SES CARACTÈRES
réalité cette immobilité symétrique n'est que très rarement complète, — ofthe eyes, with jitosis. » Ainsi, vous l'entendez, symétriquement il y a immobilité des yeux et chute incomplète de la paupière.
Cette demi-chute de la paupière, dit Hutchinson, donne à la physionomie un air endormi ; la cornée transparente est à demi couverte ; le regard en même temps est d'une fixité singulière, les yeux regardant en face vaguement, parce que les axes visuels ne convergent pas exactement. La raison de cette fixité du regard est facile à saisir, même par une analyse sommaire ; elle consiste en ce que les mouvements des globes oculaires clans toutes les directions, en haut, en bas, à droite et à gauche, sont plus ou moins complètement parésiés ou paralysés.
Ce mécanisme contraste avec celui qui régit le masque de la maladie de Parkinson qui, en raison de la fixité du regard, ne manque pas de présenter quelques analogies. Mais la fixité des traits tient ici à une rigidité des muscles et non à une paralysie ; l'œil est plutôt grand ouvert, les sourcils sont élevés et le front plissé de rides transversales comme dans Fophthalmoplégie externe, quoique pour une cause différente.
Ainsi que vous le voyez chez ce malade, qui présente un beau type du faciès d'Hutchinson, ici aussi les sourcils sont élevés et le front plissé en travers ; c'est la conséquence d'un acte instinctif ayant pour but de faire que l'action du muscle frontal supplée à l'insuffisance du releveur des paupières.
D'ailleurs, vous pouvez reconnaître aisément que le malade est inhabile, s'il ne meut sa tête, à diriger ses yeux dans les directions les plus diverses; et ceci nous conduit à reconnaître que ces signes dérivent d'une paralysie de toutes les branches extérieures ou externes du moteur oculaire commun, à savoir : droit interne, droit supérieur, droit inférieur, petit oblique, releveur de la paupière. Et, remarquez-le bien, non seulement
192 INTÉGRITÉ DES MUSCLES CILIAIRES ET IRIENS.
la paralysie porte sur les branches du moteur oculaire commun [oculo-motorius} comme l'appellent tout court les Allemands), mais encore, puisque le droit externe est paralysé lui aussi, sur le moteur oculaire externe ou abducens.
Toute la musculature extérieure de l'œil, ou même des deux yeux, est donc atteinte symétriquement, bien que les divers muscles ne soient pas affectés toujours au même degré.
Mais, voici un trait spécial dans l'espèce, et particulièrement digne d'être relevé au premier chef ; la musculature intérieure de l'œil, comprenant : 1° les muscles ciliaires, 2° les muscles iriens, reste pendant ce temps absolument indemne, ou, pour le moins, relativement peu altérée, de telle sorte que les mouvements d'accommodation et les réflexes pupillaires contrastent par leur intégrité, avec la paralysie totale ou presque totale des muscles extérieurs.
En d'autres termes, il y a ophthalmoplégie externe, il n'y a pas ophthalmoplégie interne ; cette dernière expression a été créée par Hutchinson pour l'opposer à la première, et désigner la paralysie des muscles ciliaires et iriens.
Il existe là, vous le voyez, dans les fonctions du moteur oculaire, une sorte de dissociation remarquable, qui ne peut être bien comprise que si l'on se reporte à un certain nombre d'observations, à la fois anatomiques, anatomo-cliniques et expérimentales, qui ont été produites dans ces derniers temps.
Vous savez comment la colonne ganglionnaire qui sert d'origine aux fibres du moteur oculaire occupe, audessus du bulbe proprement dit, une région qu'on pourrait appeler le bulbe supérieur, ou protubérantiel.