‹ Clinique dentaire et dentisterie opératoireChapitre 27 sur 64 · DENTAIRES · texte numérisé non relu

DENTAIRES

Ces anomalies sont liées aux anomalies dentaires ; elles peuvent être rangées dans les quatre catégories suivantes :

1° Asymétrie. — Les deux arcades dentaires ne concordent pas entre elles.

2° Diastolie. — Augmentation du diamètre transversal de l’arcade dentaire. Elle frappe l’un ou les deux maxillaires.

3° Atrésie. — Diminution du diamètre transversal de l’une ou des deux arcades dentaires.

4° Prognathisme. — Cette anomalie peut frapper le maxillaire supérieur, l’inférieur ou les deux à la fois ; elle consiste dans la projection en avant des arcades dentaires.

Le traitement de toutes ces anomalies est lié au traitement des anomalies de direction et s’effectue par le redressement ou Y orthodontie (1).

(i) Voir Martinier, Prothèse dentaire in Manuel du chirurgien dentiste.

Article II. — Tbalmatismes des dents.

Les principaux traumatismes qui frappent les dents sont: 1° les luxations, 2° les fractures, 3° les abrasions ou usures.

§ 1er. — Luxations des dents.

La luxation consiste dans le déplacement de la dent par suite de causes agissant directement (luxation directe) ou par transmission (luxation indirecte).

La luxation peut être incomplète ou complète :

Luxation incomplète. — L'ébranlement de la dent a lieu dans l'alvéole. La luxation se manifeste par un allongement de la dent et un sentiment de douleur à la percussion.

Les symptômes concomitants sont la tuméfaction et l’inflammation des gencives ou des lèvres, ou des deux à la fois.

Luxation complète. — La dent est complètement séparée de l’alvéole et projetée hors de la cavité buccale.

L'hémorrhagie suit cet accident, qui est accompagné des phénomènes ordinaires de la tuméfaction.

Lorsqu’il y a eu bris de l'alvéole ou des maxillaires, il y a une luxation complète ou incomplète des dents voisines de la fracture.

La congestion et la mortification de la pulpe sont souvent la conséquence de la luxation même incomplète des dents.

§ 2. — Fractures des dents.

La fracture est une solution de continuité affectant tout ou partie d'une dent.

TRAUMATISMES DES DENTS.

Elle peut avoir pour cause des accidents dus à l'extraction de la dent, ou provenir de chutes, de chocs, de coups, d'affections professionnelles.

On divise les fractures en deux groupes : accidentelles, spontanées.

Fractures accidentelles. — Elles peuvent provoquer des craquelures, des fêlures; occasionner le sectionnement partiel ou complet de la couronne, la mise à nu de la pulpe, la déchirure du périoste de la dent; provoquer des accidents inflammatoires et souvent la mortification ou même la perte totale de la dent.

Ce groupe contient donc deux catégories de fractures :

1° Les fractures superficielles, qui n’intéressent que l’émail, comme les fêlures, les craquelures, les dentelures des couturières (par suite de leur habitude de couper le fil avec les dents).

2° Les fractures profondes, qui atteignent particulièrement les enfants à la suite d’un choc (pierre, bille, anneau de gymnastique) ou d’une chute.

Les adultes peuvent aussi être atteints de fractures profondes (chutes de cheval ou de bicyclette).

Dans les fractures accidentelles, on constate l’absence de la partie de la couronne fracturée, souvent aussi l’ébranlement de la dent dans son alvéole, une douleur vive, spontanée, ou constatée à la percussion suivant que la pulpe a été atteinte par un traumatisme, soit directement (la partie de la couronne enlevée mettant cet organe à nu), soit indirectement par suite du choc et de l’inflammation du périoste alvéolo-den taire.

Les fractures des dents entraînent généralement la congestion de la pulpe et la mortification de cet organe, même lorsqu'il n'est pas mis à nu par la fracture.

Fractures spontanées. — La fracture spontanée est la séparation brusque d'une dent en deux parties par l’ouverture de sa cavité pulpaire.

Plusieurs causes ont été mises en avant pour expliquer la spontanéité du bris de la dent. On a supposé qu’une accumulation de gaz dans la cavité pulpaire, par suite de la décomposition de la pulpe, occasionnait cette explosion de l’organe dentaire (Poinsot). Dubois pense « que la fracture spontanée est due à des changements moléculaires succédant à la surcalcilîcation de l’organe ».

La fracture spontanée de la dent a été signalée par Lecaudey, Blocman.

§ 3. — Abrasion ou usure des dents.

L’abrasion est la corrosion des tissus durs de a dent.

Elle frappe plus souvent les dents temporaires que les dents permanentes. Elle porte sur la face triturante des dents.

L’usure se manifeste habituellement sous deux formes : transversale et régulière, c’est le cas le plus ordinaire; oblique; cette dernière forme est simultanément oblique-interne, pour l’une des deux mâchoires, et oblique-externe, pour l’autre.

L’abrasion peut être mécanique ou chimique.

Abrasion mécanique. — Elle résulte principalement du frottement des dents antagonistes, de l’usage prolongé de la brosse et de la poudre dentifrice, de l’action mécanique provenant de l'application de pièces de prothèse, de contractures involontaires des mâchoires, du grincement des dents, de l’action de la pipe, d’une articulation défectueuse ou d’habitudes professionnelles (souffleurs de verre).

L’absence de molaires ou du moins de molaires antagonistes, par suite de leur extraction prématurée.

TRAUMATISMES DES DENTS.

faisant porter tout le poids de l’articulation, dans la mastication, sur les dents antérieures, peut favoriser l'usure.

Nous avons vu un homme, d’environ quarantecinq ans, chez lequel les six dents antérieures de la mâchoire supérieure étaient usées jusqu’au niveau de la gencive.

L’usure peut n’atteindre que l’émail. Elle est produite alors par l’action réciproque des dents dans l'acte de la mastication. Le bord saillant des dents s'use, mais la partie corrodée conserve son poli.

Elle peut affecter la dentine.

L’abrasion peut aussi atteindre la pulpe par l’usure complète de l’émail et delà dentine. Il n’est pas rare alors de voir se produire une inflammation aiguë ou chronique de la pulpe, se terminant par la calcification ou la mortification de l’organe et ses complications.

Abrasion chimique. — Destruction de l’émail et de la dentine. Cette affection, encore mal connue, est attribuée à une influence chimique, à une altération électrochimique, à une réaction de la salive, à l'usage immodéré des acides végétaux.

L'abrasion chimique se rencontre ordinairement à la mâchoire inférieure, au collet des dents antérieures (face labiale ou jugale) et elle affecte la forme d'un angle, dont le sommet se trouve vers le centre de la dent.

Les dents frappées d’usure transversale sont souvent insensibles, lorsqu’il s’est produit la calcification pulpaire. D’autres fois, elles sont très sensibles par suite de l’irritation pulpaire.

Cette affection présente alors tous les symptômes des maladies de la pulpe et nécessite le traitement indiqué plus loin pour la carie du troisième degré.

Article 1 II. — Carie dentaire.

« La carie dentaire est une altération spéciale des tissus durs de la dent, progressant de la périphérie au centre, s’observant surtout sur les dents ou parties de dents anormalement constituées » (Dubois).

Symptômes. — Les symptômes qui annoncent la présence de la carie peuvent être de deux sortes : physiques ou fonctionnels.

1° Symptômes physiques. — Les signes précurseurs apparaissent d’abord dans l’émail, mais ils varient suivant l’état de la partie affectée.

Si la carie débute dans une fissure ou dans une dépression de la couronne, on remarque alors un point ou une ligne de couleur foncée. Si elle affecte une partie lisse, exempte de toute solution de continuité, la partie lésée perd sa transparence et prend l’apparence d’une tache souvent blanchâtre, quelquefois brunâtre.

2° Symptômes fonctionnels. — Les signes subjectifs qui annoncent la carie sont presque toujours nuis dans les débuts. Mais si l’affection prend une marche progressive, il se produit des troubles locaux plus ou moins intenses, indiquant que la carie a gagné les couches superficielles, puis profondes de l'ivoire et enfin a atteint la pulpe. La sensibilité est affectée d’abord par les causes thermiques ou chimiques, puis il y a spontanéité dans la douleur et enfin sensation douloureuse au choc ou à la percussion.

Classification. — Plusieurs classifications des différents degrés de la carie ont été proposées.

Le tableau suivant résume la classification adoptée par l’École dentaire de Paris et qui a été re-

commandée par le professeur Blachau Congrès dentaire de Chicago (1893) :

i" degré. Altération de l’émail j Carie non

2” — Altération de l'émail et de l'ivoire, i pénétrante.

3' — Altération de la pulpe \ „ .

4* — Mortification de la pulpe et altéra- ( . ,®rle

lion du périoste S Pénétrante.

§ 1 . — Carie du premier degré.

Lésion n'attaquant que V émail, sans altération de l'ivoire.

Symptômes. — Elle se manifeste par une tache brunâtre dans les caries anciennes et par une opacité de l’émail dans les caries récentes.

A l’exploration, les tissus paraissent friables et crayeux.

Les manifestations subjectives sont nulles. Pas d'irritation thermique, pas de douleur à la percussion et à la mastication, pas d’odeur.

Elle siège généralement soit sur les faces latérales des dents, et dans ce cas affecte la forme d’une tache plus étendue que profonde ; soit sur les faces triturantes, les tissures intertuberculaires; elle a alors la forme d’un point ou d’un trait.

Diagnostic. — Il ne faut pas confondre les taches symptomatiques de la carie du 1er degré avec les simples taches des dents qui ne sont que des anomalies de structure de l’émail (p. 110).

§ 2. — Carie du deuxième degré.

Lésion de l’émail et de l’ivoire sans altération sensible de la pulpe.

La carie du 2e degré revêt deux formes distinctes, d’où une subdivision en deux classes.

lre classe. — Altération distante de la pulpe.

2e classe. — Altération plus profonde, voisine de la pulpe.

Altération distante de la pulpe ou lrc classe. — L’altération de la dentine est superficielle et laisse la pulpe protégée.

L’aspect delà dent revêt une décoloration partielle, limitée à la grandeur de la cavité de la carie. L’absence de transparence est établie par comparaison avec la dent homologue ou voisine. La pression du doigt et la percussion n’occasionnent pas de douleur. Les effets de la chaleur et du froid sont souvent nuis. Le contact des aliments n’occasionne généralement aucune sensation, excepté celui des 'aliments sucrés (confitures, chocolat, etc.). La douleur est variable ou nulle et la partie affectée ne dégage ordinairement que peu d’odeur.

Altération voisine de la pulpe ou 2e classe. — La cavité est proche de la pulpe. La sensibilité à la percussion et à la pression digitale est nulle, mais la pression d’un pansement trop serré au fond de la cavité provoque souvent une douleur vive. L’effet du froid ou du chaud occasionne une douleur, qui ne se manifeste pas dans les caries anciennes. Les aliments sucrés ou acides exercent un agacement sensible et quelquefois douloureux.

Cette carie ne se manifeste pas par des phénomènes de sensibilité spontanée. La transparence de la dent ne subit aucune altération et la coloration n'est modifiée qu’au niveau de la cavité où elle peut être blanchâtre, jaunâtre ou noirâtre.

L’excavateur, en soulevant les lames d'ivoire ramolli, provoque une certaine douleur dans le voisinage des surfaces saines.

L’odeur spéciale, dont s’imprègne le coton de pansement, est due à l'ivoire carié et aux débris alimentaires contenus dans la cavité.

Les phénomènes thermiques sont différemment perçus. Le froid procure une douleur assez vive

ainsi que la chaleur. Les aliments sucrés ou acides occasionnent une sensation douloureuse.

La marche de la carie du 2e degré peut être lente ou rapide.

Le diagnostic est délicat pour éviter la confusion avec la carie du 3e degré dans la 2e classe et avec le 4e degré dans la lre classe.

§ 3. — Carie du troisième degré ( Carie pénétrante de Magitot).

Affection atteignant la pulpe, après désorganisation de l'émail et de la dentine, mais sans gangrène du tissu pulpaire. .

Elle est toujours associée à un état pathologique de la pulpe. C’est la cause la plus fréquente des maladies dont cet organe peut être atteint.

Aussi l’étude de la carie du 3e degré comprend les maladies désignées sous le nom de pulpites.

Pulpites. — La pulpite, souvent confondue avec les simples douleurs de dents sous le nom d 'odontalgie, a encore été décrite sous le nom d 'odontite (Jamain et Terrier).

Elle débute vaguement par une sensation de gène. Plus tard la douleur est lancinante avec recrudescence pendant la nuit. Elle revient par crises. On la désigne communément sous le nom de rage de dents. Les douleurs peuvent s’irradier dans l’œil, l’oreille, les diverses branches du trijumeau.

La pulpite aigue marche rapidement. Parfois elle se résout par suppuration et gangrène.

La pulpite chronique peut se développer sans avoir été précédée de phénomènes aigus.

11 ne faut pas confondre la pulpite avec la périostite (voy. p. 126).

1° Pulpites aiguës. — Symptômes. — Les symptômes

généraux des pulpites aiguës se manifestent par la sensibilité de la pulpe aux agents thermiques et à l’attouchement, ha douleur est souvent intolérable. Le contact de l’eau froide, des aliments acides, produit une sensation vivement ressentie.

On divise les pulpites aiguës en pulpites subaiguës et en pulpites aiguës proprement dites.

A. Pulpite subaiguë. — Elle se manifeste par une coloration rose pâle de la pulpe et par une légère congestion de sa surface.

Les contacts thermiques ou mécaniques, les aliments acides provoquent une souffrance locale. Les douleurs sont moins intenses et moins durables que dans la périostite aiguë;

B. Palpite aiguë. — Manifestation plus grave des phénomènes précédents. Douleur spontanée, provoquant la rage de dents. La pulpite aiguë occasionne des insomnies accompagnées de crises.

Les phénomènes pathologiques sont plus accusés, s’irradient vers les dents voisines.

La pulpe est très sensible à la pression, au contact, à la succion.

Elle atfecLe une coloration rouge foncé et dans cet état elle commence à dégager une odeur spéciale et nauséabonde.

La cavité doit être scrupuleusement examinée avec une sonde ; on découvre alors le pertuis faisant communiquer la cavité cariée avec la cavité pulpaire.

2° Pulpites chroniques. — On les divise en pulpites hypertrophiques et en pulpites atrophiques.

.4. Pulpites hypertrophiques. — Il y a lieu de distinguer la pulpite hypertrophique et les tumeurs de la pulpe.

a) Pulpite hypertrophique. — « État variqueux de la pulpe, qui se montre d’un rouge foncé, ses vaisseaux

sanguins sont de diamètre agrandi, ils saignent à la moindre excitation, succion, piqûre » (Dubois).

b) Tumeurs de la pulpe. — L'hypertrophie de la pulpe provoque sa saillie hors de l’organe sous forme de polype. Ces tumeurs sont de constitution vasculaire et sujettes à l'hémorrhagie à la suite d'un attouchement. Ne pas les confondre avec les hypertrophies de la gencive.

Dans les deux cas, la pulpe n’est douloureuse qu’à la pression.

B. Pulpites atrophiques. — On distingue la pulpite avec dégénérescence calcique et la pulpite avec dégénérescence graisseuse.

a) Pulpite avec dégénérescence calcique. — 11 se produit dans l’intérieur de la pulpe une formation de dentine secondaire ou de nodules pulpaires qui peuvent l’envahir entièrement.

Le seul symptôme est souvent une douleur continue, sourde, avec exacerbations le soir.

b) Pulpite avec dégénérescence graisseuse. — Dans cette variété, il y a formation de petits corps graisseux, qui augmentent de nombre au détriment de la pulpe, laquelle devient translucide et se colore en jaune pâle.

§ 4. — Carie du quatrième degré.

Carie de l’émail et de la dentine avec mortification de la pulpe.

L'affection peut détruire totalement la couronne de la dent.

On peut déceler cette carie par l’inspection de la cavité. L’odeur est nauséabonde, lorsque la cavité pulpaire est ouverte. Les actions chimiques et thermiques ne provoquent pas de douleur. La coloration de la couronne de la dent est modifiée et presque toujours grise.

La pulpe peut être mortifiée dans une dent non cariée, à la suite d’un traumatisme ou de troubles trophiques. Dans ce cas, la coloration de la dent souvent n’est pas changée.

Les accidents auxquels donne lieu l’inflammation du périoste alvéolo-dentaire constituent les complications de la carie du 4e degré.

Périostite alvéolo-dentaire. — Elle est au--i désignée sous le nom de périostite dentaire , périodontite alvéolo-dentaire.

C’est l'inflammation du périoste ou plus exactement de la membrane péri-dentaire.

Symptômes. — La périostite est aiguë ou chronique.

t° Périostite alvéolo-dentaire aiguë. — On divise la périostite aiguë en : a. subaiguë; h. aiguë; c. phlegmoneuse.

Au début, gène et tension au niveau de la dent. Le malade éprouve la sensation d’un corps étranger et un besoin de presser sur ses dents. Il lui semble que la dent est allongée, en caoutchouc. Le choc produit des douleurs intenses. La douleur, qui siège dans toute la région voisine de la dent affectée, est calmée d’abord par les liquides froids et augmentée par les liquides chauds, puis le contraire se produit.

La gencive est rouge au pourtour de la dent malade, principalement au point correspondant à l’apex de la racine, puis elle se couvre d'une desquamation blanchâtre.

En cas de suppuration, la dent est notablement ébranlée et l’écoulement se produit par un ou plusieurs orifices, soit au collet de la dent, soit à la hauteur de l’apex de la racine par la gencive ou par la peau, quelquefois sur un point plus éloigné.

Les symptômes de voisinage sont la fluxion et les accidents nerveux.

Les symptômes généraux se traduisent par de la lièvre, de l'insomnie, de l’inappétence.

La périostite peut se terminer par la résolution. Ln cas de chronicité, l’inflammation est localisée au niveau du sommet de la racine (Magitot).

2° Périostite chronique. — On divise la périostite chronique en : a. périostite avec fistules; b. périostite avec kystes radiculaires et tumeurs du périoste.

a. Périostite avec fistules. — La périostite peut devenir chronique et donner lieu à de petites fistules gingivales ou cutanées qui s’ouvrent périodiquement et laissent échapper une quantité variable de pus, tous les mois, chez les femmes, à l’époque des menstrues.

b. Périostite avec kystes radiculaires et tumeurs du périoste. — Les kystes radiculaires se distinguent par leur masse globuleuse, molle, s’écrasant facilement et laissant sourdre un liquide purulent (Dubois).

Leur volume est variable.

L’existence des kystes est souvent ignorée et seule l'extraction da la dent cariée en indique la présence. Pourtant la sensation d’élasticité de la dent dans l’alvéole peut faire présumer l’existence d’un kyste radiculaire.

Lorsque la tumeur siège au maxillaire supérieur, la narine correspondante est parfois obstruée, ce qui provoque de la gène dans la respiration. Le kyste peut aussi envahir le sinus maxillaire.

Lorsque le kyste siège dans l’épaisseur de l’arcade alvéolaire, on aperçoit une tuméfaction en arrière des lèvres et en dedans de la joue.

L’augmentation de la tumeur détermine une difformité extérieure. La tumeur est lisse, fluctuante.

La marche des kystes est lente et peut durer des années. Les kystes abandonnés, à eux-mêmes peuvent s’ouvrir, si on n’intervient pas, et donner lieu à une fistule intarissable.

Complications. — Les complications de la périostite alvéo-den taire peuvent être inflammatoires ou nerveuses.

Complications inflammatoires. — L'inflammation peut s’étendre aux parties voisines et provoquer des abcès, des fistules gingivales ou cutanées, de la nécrose plus ou moins étendue de l'alvéole ou du maxillaire, de l’adénite, de l’adéno-phlegmon. Parfois on remarque l’épaississement des tissus péridentaires (kystes). Les abcès périmaxillaires sont assez fréquents. Les abcès du sinus maxillaire s'observent dans le cas de périodontite des grosses molaires, lorsque les racines très longues pénètrent dans cette cavité ou aussi par propagation de l'inflammation à l’os et à la muqueuse du sinus.

Complications nerveuses. — Elles ont une assez grande importance dans l’étiologie des accidents consécutifs aux maladies des dents.

Pyorrhée alvéolaire. — Dégénérescence atrophique de la membrane alvéolo-dentaire déterminant la chute précoce des dents (Dubois).

Primitivement nommée ostéo-périostite alvéolo-dentaire (Magitot), maladie de Fauchard (David, Touchard), gingivite arthro-dentaire infectieuse (Galippe), périodontite expulsive (Aguilhon de Sarran . polyarthrite [Dédier (de Lille)].

Symptômes. — La marche de cette affection comprend trois périodes :

lre période. — Ses manifestations se traduisent presque toujours au début par un déplacement et une projection en avant de la dent. La mobilité de l’organe est alors faiblement perçue au toucher digital, si ce n'est pour un observateur exercé.

Il n’y a encore ni douleur, ni suppuration, mais un sentiment de gcne dans la gencive.

RESORPTION ET EXOSTOSE.

2e période. — Les phénomènes objectifs sont plus visibles.

La dent perd une partie de sa solidité, accuse un décollement plus net de la gencive et il s’établit un suintement, que la pression digitale sur la gencive fait soudreau collet. La percussion accuse une sensibilité notable, mais non la température.

La gencive est rouge et tuméfiée. Le tartre abonde.

3° période. — Enfin la dent est très mobile, très allongée, très douloureuse au choc ou spontanément, semblant prête à tomber, le décollement est presque complet, la suppuration abondante, la pulpe se gangrène et sa mortification provoque de véritables abcès alvéolaires, qui compliquent la marche et abrègent la durée de l’affection.

Diagnostic. — Ne pas confondre cette affection avec la gingivite ou la périostite alvéolo-dentaire.

Dans la gingivite, le décollement gingival est moins profond que dans la pyorrhée.

L'allongement de la dent est très manifeste dans cette dernière et son allure chronique fait qu’elle se reproduit pendant plusieurs années et attaque les dents les unes après les autres, mais pas toujours les dents voisines (t).

Article IV. — Résorption et exostose.

Résorption. — La résorption consiste dans l’élimination totale ou partielle des tissus de la racine.

Elle peut être provoquée par une périostite chronique, ou par des troubles généraux de nutrition. Nous en avons offert quelques exemples typiques au musée de l’École dentaire de Paris.

(i) Voir E. Lecaudey, A. Hugenschmidt, Congrès de Nancy,

Page 1