LOCALISATIONS DIVERSES
généralement surajoutées à celles de la base, de telle manière que les lésions pariétales seraient précédées de lésions basales.
Les lésions pariétales sont aussi des altérations méningées, des altérations gommeuses en nappe (lésions pachyméningitiques) qui ont été bien figurées dans l'atlas de Lancereaux, dans l'ouvrage d'Echeverria (1), ainsi que dans une communication faite à la Société médicale des Hôpitaux par M. Fournier, le 28 mars 1880. Les plaques gommeuses pachyméningées envahissent la pie-mère qui se montre au voisinage très vasculariséc comme la dure-mère elle-même, et quelquefois il y a adhérence de la méninge à la substance corticale encéphalique.
Telles sont les conditions anatomiques de l'épilepsie partielle syphilitique, mais pour que cette épilepsie se produise, faut-il encore que la lésion méningée affecte une certainelocalisation.il faut qu'elle siège au niveau et à la surface des zones motrices. Si elle siège à la surface des circonvolutions fronto-pariétales ascendantes et dans la région supérieure, le début des secousses épileptoïdes se fera par le membre inférieur, par la face si elle siège dans la région inférieure et si elle occupe la région moyenne, par la main et le membre supérieur, comme chez cette malade. La lésion méningitique siège-t-elle en dehors de cette zone motrice, vous pourrez avoir non pas l'épilepsie, mais l'aphasie dans ses différents modes, une hémiopie peut-être, divers troubles intellectuels, l'amnésie par exemple. Et la théorie des localisations cérébrales trouve ici sa pleine application.
Donc nous supposons, nous admettons même — et nous pourrons fournir tout à l'heure une démonstration plus solide du fait — que, chez cette femme, une lé-
(1) Echeverria-, Èpilepsy. New-York, 1870.
PARÉSIE CONSÉCUTIVE A l'ÉPILEPSIE. 375
sion syphilitique pachyméningée siège dans la région pariétale, au niveau de la partie moyenne des circonvolutions frontale et pariétale ascendantes.
Voilà de quoi expliquer l'épilepsie partielle brachiale, incontestablement. Mais comment pourrez- vous prévoir que cette épilepsie partielle, si elle est démontrée syphilitique, sera entièrement curable? Parce qu'elle n'est jusqu'ici accompagnée d'aucun trouble permanent du mouvement dans les membres mis en jeu par les convulsions épileptiformes. Il y a peut-être bien une légère parésie transitoire, une faible diminution de la force dynamométrique dans la main droite. Mais, en réalité, ces phénomènes s'expliquent par un symptôme qui devra être étudié à part, par une hémihypoesthésie droite qui semble indiquer que, dans la syphilis, l'hystérie peut se mettre de la partie sous l'influence de l'agent provocateur. Si, au contraire, une hémiplégie permanente compliquait l'épilepsie partielle, le cas serait beaucoup plus grave. On trouverait alors, dans le côté paralysé, de la rigidité, de la contracture, une exaltation des réflexes avec trépidation spinale, peutêtre quelques troubles de sensibilité, légers et limités, mais jamais de Thémianesthésie totale qui semble appartenir aux lésions de la capsule interne, lésions qui doivent être éliminées ici. Donc, clans le cas supposé d'hémiplégie permanente, il serait trop tard pour espérer une guérison complète, car, je le répète, on verrait apparaître la dégénération secondaire, succédant au ramollissement inflammatoire ou ischémique de l'écorce, tout aussi bien que si la capsule interne était primitivement intéressée.
Je dis donc que nous sommes dans les conditions de curabilité, car, en somme, il n'y a rien jusqu'ici de permanent dans les membres du côté où ont lieu les secousses épileptiques. Mais, m'objccterez-vous, vous avez supposé assez gratuitement la syphilis cérébrale, la pachyméningite gommeuse. Tout cela est fort bien,