela témoignent quelques observations récentes non contestables.

Concluons en disant : L’affection dite fongus bénin du testicule n’est rien autre, en certains cas, qu’une gomme testiculaire expulsée des bourses.

Nous en avons fini actuellement, Messieurs, avec la partie anatomique et clinique de notre sujet. Comme complément de cet exposé, quelques mots me restent à ajouter sur le pronostic, le diagnostic et le traitement des diverses formes de lésions que nous venons d’étudier.

Pronostic. Toute la question pronostique se résume dans les deux propositions que voici :

D’une part, le sarcocèle syphilitique (réserve faite pour la forme que nous avons qualifiée du nom d’épididyme secondaire) est une lésion sérieuse, localement grave, conduisant presque inévitablement, en l’absence d'un traitement approprié, soit à une atrophie partielle du testicule, soit à une atrophie étendue ou même générale ; et de là, comme conséquences physiologiques, diminution proportionnelle ou abolition de la puissance virile et de la faculté reproductive;

Mais d’autre part, hâtons-nous d'ajouter ce second terme, le sarcocèle syphilitique est une lésion qui guérit merveilleusement, 'miraculeusement , sous l’influence de

la médication dite spécifique. Je dirai même : c’est une lésion qui. traitée comme je vous l’indiquerai dans un instant, guérit toujours, guérit à coup sur. Je déclare que, pour ma part, je n’ai pas jusqu’à ce jour rencontré un seul cas de sarcoc.èle syphilitique rebelle, réfractaire au traitement spécifique, alors du moins que le traitement n’était pas appelé à intervenir dans une période trop avancée.

Et j’ajouterai encore : cette lésion guérit même quelquefois dans des conditions où l'on n'oserait espérer qu’elle dût guérir. Tout habitué qu’on puisse être aux prodiges que fait le traitement en pareille circonstance, il est des cas qui surprennent en dépassant toutes prévisions; il est des cas où le traitement produit ce qu’on ne supposerait pas qu’il pût produire. Deux exemples à l’appui de cette dernière assertion.

J’ai vu, avec mon collègue et ami le I)r Hayem, un malade affecté d’un double sarcocèle syphilitique que l’épithète d 'énorme peut seule qualifier. Un des testicules, le plus petit, offrait le volume d’une pêche, et l’autre celui d’un gros citron. Tous deux avaient une dureté ligneuse. Le début de la lésion, qui ne pouvait être rigoureusement précisé, ne remontait pas à moins de 6 ou 8 mois. J’avoue qu’à priori , se présentant dans de telles conditions, ce cas me parut singulièrement défavorable. Je pensais bien qu’il serait en notre pouvoir d'amender dans une certaine mesure une telle lésion, mais je n’avais guère, et mon collègue n’avait pas plus que moi, l’espérance de la guérir complètement. Eh bien, nos prévisions furent trompées, et nous eûmes la satisfaction de voir l’événement donner tort à notre pronostic. Ces deux énormes testicules, sous l’influence bienfaisante de l’iodure, revinrent à leur volume normal, normal, entendez-le bien, Messieurs, et la guérison fut absolue.

Second cas, non moins étonnant, mais d’une autre façon. Un malheureux malade dont je vous ai parlé

déjà, affecté d’un effroyable lupus naso-guttural qui avait détruit le palais avec le voile du palais et dévoré tout le pharynx, portait en plus (et cela depuis une époque indéterminée, mais lointaine) un testicule atrophié par la syphilis. Ce testicule offrait tout au plus le volume d’une très-petite noix ; il était de plus extraordinairement irrégulier de forme, et enfin il présentait au palper une dureté telle qu’on aurait pu sans grande exagération le comparer à un caillou. Or, contre mon attente encore, il arriva ceci, c’est que le traitement spécifique prescrit en vue du lupus (frictions mercurielles et iodure) exerça une action vraiment inattendue sur ce testicule rabougri et dégénéré. Ce testicule, assurément, ne reprit pas le volume qu’il avait perdu, mais il reprit une forme à peu près régulière ; et, ce qui est plus surprenant encore, il recouvra, partiellement pour le moins, sa souplesse physiologique.

Autre considération pronostique, qui ressort de tout l’exposé précédent et qu’il suffira de signaler d’un mot: le sarcocèle syphilitique est plus ou moins sérieux suivant la forme qu’il affecte. Ainsi, l’épididyme secondaire est à coup sur la forme la plus bénigne, celle qui expose aqx conséquences les moins graves, et qui se résout le plus facilement. — Le sarcocèle gommeux, inversement, constitue la forme la plus grave. Il expose aux dangers du fongus, lequel est toujours sérieux, lequel, non traité, aboutit à la perte du testicule, et, même avec l’assistance du traitement, entraîne nécessairement une perte plus ou moins considérable de la substance testiculaire.

Diagnostic. — Généralement facile. Il repose en effet sur toute une série d’éléments très-significatifs, à savoir : en premier lieu, antécédents spéciaux et coexistence fréquente d’autres accidents syphilitiques de caractère non douteux ; — puis, marche lente et particulièrement

insidieuse de l’affection ; — bilatéralité habituelle des lésions ; — caractères propres do la tumeur, laquelle est moyenne comme volume, régulièrement ovoïde comme forme, indolente et remarquablement indolente soit spontanément, soit à la pression ; laquelle surtout se distingue (signe presque pathognomonique) par ce blindage en surface ou ces nodosités pisiformes dont je vous ai parlé précédemment ; — et enfin, comme critérium ultérieur, action si rapidement résolutive du traitement spécifique, action si frappante, je vous le répète encore, qu’elle peut dans l’espèce servir de pierre de touche au diagnostic. — Grâce à cet ensemble de signes, le diagnostic peut en général (18 ou 19 fois sur 20 environ, pour fixer une moyenne approximative) être institué d’une façon aussi sûre que facile.

Et d’ailleurs, peu nombreuses sont les lésions qui pourraient ici donner le change.

Nul danger, d’abord, de confondre avec le sarcocèle syphilitique Y épididymite ou Y orchite blennorrhagique, affections essentiellement aiguës, inflammatoires, douloureuses, transitoires, se produisant à l’occasion d’un écoulement uréthral, etc., etc... — Une seule difficulté se présente quelquefois dans l’espèce. Elle est relative à certains cas dans lesquels on voit se produire sur un sujet syphilitique, à l’occasion d’une blennorrhagie intercurrente, une de ces épididymites subaiguës, indolentes, partielles, qui engorgent presque à froid la tête ou la queue de l’organe. Je me borne pour l’instant à vous signaler cette particularité, sur laquelle j’insisterai tout au long dans une autre série de conférences.

Le sarcocèle tuberculeux n’est guère plus difficile à différencier dans la grande majorité des cas. Et cela pour les raisons suivantes : il affecte surtout l’épididyme, bien plus souvent que le testicule ; — il l’affecte en y déterminant des infiltrations plus massives et plus noueuses, des bosselures plus sphériques et bien autrement considérables que les fines bosselures du sarcocèle

syphilitique ; — de plus, il intéresse fréquemment le cordon, et il l’intéresse en lui communiquant une forme noueuse toute particulière, dite moniliforme ; vous savez au contraire combien il est rare, disons mieux, combien il est exceptionnel que le sarcocèle de la syphilis se propage au cordon ; — il ne tarde pas à provoquer une phlegmasie périphérique, d’où l'ésultent des adhérences avec les bourses ; il ne tarde guère plus à suppurer, à déterminer un ou plusieurs foyers qui s’ulcèrent, pour dégénérer en autant de fistules persistantes, d’évolution remarquablement chronique ; — il ne se complique jamais d’hydrocèle, mais en revanche il retentit fréquemment, trèsfréquemment, sur la prostate et les vésicules séminales ; — il se montre réfractaire à la médication iodurée, qui exerce au contraire une action si rapidement modificatrice sur le sarcocèle spécifique, etc., etc...

De telle sorte que, tout compte fait, la véritable erreur, et je dirai presque la seule erreur à commettre ici (sans parler de quelques lésions d’ordre bien plus rare) consiste dans la confusion du sarcocèle syphilitique avec le cancer ou réciproquement.

Cette dernière erreur, Messieurs, il faut bien le dire, a été commise assez souvent. Elle était inévitable autrefois, alors que l’existence du sarcocèle syphilitique restait encore ignorée; elle n’a pu toujours être évitée même de nos jours.

Et d’une telle erreur, quelle est la conséquence? Cette conséquence, vous l’avez déjà nommée; c’est une castration inutile, c’est la perte d’un testicule que l’iodure aurait pu sauver. Or, plus d’une fois, sachez-le bien, des castrations ont été faites à la suite de méprises de ce genre. Dupuytren, Vidal, M. Ricord, et d’autres encore, en ont relaté des exemples que vous pourrez retrouver en compulsant divers recueils, et qui se résument presque toujours en ceci : un malade présente une tumeur d'un testicule; cette tumeur est diagnostiquée «maligne » et enlevée. Quelque temps après, nouvelle tumeur

se manifestant sur l’autre testicule, et reproduisant tout l’ensemble des caractères qu’avait offerts la précédente. Cette fois, un chirurgien plus habile ou le même chirurgien mieux inspiré prescrit le traitement de la vérole, et la tumeur guérit. — Est-ce assez dire si le diagnostic différentiel de ces deux ordres de lésions comporte un intérêt pratique considérable? Insistons donc sur ce diagnostic avec toute l’attention qu’il réclame.

Ce n’est pas assurément avec le cancer adulte ou vieilli, c’est moins encore avec le cancer ulcéré, que le sarcocèle syphilitique risque d’être confondu. Car, à cette époque avancée de son développement, le cancer se distingue aisément par certains caractères des plus frappants, tels que : volume considérable de la tumeur ;

— forme irrégulière de cette tumeur , présentant de fortes bosselures, de gros marrons; — ulcérations partielles; fongueuses, hémorrhagipares, ichoreuses, trèsdifférentes même du fongus simple comme aspect général.

Mais ce qui expose à l’erreur, c’est le cancer encore jeune, non ulcéré. A cette période, en effet, quelques caractères communs donnent aux deux affections qui nous occupent une certaine ressemblance objective. Les signes suivants serviront à les différencier.

Le cancer d’abord est toujours unilatéral. Je ne connais pas, a dit M. Nélaton, d’exemple de cancer ayant atteint simultanément les deux testicules; et, s’il existe, le double cancer des bourses est tellement rare qu'il doit être regardé comme une véritable curiosité pathologique.

— Vous savez que, tout au contraire, le sarcocèle syphilitique est fréquemment bilatéral.

Avec le cancer, douleurs lancinantes, souvent déterminées par la pression, le palper, l’exploration des bourses; — indolence absolue du sarcocèle syphilitique.

Avec le cancer : tumeur devenant rapidement plus considérable que ne l’est jamais le sarcocèle syphilitique (réserve faite toutefois pour la variété squirrheuse du

cancer, laquelle est très-inférieure comme volume à l’encéphaloïde) ; — tumeur de configuration bien plus irrégulière, présentant des bosselures bien autrement accentuées, bien « plus marronnées », que les nodosités pisiformes de l’albuginite ; — tumeur de consistance inégale, dure en certains points, et, au voisinage de ces mêmes points, parfois assez molle pour donner une sensation de fausse fluctuation; — tumeur ne présentant pas ces duretés en plaques ou en petits nodules saillants qui caractérisent le sarcocèle syphilitique d’une façon si formelle; — etc., etc...

Ces divers signes permettent, dans la grande généralité des cas, d’instituer le diagnostic différentiel des deux lésions. Parfois cependant l’absence de quelquesuns d’entr’eux ou le caractère indécis de quelques autres n’est pas sans créer un embarras réel. Parfois même, mais cela est rare, la question ne peut être l’ésolue par les seuls signes cliniques, et le médecin est forcé, pour se faire une opinion, de recourir à ce qu’on appelle l 'épreuve thérapeutique. C’est alors l’iodure de potassium qui doit être administré pour couper court à toute incertitude; c’est l’io dure, en pareil cas, qui devient le juge suprême, l’arbitre du débat.

Et, lorsqu’il est consulté dans cette intention, l'iodure ne tarde guère à rendre sa sentence. Dans un sens ou dans l’autre, il répond à court délai. Quinze jours ne sont pas écoulés, qu’on sait à quoi s’en tenir de par les résultats qu’il a ou qu’il n’a pas produits. Quelquefois même, la question est vidée avant ce terme, dès la fin de la première semaine. En tout cas, si après une quinzaine, après trois semaines au maximum, l’effet thérapeutique a été nul, on peut affirmer à coup sur que la tumeur n’est pas syphilitique. Sans doute encore, par excès de prudence, il est loisible de prolonger l’épreuve un certain temps, et d’insister plus énergiquement sur le remède. Il ne serait pas sans danger cependant d’excéder une certaine mesure, car avec le cancer les ins-

tants sont comptés, et différer outre mesure l’intervention chirurgicale risquerait de compromettre gravement les intérêts du malade.

L’administration empirique de l’iodure s’impose donc rigoureusement dans les cas où le diagnostic ne saurait être éclairé par les seules ressources de la clinique. Mais il y a plus. Elle est encore formellement indiquée dans tous les cas où la spécificité cancéreuse de la lésion testiculaire ne ressort pas avec une évidence absolue des signes fournis par la tumeur. Si peu qu’il y ait un doute ou l’ombre même d’un doute, si peu que subsiste l’incertitude la plus légère, la prudence commande d’interroger l’iodure avant de prendre le bistouri. Plusieurs fois, en effet, on a amputé des testicules qui, diagnostiqués

dûment cancéreux, ont été reconnus syphilitiques

quand il était trop tard. Avis aux praticiens. L’iodure est la sauvegarde contre la possibilité de semblables erreurs.

Traitement. Quelques mots suffiront sur le traitement, tant il est simple.

Vous le savez déjà, Messieurs, par ce qui précède, le vrai remède, le grand remède ici, c’est Viodure de potassium.

De l’aveu général, de par l’expérience commune, l’iodure est le remède par excellence à opposer aux diverses formes du sarcocèle syphilitique, notamment aux formes hyperplasique et gommeuse. C’est à lui que sont dues ces guérisons surprenantes dont je vous ai entretenus, doublement surprenantes et par l’intensité du résultat acquis et par la rapidité de l’action thérapeutique. Dès la première semaine du traitement, en général, déjà l’influence curative s’annonce d’une façon appréciable. Et, dans les cas moyens, trois, quatre, cinq semaines au plus, suffisent souvent pour rendre au testicule dégénéré et son volume normal et sa souplesse physiologique. (J est donc à l’iodure qu’il faut toujours avoir

recours, à toute période, contre toutes les formes de la maladie.

Le mercure, assurément, est loin d’être sans action sur le sarcocèle syphilitique. De nombreuses et probantes observations en feraient foi, au besoin. Mais, à part l’épididyme secondaire sur lequel il exerce une influence marquée, le mercure se montre ici très-inférieur à l’iodure. Il agit plus faiblement et plus lentement. Chose remarquable aussi et d’ailleurs remarquée par plusieurs médecins, il se montre d’autant moins puissant que la lésion est plus tardive, plus tertiaire, si j’ose m’exprimer ainsi. Modérément actif contre le sarcocèle d’une étape jeune encore de la diathèse, il ne jouit plus d’égales propriétés résolutives contre les sarcocèles qui se développent au cours d’une vérole vieillie. On l’a vu notamment rester « assez inactif » contre le fongus gommeux testiculaire.

Dans ces conditions, inutile donc de s’adresser au mercure pour le traitement de la maladie qui nous occupe, sauf indications dérivant d’autres manifestations concomitantes. L’iodure suffit, et il suffît amplement. Quel avantage y aurait-il à compliquer la médication par l’emploi combiné d’un remède superflu? Tout au plus l’indication se présenterait-elle d’avoir recours au traitement mixte, si la lésion se montrait tant soit peu rebelle à l’iodure, ce qui n’est que l’exception rare, comme nous l’avons établi précédemment.

En tant que médication locale, on a préconisé l’emploi des pommades iodurées, iodées, mercurielles, etc., comme aussi d’emplâtres non moins variés. Je n’attribue pour ma part que bien peu d’action à ces divers topiques, et je crois que la routine seule en perpétue l’emploi.— De même, vantée bien à tort par quelques médecins, la compression m’a toujours paru dépourvue de toute influence résolutive; elle est pour le moins inutile. — Le mieux, à mon sens, et le plus simple est de se borner

à couvrir le testicule d’ouate et à prescrire l’emploi du suspeusoir. — Ajoutons cependant que des bains tempérés, répétés tous les deux ou trois jours sauf indications contradictoires, semblent n’être pas sans avantages pour favoriser le processus résolutif.

Contre Y hydrocèle, qui accompagne fréquemment la lésion testiculaire, rien de spécial à prescrire, et surtout rien à faire chirurgicalement. On s’est quelquefois trop empressé de ponctionner et d’injecter cette hydrocèle symptomatique. C'est là une pratique condamnable en ce qu’elle a le tort d’ètre inutile. L’hydrocèle guérit spontanément en même temps que le sarcocèle, et sous la seule influence de la médication interne. L’iodure en fait bonne justice, mieux que le trocart. En ce qui me concerne, je déclare n’avoir pas vu jusqu’à ce jour un seul cas dans lequel l’hydrocèle ait persisté après résolution du sarcocèle.

La règle donc est de s’abstenir de toute intervention. Que si cependant, par exception, cette hydrocèle venait à subsister après guérison du testicule, le traitement en serait fort simple à instituer ; mais ce traitement, je le répété, ne trouverait son indication légitime qu’au cas où, après résolution complète du sarcocèle, l’épanchement vaginal affecterait de toute évidence un caractère permanent.

Enfin, contre le fongus, même inutilité des moyens chirurgicaux. C’est au traitement interne, aidé d’ablutions, de bains, et du pansement le plus simple (cérat, solution iodée) qu’il faut se borner, au moins tout d’abord. Ce traitement a suffi en plusieurs cas pour déterminer la résorption de la tumeur et sa rétraction à l’intérieur des bourses, bientôt suivie de la formation d’une cicatrice froncée et déprimée. Telle est, comme exemple, une très -curieuse et très-instructive observation de M. Simonet, que vous pourrez lire dans la Gazette des Uôpi-

taux de 1S67. C’est seulement au cas où, après intervention prolongée du traitement spécifique, il resterait en dehors des bourses une certaine portion de la tumeur, qu’il y aurait lieu de recourir aux méthodes chirurgicales; de même encore, si une cicatrice, difforme demandait à être régularisée. En dehors de ces indications particulières, la médication interne doit être seule mise en œuvre, exclusivement.

3501.74. — Boulogne-sur-Seine. — Imprimerie JULES BOYER.

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