ÉRUPTION
chapeau de deutiue.
i" molaire
6e m. de la vie fœt. .
5 à 6 ans.
lac. cenl. inf. stip..
Inc. latérale
1er mois après la naissance
7e année.
8 ans 1/2 () à îo ans.
i" bicuspide
1 1 a 12 ans.
i-j à i3 ans.
18 à üD ans.
Première classe. — Anomalies d'éruption.
A. Dentition temporaire.
Éruption précoce. — Phénomène fréquent dans la dentition temporaire. On a cité des enfants nés avec une ou deux dents. On est généralement obligé de les extraire. Nous avons eu, à la clinique de l’Ecole dentaire de Paris, à intervenir au sujet d'un enfant de quelquesjours qui possédait une incisive inférieure. Cette dent mal formée, frappée d’érosion à la face triturante à pointes aiguës, avait ulcéré la langue de l’enfant et blessé le sein de la mère. Nous fûmes obligé de l’extraire pour permettre à l’enfant de pouvoir s’alimenter, et les accidents disparurent.
« L’éruption des premières dents de lait à 5 et ii mois ne constitue pas une anomalie. Elle serait plutôt un signe de santé » (Dubois).
Les dents dont l’apparition est précoce sont plus sujettes à la carie.
Éruption tardive. — Ces retards peuvent varier de plusieurs mois a un ou 2 ans. Quand ils affectent
Godon. — Clinique dentaire. 0
les dents temporaires, ils n’accusent rien de fâcheux pour les dents. Ils proviennent de causes héréditaires, d’une alimentation défectueuse ou de troubles dans la santé de l’enfant.
B. Dentition permanente.
Éruption précoce. — Dans la dentition permanente, le phénomène est en corrélation intime avec la chute prématurée des dents temporaires. Pourtant on a signalé des cas de chute précoce d'une ou de plusieurs dents temporaires longtemps avant l’apparition des dents permanentes (2 ou 3 années). Cette chute peut amener des anomalies de direction dans la seconde dentition.
L’apparition prématurée d'une dent de la dentition permanente avant la chute des premières dents peut également amener une déviation dans la direction ou le siège de cette dent ou des dents voisines et constituer ainsi une ou plusieurs autres anomalies.
Dans la dentition permanente, la chute précoce est due à des causes morbides, comme la sénilité ou la pyorrhée alvéolaire.
Éruption tardive. — Phénomène fréquent et d’ordre physiologique. Celte anomalie est presque toujours, comme l’éruption précoce, liée à la chute tardive des dents temporaires. La présence d'une dent temporaire au delà du terme régulier peut entraîner une anomalie de direction de la dent permanente. Cependant il faut se bien garder de l'extraire avant d’avoir acquis la certitude que la dent permanente est dans l’alvéole, car, en cas de destruction du germe de celle-ci, la dent temporaire peut remplir la place et la fonction de la dent permanente pendant la plus grande partie de la vie. On a cité la
ANOMALIES DENTAIRES
présence de dents temporaires chez des personnes de 30 et 40 ans. Donc on doit traiter les dents temporaires cariées comme les dents permanentes.
D’une manière générale, la chute tardive au delà de l'époque moyenne serait « l'indice d'une santé vigoureuse et d’une constitution robuste » (Magitol).
Deuxième classe. — Accidents de dentition.
Les accidents provenant de l’éruption des dents peuvent être rangés en deux classes principales, selon la période de dentition à laquelle ils se rapportent. M. Magitot les divise en cinq périodes.
A. Dentition temporaire.
Ces accidents apparaissent pendant l’éruption des vingt dents de lait, depuis les premiers mois qui suivent la naissance jusqu’à l’àge de 3 ans. Ce sont les plus sérieux.
Ils comprennent :
1° Convulsions. — Complication la plus fréquente. Elles peuvent débuter sans causes apparentes. Les muscles oculaires ont des contractions désordonnées, puis ces contractions s’étendent aux autres muscles de la face et même du corps. Ces contractures peuventamener un état d’accablement, de coma qui peut avoir la mort pour issue. « Elles peuvent, chez les enfants, commencer dès le cinquième mois, accompagner toutes les phases de l’évolution dentaire et cesser définitivement avec la première période de dentition » (Blachez).
2° Troubles digestifs. — Fréquemment observés. L’irritation de la muqueuse buccale se répercute surla muqueuse digestive. Elle donne lieu à de la diarrhée, aux vomissements.
La diarrhée peut être légère, parfois intense et
abondante. Los évacuations passent du jaune au vert, pour devenir séreuses.
Leur durée est, en général, limitée à l'apparition de la dent.
Lorsque les vomissements accompagnent la diarrhée, le dépérissement est plus rapide, la température s’abaisse et la mort peut survenir.
3° Troubles thermiques. — La fièvre peut se manifester seule ou accompagner d'autres affections.
Très caractérisée par son irrégularité Rilliet et Barthez). Elle apparait au moment de l'éruption dentaire. Elle provoque chez l’enfant de l'irascibilité, de la paresse. L’appétit s’amoindrit et l'amaigrissement survient.
4° Troubles respiratoires. — Leur fréquence est plus rare. Les accidents les plus remarqués sont les laryngites, les pneumonies et les bronchites.
West pense que « le temps de la dentition est en réalité pour l’enfant une occasion particulière de danger. C’est l’époque d’un développement rapide de l’organisme » (Blachez).
5° Affections cutanées. — Les formes que revêtent ces affections sont, en général, l’érythème, l'eczéma, l’impétigo.
Les démangeaisons tourmentent les enfants. Des éruptions se manifestent sur la face, qui est toute couverte de croûtes jaunâtres. Les souffrances augmentent pendant la nuit.
Ces affections disparaissent, en général, peu de temps après l’apparition d’un groupe dentaire.
B. Dentition permanente.
Cette classe comprend quatre phases d évolution, appartenant à deux périodes distinctes.
A. Première période :
ANOMALIES DENTAIRES
Apparition de la première molaire;
Remplacement des 20 dents temporaires par les permanentes ;
Apparition de la deuxième molaire.
B. Deuxième période :
Apparition de la troisième molaire dite dent de sagesse.
Accidents de la première période. — Les accidents accompagnant l’apparition des *28 premières dents permanentes affectent l’enfant entre la sixième et la douzième année.
« Un double processus physiologique marque la deuxième phase de la dentition : L’appaption d’une dent volumineuse (1) et l’accroissement proportionnel des mâchoires » (Magitot).
Cette définition, faite pour la première molaire de 6 ans, peut, par extension, s’appliquer aux autres phases de la première période de la deuxième classe des accidents de dentition.
Les accidents les plus fréquents de cetle deuxième classe sont purement muqueux et se manifestent par des troubles gingivaux tels que la gingivite simple avec ses symptômes habituels (Voir page 52). Exceptionnellement, la gingivite revêt la forme ulcéreuse.
Accidents de la deuxième période. — « La troisième molaire est la dent la plus souvent frappée d’anomalies dans toute la série dentaire, principalement d’anomalies de forme, de structure, de direction » (Dubois).
Les désordres qui apparaissent à cette période peuvent se produire à la mâchoire supérieure et à la mâchoire inférieure.
1° A la mâchoire supérieure. — ■ On constate des dé-
(îj La première molaire permanente.
CLINIQUE DENTAIKE.
viations en dehors de la troisième molaire avec parfois inflammation et ulcération de la gencive ou de la joue. Mais ces accidents sont peu fréquents.
2° A la mâchoire inférieure. — Les affections sont plus compliquées et beaucoup plus fréquentes par suite de la situation de cette dent dans l’angle de la mâchoire.
L’irritation qui résulte de l'éruption de la dent de sagesse peut frapper les muqueuses, les tissus dentaires, les nerfs, les muscles.
a) Les muqueuses. — La poussée de la dent peut entraîner une ulcération de la muqueuse qui la recouvre. Elle augmente, par le frottement de la dent antagoniste, par le séjour de mucus et de débris alimentaires difficiles à enlever.
La stomatite peut devenir ulcéreuse. L'inflammation peut s’étendre à la langue , aux ganglions sous-maxillaires , au pharynx et provoquer des abcès alvéolaires, des fistules gingivales ou cutanées.
b) Le tissu osseux. — Les désordres peuvent naître des obstacles que les parties osseuses opposent à l’éruption de la dent et donner lieu à de l'ostéite et de la nécrose.
c) Le tissu nerveux. — Les névralgies qui résultent de l’apparition de ces troisièmes molaires peuvent s’étendre aux organes auditifs et visuels.
d) Le tissu musculaire. — Les accidents musculaires sonL le plus souvent la constriclion des mâchoires.
La constriclion peut résulter de maladies générales, comme le tétanos, la méningite, l'éclampsie, l’hystérie.
Certaines lésions dentaires telles que la périostite alvéolo-dentaire peuvent la provoquer. Mais elle est
ANOMALIES DENTAIRES. 103
une des complications les plus fréquentes de l’évolution vicieuse de la dent de sagesse.
Deuxième groupe. — Anomalies d’arrangement