CI-INIQUE DENTAIRE
lumc), tous les troubles qui surviennent dans la composition des tissus dentaires structure, érosion }, ou dans leur disposition.
Il se divise en deux grandes classes :
Première classe. — Anomalies de forme.
Deuxième classe. — Anomalies de structure.
Première classe. — Anomalies de forme.
L'anomalie de forme frappe la dent dans ses caractères extérieurs, indépendamment de sa structure interne.
La forme d’une dent peut être quelquefois tellement altérée que son caractère primitif disparait. Selon que l’anomalie frappe une partie de la couronne ou de la racine, ou ces deux parties en totalité, elle sera partielle ou totale.
Anomalies partielles. — Dans ce cas, l'anomalie peut être coronaire ou radiculaire.
1° Anomalies coronaires. — Ces anomalies se présentent le plus souvent à la mâchoire supérieure. Elles frappent en général les incisives ou les molaires de sagesse. Dans le cas des incisives, celles-ci se rapprochent de la forme conoide (les incisives latérales le plus souvent); dans celui des molaires, ces dernières perdent dans leur forme coronaire tout caractère distinctif.
La couronne peut encore s’aplatir soit transversalement, soit dans le sens antéro-postérieur.
Le nombre des tubercules peut aussi augmenter et affecter ainsi le volume de la dent.
2° Anomalies radiculaires. — Ces anomalies sont importantes au point de vue chirurgical. Elles peuvent affecter foute la série dentaire, mais c’est aux molaires que l’on constale la plus grande fréquence de cet état anormal. Le nombre des racines peut être augmenté
ANOMALIES DENTAIRES
ou diminué: on a rencontré des racines de canines inférieures bifides; les extrémités des racines des molaires peuvent être recourbées soit en avant, soit en arrière; c’est-à-dire convergentes ou divergentes.
Dans ce dernier cas surtout l’extraction de la dent présente de sérieuses difficultés. Les racines sont encore souvent réunies dans les molaires de sagesse. Leur nombre dans les molaires peut être porLé à 4 et même à o (molaires inférieures).
Cela est utile à connaître pour le traitement des caries du 3° et du 4e degré.
11 a été publié à ce sujet une statistique intéressante pour les molaires inférieures (1).
Anomalies totales. — L’anomalie totale de la couronne, de la racine ou de la couronne et de la racine constitue l’anomalie décrite par Magitot sous le nom d 'anomalie de volume.
Comme dans les cas précédents, ces anomalies affectent plus spécialement les dents permanentes. Elles peuvent porter sur toute la série dentaire.
Les caractères de ces anomalies sont intimement liés à ceux des anomalies de forme.
C’est pourquoi nous n’avons pas cru devoir en faire une classe spéciale, mais simplement une sousclasse.
Le volume total d’une dent peut être frappé d'augmentation ou de diminution .
i° Anomalies par augmentation ou géantisme [coronaires , radiculaires, coronaires et radiculaires. — Cette affection peut porter sur la couronne, la racine ou sur ces deux parties à la fois. Ce dernier cas est le plus fréquent.
Les incisives, les canineset les molaires sont plus sujettes à ces anomalies. « Parmi les incisives, les
(i) Voir Chauvin et Papot, Odontologie, 1886.
Godos. — Clinique dentaire. 7
no
supérieures seules paraissent en être affectées, car on n’en connaît pas d’exempleaux inférieures» Magilot).
2° Anomalies par diminution ou nanisme (coronaires, radiculaires, coronaires et radiculaires). — La diminution peut porter sur la couronne, la racine ou ces deux parties à la fois.
Mais la diminution porte le plus souvent sur l'ensemble du système dentaire, couronnes ou racines.
Deuxième classe. — Anomalies de structure.
Ces anomalies frappent les tissus durs de la dent ou ses éléments histologiques. Elles sont d'ordre interne.
L’anomalie est simple, quand les modifications que subit la dent sont extérieures ou peu profondes; compliquée, quand la plupart des tissus en sont affectés dans leur juxtaposition ou leur disposition.
A. Anomalies de structure simples.
Les anomalies déstructuré simples ou superficielles comprennent trois catégories :
1° Les taches de l’émail,
2° Les lacunes ou espaces interglobulaires de Czermak ;
3° L’érosion.
Taches de l’émail. — On remarque, sur l'émail des incisives ou des molaires, des taches opaques, blanches, jaunes ou de colorations diverses, et de forme irrégulière. Elles peuvent être quelquefois confondues avec des caries du 1er degré, alors que ce ne sont que des anomalies de structure du tissu de l’émail. Elles siègent généralement sur la face labiale des dents antérieures ou des molaires et sont limitées à un simple point ou affectent la plus grande partie de la couronne.
ANOMALIES DENTAIRES
Nous avons eu à soigner une jeune personne dont les huit dents antérieures, supérieures et inférieures, étaient affectées de taches de l’émail sur la totalité de la couronne, ces taches étaient jaune foncé et produisaient un effet si disgracieux que cette personne, qui était jolie, s’est fait sectionner les couronnes de ses dents et les a fait remplacer par des couronnes artificielles.
Espaces interglobulaires de Czermak. — Cette anomalie de structure affecte les tissus intimes de la dent, c'est l 'érosion de l'ivoire. On observe alors, à un fort grossissement de 200 diamètres, une ou plusieurs couches de dentine en globules, avec des cavités appelées espaces interglobulaires de Czermak.
Ces espaces sont « larges, prolongés dans divers sens et remplis d'une matière noirâtre granuleuse» (Magitot).
Ces défauts de structure de l’ivoire favorisent la marche de la carie.
Érosion. — C’est la plus importante des anomalies de structure superficielles.
Celle affection altère la couronne des dents. Celles-ci paraissent usées, échancrées, rongées. L’émail en est spéciale ment frappé, quoique cette altération semble atteindre les couches profondes du tissu dentaire.
L’érosion revêt diverses formes qui sont les suivantes :
Érosion pointillée ou en cupules. — Les points affectés sont entourés d’émail sain. L’érosion apparaitsous un aspect pointillé ou granuleux. Le changement de coloration de la dent est peu appréciable.
Érosion en sillons. — Les dépressions sont horizontales et continues. Les sillons peuvent être multiples sur la même dent.
Érosion en nappe. — La couronne semble rongée
par un acide et sa partie supérieure est complètement ou presque complètement privée d'émail.
Érosion en étages ou escaliers. — Les dépressions sont superposées en étages.
Érosion en gâteau de miel ou amorphisme. — C'est la combinaison de plusieurs formes d’érosion faisant perdre a la dent son caractère et ne laissant qu'un tronçon difforme à la place de la couronne.
Dent d'Hutchinson. — Variété d'érosion qui consiste en une échancrure semi-lunaire très apparente sur le bord libre des dents, principalement des incisives centrales supérieures. Elle a été considérée par Fournier comme une présomption formelle, peut-être même un signe certain d'hérédité syphilitique.
B. Anomalies de strcctche compliquées.
Ces anomalies sont dues à une perturbation que subit le germe dentaire dans sa nutrition ou dans sa structure. Ce sont les anomalies de nutrition de la classification de Magitot.
Les perturbations que subit le germe dans son évolution peuvent donner naissance à trois catégories d’anomalies, qui sont, avec leurs subdivisions :
1° Anomalies de disposition des tissus dentaires, par réunion de deux germes, par division d’un seul germe, par atrophie folliculaire.
2° Odontomes bulbaires ou embryoplastiques, odontoplastiques, radiculaires.
3° Kystes folliculaires ou dentigères, embryoplastiques, odontoplastiques.
Anomalies de disposition des tissus dentaires. —
Il faut distinguer les anomalies par réunion de deux germes, les anomalies par division d'un seul germe, et les anomalies par atrophie folliculaire.
a) Anomalies par réunion de deux germes. — Elles
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sont très anciennement connues. Elles affectent plus particulièrement la seconde dentition. Elles consistent dans la soudure de dents normalement voisines, telles que les incisives, les molaires. Celte soudure peut s’opérer dans toute l'étendue verticale des deux dents ou n'atteindre que les couronnes ou les racines.
La soudure peut être plus ou moins régulière.
Tomes rapporte l'exemple d’une soudure de deux dents effectuée par leur cavité pulpaire.
Les soudures radiculaires s'observent principalement entre les deuxièmes et troisièmes molaires.
L'accolement de l’incisive latérale et de la canine a été observé exceptionnellement par Weld (Dubois).
b) Anomalies par divisioii d'un seul germe. — Séparation des parties constituantes de la couronne ou des racines.
Cette anomalie n'atteint jamais la totalité de la dent. Elle se traduit par la division des tubercules des molaires, des saillies des incisives, par la bilidité des racines normalement simples.
Quand il y a division des racines, cette disposition peut présenter des obstacles sérieux à l'extraction de la dent.
c) Anomalies par atrophie folliculaire. • — « Le phénomène de l’atrophie, considéré au point de vue tératologique, c’est-à-dire comme fait de disparition d'un follicule, consiste essentiellement en une résorption pure et simple du sac folliculaire et de son contenu » (Magitot).
Cette atrophie peut être : complète, par l’absence totale du follicule; incomplète, quand il reste un débris plus ou moins réduit du follicule.
Odontomes. — « L’odontome consiste en une tumeur développée aux dépens tantôt d’un ou de plusieurs des organes constituants du follicule, tantôt
des tissus dentaires eux-mèmes au moment de leurgenèse » (Magitot).
La genèse de ces tumeurs varie au point de vue anatomo-pathologique avec leur stade de formation et c’est en suivant cet ordre qu’on les classe en :
a) Odonlomes bulbaires, embryoplastiques;
b) Odontomes odontoplastiques;
c) Odontomes radiculaires.
a) Odontomes bulbaires, embryoplastiques. — Ils sont appelés aussi tumeurs fibreuses, fibromes des mâchoires, tumeurs fibro-plastiques, corps fibro-cellulaires.
Ces tumeurs naissent au moment de la formation du bulbe avant l’achèvement de la calcification. Elles admettent plusieurs variétés et peuvent être constituées par hypergenèse, ou agglomération de bulbes, de fragments de dentine (fragments dentinaires), d’amas de couronnes avortées, ou par hypertrophie ou réunion des caractères constituant l'hypergenèse.
Cette variété d’odontomes siège principalement sur la dent de sagesse inférieure.
b) Odontomes odontoplastiques. — lis se produisent dans le follicule au début de la formation des éléments dentaires par suite d'une altération de nutrition.
Ils peuvent être :
1° Dentinaires, quand la dentine a subi une altération de nutrition.
2° Adamantins, par perturbation de l'émail.
3° Coronaires, quand par suite de troubles au moment de la formation de la couronne, une partie reste constituée, tandis que l’autre se transforme en une tumeur plus ou moins volumineuse.
c) Odontomes radiculaires. — Cette tumeur se produit dans la racine au moment de sa formation. Elle peut affecter l’ivoire et le cément ou lecément seul.
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L'odontome radiculaire purement dentinaire n’est pas connu.
Kystes folliculaires ou dentigéres. — Le kyste folliculaire ou dentigère consiste en « un sac contenant un germe dentaire avorté, enfermé dans une poche kystique constituée par la paroi distendue du follicule » (Dubois).
Ce sac peut contenir un ou plusieurs germes, une ou plusieurs loges, d'où la division en kystes uniloculaires ou multiloculaires.
Ces kystes, de même que les odontomes, sont divisés en embryoplastiques et odontoplastiques.
Groupe complémentaire. — Anomalies de forme des