ET DE NOMBRE
Ce groupe comprend toutes les perturbations qui se produisent quant à l’arrangement des dents dans les arcades dentaires, au point de vue de la direction des dents et de leur siège. Nous y faisons rentrer également les anomalies dans le nombre des dents qui, évidemment, troublent l’arrangement normal des dents dans les arcades dentaires.
Nous aurons donc à y distinguer trois classes :
Première classe : Anomalies de direction;
Deuxième classe : Anomalies de siège;
Troisième classe : Anomalies de nombre.
Première classe. — Anomalies de direction.
Inclinaison vicieuse d’une dent modifiant ses rapports normaux avec les dents voisines ou antagonistes.
On divise les anomalies de direction en quatre variétés principales : antéversion , rétroversion, latéroversion, rotation sur l'axe (Gaillard).
Antéversion. — Projection d'une dent en avant. Elle affecte plus souvent la mâchoire supérieure que la mâchoire inférieure. Quand cette anomalie atteint les molaires, leur projection exagérée irrite fortement la partie interne des joues. Si les canines et les incisives subissent cette anomalie, elles se dirigent obliquement en avant et viennent soulever les lèvres.
« Contrairement à l’opinion émise par Magitot, la déviation n’est pas exclusive à la région antérieure, mais elle peut porter sur les molaires et même être
unilatérale, ainsi (|ue nous en avons observé des exemples » (Gaillard).
Le même auleur rapporte l’exemple d’une déviation chez un sujet adulte, rachitique, affecté d'un menton en galoche très prononcé. Les dents suivaient une direction horizontale, et il existait entre les canines et. les petites molaires un espace de 4 millimètres, constituant le diastème.
L’antéversion des dents, lorsqu’elle est généralisée àplusieurs dents, est souvent liée au prognathisme de la mâchoire.
Rétroversion. — Projection en arrière d'une dent. Anomalie moins fréquente que la précédente, dont le caractère essentiel est que la couronne de la dent semble seule avoir éprouvé un recul.
Les dents les plus susceptibles de rétroversion sont les incisives latérales supérieures. Dans des exemples plus rares, on constate le déjet en arrière de la dent de sagesse.
Quand cette anomalie atteint toute l'arcade supérieure, elle donne lieu à une proéminence exagérée en avant du maxillaire inférieur et constitue ce qu'on appelle le menton de galoche.
Le rachitisme indue sur ces dispositions vicieuses des dents. L’antéversion et la rétroversion semblent tellement liées à cette modification osseuse que Gaillard pose la règle suivante : « Tout sujet en état de rachitisme aura les dents en rétroversion, s'il est hydrocéphale ; en antéversion, s’il est microcéphale. »
Latéroversion. — Inclinaison latérale de la dent, soit d’un côté soit d’un autre, sans saillie, ni en dedans ni en dehors de l’arcade dentaire.
L’inclinaison peut être telle que la dent reste enfermée dans le maxillaire. La dent la plus sujette à cette anomalie est la troisième molaire. Des renversements complets ont été signalés aussi sur la ca-
ANOMALIES DENTAIRES
niiie (Weld). La plus importante de ces déviations est celle qui affecte la dent de sagesse supérieure ou inférieure. < .elle de la dent de sagesse supérieure est peu grave ; celle de la dent de sagesse inférieure entraine une inclinaison : i° soit en arrière, en soulevant la muqueuse; 2° soit en dehors, en ulcérant la joue ; 3° soit obliquement ou transversalement , dans le sens antéro-postérieur; dans ce cas, elle détermine de graves accidents du côté de la mâchoire inférieure.
Rotation sur l’axe. — Pivotement de la dent sur elle-même dans les cas simples. Dans les cas plus complexes, outre la rotation sur son axe, la dent présente une torsion ou une flexion de la racine sur elle-même. Cette anomalie ne s’observe jamais aux molaires (Gaillard). Dans les prémolaires, elle passe souvent inaperçue. Elle est assez fréquente aux incisives latérales supérieures.
Le traitement des anomalies de direction forme un des chapitres les plus importants de la prothèse clinique sous le nom d'orthopédie dentaire ou orthodontie (1).
Deuxième classe. — Anomalies de siège ou hétérotopies.
Ces anomalies consistent dans la position d’une dent hors de la place qu’elle occupe habituellement.
Elles peuvent se produire :
1° Par transposition;
2° Par déplacement :
Hétérotopie par transposition ou migration double. — Elle s’observe en général dans la mâchoire supérieure et dans la seconde dentition.
La transposition ou permutation s’opère entre les
(i) Voir Marti nier, Prothèse clinique. Redressements. I Manuel du chirurgien dentiste.)
dénis peu éloignées. Le changement a lieu entre canines et prémolaires, incisives latérales et canines. Par exception, la molaire de sagesse peut occuper la place de la 2e molaire. On a vu une canine supérieure occuper la place de l'incisive centrale (Amoedo).
Hétérotopie par déplacement : a ) Hors de l'arcade ou migration simple. — Anomalie très fréquente et qui s’observe, en général, comme la précédente, à la mâchoire supérieure et dans la dention permanente. A cette catégorie appartiennent les déplacements constatés dans la région faciale ou buccale.
Cette anomalie donne lieu à des accidents graves, lorsque la dent siège sous la langue ou se trouve en contact direct avec la joue. Des excoriations ou des ulcérations peuvent se produire et amener des complications funestes.
b) Hors de la cavité buccale ou par genèse. — Génération d’une dent hors de la cavité buccale, dans le plancher de fosses nasales, le sinus maxillaire, le sphénoïde, etc.
A celte catégorie appartiennent les kystes dermoïdes, dont le caractère principal est d'avoir pour sac une production de nature dermique ou épidermique, les glandes sébacées, les ongles, les dents.
Les faits qui se rapportent à cette anomalie sont très fréquents.
Les kystes renfermant des dents sont dits kystes composés. Ils ont été observés dans l’estomac, le cou, le vagin, le testicule, etc.
Troisième classe. — Anomalies de nombre.
Les anomalies de nombre affectent les formules dentaires par augmentation ou par diminution.
ANOMALIES DENTAIRES
Première formule. — Dentition temporaire.
Inc. Can. Mol.- — -=20.
Deuxième formule. — Dentition permanente.
Inc.- — -• Can. Bicusp. - — -• Mol. — 3a.
Anomalies par augmentation. — Ces anomalies sont peu fréquentes, elles sont plutôt caractérisées par la présence de certains germes supplémentaires.
11 est rare en effet que les dents surnuméraires affectent la forme normale. Leur siège de prédilection est la partie interne du voisinage des grosses molaires. Les observations portent en générai sur les molaires supplémentaires, chez les nègres le plus souvent. Elle existe pour les incisives centrales ou latérales. L’anomalie sur les canines n’a jamais été observée. On cite quelques cas exceptionnels quant aux bicuspides.
Anomalies par diminution. — Modifications très fréquentes de la formule dentaire.
La série peut être réduite à 30, 28, 20 dents.
Les dents dont on remarque le plus souvent l'absence sont les molaires de sagesse, les incisives latérales supérieures, quelquefois les prémolaires.
Cette anomalie est un argument de plus pour ne procéder à l’extraction d’une dent temporaire que lorsqu’on a acquis la certitude de la présence de la dent permanente de remplacement dans la gencive.
Troisième groupe. — Anomalies de constitution.
Ce dernier groupe des anomalies dentaires comprend toutes les malformations qui se produisent dans la constitution externe de la dent (forme, vo-