SYNDROME DE WEBER
organique, que nous n'avons là qu'une apparence d'un syndrome redoutable, la caricature de ce syndrome, passez-moi le mot, non ce syndrome lui-même et qu'en fin de compte l'affection qui a donné lieu à ce concours troublant de phénomènes morbides est d'ordre dynamique et du genre de celles où la guérison est certaine et parfaite.
Je tiens, avant de passer à l'examen et à la discussion de ce cas, à vous exposer quelques considérations concernant ce que, pour plus de brièveté, j'appelerai, si vous voulez bien, le syndrome de Weber. Weber est un médecin allemand résidant en Angleterre et auquel nous sommes redevables d'une fort intéressante étude sur la pathologie du pédoncule cérébral \ Si je vous propose cette dénomination, c'est parce que l'observation qui sert de fondement au travail de cet auteur est absolument typique. C'est en effet la première fois que l'on publiait un cas, à localisation unique et très nette, montrant qu'une lésion de la partie inférieure et interne du pédoncule cérébral produit un syndrome caractérisé par une paralysie alterne de l'oculo-moteur commun d'un côté et des membres du côté opposé. Quinze ans plus tard, Mayor2 rapportait une observation de tous points comparable à la précédente. Avant ces deux observateurs, Gubler3 avait déjà, il est vrai, vu et noté cette sorte de paralysie alterne, mais malheureusement, son cas était complexe. Il y avait en effet
1 Weber. — A contribution to the palhology of the crura cerebri. (Med. chirurg. Transact., 1863.)
2 Mayor. — Bullet. de ta Soc. anat., mars 1877.
3 Gubler. — Gazette hebdom., n° 6, 1859.
CAS DE GUBLER ET DE MÀYOR. 311
des lésions un peu dans toutes les parties de l'encéphale : non seulement le pédoncule mais encore la couche optique, le lobe temporal et le lobe occipital étaient touchés, de telle manière que, si en réalité l'observation de Gubler est la première en date, elle est, je le répète, beaucoup trop complexe pour servir de type aux paralysies pédonculo-protubérantielles. Dans le cas de Mayor, comme dans celui de Gubler, il est question d'un foyer de ramollissement ayant atteint le moteur oculaire commun dans son passage à travers le pédoncule. Le cas deWeber, au contraire, a trait à un foyer hémorrhagique siégeant dans la partie inférieure du pédoncule gauche et ayant intéressé le nerf de la troisième paire, soit dans son trajet intra-pédonculaire, soit peut-être par simple compression; les relations de l'autopsie permettent l'une ou l'autre interprétation. Durant la vie, on avait constaté une hémiplégie du côté droit et une paralysie de l'oculo-moteur commun du côté opposé.
Il est clair que le syndrome de Weber peut être reproduit par des altérations autres que celles de l'hémorrhagie et du ramollissement, et en particulier par des abcès et des tumeurs de même siège. Je pourrais, à ce propos, relever les faits de Mohr1, Marotte2, Paget3, Freund4, Rosenthal5, Sutton6,
1 Mohr. — Inaug. Dissert., Wurzbourg, 1833.
2 Marotte. — Union méd., 1853.
3 Paget. — Med. Times, 1855.
4 Freund. — Wien. med. Woch., 1856.
5 Rosenthal. — OEstr.med.Jahrb., 1870.
c Sutton.— Irit. med. Journ., 1870.