U CLINIQUE DENTAIRE
dentaire, on se sert de petits miroirs électriques.
3° Physionomie, attitl' des. — Sources importantes de diagnostic et marchant presque de pair avec le processus d’une maladie. La physionomie et les attitudes renseignent bien plus sur l’état général que sur une localisation spéciale.
L’attitude d’un individu atteint d’affection dentaire douloureuse échappe difficilement même à l’œil le moins exercé et le faciès du patient affecte un caractère spécial.
Ainsi l’inspection avec ses diverses méthodes d’exploration décèle certains troubles, dont le diagnostic peut aisément s’établir quand il repose surtout sur l’observation détaillée et méticuleuse de l’évolution des symptômes cliniques.
V inspection de la muqueuse buccale décèle aussi les affections d’origine tuberculeuse. Le tartre marche souvent avec la goutte et lagravelle,et une production trop abondante est un indice que le praticien ne doit pas négliger. Les maladies de l’estomac altèrent le mucus gastrique, modifient la salive, amènent la récidive de la carie.
Certaines ulcérations de la face témoignent d’accidents syphilitiques ou cancéreux.
Les lèvres peuvent être aussi le siège dechancres, de syphilides et de gommes ainsi que du lupus. L 'aspect de la région varie d’après les proportions réciproques des nodules et des ulcérations. La muqueuse est rarement épargnée. Les paupières peuvent être également atteintes.
La bouche des diabétiques présente des rougeurs, des tuméfactions, des suppurations des gencives.
Les efTetsde l’albuminurie ont beaucoup d’analogie avec ceux du diabète en ce qui concerne les dénis et la bouche, et c’est souvent à une période avancée de la maladie qu’ils se produisent.
NOTIONS GÉNÉRALES
Dans l'ataxie locomotrice, le tabès, on observe des phénomènes atrophiques dont les alvéoles et les dents peuvent être le siège.
On voit, par les exemples qui précèdent, l’importance de l’inspection. Son usage est d’un secours incontestable dans l’établissement d’un premier diagnostic.
Toucher et palpation. — Application partielle ou lotale des mains sur les parties malades ou supposées telles, afin d’en déterminer le volume, d’en apprécier la température, d’en sentir les vibrations. Elle se pratique au moyen des doigts ou de la main out entière.
Par la palpation, on constate la fluctuation de certaines tumeurs. Les glandes sous-maxillaires sont sujettes à des altérations que la palpation et le toucher décèlent facilement. L’introduction des doigts •dans les cavités survenues par suite d’abcès aide à connaître leur modification pathologique.
En art dentaire, la palpation et le toucher sont d'un utile secours, quoique moins précieux qu’en médecine.
Percussion. — « La percussion consiste à frapper, d’après des règles déterminées, une partie de la surface du corps, afin de produire un son, dont tes différentes qualités permettent d’apprécier l’état des organes sous-jacents à la surface frappée (1). »
Les qualités de son, de timbre, de matité, de solidité, de mollesse d’un corps peuvent être facilement reconnues par ce procédé d’exploration. Selon que la percussion s’exerce directement avec la main ou par l’emploi d’un intermédiaire, elle est dite immédiate (directe) ou médiate (indirecte).
En chirurgie dentaire, la percussion médiate permet
(1) Spillrnan-Ilaushalter, Manuel de diagnostic médical.
•1e localiser le siège d’une affection. On reconnaît souvent par ce moyen, à l’encontre des indications du malade, une dent affectée qui était présumée saine.
On se sert pour la percussion médiate d'un instrument cylindrique en bois, en ivoire ou en métal, le manche d’un miroir ou d'un excavateur.
Par la diversité des sons que rendent les dents soumises à la percussion et aussi le degré de sensibilité qu’elle provoque, on arrive à désigner l'organe atteint.
En médecine et en chirurgie, on emploie divers instruments pour percuter l’abdomen, le thorax. Mais la plupart de ces instruments sont remplacés ordinairement par la percussion digitale qui permet d’atteindre certaines dépressions des parois dont la configuration ne permettrait pas l’emploi d'un instrument. On percute en général avec les trois doigts ramenés en angle droit. Le choc doit être pratiqué avec la pulpe des doigts.
11 faut souvent comparer deux résultats sur des parties symétriques ou des dents analogues avant de passer sur une région voisine.
Auscultation et succussion. — L’oreille appliquée sur une partie modifiée pathologiquement enregistre certains bruits qui renseignent sur l’état de l'organe affecté.
Auscultation. — On ausculte en appliquant directement l'oreille sur la région à explorer, auscultation, immédiate ; ou en se servant d'instruments appropriés, auscultation médiate.
L’instrument employé en médecine est le stéthoscope. Il se compose d'un cylindre en bois, en caoutchouc durci ou en ivoire perforé. Évasé d'un côté, il est muni de l'autre côté d’une plaque sur laquelle on applique l'oreille.
NOTIONS GENERALES
L'auscultation sert à déterminer les bruits anormaux de la poitrine, du cœur, des poumons, do l'abdomen.
En chirurgie dentaire, l’auscultation est un auxiliaire indispensable dans la pratique de l’anesthésie. C’est elle qui détermine l’accélération ou le ralentissement des bruits du cœur, dont la constatation est indispensable pour surveiller les effets de la narcose. Ce genre d’exploration doit être pratiqué avec certitude.
Nous renvoyons aux manuels spéciaux.
Auscultation et percussion. — La percussion et l'auscultation sont parfois combinées pour compléter les renseignements fournis séparément par cesdeux modes d'exploration.
Succession. — Par suite de certains mouvements brusques de va-et-vient imprimés à une cavité quelconque du corps, on arrive à posséder certains signes précieux pour le diagnostic.
Pratiquée au niveau de la poitrine, la succussion renseigne sur la nature de certaines maladies. La collision d’un gaz et d'un liquide, tel dans l’hydropneumothorax, fait entendre un clapotement particulier.
Mensuration, pesage. — Mensuration. — Elle fait connaître le volume d'un corps dans ses trois dimensions.
Les instruments employés varient avec la région à mesurer : le compas d'épaisseur sert pour la tète; le pelvimètre, pour le bassin; le ruban inextensible r pour d’autres parties du corps.
En art dentaire, la mensuration peut être employée dans le traitement des anomalies.
Pesage. — Les modifications de poids d’un individu peuvent éclairer sur les différentes périodes d’état d’une maladie.
Les fièvres, la diarrhée, les maladies chroniques altèrent le poids de l’homme.
Le poids moyen de Vhomme varie suivant la taille.
Taille i in. Go Poids Go kil.
— 1 ni. 70 — 70 —
Le poids moyen de la femme est de 52 kilog.
En clinique dentaire, le pesage n’ofire que peu d’intérêt.
Ponction exploratrice, thermométrie, analyses.
— 1° Ponction exploratrice. — Introduction d'un instrument (trocart ou bistouri) dans la partie à explorer. Ce mode d’exploration est avantageusement employé là ou d’autres moyens ont échoué. L'emploi du trocart exige certains soins. Il importe .d’aseptiser l’instrument avant de s’en servir et de l’enduire d’un corps gras pour en faciliter le glissement. 11 faut procéder axrec précaution et s'arrêter quand on croit être arrivé dans la couche liquide.
Pour l’exploration des canaux, trajets, cavités et la recherche des corps étrangers, on emploie le stylet e.rplorateur. 11 se compose d'une tige malléable à extrémité mousse. Habilement manié, il n’occasionne aucune douleur. 11 aide à faire connaître les dimensions d’une cavité, son trajet, ses anfractuosités. L’extrémité de l'instrument, par la sensation de contact qu'il fait éprouver, renseigne sur la nature d'une plaie douteuse. S’agit-il d’un corps dur, substance osseuse ou corps étranger, le slylel s'arrête et avertit l’opérateur; se trouve-t-on en présence d’une nécrose, le stylet arrive sur l'os dénudé et rend un son clair.
Dans certains trajets accidentels, l'emploi de ce stylet est plus difficile sinon plus délieal. Il faut agir avec prudence, pour éviter les lésions.
NOTIONS GÉNÉRALES
Le bistouri ou le trocart est d’un grand secours dans les abcès , les phlegmons, les tumeurs, les pustules, les plaies du plancher de la bouche et les affections du sinus maxillaire.
Le stylet explorateur peut encore servir à découvrir les corps étrangers de la langue, projectiles, débris, etc. Les calculs qui se rencontrent dans le canal de Sténon appellent l’emploi du stylet pour aider à leur découverte. Des corps étrangers, mais fort rarement, peuvent aussi pénétrer dans le canal de Wharlon.Les calculs y sont plus fréquents. Ici encore la sonde peut rendre de grands services. Le stylet explorateur sert à explorer la cavité accidentelle d’une dent et rendre compte du degré d’une carie.
2° Thermometrie. — La détermination des variations de température corporelle à l’aide du thermomètre est un puissant mode d’exploration, dans la plupart des affections qui entraînent avec elles un abaissement ou un relèvement thermique.
11 peut être utile de constater ces modifications pour certaines lésions siégeant dans la bouche ou la face.
Le thermomètre employé en médecine porte une échelle variant de 32° à 44° et chaque degré est divisé en 10e, ce qui permet d'en réduire l’échelle tout en lui donnant beaucoup de précision.
La température à examiner peut être locale ou générale.
Dans le premier cas, l’instrument est appliqué sous l’aisselle, dans la bouche, le rectum ou le vagin.
Dans le second cas, les résultats sont plutôt comparatifs, comme par exemple dans les affections pleurales ou pulmonaires.
3° Analyses et examen microscopique. — L'examen
des liquides pathologiques fournit de précieuses indications en diagnostic dentaire. La salive et l'urine soigneusement analysées ou étudiées au microscope peuvent mettre sur la voie d’une affection dont l’influence peut occasionner des troubles dans la région buccale.
On peut rencontrer dans la salive certains microorganismes, indices de perturbations pathologiques, qu’il importe de connaître, comme le staphylocoque pyogène, le bacille de Koch, de Loeffler, etc.
L’analyse de la salive décèle la présence des calcaires suivants : chlorure de sodium, de potassium, phosphates alcali no-terreux, carbonate de fer, etc. Line trop grande abondance de ces sels occasionne des dépôts tartriques, et donne des indications poulie choix des dentifrices.
Dans l’urine, la présence de l'albumine ou du sucre explique certaines affections du périoste alvéolo-dentaire.
Article V. — Manière de recueillir les observations.
« L’observation est la constatation pure et simple du phénomène » (Crepieux-Jamin). C’est en même tempsl’liistorique d’une maladie, de ses prodromes; de son processus et de sa terminaison heureuse ou fatale.
L’observation est utile tant pour l’instruction de l’étudiant que pour celle du clinicien, qui peuvent en retirer, l’un comme l’autre, un enseignement intéressant.
Il est donc important de savoir prendre une observation pour en recueillir tout le profit et établir un traitement bien en conformité avec la maladie.
NOTIONS GÉNÉRALES
11 faut se servir d’indications méthodiquement classées, de schémas, de tableaux relatant les signes de la maladie actuelle, sa période d'état, son déclin ses complications, sa convalescence, sa rechute et sa terminaison.
En chirurgie dentaire, on emploie généralement de petites figures schématiques représentant en plan les arcades dentaires supérieure et inférieure. Ces diagrammes figurent dans les cliniques sur des feuilles d’observation ou dans la pratique privée sur de simples cartes. Elles contiennent les principaux renseignements relatifs à chaque patient et par des signes conventionnels l’emplacement et la nature de l’affection qui frappe chacune de ses dents. Ces tableaux servent ainsi de documents que l’on consulte à chaque visite du malade, ils permettent en même temps de suivre l’évolution de l'affection. Ils sont très en usage et chaque chirurgien dentiste consciencieux en possède dans son cabinet.
Aussi, les divers modèles de schémas à l’usage des dentistes sont-ils très nombreux. On a cherché à représenter toutes les faces de la dent susceptibles d’altération sans compliquer la figure. Plusieurs systèmes de notation ont été proposés, afin d’indiquer rapidement, sur le schéma ou abréviativement sur la feuille d’observation, le.s différentes caries que l’exploration a fait constater (1).
Le schéma que nous représentons (fig. t) est celui que nous avons adopté depuis le commencement de notre pratique et qui est employé maintenant à l’école dentaire de Paris. Il représente la bouche largement ouverte, mâchoire supérieure et inférieure, avec la dentition permanente et lempo-
(i) Voir Dubois, Congrès de Paris, 1889, Black, Congrès de Chicago, 1898.
raire ; les dénis sont vues par leur face triturante, les faces latérales sont indiquées en perspective par des lignes pointillées ; les côtés droit et gauche sont
Fig- }■ Schéma de la bouche: mâchoire inférieure et supérieure, dentition permanente et dentition temporaire.
ceux du patient assis dans le fauteuil. Le procédé de notation que nous préconisons est le suivant : les dents sont numérotées de 1 à 8 de chaque côté de la ligue médiane eu haut et en bas de sorte que I on