PARTICIPATION DE LA MOELLE
domaine du sciatique seul, de l'amyotrophie grave dans le domaine des nerfs poplités, de la persistance des réflexes rotuliens, de l'absence de complication du côté de la vessie et du rectum, alors qu'il s'agirait, dans cette éventualité, d'une lésion de la moelle devant intéresser, de par son siège, les soi-disant centres génito-urinaires. Je ne dis pas cependant que la moelle n'est pas intéressée dans le cas présent ; elle Test, à mon avis, 'dynamiquement. Je m'explique. La moelle me paraît avoir été ici l'intermédiaire obligé entre la sciatique gauche et la sciatique droite ; peut-être même l'altération des tubes sensitifs n'a-t-elle pas retenti directement, par voie de contiguïté, sur les tubes moteurs et faut-il voir, dans le système des cornes postérieures et antérieures de l'âge gris, le trait d'union nécessaire entre l'affection des fibres nerveuses sensitives et motrices.
Ophthalmoplégie externe et amyotrophie généralisée (1).
Sommaire. — Faciès dans l'ophthalmoplégie externe, ou faciès cTHutchinson; ses caractères, son diagnostic. Caractères cliniques de l'ophthalmoplégie externe : intégrité des muscles iriens et pupillaires, atteinte des seuls muscles moteurs du globe oculaire. Considérations anatomiques ; lésions nucléaires.
Valeur séméiologique de l'ophthalmoplégie externe: tumeurs, inflammations (polio encéphalite de Wernicke), ophthalmoplégie externe-névrose. Analogie avec la paralysie bulbaire inférieure ou labio-glosso-laryngée. Tabès et ophthalmoplégie externe.
Ophthalmoplégie externe et atrophie musculaire généralisée constituant un syndrome à part (polioencéphalomyélite). Description de deux cas. Absence de la réaction de dégénérescence dans les muscles atrophiés. Cas aigus et. subaigus.
Messieurs,
Je me propose d'étudier avec vous dans la leçon d'aujourd'hui et de mettre en valeur deux cas cliniques dans lesquels vous trouverez le syndrome « ophthalmoplégie externe » ou extérieure, ophthalmoplégie nucléaire comme on l'appelle encore, coïncidant avec l'atrophie musculaire plus ou moins généralisée des membres, atrophie qui, d'après les caractères un peu différents cependant qu'elle affecte clans ces deux cas,
(1) Leçon du 20 juin 1890, recueillie par M. Blocq.
190 FACIES d'hutchinson.
me semble toutefois relever d'une lésion de la substance grise des cornes antérieures de la moelle épinière (1).
Il s'agit là de ces cas rares, encore peu étudiés jusqu'à présent par conséquent, et dont l'examen, à n'en pas douter, excitera votre intérêt.
Qu'entend-on par ophthalmoplégie externe ? Les ophthalmologistes le savent bien, quoique même pour eux il s'agisse d'une question relativement neuve. Nous, médecins, nous connaissons moins ce sujet, bien qu'il nous intéresse spécialement, ainsi que vous le reconnaîtrez aisément par l'exposé qui va suivre.
J'ai fait placer sous vos yeux un de nos deux malades. Chez lui, les apparences cliniques de F ophthalmoplégie externe sont parfaitement accentuées. Elles s'expriment par une modification des traits du visage, très originale, très spéciale, qui, dès le premier abord, frappe les yeux du médecin, et que Ton pourrait désigner sous le nom de faciès d'Hutchinson. C'est, en effet, à l'éminent chirurgien de Londres qu'on doit d'avoir, pour la première fois, fait parfaitement ressortir les caractères dont il s'agit, dans un mémoire publié dans les Transactions médico-chirurgicales (1879). Ce travail porte un titre intéressant à connaître: « On o}3hthalmoplegia externa (M. Mauthner assure qu'il vaut mieux dire exterior) or symmetrical immobility , et, entre parenthèses: partial — partielle, parce qu'en
(1) Voir à ce sujet le mémoire très complet de MM. Georges Guinon et E. Parmentier : De l'optithalmoplégie externe combinée à la paralysie glosso-labio- laryngée et à V atrophie musculaire progressive ; lésion systématique des noyaux moteurs (polioencéphalomy élite), publié dans la Nouvelle Iconographie de la Salpéirière, 1890 et 1891. Dans ce mémoire, M. Parmentier et moi avons, d'après les données fournies par M. Charcot, étudié cette question sous toutes ses laces et donné, outre le résumé de tous les cas publiés jusqu'à ce jour, plusieurs observations inédites, dont quelques-unes sont mentionnées avec plus ou moins de détails dans celte leyon. (G. G.).